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Fantastique/Merveilleux
Neojamin : Un trou dans les nuages
 Publié le 10/09/14  -  7 commentaires  -  8827 caractères  -  101 lectures    Autres textes du même auteur

Une époque sans vent, sans soleil, jusqu'à ce jour.


Un trou dans les nuages


– Le vent se lève ! cria une jeune fille par la fenêtre.


Sous ses pieds, sous la dalle de béton, sous la terre argileuse, ils creusaient, à l'aveugle, ne sachant s'ils étaient déjà passés de l'autre côté, creusant encore, pour être sûrs, sachant que plus loin ils iraient, plus libres ils seraient. Sans prononcer un seul mot, la poussière gonflait leurs poumons, leur faisant oublier la faim, ils grattaient, tâtonnaient et grattaient encore.

La grand-mère sortit sa tête par la fenêtre. Elle sourit.

"Oui, le vent se lève, dit-elle de sa voix rauque et fatiguée, le vent se lève…" Elle se le répéta une ou deux fois, en murmurant, comme si elle avait peur que quelqu'un la surprenne. Au loin, un petit bout de ciel bleu creusait son trou. La fille le pointa du doigt et leva ses yeux pétillants vers sa grand-mère qui pleurait silencieusement.

Le géographe, dans les airs, penché en avant sur la nacelle de son ballon, regardait lui aussi le spectacle, tout ahuri.

"Mais… pourquoi ?" balbutiait-il. En bas, il voyait l'effervescence de la foule qui se réunissait dans l'avenue principale. Lui demeurait pensif. Il n'avait pas trouvé le remède, ni la cause, le phénomène restait inexplicable, son étude inachevée. Son rôle dans ce qui ressemblait à un miracle nul. Le ballon partait à la dérive, porté par le vent qui soufflait de plus en plus fort.


Des deux côtés du mur, les gens criaient et pleuraient de joie. Ce furent ceux de droite qui en prirent conscience les premiers. Ils entendaient les mêmes cris percer l'épais mur de briques, la même joie. Les plus braves se ruèrent vers le mur, empoignant toutes sortes d'outils pour en fracasser les briques, suivis bientôt par toute la foule. Ceux de gauche, en entendant les bruits de marteau et de fer frapper le ciment se joignirent immédiatement, en liesse.

Au bout de quelques heures, il ne restait du mur qu'un souvenir âpre et amer, des briques éparpillées sur le sol, éclatées, comme les restes d'une injustice silencieuse. Quelques-uns se risquaient à se saluer, s'embrasser, puis tous, machinalement, comme une nuée d'oiseaux, tous levèrent la tête vers le ciel.

La fille criait de plus belle "le vent se lève !"

Et le bleu du ciel se fit plus intense, plus pénétrant, chassant les nuages lourds et opaques.

Le géographe s'arracha un cheveu de sa tête et le plaça dans son hygromètre. Le compteur indiquait 74%, son baromètre donnait une pression atmosphérique de 954 hectopascals, rien d'anormal, les compteurs affichaient les mêmes données qu'il avait enregistrées pendant des mois et des mois et pourtant, les nuages se dispersaient. La girouette grinça, tourna vers la gauche, puis vers la droite, le ballon dansait dans les airs, instable, comme frétillant de bonheur. Il regarda en bas, la foule qui s'embrassait, chantait, riait, pleurait.

Eux, ils creusaient encore, ils n'avaient pas vu le bleu du ciel, ils n'avaient pas entendu la voix de l'enfant ni le martèlement des briques qui tombaient sur le sol. Ils creusaient dans un silence entrecoupé par le bruit de la pioche contre la terre, tchlak, tchlak. Le rythme de l'espoir. Ils respiraient bruyamment, se relayant pour épargner leurs forces. Marco avait pris la tête, c'était de chez lui que ce cortège de taupes avait démarré le trou, pendant des mois ils avaient creusé, récolté des vivres, des outils, amassé des bouts de bois pour tenir les parois. Michel avait dessiné les plans, soigneusement, au crayon sur une feuille de papier mâché. Il la serrait dans ses mains, feuille devenue poisseuse, chiffonnée, trempée par la sueur, où le plan n'apparaissait qu'en hiéroglyphes indéchiffrables. Il le connaissait par cœur de toute façon, il tenait la feuille comme on s'accroche à un gri-gri africain, un porte-bonheur qui garantissait le succès de leur entreprise folle. Gisèle tapota sur l'épaule de Marco, "à mon tour" lui dit-elle, la tâche était la plus pénible au-devant mais celui qui creusait respirait moins de poussière. À l'arrière, ils suffoquaient, avançant à l'aveugle, les yeux clos, une main sur la bouche et une autre qui tâtonnait à la recherche de la cheville de celui de devant. Marie fermait la marche, trop fatiguée pour creuser, elle s'asphyxiait en silence, elle comptait les mètres avec son corps, quelques brassées de plus et ils pourraient commencer à remonter, si Michel ne s'était pas trompé. George, son mari, un mec mince et grand, la devançait, traînant un ballot de bois, c'était les dernières planches, il les plaçait de temps en temps, quand il sentait que la terre s'effritait plus qu'ailleurs, qu'il y avait un risque d'éboulement. Tous avançaient en silence, pas un mot, juste le souffle rauque, asphyxié qui rythmait leur marche.


La police regardait le mur se désagréger, les ordres étaient clairs. "Ne rien faire", rester en poste au cas où. Si quelques gens se prenaient l'envie de balancer les briques sur d'autres alors il faudrait intervenir. Mais les briques tombaient sur le sol dans un bruit sourd, les gens s'embrassaient sans se connaître, la fête éclatait sous un ciel qui se dégageait de plus en plus.

Et puis il y en eut un. Il en a suffi d'un seul qui n'ait pas accepté l'accolade généreuse que lui donnait cet homme un peu gras, trempé de sueur et d'allégresse. Il l'a repoussé sans méchanceté, juste parce qu'il ne voulait pas, l'homme a titubé et s'est écroulé sur la jambe d'un autre. C'est celui qui a vu la scène qui s'est emporté, il a baragouiné quelque chose d'inintelligible dans tout ce brouhaha, l'autre n'a rien dit, il a haussé les épaules. Le coup est parti tout seul, il s'est aplati sur le sol. Ses yeux se sont portés sur une brique tombée à côté de lui, brique rose et inoffensive. Il l'a saisie, s'est relevé et a frappé son agresseur plusieurs fois, jusqu'à ce que le sang lui coule sur les doigts.


Du haut de son immeuble, la vieille observait la scène. Elle a pris la petite fille et l'a entraînée à l'intérieur en lui chuchotant des mots doux. "C'est l'heure du goûter ma chérie."


Le rang des policiers a frémi, le capitaine a haussé la voix, le bruit des talons s'est ajouté au bruit des briques qui tombaient au milieu de la foule. La bagarre se propageait comme une onde sismique, un être ensanglanté en son épicentre, elle oscillait tout autour. Ceux qui s'embrassaient furent emportés par ces élans de violence, les coups se sont multipliés, le sang a remplacé les larmes.


Le géographe a fait tomber son anémomètre. De son perchoir, il voyait la violence engloutir la joie. L'horizon se teignait de rouge, les nuages se teintaient de rose, d'orange et son hygromètre n'indiquait toujours aucun changement. Seule la girouette, qui avait rouillé pendant ces longs mois sans vent grinçait joyeusement, comme insensible aux funestes événements qui obstruaient le trou du mur. Au loin, il voyait l'autre géographe, leur géographe qui redescendait son ballon. Avait-il trouvé, savait-il pourquoi le vent s'était levé, aussi soudainement ?

---------

Au petit matin suivant, la fille a ouvert les volets de bois, le grincement a retenti dans la clairière nue. Là où la foule s'extasiait le jour d'avant, il ne restait que des milliers de briques gisant sur le sol et un trou béant dans le mur. Un cycliste matinal prit son vélo à deux mains et enjamba ce qui restait du mur pour passer de l'autre côté. Il souriait, le bleu du ciel s'étendait jusqu'à l'horizon et le soleil pointait le bout de son nez derrière les montagnes. La petite fille le regarda droit dans les yeux, à s'en brûler la rétine. Elle ferma les paupières, sentit la douce chaleur de l'astre sur sa peau. Elle appela sa grand-mère, mit sa veste et courut dans l'escalier, dévalant les marches jusqu'en bas de l'immeuble. Elle se dirigea tout droit vers là où le mur s'était brisé, elle se jucha sur un monticule de briques, une tache de sang séchait à ses pieds.

Soudain, un bruit, comme un grattement sous la terre, ça venait de pas très loin, à quelques mètres du mur. Elle vit un petit amas de pierres jaillir du sol puis un bout de métal, une pelle, un manche avec une main dessus.

Gérard s'arrêta net et chuchota :


– Ça y est, nous y sommes… Mais il fait jour !

– Tant pis, lui répondit Marco, vas-y sors ! Je n'en peux plus.


Un par un, ils s’extirpèrent du trou. Un par un, ils posèrent leurs yeux sur la petite fille, sur les briques, le trou qui s'ouvrait sur une large avenue de l'autre côté, puis sur le ciel bleu, limpide, irréel.


– Tu t'es trompé Michel.


C'est Marie qui a traduit la pensée qui occupait l'esprit de chacun.

La fille observait, amusée, étonnée, leurs corps couverts de boue, leurs visages marron de poussières, leurs cheveux gras, leurs mines fatiguées. Elle a souri et leur a dit, d'une voix guillerette et innocente :


– Le vent s'est levé !


 
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   socque   
9/8/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une histoire symbolique à la fois triste et pleine d'espoir ; les humains ne peuvent s'empêcher de transformer toute joie en violence mais, finalement, ce n'est pas grave : le vent s'est levé, il a balayé. Quant à ceux qui creusaient dans leur caverne à la Platon, ils finissent par rejoindre la vie.

Ce texte m'a fait penser à la scène finale du film "Pink Floyd - The Wall", où, après l'émeute et le chaos, des gamins viennent tout rebâtir. Là aussi j'ai eu l'impression d'un renouveau. Un texte rafraîchissant, pour moi, mais un peu naïf me semble-t-il dans sa manière de dire ce qu'il a à dire.

   Asrya   
30/8/2014
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Votre écrit est plutôt agréable à lire, malgré de temps à autres des ponctuations un peu... déplaisantes
exemple :
"Sous ses pieds, sous la dalle de béton, sous la terre argileuse, ils creusaient, à l'aveugle, ne sachant s'ils étaient déjà passés de l'autre côté, creusant encore, pour être sûrs, sachant que plus loin ils iraient, plus libres ils seraient"
Pitié... séparez tout cela en plusieurs phrases. Donnez du rythme.
"Sans prononcer un seul mot, la poussière gonflait leurs poumons, leur faisant oublier la faim, ils grattaient, tâtonnaient et grattaient encore."
C'est la phrase qui vient juste après et elle est tout autant indigeste.
"Marco avait pris la tête, c'était de chez lui que ce cortège de taupes avait démarré le trou, pendant des mois ils avaient creusé, récolté des vivres, des outils, amassé des bouts de bois pour tenir les parois"
Rebelote.

Bref, je ne vais pas faire le tour du texte, vous m'avez saisi.

Par contre... je vous avouerai n'avoir strictement rien compris à votre histoire.
Alors bon, d'accord, on atterrit dans un monde où le vent ne s'est pas levé depuis des lustres, et, soudain, il se lève. Bénédiction ! Cela se comprend, le vent est si bénéfique à l'homme. Mais... Pourquoi ce mur ? Que signifie-t-il ? Pourquoi a-t-il été érigé ?
J'en ai fait un rapprochement avec la chute du mur de Berlin. Le démantèlement du mur par les deux anciennes républiques allemandes.
Cela collait bien en plus, avec "ceux de droite" qui commencent cette action. Mais avec la suite, je me suis ravisé.
Pourquoi cette émeute ? Pourquoi ce sang ? Cette bagarre ?

Et comble de l'incompréhension, qui sont ces personnes qui creusent ? Pourquoi creusent-ils ? Pour gagner l'autre côté du mur ? Y avait-il réellement un lien avec la chute du mur de Berlin ? Si oui... pourquoi ce soulèvement incompréhensible ?!

Pour en finir, c'est assez bien écrit. Cela aurait été agréable à lire si je n'avais pas eu autant d'incompréhensions. Au lieu de cela, ça a été un calvaire pour moi d'essayer de remettre vos idées bout à bout.
Ce doit être pourtant très clair dans votre tête, c'est pourquoi je m'excuse de n'avoir absolument rien compris.

Je vous remercie malgré tout pour votre nouvelle,
Un casse-tête de fin de soirée,
J'espère vous lire bientôt à nouveau.
(la compréhension en plus !)

   fergas   
5/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte qui nous replonge à la fin de la guerre froide (si tant est qu’elle soit réellement finie). On fait aisément le parallèle avec la chute du mur en 1989. S’y ajoute le côté kafkaïen des perceurs ignorants de la situation en surface. L’effet miroir des deux trous, celui du mur et celui du sol, est saisissant.
J’aurais aimé un peu plus de développement au sujet des deux géographes-aérostiers. Au second n’est d’ailleurs fait qu’une brève allusion.
Votre manière de fabriquer un hygromètre à cheveu tient plutôt de la licence poétique que de la réalité industrielle (c’est mon métier !), mais l’intention est bonne.
Et oui, ce jour-là, le vent avait bien tourné.
J’ai dû relire le texte pour mieux en apprécier les subtilités. Les fautes d’accord des verbes nuisent cependant à la fluidité de la lecture, mais ceci sera promptement corrigé je pense.
Ce texte, pour moi, rapporte son lot d’images fortes. Moins pour les jeunes, peut-être ?

   Shepard   
10/9/2014
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Bonjour Neojamin !

A vrai dire je m'attendais à quelque de chose de plus surprenant et de moins cryptique en guise de chute.

Le style reste un peu lourd pour les choses qui y sont racontées, cette pluie de virgules dans les descriptions est littéralement insupportable ! "À l'arrière, ils suffoquaient, avançant à l'aveugle, les yeux clos, une main sur la bouche et une autre qui tâtonnait à la recherche de la cheville de celui de devant" enchaîné avec "Marie fermait la marche, trop fatiguée pour creuser, elle s'asphyxiait en silence, elle comptait les mètres avec son corps, quelques brassées de plus et ils pourraient commencer à remonter, si Michel ne s'était pas trompé." puis "George, son mari, un mec mince et grand, la devançait, traînant un ballot de bois, c'était les dernières planches, il les plaçait de temps en temps, quand il sentait que la terre s'effritait plus qu'ailleurs, qu'il y avait un risque d'éboulement. " etc etc... Ce rythme en staccato peut donner un style sur une phrase, mais sur l’entièreté du texte ça me tape personnellement sur les nerfs ! Cela m'a vraiment gâché la lecture. Heureusement le texte est court donc on garde le fil.

Enfin, je parlais d'histoire cryptique, peut-être est-ce dû à ce format trop court. Certains ont vu un parallèle avec la chute du mur, j'y ai pensé aussi, mais je ne comprends pas le bain de sang qui s'en suit dans ce cas ! Je pense qu'après une épreuve pareille les personnes sont trop fatiguées pour se battre encore.

J'ai interprété le vent comme le "changement", bien que du coup je trouve l'histoire avec l'anémomètre maladroite, transformant l'allégorie de départ en quelque chose de beaucoup trop concret, les seuls mots de la fille auraient suffit. S'il ne s'agit pas d'un symbolisme alors je ne vois pas trop à quoi le raccorder avec aussi peu d'indice dans le texte.

Finalement j'ai eu du mal à apprécier ce texte sur sa forme ainsi que sur son fond.

   Anonyme   
11/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Neojamin,

J’aime bien ce texte qui va crescendo vers un dénouement, depuis le souterrain à l’air libre, et en parallèle à travers la destruction du mur, d’un côté à l’autre, avec le vent en "musique de fond".

Je n’ai pas eu de mal avec la ponctuation. L’histoire est bien construite et aménage un certain suspense qui dure – peut-être pas assez (voir la fin de mon commentaire).

Les gens dans le tunnel paraissent absurdes au moment du dénouement mais héroïques ou du moins courageux et opiniâtres avant ça.

La bagarre surprend peut-être mais en même temps met en évidence la fragilité des rapports humains qui peuvent parfois basculer très vite de la sympathie à la « haine », ça peut arriver même aux meilleurs amis et assez souvent aux amants, bien qu'ici on soit dans un autre registre, qui est celui de la foule (masse) qui a sa dynamique bien a elle et sans doute archaïque ou sauvage.

Les géographes me font un peu penser aux deux anges au début du film « Les Ailes du Désir » de Wim Wenders.

A mon avis c’est un texte riche qui pourrait donner lieu à un texte plus long, sans perdre de sa substance.

   Damy   
26/9/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ou la réalité de l'absurdité humaine entre ceux qui se battent sur un coup d'étincelle après s'être embrassés (belle description du mouvement de foule) et ceux qui creusent comme les shadoks. La petite touche surréaliste du dieu-géographe qui assiste à la scène impuissant est du meilleur effet.
J'ai pris plaisir à ma lecture, la construction sous forme de suspens de cette nouvelle m'a tenu en haleine.
Juste une chose: je n'ai pas su voir l'utilité du 2° géographe (?)

   marogne   
7/10/2014
 a aimé ce texte 
Un peu
La liberté, le choix de faire, la liberté de rire et celle de se battre, enfin d'être homme, les cheveux au vent et les yeux brûlés par le soleil, et non pas un rouage dans une machine ronronnante et omnipuissante. Il y a du "château" dans cette nouvelle,même si en creux....

Et puis peut être du Schuiten.... et ses villes obscures? En tout cas c'est ce que j'ai eu tout au long de ma lecture devant les yeux, et le choix des géographes renforce encore l'image. Magnifiques BD que l'on suit depuis 20, 30 ans avec autant de plaisir.....

J'ai été un peu gêné par le style, presque eu envie de décrocher, mais comme l'enfant penchée, le texte m'a rattrapé, et m'a conduit jusqu'à la scène finale.

Désespérante celle-ci? quoique? Et puis, même si ce n'était plus nécessaire,ou trop tard, ou vain, n'importe, le plaisir de la lumière après le labeur dans la nuit, que ce soit sous terre ou dans les rues glauques de Prague derrière le mur, le plaisir de la liberté, la possibilité d'aimer et de haïr, le soleil et le vent sur les ruines des utopies, tout cela valait bien la peine.


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