Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Humour/Détente
mina : Du rififi chez les dieux
 Publié le 06/01/16  -  9 commentaires  -  12499 caractères  -  138 lectures    Autres textes du même auteur

Une réinterprétation du jugement de Pâris.


Du rififi chez les dieux


Vous voulez vraiment savoir ce qui arrive quand on oublie d’inviter un membre de sa famille à son mariage ?

Tout ça, c’est encore la faute à Zeus, le Don Corleone du mont Olympe, patriarche de notre divine famille. La veille de mon mariage avec Thétis, ma nymphette aquatique, il m’avait dit : celle-là, crois-moi (le vieux parlait de sa belle-fille, cette harpie d’Éris, déesse de la discorde et semeuse d’emmerdes) t’as pas envie qu’elle vienne casser la croûte à la table des mariés. Zeus était persuadé que sa présence foutrait un bordel monstre. OK patron, je lui avais répondu, tes désirs sont des ordres, je la raye de la liste. Cette fille, je l’avais vue qu’une fois dans ma vie… le genre à chercher des poux sur la tête d’un chauve. Finalement, qu’elle ne vienne pas bousiller le mariage du siècle m’arrangeait bien.

Quel branque j’ai été ! Croire que cette garce d’Éris ne serait pas au courant de notre petite fiesta ! La voilà qui se rapplique, en plein milieu de la fête. Mademoiselle débarque avec sa coiffure en pétard, toute hérissée de serpents, juste au moment où le couteau s’apprêtait à trancher dans la pièce montée ! Dans sa robe qui dégoulinait d’hémoglobine, la Miss se la joue Halloween, la nuit des masques, et commence à nous insulter, à nous dire que notre mariage c’était de la merde en plaques. Une vraie furie ! Je peux vous dire que ça m’a pas trop plu qu’elle dise ça. C’est vrai, j’avais claqué pas mal d’argent dans le buffet, un vrai festin de roi. Pour la déco idem, elle était pas piquée des vers… tapis de fleurs, cotillons, blanches colombes et tout le toutim, digne d’une soirée blanche chez feu le grand Eddy – Eddy Barclay. En plus, pour couronner le tout, j’avais fait monter un orchestre avec chanteurs, des mecs qui avaient l’air d’assurer en bas, quatre jeunes dans le vent. Oui, j’avais mis le paquet pour plaire à belle-maman (on est jamais trop prudent). Je suis comme ça, moi, quand j’ai les moyens, j’arrose, j’irrigue les gosiers et je remplis les panses.

Bref, l’irruption d’Éris a jeté un froid. Si elle avait pu, elle nous aurait tous flingués, genre massacre de la Saint-Valentin. Même le Boss en menait pas large. Moi, assis sur mon trône, je mouftais pas, le grand Roi Pelée en avait vu d’autres, j’allais pas me laisser impressionner par cette pie-grièche mal embouchée. Je la laissais donc jacter. Au bout de quelques minutes, je m’aperçus qu’elle cachait quelque chose dans la poche de sa tunique (un peu défraîchie, la tunique). Crac, Boum et Splash ! Voilà qu’un truc atterrit en plein dans la pièce montée, éclaboussant la robe de la mariée !

« Éris ! Tu nous les brises… et menu ! » Ma Thétis, faut pas la gonfler. Quand elle s’énerve, elle a les gonades qui se cherchent. Silence dans l’assemblée. Même si elle avait des accointances avec les divinités aquatiques, la mariée nous avait pas habitués à ce parler de poissonnière. Soudain, la fouteuse d’embrouilles change de ton, se radoucit, me fait des yeux de morue mal dessalée puis se tourne vers ma femme.

« Belle déesse, regarde un peu ce que je viens de te lancer. »

Tout le monde avait les yeux fixés sur la pièce montée qui était sur le point de s’écrouler. Ça frisait le film catastrophe, dernière séance. Là, parmi les choux à la crème, se cachait le projectile, un objet rond, assez lourd, aussi brillant que la flèche de Cupidon. Mais c’était pas de l’amour que la garce avait voulu nous envoyer. Au début on a même cru à une grenade. On a eu peur que l’autre folle ait dans l’idée de tous nous éparpiller sous la voûte céleste, façon puzzle. C’est alors que ma Thétis, courageuse et pas dégoûtée – respect ! –, plongea sa jolie main délicate dans le gâteau, s’empara de l’arme du crime et l’essuya avec sa serviette immaculée – une serviette brodée de nos initiales, P&T. Ouf ! C’était pas une grenade, c’était une pomme ; une pomme en or.

« Qu’est-ce que tu veux que je foute avec une pomme en or, tu m’as prise pour Blanche-Neige ? C’est ça ton cadeau de mariage ? »

Ma Thétis avait les boules. Je le voyais. Elle était au bord de lui renvoyer son colis, avec accusé de réception s’il vous plaît. Je voyais bien aussi qu’Éris se retenait de lui en balancer une autre en pleine figure. Elle avait des airs de gorgone, elle bouillait, mais elle répondit, d’un ton aussi sirupeux que le nectar d’ambroisie qui coulait à flots dans les coupes de mes invités :

« Belle Thétis, tu aurais eu un plus beau cadeau de mariage si tu n’avais pas, par mégarde, oublié de m’inviter. »

Re-silence dans la divine assemblée.

Zeus se mit à siffloter dans sa barbe. Il avait pas du tout l’intention d’assumer sa bourde.

« Disons que ce n’est qu’une petite attention. Une façon pour moi de montrer que je ne suis pas rancunière, reprit la mégère. Si vous l’acceptez, promis, je ne vous emm… embêterai plus. »

Ça sentait l’embrouille, tout ce foin pour une pomme ? C’était louche… Dans la cité, la fille était bien connue pour sa mauvaise réputation, la plus grande emmerdeuse de tous les temps, c’était elle ! Une vraie Sicilienne ! Mais la comédie avait assez duré. Miss zizanie devait décamper. Je jetai un œil au vieux Zeus : qu’est-ce que je fais ? Il me fit un signe de barbe qui voulait dire : accepte… et puis renvoie-la fissa dans son verger !

Y avait de l’orage dans l’air.

Certains couples dans la salle avaient déjà commencé à s’embrouiller, il fallait éviter que la fête tourne au règlement de comptes, pire… au pugilat. En tant que maître de cérémonie, j’avais pas trop envie de me la jouer Guy Lux commentant Intervilles.

Éris s’adressa alors à moi : « Grand Roi, veux-tu bien lire ce qui est écrit sur cette pomme ? »

Je me saisis de l’objet du délit. Sur la surface éblouissante était gravé : « À la plus belle. » Sans réfléchir, je donnai la pomme d’or à la patronne et je lui dis : c’est toi la plus belle, ma chérie. Les mortelles, c’est déjà compliqué, alors je vous dis pas les déesses, ménager leur susceptibilité est un combat de tous les instants. Mais Éris ne semblait pas du tout du même avis que moi. Sur ses lèvres, maquillées d’un noir carbone, un sourire narquois :

« Vous, les tourtereaux, vous êtes hors compét. »

Se jettent alors sur nous trois de nos convives. Trois donzelles qui manifestement en voulaient à la pomme. C’était Aphrodite, Héra et Athéna. On se serait cru dans la cour de récré. Elles commencèrent à se disputer, puis à se battre… les coups pleuvaient. Ces dames avaient pas l’air fort en rédac, les corrections, ça y allait !

Je me lançai dans la mêlée et coupai court.

« Allons, allons, mesdames, soyez un peu raisonnables ! Et si on demandait à Zeus de trancher ? » Bon, c’est vrai, le vieux avait plus l’allure d’un trois-quarts centre que d’un arbitre…

Zeus me regarda alors du mauvais œil, celui qui voulait dire : merci de me refiler le bébé. Bien qu’un peu amolli par la quantité de nectar qu’il avait bu, il se leva. Et quand Zeus se lève, on peut dire que personne n’ose broncher. Il toussa pour s’éclaircir la voix et dit :

« Écoutez, je vais pas y aller par quatre chemins, je ne me sens pas apte à juger de la beauté de ces dames, à mes yeux elles sont toutes belles… belles… belles… comme le jour. »

Malin, le patriarche ! Il voulait pas se mouiller. Le problème, c’est que parmi les trois mégères se trouvait sa patronne, Héra. Le regard qu’elle lui a lancé ! À te le foudroyer sur place ! M’est avis que ce soir-là, le vieux allait se la mettre derrière l’oreille. Mais bon, Héra savait bien que ça ne servirait à rien de l’ouvrir pour donner son avis, une décision du chef, ça se discute pas. Zeus poursuivit : « C’est un mortel qui décidera ! Nous autres dieux ne pouvons juger de la beauté des habitantes de l’Olympe. »

Le calme sembla revenir dans la salle des fêtes. Éris se frottait les mains. Quand même, c’était une sacrée manipulatrice, car elle savait très bien ce qu’elle faisait à ce moment-là… Et les trois hystériques reprirent leur place à la table du festin.

Soudain, comme surgi du placard, Pâris apparut. Zeus s’était pas foulé, il avait dégotté un berger de Troie, autant dire un bleu en matière de concours de beauté. Le petit jeune, d’abord impressionné, a commencé par faire des courbettes comme s’il se croyait à Versailles. Ensuite, il écouta attentivement le patriarche qui désigna les trois déesses d’un geste un peu fatigué. Ces dames se levèrent pour se présenter au pâtre grec. Le gugus était rouge comme un cul de babouin ! Tu m’étonnes, le concours de Miss Olympe, c’est pas tous les jours !

Athéna fut la première à s’approcher de lui. Elle était pas mal gaulée, malheureusement la tenue qu’elle avait choisie était digne d’un travesti déguisé en gladiateur, ou vice et versa ; épaulettes, jambières, pectoral et gantelets, tout ça ne faisait pas trop bander (excusez le langage). Elle avait cependant fière allure, comme on dit. Droite comme un i devant le berger, elle planta ses yeux dans les siens et dit, d’une voix de couteau suisse, l’accent en moins :

« Choisis-moi et je te promets la gloire guerrière et la victoire dans toutes tes batailles. »

Mouais… Pâris baissa les yeux, il avait pas l’air emballé. Il sembla réfléchir puis s’exclama : « Au suivant ! »

D’un geste autoritaire, Zeus ordonna à Héra d’avancer. Héra, jalouse comme un pou, la grande Héra, toujours prête à défigurer de ses ongles manucurés quiconque oserait regarder son vieux mari d’un peu trop près. Héra, femme fatale, majestueuse dans une tunique qui plairait à n’importe quelle Zahia, ses longs cheveux roux, relevés en un beau chignon travaillé, sa tête couronnée d’un diadème aux reflets d’or, Héra prit une pose de diva. La Miss se croyait sans doute dans une tragédie grecque. Elle s’approcha alors de Pâris en minaudant et lui dit d’une voix mielleuse :

« Ô beau Pâris, si tu me choisis moi, femme de Zeus et déesse du mariage, tu ne le regretteras pas. Je te promets un immense territoire en Orient, une terre où tu pourras vivre heureux avec ta femme et tes enfants, un endroit que tu ne voudras jamais, jamais plus quitter. Un monde où grâce à toi la paix régnera, et ce, pour l’éternité. Oui, choisis-moi, Héra, et je te ferai roi de cette contrée des mille et une nuits. »

Le sourcil droit de Pâris se leva. Tu parles, l’affaire était tentante ! Un immense territoire en Orient… Moi aussi, je m’étais dit que ça valait peut-être le coup, mais en même temps, je sais pas, j’avais comme un mauvais pressentiment, comme si la belle Héra avait dans l’idée de lui offrir un cadeau empoisonné.

Puis ce fut le tour d’Aphrodite. La belle Aphrodite, reine du bal. Facile. Elle n’eut rien d’autre à faire que de lui dévoiler un petit pan de son anatomie, une épaule parfaite au teint de pêche, une épaule à croquer, que voilà le pauvre type à genoux, à ses pieds, à sa botte ! Comme envoûté !

Ça n’avait pas fait un pli. On comprit à sa gueule enfarinée que le péquenaud avait fixé son choix. Il lui tendit la pomme. La belle Aphrodite se mit à rire et lui dit :

« Ne soyez pas pressé jeune homme, vous ne savez pas encore ce que je vais vous promettre. »

« Ça m’est égal, c’est vous que je choisis, faites de moi ce que vous désirez, je serai votre esclave, je serai l’ombre de votre ombre, l’ombre de votre chien… », la supplia Pâris.

En secouant doucement la jambe à laquelle Paris s’était accroché, Aphrodite lui dit qu’elle n’avait pas de chien et ajouta :

« Bien que je sois persuadée que tu feras le bon choix, moi, déesse de l’amour, je te promets le ciel au-dessus de ta couche, des fleurs et des dentelles pour que tes nuits soient douces, bref je te promets l’amour… Si tu me choisis, tu rencontreras la plus belle femme du monde. »

« N’est-ce pas vous la plus belle ? » Les yeux de Pâris brillaient comme s’il avait vu la Vierge.

« Du monde terrestre, jeune Pâris, du monde terrestre. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes, s’il te plaît. »

Héra et Athéna étaient vertes de jalousie, elles crièrent vengeance ! Pour être plus précis : vendetta ! Quant à la rusée Éris, je peux vous dire que dans son coin, elle se marrait bien !

Et voilà.

Voilà comment, quelques mois après, ce con de Pâris enleva cette greluche d’Hélène, déclenchant une guerre dont on parle encore dans les livres d’école : la guerre de Troie (et vous pouvez me croire, elle a bien eu lieu).

Alors je vous le dis : réfléchissez bien avant de faire la liste de vos invités le jour de votre mariage, oui… réfléchissez bien aux conséquences, et aux dommages collatéraux…


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Vincendix   
26/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L’histoire de la pomme de discorde enfin racontée par un témoin, ce qui garantit son authenticité.

Claude François aurait donc plagié Zeus ? C’est vrai qu’il se prenait pour un Dieu, le Cloclo !

Un récit historique qui ferait comprendre et aimer la mythologie grecque au pire cancre.

Et puis, qui n’a pas dans sa famille une chipie comme Eris (pas seulement Sicilienne) ou un emmerdeur qui lui ressemble ?
Proclos ne renierai pas ce remake de son récit épique.

   Shepard   
6/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beaucoup de références parsemées ça et là. J'aime les parodies historiques/mythologiques et celle-ci est bien menée. Un style vivant qui ne laisse pas le temps de s'ennuyer.

J'ai particulièrement bien aimé :

"Même si elle avait des accointances avec les divinités aquatiques, la mariée nous avait pas habitués à ce parler de poissonnière"

" Ces dames avaient pas l’air fort en rédac, les corrections, ça y allait !" -> Celle-ci est terrible !

Un 'regret' cependant : bien que l'histoire peut-être rapportée à n'importe quel moment, j'ai trouvé dommage qu'il y est tant d'anachronismes avec ces références à Guy Lux et consorts. Je pense qu'il y aurait eu largement matière à fouiller dans la mythologie grecque - ou antique en général - pour faire de la blague (les jeux olympiques par exemple pour trouver une forme 'd'équivalent' à interville). Cela aurait donné un cachet supplémentaire à l'histoire à mon avis.

A vous relire !

   vendularge   
6/1/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Mina,

J'aime l'écriture qui sert remarquablement l'histoire . Le tout avec un rythme endiablé, une drôlerie que j'adore et qui donne envie c'est vrai, de se revisiter la mythologie. J'aime ce langage décalé, sans prétention qui me rappelle certains dialogues d'Audiard , bref, à lire sans modération. Le plus, c'est qu''on se sent moins bête de ne rien savoir de l'Olympe et de ses dieux .

Un grand bravo pour ce vrai moment de détente..

   hersen   
6/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je n'ose imaginer avec quelle délectation j'aurais lu cette nouvelle quand je planchais sur mes versions grecques !

Je suis sûre que c'est une des solutions pour regonfler les classes d'hellénistes.

Très très bien mené, on ne s'ennuie pas une seconde et différentes références anachroniques donnent une intemporalité à l'histoire.

Vraiment, bravo !

   Anonyme   
7/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
Je me suis vraimant bien marrée.
Une parodie de la mytologie qui vaut son pesant d'or.
:-)

   Anonyme   
7/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour mina. Ah que j'aime quand l'Histoire, toutes périodes confondues, est enseignée de cette manière... Un épisode de la Mythologie revue et corrigé façon XXIème siècle avec une distribution de haute volée, rien de tel pour commencer la journée !
Si Paris valait bien une messe comme disait Riton le Quatrième, l'autre "con de Pâris qui enleva cette greluche d’Hélène" valait bien de figurer dans cette désopilante Nouvelle !

Bravo et merci !

   carbona   
9/1/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

C'est un texte original et bien enlevé. Le rythme est intense et l'écriture bien maîtrisée.

Merci.

   GillesP   
25/5/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,
Cette réécriture m'a fait sourire, même si j'ai trouvé les clins d'œil à Claude François et à Jacques Brel un peu trop faciles. Par ailleurs, à mon avis, la nouvelle n'aurait rien perdu de son caractère humoristique si elle avait été écrite en respectant les codes du langage écrit: par exemple, quel est l'intérêt d'enlever systématiquement le "ne" dans les phrases négatives?

   silvieta   
20/1/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Pour du burlesque, c'est du burlesque!

Un sacré boulot de recherches dans le domaine lexical argotique et truculent, des refrains qui furent tous au top 10 de leur temps (normal pour une fiesta digne des "soirées blanches d'Eddy Barclay") et une bonne dose de références mythologiques, la mythologie vue par le petit bout de la lorgnette.

Je n'ai pas été transportée (il faut dire que je suis d'humeur morose aujourd'hui ) mais je salue le travail accompli.


Oniris Copyright © 2007-2019