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Horreur/Épouvante
MissNeko : Le dernier jour d'une vie [concours]
 Publié le 13/09/16  -  16 commentaires  -  22105 caractères  -  192 lectures    Autres textes du même auteur

« Aujourd’hui est le dernier jour de ta vie. »
Cette phrase résonnait comme un murmure. Pire, comme un compte à rebours qui venait d’être enclenché.
Il était assis dans cette petite église de quartier, livide et le regard perdu.


Le dernier jour d'une vie [concours]


Ce texte est une participation au concours n°21 : Et en 13 secondes, tout bascula...

(informations sur ce concours).




« Aujourd’hui est le dernier jour de ta vie. »

Cette phrase résonnait comme un murmure. Pire, comme un compte à rebours qui venait d’être enclenché.

Il était assis dans cette petite église de quartier, livide et le regard perdu.

Pourquoi était-il entré, lui qui n’était pas croyant, lui qui faisait fi de toute considération sacrée, lui qui se moquait souvent des velléités religieuses de certains ?

Aujourd’hui, cette maison de Dieu était devenue un rempart, une bouée à laquelle on s’accroche désespérément en dernier recours, lorsque l’âme et le corps sont en péril.

Qui était-il ? Quel dessein avait son existence ? N’était-il qu’un stupide amoncellement d’atomes destiné à pourrir six pieds sous terre lorsque son heure serait venue ?

Désormais, tout était bouleversé, rien ne serait plus comme avant.

Il se tournait vers le seigneur afin qu’Il soulageât sa souffrance. Vivre avait toujours été la tâche la plus difficile qu’il lui avait été donné de faire.

Ce temple, à la fois calme et inquiétant, le pénétrait de part en part. Il regardait fixement le Christ. Ou était-ce le contraire ? Cette statue lui faisait froid dans le dos : sa tête, penchée sur le côté, semblait vaciller et ses lèvres, si délicatement sculptées, paraissaient murmurer. Il entendit d’angoissants chuchotements. Souhaitait-il si fortement de l’aide qu’il se persuadait d’une subite intervention divine ? Les chuintements devinrent pénibles à supporter : aucun des mots n’était intelligible. Tels de terribles bourdonnements ou de violents afflux sanguins, les sons lui tambourinaient les tempes. Il se tint le crâne de crainte qu’il n’implosât.

L’atmosphère feutrée de l’église devenait étouffante : il fallait décamper, et vite.


Son cœur battait si fort qu’il le sentait au bord des lèvres. À peine le jeune homme fut-il sorti, que cessèrent les messes basses. Le soulagement laissa rapidement place à un profond désarroi : il était de nouveau seul en cette journée décisive. D’un pas hésitant, il s’aventura au hasard des rues de la capitale.


– Mais mon Dieu à quoi je sers, où faut-il que je me rende ?


Tandis qu’il marchait vers nulle part, son enfance lui revint par bribes. C’était le temps de l’innocence, de l’insouciance. L’époque où les heures étaient des semaines, les mois des années. L’époque où tout paraissait facile puisqu’un grand était toujours là pour veiller, rassurer, protéger. L’époque où l’image de l’autre était encore intacte et virginale. L’époque où l’on vivait sans penser au lendemain.

La nuit commençait à tomber avec la froideur de l’hiver. Il recroquevilla ses bras vers ses épaules pour se réchauffer, se protéger comme un enfant l’aurait fait, de peur que les ténèbres ne l’engloutissent. Son souffle chaud brûlait dans l’air glacial comme la fumée d’une cigarette.


– T’as pas une clope ?


Une voix d’outre-tombe le tira brusquement de sa léthargie.


– Quuu-oi ? bégaya-t-il.

– Une clope. T’as pas une clope bordel ?


Un clochard chancelant au visage cyanosé et sans âge se tenait devant lui, et le regardait bizarrement.


– Non, désolé, je ne fume pas, répondit-il.


Au moment où il reprenait son chemin, le vagabond l’attrapa par le bras et le fixa sévèrement.


– On se connaît non ? Tu étais déjà là hier ? Je me souviens maintenant, dit-il d’une voix éméchée.

– Vous devez faire erreur, c’est la première fois que je viens ici. Je ne sais d’ailleurs même pas où je me trouve exactement, avoua le jeune homme.

– Tu te mens, et tu sais très bien où tu es et où tu vas, affirma le clochard dans un sursaut de lucidité.


Inquiet, le jeune homme se déporta pour éviter son oppressant interlocuteur. Il l’esquiva de justesse et accéléra le pas.


– On n’échappe pas à son destin. Et toi non plus : tout comme ton père avant toi, et le père de ton père bien avant. Tu peux t’barrer ou t’cacher mais il te rattrapera. Tu es condamné, vociféra-t-il en brandissant une bouteille alors que le jeune homme s’engageait dans une ruelle adjacente.


Les chuchotements revinrent.


– Mais bon sang que veulent-ils me dire ?


Malgré ses efforts de concentration, il ne parvenait toujours pas à les comprendre. Les murmures devenaient si insupportables, qu’il s’arrêta.

Il vomit, tomba à genoux, se tint la tête et perdit connaissance.

Un camion poubelle passa près de lui et le réveilla. Honteux de cette subite déchéance, il se releva, tapota ses vêtements dans un relent d’estime de soi et s’éclipsa la tête basse.

Avait-il rêvé du clochard ? L’avait-il réellement rencontré ? Il ne saisissait pas le sens de ses propos : s’il s’agissait d’un songe, ne dit-on pas qu’ils sont porteurs de significations ?

Le jeune homme avait entendu dire que chaque vie était tracée dès la naissance dans les gènes ou dans les lignes de la main : un peu fataliste comme vision, non ? La destinée serait donc inéluctable. Pourquoi vivre si tout était joué d’avance ?

Il observa avec imagination les lignes de sa main gauche. Il y vit tantôt des chiffres, tantôt des cicatrices du passé qui semblaient avoir été recousues à la hâte. Il éclata de rire en se remémorant ces croyances de gosses qui certifiaient le nombre d’enfants qu’on allait avoir une fois grand. Il fallait plier la main et compter les plis qui apparaissaient comme par magie en dessous du petit doigt. Tout était magique quand on était gamin, tout était poésie, tout était si simple.

Tandis qu’il observait candidement ses mains, une femme vint l’accoster.


– Bonsoir, fit-elle d’une voix suave.


Elle était grande, fine et trop maquillée.


– Tu es blessé mon cœur, tu veux que maman regarde ? plaisanta-t-elle.


Un brin vexé, le jeune homme bredouilla des mots que lui-même ne comprit pas.


– Tu m’as l’air bien seul ce soir. Je peux te tenir compagnie si tu le désires. Ça ne te coûtera pas trop cher.


Elle lui prit le bras et l’emmena avec elle dans la nuit de cette ruelle sombre et poisseuse. Comme hypnotisé par son regard de biche apprêtée, il ne sut résister. Il était dans un état second, entre rêve et réalité, cauchemar et éveil.

Ils arrivèrent dans un bien triste appartement. Il était petit, éclairé par des néons au désagréable bruit de salle d’opération. Le papier peint rouge sombre tombait en lambeaux comme des morceaux de peau arrachés d’une plaie à vif. On entendait le goutte-à-goutte d’un robinet usé ainsi que la tuyauterie du voisin du dessus.

La femme s’assit sur le lit situé en plein milieu de l’unique pièce. Elle descendit la fermeture Éclair de ses bottes en vinyle noir, fit rouler habilement ses bas le long de ses jambes blanches et regarda fixement son invité pétrifié. Il n’osait bouger, se demandant ce qu’il faisait là, ne se souvenant plus du trajet qu’ils venaient de faire.

Au moment où il allait prendre la parole, elle le devança et dit :


– Je ne t’ai pas choisi par hasard, mais ça, tu le sais déjà.


Il ne comprenait plus rien. Il divaguait dans un monde qui lui donnait la nausée.


– Assieds-toi près de moi, chuchota-t-elle en accompagnant ses mots de gestes suggestifs.


Il obéit.

Elle l’embrassa dans le cou. Il lui demanda nerveusement qui elle était.


– Une putain, ça ne se voit pas ? ricana-t-elle.


Elle déboutonna délicatement son pantalon.


– Je n’ai pas d’argent, bredouilla-t-il.

– Qui te parle de payer ? Je crois que tu as assez payé : aujourd’hui est le dernier jour de ta vie, ne l’oublie pas.


Il la repoussa sur-le-champ.


– Je ne sais pas qui vous êtes et ce que vous voulez exactement. Aujourd’hui tout me semble étrange et irréel, aidez-moi, supplia-t-il, je suis perdu.


Elle s’allongea en se laissant tomber en arrière, se tint la tête et soupira. Elle prit une grande inspiration et lui demanda de réfléchir aux derniers mois qu’il venait de vivre.


– Je n’ai plus aucun souvenir.


Il remarqua une photo sur une étagère, celle d’un enfant d’à peu près cinq ans.


– C’est votre fils ? demanda-t-il afin de briser le silence pesant qui venait de s’installer.

– C’était, répondit-elle fébrilement. Il est mort il y a quelques années.


Elle se leva et alluma une cigarette.


– C’était ma raison de vivre, mon ange. Il s’appelait Gabriel. Il est parti : moi, je suis restée.

– Je n’aurais pas dû. Excusez-moi… ça n’a aucun sens tout ça.


Il se leva et reboutonna son pantalon.


– Vous pensez que la vie d’une pute a du sens vous ?


Elle regarda par la fenêtre. Elle aperçut au loin un petit bout de la tour Eiffel.


– Je suis comme elle : grande, maigre, froide, visitée quotidiennement. Mon cœur et mon ventre sont vides. Depuis qu’il est mort, ma vie ne sert plus à rien : difficile d’imaginer que j’ai pu être une mère, hein !


Il la regarda attendri.


– Pourquoi je vous ai fait monter avec moi ? Une intuition, une voix m’a guidée. Et puis vous aviez l’air si perdu. Écoutez votre cœur. Il vous reste peu de temps. Courez. Le temps ne se rachète pas. Bientôt il sera trop tard et vous le regretterez. La vie est faite de renoncements ; c’est comme ça. Acceptez-le ou vous mourrez dans la solitude la plus terrible.


Il se dirigea, seul, vers la porte qu’il avait franchie pas plus tard que tout à l’heure. Il se retourna et la regarda :


– Et vous ? demanda-t-il tristement.

– Moi ? Je suis morte depuis longtemps. Partez avant qu’il ne vous arrive la même chose.


Il referma la porte derrière lui.



Il faisait encore nuit. Une nuit interminable, de celle où l’on rencontrait des gens étranges. Pendant que la ville dormait, la vie continuait autrement.

« Aujourd’hui est le dernier jour de ta vie », se remémorait-il.

Le compte à rebours continuait de tourner : une migraine affreuse lui déchirait les tempes et le front. Des vertiges l’assaillirent, son teint était blafard.


Depuis combien d’heures il marchait, il ne le savait pas. Depuis combien de nuits il errait ainsi, sans but, il ne le savait pas non plus. Peut-être était-il un vagabond lui aussi ? Ne s’était-il pas un peu reconnu dans cet homme à moitié ivre rencontré un peu plus tôt ? Il était ivre lui aussi, mais de doutes, de peur et d’angoisse. Le jeune homme avait perdu toute notion de temps et d’espace. Il divaguait encore quand il reconnut l’Arc de Triomphe, place de l’Étoile. Tout était lumineux et paisible. Le sol était pavé de triangles rouges.


– J’ai peut-être trouvé enfin ma voie, se dit-il. Douze rues s’offrent à moi : je suis au point de départ ou au point de non-retour. C’est à moi de rallumer la flamme du souvenir avant qu’elle ne s’éteigne définitivement.

– Par là, intervint une petite voix.


Le jeune homme s’approcha et vit un bout de femme d’à peine vingt ans.

Elle était assise, les bras recroquevillés autour de ses jambes et se balançait doucement. Ses cheveux, teintés de bleu, cascadaient sur ses frêles épaules. Ses crasseuses chaussures et son pantalon rapiécé çà et là laissaient entendre qu’elle vivait dans la rue. Elle était entièrement vêtue de rouge comme dans un conte de son enfance.


– Qu’est-ce qu’il y a là-bas ? demanda-t-il étonné.

– Tu cherches ton chemin, non ? Donc, j’te dis d’aller là-bas, renchérit-elle sèchement en pointant de l’index la direction.

– Qu’est-ce qui vous fait dire que je cherche mon chemin ? répondit-il agacé.

– Tout de toi me fait dire que tu cherches ton chemin. Mais pas seulement ta route. Tu cherches celui qui vient de là aussi.


Elle tapota énergiquement son cœur d’un doigt tremblotant.


– Crois-moi, je dis toujours la vérité, je ne me trompe jamais, argua-t-elle fièrement.


Alors qu’elle venait à peine de finir sa phrase, la jeune femme alluma son briquet et chauffa habilement une vieille cuillère qui était par terre il y a encore quelques secondes.

C’était une droguée, une paumée de junkie.

Il observa la scène comme un spectateur derrière son écran : il put apercevoir, aux détours de ses gestes, ses bras piqués et violacés.


– Vous n’allez pas faire ça ? dit-il sèchement.

– J’vais m’gêner tiens ! répondit-elle tout en continuant sa tambouille.


Il se dirigea vers elle et, d’un coup violent du revers de la main, envoya valdinguer la cuillère et le blanc poison qui bouillonnait.


– Mec t’es malade ! Tu sais combien ça coûte ?


Elle rampa comme un serpent pour tenter de ramasser quelque chose qui pourrait la soulager.

De rage, elle hurla puis pleura. Son corps se dandina fiévreusement. Elle était prise de convulsions. Il se précipita sur elle, l’encercla de ses bras pour la calmer et la contenir.


– Barre-toi. Barre-toi j’te dis, décampe putain ! hoqueta-t-elle dans un dernier effort de lucidité et de volonté. Tu peux rien pour moi. Barre-toi ou alors emmène-moi avec toi.


Elle montra à nouveau la direction puis devint silencieuse.



Elle transpirait, titubait. Il la soutenait du mieux qu’il pouvait.

La rue était éclairée par de menaçants réverbères. Aucune voiture ne circulait. Déstabilisant. Tout était si calme. D’inquiétantes silhouettes se dessinaient sur les murs des bâtiments. Leurs deux ombres longilignes fusionnèrent tel un gigantesque Quasimodo.

Ils cheminèrent longtemps, sans un mot, sans un regard.

Leurs pas claudicants les dirigèrent vers une bouche de métro. Ce trou béant qui surgissait du bitume les aspira.

L’odeur qui régnait dans les méandres souterrains était indescriptible : un écœurant mélange de freins usés, de cigarettes abandonnées, de transpirations accumulées, de pisses et de restes de parfums bon marché : de quoi donner la nausée à l’estomac le plus résistant.

Sur le quai, comme des zombis, ils regardèrent une rame passer.


– C’est ma chienne de vie qui se barre, pensa-t-il. Je suis comme ce wagon qui s’engouffre dans les entrailles du néant.


Ils prirent le premier métro qui daigna s’arrêter. Il n’y avait qu’un vieux assis au fond. En pleine nuit, finie la cohue des heures de pointe. Il cala la jeune femme contre une vitre taguée et s’assit à ses côtés.

Le jeune homme s’assoupit un instant avant d’être réveillé par une voix nasillarde :


– Tire une carte, lui ordonna-t-elle.


Comme il émergeait, la junkie brisa son mutisme pour lui répéter l’ordre qui venait d’être énoncé.


– T’es sourd ou quoi ? J’veux dormir moi, alors prends-lui une de ses putains de cartes et tout le monde sera content.


Elle laissa retomber sa tête en arrière et referma les yeux.

Il choisit parmi un éventail de cartes qui lui était présenté.

Son interlocuteur était l’homme assez âgé qu’il avait remarqué en entrant. Le vieux scruta attentivement la lame.


– Hum… dit-il. Le XIII. Vous savez ce que cela signifie ? demanda-t-il inquiet.


Le jeune homme esquissa un non de la tête.


– Honte à vous, malheureux ! dit-il en brandissant une main vers le ciel pour conjurer le blasphème.


Il embrassa une sorte d’amulette qu’il portait autour du cou.


– L’arcane sans nom, déclara-t-il solennellement. Regardez ce squelette qui marche tenant une faux à lame rouge. Vous avez vu les têtes, les pieds et les mains qui surgissent de la terre ? C’est la mort ! termina-t-il d’un ton exagérément dramatique.


Il poursuivit :


– Le treize correspond au recommencement, à une reconstruction. Vous êtes sous l’influence de Saturne : les épreuves, la fatalité, l’automne de la vie. Vous devez révéler au grand jour votre vérité intérieure. À vous de voir si cette lame est de mauvais augure ou non. Vous avez les cartes en main, si je puis dire. Demandez-vous ce qu’est la mort, vous obtiendrez des réponses sur la vie.


Il lui offrit la carte et se prépara à descendre au prochain arrêt.

Le jeune homme scruta l’arcane qu’il tenait désormais entre ses mains.

On y voyait souffrance et agonie. Quelle autre libération que la mort ?

Mais la mort était-elle toujours un point final ? Ne mourrait-on pas pour renaître de ses cendres ? Chacune des ruptures psychologiques, chacun des nombreux drames familiaux qu’il avait subis l’avaient précipité toujours un peu plus dans la mort. Après tout, on pouvait mourir psychologiquement, n’être plus que l’ombre de soi-même et posséder une enveloppe charnelle toujours intacte. On mourrait un peu tous les jours, à chacun des traumatismes et des pièges que la vie nous tendait.

Fallait-il accepter le passé ? Il rangea précieusement la carte dans la poche intérieure de sa veste.


Le Louvre.


Ils descendirent.

D’un pas décidé, il se dirigea vers un grand bâtiment blanc. Il semblait survoler le macadam. La junkie aux cheveux bleus paraissait moins lourde à soutenir.


– Toi aussi tu dois t’y rendre, dit-il d’un ton paternel.


Ils pénétrèrent ensemble dans un grand hall immaculé et nébuleux. Tout était d’un calme surnaturel. Les gens, vêtus de blanc, marchaient au ralenti. Il n’entendait plus que son sang qui affluait et sa respiration saccadée.

C’est alors que le son sourd et lointain du clocher d’une église retentit : un « baoummmm » obscur martelait chaque seconde qui s’écoulait. Le compte à rebours venait de s’emballer.

Quelqu’un vint prendre la junkie, sans un mot, sans un regard.

Baoummm

Il se retrouva seul, égaré dans ce hall immense où tout s’agitait lentement autour de lui : impression étrange.

Baoummm

Le jeune homme flottait, planait dans une atmosphère cotonneuse et brumeuse.

Baoummm

Avait-il pris de la drogue cette nuit ? La fille aux cheveux bleus avait-elle existé ailleurs que dans son imagination ? Faisait-il une overdose ?

Baoummm

Quel était le sens de cette nuit ? Était-il endormi ou coincé dans un cauchemar sans fin ?

Baoummm

Il se boucha les oreilles de ses mains tremblantes.

Baoummm

Une femme au regard grave lui toucha l’épaule.

Baoummm


– On vous attend depuis un bout de temps. Vous arrivez au bon moment, venez vite, ordonna-t-elle.


Baoummm

Elle l’emmena dans une pièce froide et lumineuse qui sentait fort le désinfectant.


– Je vais mourir hein ? dit-il inquiet.


Baoummm


– Un jour, c’est certain oui, plaisanta-t-elle. Mais il faudra attendre encore un peu.


Baoummm


– Vous venez de l’entendre vous aussi ?

– Quoi donc ?

– Ben la cloche, baoummm, ah là encore ! Vous l’avez entendue à l’instant ?


À la fois interdite et amusée, elle poussa une lourde porte à battants. Il découvrit une femme allongée sur une table métallique. Elle semblait crier, pleurer mais il n’entendait aucun son sortir de sa bouche déformée par la douleur.

Il avança vers elle et vit son corps secoué par de longs spasmes, puis plus rien. Le néant.

Baoummm !

Et ce fut sur ce dernier retentissement de cloche, le treizième, que les souvenirs affluèrent comme une gigantesque déferlante. Cette femme alitée était la sienne, elle venait d’accoucher de leur fils. À cet instant précis, le temps reprit son cours. Le calme olympien se brisa et laissa place aux bourdonnements habituels des hôpitaux. La lenteur qui l’entourait se brisa et la vie retrouva son rythme effréné, martelée par les « bip » aigus des appareils médicaux.


– Mais je… balbutia-t-il. J’étais dans la rue, et la junkie où elle est ?


L’infirmière rassura la maman en disant qu’il n’était pas rare de voir des pères complètement perdus et délirer sous le choc de l’accouchement.


– Mais ma chérie, je peux te le prouver, regarde !


Il chercha dans sa veste la carte de tarot comme preuve irréfutable qu’il n’avait pas déliré, qu’il n’était pas fou.


– Regarde, c’est l’arcane XIII. Le vieux du métro me l’a offerte. Et je…


Il s’arrêta, stupéfait.


– Lame XVII, lut-il.


Il la regarda dans tous les sens. Il n’y comprenait plus rien. L’Étoile. Une femme nue aux cheveux longs et bleus, agenouillée au bord d’un étang. La pureté, la légèreté, la vérité, émanaient de cette image. Huit étoiles brillaient au-dessus de cette jeune fille dont une plus particulièrement. L’étoile du Berger perçait l’obscurité pour apporter espoir, harmonie et amour.

L’infirmière lui tendit son fils.


– J’ai trouvé mon étoile, se dit-il en admirant son enfant les larmes aux yeux.


Tout prit du sens, son sens : une naissance pour une renaissance.

Il rangea précieusement la carte dans sa poche et ému, il serra son fils contre sa poitrine.

Les doutes s’étaient dissipés, l’angoisse volatilisée : il sentit une paix intérieure l’envahir.


– Félicitations ! Votre fils est né le 13 juin 2013 à treize heures pile. C’est un petit chanceux que vous venez de nous faire là.


Une sage-femme lui tapota le dos amicalement. Lorsqu’il la regarda, son cœur s’affola.


– Mais que faites-vous ici ? Vous étiez dans la chambre, dans ce vieil immeuble avec moi, il y a quelques heures et vous n’étiez pas sage-femme !


Elle éclata de rire et ajouta :


– Ah ! Les nouveaux papas ! Ils nous en font voir. Heureusement que ce ne sont pas eux qui accouchent, ajouta-t-elle tendrement en jetant une œillade complice à la jeune maman.


Son épouse, trop fatiguée pour relever les élucubrations soudaines de son mari, l’interpella :


– Mon amour, j’ai enfin trouvé un nom, je viens d’avoir une révélation : Gabriel, il s’appelle Gabriel. Qu’en penses-tu ?


Il la regarda abasourdi.


– Ça ne te plaît pas ? demanda-t-elle inquiète.

– Si… C’est que ça me rappelle… Non rien. Gabriel, c’est parfait mon cœur. Tout est parfait désormais. J’ai enfin trouvé ma famille, ma raison de vivre et je me suis retrouvé.


Il ne cherchait plus à déchiffrer les événements de la nuit. Il venait de comprendre le but de son existence en quelques secondes : donner la vie pour devenir enfin lui-même, donner la vie pour retrouver la sienne.

Il serra la main de sa femme pendant qu’il berçait leur petit Gabriel.

Les chuchotements revinrent mais cette fois ils se dissipèrent pour laisser place à un doux murmure qu’il comprit enfin :


« Aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie.

Profite de chaque seconde, sois heureux de ce que tu possèdes.

Aime la vie, range ton passé et vis ! »


 
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   Jano   
27/8/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
L'écriture est plaisante, le thème du concours correctement respecté, mais ça ne m'a pas emballé plus que ça. En fait je me suis un peu ennuyé, les errements du narrateur sont quand même bien longuets. La chute est imprévisible, surprenante, mais ne suffit pas à relancer l'intérêt. C'est évidemment un point de vue tout personnel. J'aurais aimé plus d'actions, de rebondissements, quelque chose qui vienne insuffler davantage de charge émotionnelle. Et puis la conclusion est bien caricaturale, un leitmotiv du bonheur mille fois entendu.

   socque   
13/9/2016
 a aimé ce texte 
Pas ↑
C'est quand même dommage que vous n'ayez pas compté correctement les "baoummm" de la cloche :
un « baoummmm » obscur (...)
Baoummm (...)
baoummm(...)
Baoummm(...)
Baoummm(...)
Baoummm(...)
Baoummm(...)
baoummm(...)
baoummm(...)
baoummm(...)
Baoummm(...)
Baoummm !
Et ce fut sur ce dernier retentissement de cloche, le treizième
Voilà, ça fait douze et pas treize.

Sinon, je trouve que le renversement total d'ambiance, de situation, etc. n'est pas vraiment crédible, et d'abord psychologiquement. Qu'un nouveau père se tape carrément une crise psychotique, je trouve étonnant que les infirmières prennent ça à la légère. Que ce jeune père accepte sans broncher que sa femme donne au nouveau-né le prénom de Gabriel, dans sa vision celui du fils défunt depuis longtemps d'une pute, ça me file carrément froid dans le dos, mais non, apparemment ce n'est pas un présage funeste...

Bref, pour moi ça ne colle pas du tout de résoudre comme par-dessous la jambe la crise existentielle aiguë qu'a traversée l'heureux papa. Vous aurez compris que je ne suis pas convaincue par la fin du texte, alors que l'errance du personnage m'avait intriguée ; mais la conclusion en est à mes yeux très décevante.

EDIT : Depuis la rédaction de ce message en Espace Lecture, j'ai compris mon erreur ; le treizième coup est évoqué ici
– Ben la cloche, baoummm, ah là encore ! Vous l’avez entendue à l’instant ?
Au temps pour moi.

   in-flight   
29/8/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Un texte d'où émergent de nombreuses questions existentielles mâtinées d'une ode à l'enfance. La fiction proposée sert de toile de fond pour faire jaillir ces interrogations (qui doivent tirailler l'auteur).
La rencontre des personnages successifs qui révèlent au narrateur une partie de lui-même n'est pas sans rappeler les procédés utilisés par Paulo Coehlo (la légende personnelle, de mémoire).
La chute nous apprend que certains personnages rencontrés ont bien existé mais dans des rôles différents. Mais que représente le clochard, la prostituée?

Quelques remarques:

Pourquoi vivre si tout était joué d’avance ? --> oui mais on ne sait pas ce qui va nous arriver. Excitant non?

Je suis comme elle : grande, maigre, froide, visitée quotidiennement. Mon cœur et mon ventre sont vides.--> belle métaphore.

La junkie aux cheveux bleus--> C'est obligé ça? Je veux dire droguée nécessite forcément une identité capillaire marginale?

Et ce fut sur ce dernier retentissement de cloche, le treizième --> Ah le voilà enfin le lien avec le concours... hé hé hé je veille au grain.

L’infirmière rassura la maman en disant qu’il n’était pas rare de voir des pères complètement perdus et délirer sous le choc de l’accouchement. --> L'infirmière elle a un esprit hypothético-déductif assez fantastique...

Mon amour, j’ai enfin trouvé un nom, je viens d’avoir une révélation : Gabriel, il s’appelle Gabriel. Qu’en penses-tu ? --> elle récupère vite maman! Lucidité post-délivrance.

   Charivari   
13/9/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour.
Je ne suis pas emballé par ce texte, je trouve qu'il en fait vraiment trop, et du coup perd sa crédibilité.

L'idée était bonne pourtant, mais, comme l'a dit une commentariste avant moi, cette espèce de bouffée délirante avant la naissance d'un enfant est un cas clinique de psychiatrie, et on nous dit que "c'est habituel chez les papas"... Du coup, la chute, à mon avis, tombe assez à plat.

Mais bon, admettons que cette exagération soit une licence poétique... Mais dans ce cas là, le style aurait dû suivre, être justement plus poétique, plus oppressant, plus onirique. Le style est au contraire assez plat, à certains passages un peu laborieux (ces "baoum" sont de trop, à mon avis, ou ces questions réthoriques du type "Avait-il rêvé du clochard ? L’avait-il réellement rencontré ?", qui fotn un peu rédaction scolaire), même si les dialogues sont plutôt bon. Ici, on est dans du réalisme crû, et le recours aux clichés (le SDF aviné, la junk aux cheveux bleus, etc...) empêchent quelque chose de plus original, dep lus kafakaïen. dommage.

Enfin, en ce qui concerne l'histoire même et les symboles que sont censés véhiculer les personnages croisés dans les rêves, j'avoue ne pas très bien avoir vraiment compris cette histoire de Gabriel, les traces et les lignes de sa main, ni réellement ce que ces différentes rencontres nous renseignent sur le personnage, sur son passé, sur son présent... Quelques bribes, çà et là, mais je n'ai pas cerné ce personnage, du tout.

   Bidis   
13/9/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Pendant une grande partie de la nouvelle, j’ai eu l’impression d’un surréalisme qui ne fonctionnait pas tout à fait très bien mais enfin, l’intention de l’auteur, si c'était le surréalisme, me paraissait originale et je trouvais l'exercice à la fois périlleux, difficile et intéressant. Jusqu’à ce que l’on dérape complètement dans l'ésotérisme, puis dans un romantisme délirant et une chute moralisatrice. De plus, le chiffre 13 m'a semblé un peu surexploité.

Petite remarque :
- « Ce temple, à la fois calme et inquiétant, le pénétrait de part en part. » : c’est l’impression de calme qui pénètre le personnage, pas le temple.

   JulieM   
13/9/2016
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Honnêtement je n'ai pas trop aimé ni l'écriture ni le récit. Au début de ma lecture, la première idée qui m'est venue est celle d'un délire schizophrénique qui en lui-même pouvait porter une histoire horrifique. Mais là, associer l'horreur avec une naissance c'est vraiment trop, cela m'a dérangé. Ensuite l'écriture laborieuse et pleine de clichés, de phrases convenues n'a pas arrangé les choses. Le chaos dans la tête du héros n'est pas, à mon avis, bien exprimé.
Merci de votre effort et pour l'originalité.

   Pepito   
13/9/2016
Bonjour !
Allez savoir pourquoi, au titre, déjà, je me suis dit : y'a bon ! ;=)

Forme :
"dernier jour de ta vie" > "comme un compte à rebours qui venait d’être enclenché" un compte à rebours à 1 coup, donc.
"amoncellement d’atomes" jolie image... pour une molécule
"Ce temple, à la fois calme et inquiétant, le pénétrait de part en part." ouille ! ça, ça doit faire mal !
"les sons lui tambourinaient les tempes" Toc ! Toc ! y'a kekun ?!
"Il se tint le crâne de crainte qu’il n’implosât." il tient donc son crâne de l’intérieur... en passant par les oreilles (à cheval !) ?
"– Mais mon Dieu à quoi je sers, où faut-il que je me rende ? " dans quel état j'erre ?
"son enfance... C’était le temps de l’innocence, de l’insouciance. " faudrait savoir, plus haut vous avez écrit "Vivre avait toujours été la tâche la plus difficile"
"La nuit commençait à tomber avec la froideur de l’hiver." et un autre copain qui passait par là...
"le vagabond l’attrapa par le bras" plus loin "Il l’esquiva de justesse" > Olé !
"dans un relent d’estime de soi " le "relent" c'est à cause des poubelles je suppose ;=)))
"Pourquoi vivre si tout était joué d’avance ? " ha, philosophie dominicale, quand tu nous tiens...
"Il observa avec imagination" alors ça, je veux vraiment savoir comment on fait ?!
...

Encore un texte dont je ne connaîtrais pas la fin. Snif ! ;=)

Bonne continuation.

Pepito

   Rain   
13/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Le conte et son thème ne doivent pas monopoliser l'attention.
Personnellement il m'ont convenu.
Certes, l'entame est amputée du prologue nécessaire pour comprendre d'où provient cette sentence. j'ai trouvé qu'il manquait la description des lieux, ces petits détails qui nous ouvrent les portes de votre univers.
Mais j'ai aimé la plume. Les hésitations ressenties parfois ne sont là que pour faire éprouver le doute et les craintes du jeune homme.
Croyez en votre talent, moi j'en suis persuadé.

   placebo   
13/9/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai bien aimé l'écriture. Peut-être que je lis de plus en plus vite, fut un temps je relevais tout comme pepito (dont je salut l'effort d'ailleurs) :)

Les dialoques sont surréalistes, tout le monde semble de connivance... par contre, il y a un reel travail d'ambiance.

Et le final ? Ça me rappelle un peu le "tout ça n'était qu'un rêve", malgré l'effort de l'auteur de lier les parties : dommage, en un sens, que rien de tout ça ne soit arrivé.
Je pense qu'il est difficile de juger du résultat sans connaître les intentions de l'auteur dans ce cas : cette idée d'errement puis de maternité était-elle déjà présente, un axe d'articulation du texte (je pense, mais je ne suis pas convaincu par le traitement), ou une fin trouvée plus tard ?

Bonne continuation,
placebo

je pense que j'aurais mis bien-, mais en relisant, j'ai quand meme du mal avec les dialogues...

   widjet   
13/9/2016
 a aimé ce texte 
Pas
C'est vraiment à se demander si le fait de répondre aux critères du concours est en soi un passe suffisant pour la publication ? Quid du texte, de son contenu, de son fond, sa forme, du style ? D'un tout petit peu (même rikiki) de densité, de matière, de viande ?

Manifestement, sur Oniris, on s'en tape, l'objectif est de remplir le cahier des charges du concours et allez roulez jeunesse, on publie.

Un texte sincère, certes, plutôt appliqué, ça sent l'effort (l'auteur s'est donné du mal tout de même, c'est tout à fait méritoire) mais un texte "de débutant" (rien de péjoratif) avec tout ce que cela implique en matière d'écriture (pas mauvaise en soi, mais scolaire, d'une grande platitude, sans force ni nuance, avec des termes convenus, des dialogues absolument pas crédibles (un vrai ratage dans ce domaine pourtant essentiel), abus d'adjectifs et d'adverbes (et croyez moi, je connais le sujet, j'en abuse moi-même).

Un texte qui peine même à divertir.

Alors, certes, personne ici n'est professionnel, mais j'ai trop lu de texte, trop traîné mes guêtres ici pour me contenter d'un texte gentil, voire fade même si encore une fois plein de sincérité et de bonnes intentions, mais voilà c'est incolore, inodore, assez infantilisant avec ces questions incessantes et ces effets trop surlignés.

Ayant moi même par le passé (et encore un peu aujourd'hui) produit ce genre de texte, que l'auteur sache que ça n'a rien de personnel, c'est juste que sur le fond comme sur la forme cela ne présente pas beaucoup d'intérêt.

Mais, il y a tout de même une certaine application.

W

   plumette   
13/9/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
ce texte m'a paru très inégal.
j'ai été gênée de cette sentence qui démarre la nouvelle. d'où vient-elle? qui la prononce? Mais peut-être cette sentence a-t-elle finalement un effet un peu hypnotique sur le lecteur.
j'ai également été gênée par certaines descriptions comme "éclairé par des néons au désagréable bruit de salle d’opération." ou encore "Le papier peint rouge sombre tombait en lambeaux comme des morceaux de peau arrachés d’une plaie à vif." ou encore par de fausses bonnes idées comme la pute quise compare à la Tour Eiffel, ce qui m'a fait l'effet d'une blague recyclée.
et puis je n'ai pas compris le sens que l'auteur a voulu donner à toutes ces rencontres:
le clochard, la pute avec cette histoire larmoyante de perte d'enfant , la junkee, le tireur de carte, tous ces éléments mis bout à bout font un peu clichés. pourtant quelque chose que j'ai du mal à définir m'a permis d'aller au bout du texte. l'auteur cultive tout de même le sens du mystère, j'avais envie de connaître la fin et j'avoue que la fin ou plutôt l'idée de la fin est originale même si elle n'est pas crédible.

il y a du travail sur ce texte, c'est évident, mais des lourdeurs, des choses inutiles qui lui font perdre de son efficacité. pas de progression dans l'horreur, l'horreur étant acquise dés la première phrase.

quant au thème du concours, bof !!

Plumette

   Alphekka   
13/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Eh bien moi il me plaît beaucoup ce texte!
J'adore l'ambiance conte fantastique et cette succession d'actions un peu surréaliste.

Je m'attendais à une histoire larmoyante du style "le dernier jour d'un condamné" du coup la fin m'a très agréablement surprise. (Même si c'est un peu hardcore comme délire de futur papa en détresse)

L'homme me paraît quand même un peu trop actif dans son délire (par exemple lorsqu'il empêche la junkie de prendre sa dose) alors qu'il est sensé être complètement perdu.
Et l'accumulation du nombre 13 me semble un peu cliché...

Mais quelque chose me parle profondément dans ce texte sans que je n'arrive à dire quoi...

   Anonyme   
19/9/2016
Bonjour
Depuis l’introduction, je cherche qu’elle est la raison de cette sentence mortelle et j’attends la réponse. Le dernier jour de son existence relativement libre, peut-être ? Je ne vois que cette hypothèse mais de là à sombrer dans la schizophrénie pour devenir « papa », non ! Comment imaginer une scène aussi burlesque au point que le futur père en oublie qu’il a une femme ? Il est vrai que des pères ne veulent pas assister à un accouchement, mais ce scénario, même s’il respecte le thème imposé, me semble résulter de trop d’heures passées devant des films de science-fiction.
Sans mauvais jeu de mots, ça « cloche » !
C’est relativement bien écrit, seul point qui vaille à mon sens.

Bon courage

   Alcirion   
9/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour MissNeko,

Les commentateurs de nouvelles sont difficiles, lol !

Moi, j'ai bien aimé ta nouvelle, qui suit l'option matérialiste qui donne de loin la meilleure épouvante. On sent que tu as lu des auteurs différents et que tu as digéré certaines techniques de construction d'ambiance et de progression dramatique.

Les idées développées sont originales, même si elles auraient pu être mieux rendues par l'écriture : les dialogues sont très bien, ce sont les parties narratives qui auraient pu mieux soutenir le texte en étant plus travaillées. Mais sur ce point là évidement le principe du concours implique un manque de recul, notamment sur ces petits détails formels qui font la différence au bout du compte.

Mon manque d'optimisme génétique a un peu de mal avec la fin heureuse, mais après tout, ce n'est pas non plus interdit en épouvante.

Pour la crédibilité de l'histoire, critiquée, ne pas oublier qu'on est dans l'imaginaire et que ça autorise forcément des libertés : de ce point de vue là, je n'ai rien à redire, la réalité décrite doit forcément être abordée sous l'angle de l'étrange et ne fonctionne pas avec les mêmes codes romanesques qu'une histoire sentimentale, par exemple, que curieusement, on critiquera moins sous l'angle de la rationalité (et pourtant, il y aurait parfois de quoi faire...)

En bref, l'histoire tient bien la route, même si elle aurait gagné un peu plus de patine avec un meilleur recul.

Bonne continuation !

   Donaldo75   
13/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour MissNeko,

J'ai bien aimé cette nouvelle. En fait, le thème du concours ne m'a pas turlupiné pendant la lecture, même si un moment je me suis dit qu'on s'en éloignait ou qu'il n'était qu'un prétexte. Je pense même que le thème a été une contrainte, parce qu'à la fin, avec les "baoumm", il vous a obligé à rajouter une dimension pas forcément bienvenue. J'ai aimé quand le personnage errait dans cette sorte de cour des miracles qu'est la ville. Cette partie, la plus longue de la nouvelle, m'a énormément plu. Par contre, la fin, le retournement de situation, parait plus faible et presque artificiel, comme une excuse pour coller au thème. C'est dommage.

Au plaisir de vous relire; merci pour la lecture.

Donald

   GillesP   
19/10/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé ce texte, mais je n'ai pas été emballé non plus. Comme d'autres commentateurs, il me semble que, dans certains détails, il y a des choses qui ne sont pas totalement cohérentes. Par ailleurs, cette nouvelle repose sur un cliché, un principe on ne peut plus rebattu, qui constitue un des fondements de la littérature fantastique: on commence dans le monde réel, on bascule progressivement dans un monde de plus en plus inquiétant, on se demande si on n'est pas face à du surnaturel, et puis vient le fameux renversement de situation: tout cela n'était qu'un rêve, ou une hallucination! C'est peut-être cela qui m'a le plus gêné.
Ceci dit, le texte se lit sans déplaisir, grâce à une écriture plutôt agréable dans l'ensemble.
Au plaisir de vous relire.


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