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Sentimental/Romanesque
MissL : Amour à mort
 Publié le 14/05/09  -  6 commentaires  -  4162 caractères  -  110 lectures    Autres textes du même auteur

La rencontre amoureuse.


Amour à mort


Depuis dix minutes, l'eau brûlante inondait mon corps recroquevillé.

Cette cabine de douche carrelée de granit rose avait toujours été mon refuge.

Athée et rebelle, je croyais néanmoins que l'eau avait une sorte de pouvoir purificateur.

Celui de laver toutes les souffrances. Y compris celles qui consument de l'intérieur.

Pas cette fois.


Je n'avais plus aucune nouvelle.


Il y a une semaine, je me sentais belle.

Heureuse et belle.

Il y a une semaine, je pensais encore que l'on s'aimerait toujours…

Que j'avais trouvé mon mentor.

Qu'il avait trouvé sa muse.


La tourbe écossaise commençait à envahir mon entendement, engourdir ma chair et mes sens.

Un serpent rubis filait vers son destin, au fond du siphon.

Je ne pensais déjà plus.

Mais dans mon inconscience naissante, je percevais encore que je ne serais pas délivrée.

J'emporterais ma douleur avec moi.

Il resterait ici, sans moi, avec sa seule trahison pour dernière compagne.


Une semaine plus tôt, Bar des Artistes...


Avachie sur le vieux cuir jadis chocolat de la banquette, le teckel à poils durs étalé sur les genoux, j'étais plongée dans mon Virginia Woolf préféré.

Tout en jetant quelques pattes de mouche sur un mauvais vergé, j'attendais ma Louise, sensée revenir ce jour-là d'un énième pèlerinage new-yorkais, en souvenir de son impossible mais pourtant unique et ultime amour.

Bref…


LUI, je l'ai humé avant de le voir.

Un léger, mais persistant effluve de vieux malté écossais et de miel de lavande.

Étrange mélange mais qui ne me quitterait plus jamais.

Va savoir…


Il demanda à Yvonne, la tenancière de ce bar dont j'avais fait mon quartier général, s'il y avait un téléphone à disposition. Donc pas un accro au mobile… un impie ? Un fou ? Ce n'était pas pour me déplaire…

Chez Yvonne, il y avait encore, à côté des toilettes, un de ces vieux téléphones muraux nés au siècle dernier.


LUI était nonchalamment appuyé contre le mur et semblait s'entretenir avec un (une ?) interlocuteur plutôt fougueux, à en déduire par l'écho de voix qui me parvenait du combiné. Malgré moi, j'écoutais. Le teckel changea de position.


- Tu ne devrais pas le prendre comme ça. On était d'accord dès le début. On ne change pas les règles en milieu de parcours !


Et le téléphone cracha un "Maintenant que tu as eu ce que tu voulais, tu me reproches de ne plus être d'accord sur la suite à donner à notre affaire…"

Une femme de l'autre côté du réseau, sans aucun doute.


- On en reparlera… Je raccroche. On m'attend.


Qui pouvait bien l'attendre ?

Avec son air de baroudeur en transit entre deux destinations exotiques, à part un trafiquant de reliques ou un négociant en pierres précieuses, avec qui pouvait-il avoir RDV ??? Dans MON bar !

Mon imagination allait toujours bon train.


Je levai la tête : il était planté devant moi. Je n'avais pas percuté qu'il avait raccroché.

La lavande et le whisky m'enveloppaient déjà.

Le teckel n'avait pas bougé.

Avant que j'aie pu ouvrir la bouche, il dégageait la boucle auburn qui me barrait l'œil gauche.

Toujours muette, je le laissai s'affaler sur la chaise en face de moi et commander un Darjeeling

Je demandai le mien avec une pointe de lait de soja… Yvonne en avait toujours ; je ne buvais que cela.


De mon visage, sa main avait voulu descendre vers la truffe du chien.


- Non, je ne vous le conseille pas. Il est petit et semble inoffensif, mais ne supporte pas qu'on le touche quand il est sur mes genoux. Je suis l'unique femelle de sa vie. Et cela nous convient à tous les deux.


Le teckel dressa l'oreille en entendant le son de ma voix.


- Et moi, je n'ai jamais appris à partager, me rétorqua-t-il illico.


Sa voix était douce mais terriblement suave et certainement chargée d'histoires improbables. Mon cœur se mit à battre la chamade et bien entendu, cela ne lui échappa aucunement.

Le chien ouvrit les yeux.

À peine cinq minutes plus tard, je collais le teckel ahuri dans les bras d'Yvonne et j'entraînais mon inconnu dans les escaliers vers la cime de ce vieil immeuble dont je m'étais depuis si longtemps approprié tous les combles.


Je n'en sortirais plus jamais.



 
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   widjet   
14/5/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bon…Le titre rappelle certains téléfilms de M6...

A part ça, l'écriture est très correcte, fluide et en peu de lignes l'auteur arrive à créer une petite atmosphère.
Maintenant, ça se termine un peu trop vite, non ? Que s’est-il vraiment passé ?

L’héroïne me semble pour le moins d’une grande naïveté. Amoureuse et accro en une semaine, alors qu’elle sait déjà que le type est un homme à femmes (d’autant plus qu’elle a entendu la conversation de celui-ci avec une autre, cela aurait du le rendre plus prudente, je pense), mais bon, admettons….
De quelle trahison, l’auteur fait-elle allusion ? D’une tromperie ? De quelque chose de plus grave ? Rien n’est vraiment expliqué…Mais, pourquoi pas.

Pas de gros reproche à faire, si ce n’est que je n’y ai pas vraiment cru à cette histoire, cette douleur, et que le personnage féminin, m’a légèrement agacé. Donc pas d’empathie pour elle et sa souffrance.

Merci pour ce premier texte qui en appellera j’espère d’autres (car c’est bien écrit je le répète)

W

   minouchat   
14/5/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Moi je la trouve sympa cette fille, je veux dire le personnage...
c'est bien écrit, très agréable à lire... Widjet (commentaire précédent) s'étonne de cette amour fou, rapide etc.... on peut devenir fou où folle d'amour au premier regard.... il y a juste des histoires qui avortent et d'autres qui se prolongent.... Là, à mon sens, n'est pas le problème... ce qui me manque c'est un travail plus profond sur les personnages, qui sont-ils ? D'où viennent t-il? Tout devient crédible si le lecteur est bien préparé... à ce que l'on va lui dire! Et puis surtout l'histoire me semble avortée.... On a envie d'en savoir plus.... A bientôt le plaisir de te lire.

   gizebre   
14/5/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Très agréable à lire, ce texte ! Mais il m'a laissé sur ma faim, j'aurais quand même aimé en savoir plus. On peut imaginer, certes, mais le texte doit donner suffisamment d'éléments pour donner au moins un cadre. Cela ressemble plus à un premier chapitre d'une histoire à développer. C'est d'autant plus dommage que c'est très bien écrit.

   Anonyme   
15/5/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Moi j'ai quelques soucis d'incohérence ou de pas fini (à l'image du néanmoins qui me semble déplacé dans le premier "chapitre', et la fin qui ne coincide plus avec le début...)

J'aurais aimé un retour à la douche, au corps recroquevillé.

Et puis en ce qui me concerne l'amour ici se réduit à une petite passe rapido dans les combles et un niage en bloc de la part du jeune maraud... parfumé comme je les aime.

C'est vrai j'aime assez... ça me parle... les amours impossibles, les hommes qui jouent...

Et contrairement à Widj, ton titre je l'apprécie... parce que je le vois comme Amour et Amor (un jeu de mots en somme multilingue) et puis voilà...

Estelle2L=fille
Fille : aimer homme
Homme = goujat
Estelle2L aimer ça... ça passerait presque pour du harlequin si ce n'était pas aussi joliment écrit.

Bref, dommage que le fond ne soit pas exploité à ... fond?
Merci.

Par contre je ne trouve pas comme Minouchat que tu doives développer plus au niveau des personnages... juste étoffer l'histoire pour la rendre plus... inoubliable, à l'image de cet Amor...

   horizons   
15/5/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
L'intérêt de nos histoires d'amour c'est qu'elles nous font fondre, nous transcendent ou nous révoltent, en un mot, elles ns sortent de ns-même à tel point qu'elles sont souvent le déclencheur pour écrire. Et c'est bien, car ça ns met le pied à l'étrier... pour rebondir ensuite sur d'autres sujets plus aptes à révéler nos talents.
Donc au plaisir de te lire,
H

   Jean   
17/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Le "Je n'en sortirais plus jamais" (des combles du vieil immeuble) ajouté au personnage du salaud, et de la douche du début pour se laver des souillures de l'âme mais aussi du corps, m'a tout de suite fait penser au cliché classique: Un inconnu abuse de ses charmes pour enrôler une fille, une de plus, dans le plus vieux métier du monde.
(Il faut dire que je sors à peine des affres de la prostituée affranchie de Cyberalx.)
Il m'a fallu relire le début pour comprendre la vrai fin, du moins, une autre fin plus plausible.
Mais c'est peut-être fait exprès, pour laisser le choix au lecteur.
En tout cas, je confirme, c'est bien écrit et agréable à lire.


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