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Fantastique/Merveilleux
nico84 : Le "Nouveau Noël" [concours]
 Publié le 07/12/07  -  9 commentaires  -  13982 caractères  -  27 lectures    Autres textes du même auteur

Un enlèvement d'enfants à Noël ? Oui, et l'agresseur parait déterminé, le climat est tendu, le monde suit l'événement...


Le "Nouveau Noël" [concours]


Cette nouvelle est une participation au concours n°3 : Le Conte de Noël (informations sur ce concours).



L’homme au visage lassé venait de se lever. Dehors, il gelait déjà, et tandis que des enfants riaient à la vue de ces plaques glissantes, lui râlait déjà car il devrait encore dégivrer sa voiture qu’il nommait affectueusement « vieille carcasse ». Il était assis devant la télévision, cet objet qui était rentré dans toutes les demeures et dans toutes les têtes. Il tombait encore, ce matin, sur des images de violence, de haine, de manifestations qui avaient dégénéré. Tout le monde avait peur des catastrophes à répétition et de l’insécurité générale.


Les tensions internationales n’arrangeaient rien, la planète toute entière valsait dangereusement avec le chaos. Les accidents n’arrangeaient rien et ajoutaient à l’ambiance étrange qui régnait partout sur la sphère « bleu pollué » à... cinq jours de Noël.


Noël, plus personne ne respectait cette fête, on feignait un rassemblement, et chacun donnait ses cadeaux, avec en tête, le remords du prix et du sacrifice inutile, pour des personnes que l’on ne voyait parfois qu’en cette occasion. Noël n’était plus le jour des bonnes âmes, il était devenu le jour de l’industrie des jouets et dérivés en tout genre. La surprise des cadeaux n’existait plus. Les enfants choisissaient et avaient le cadeau avant minuit, il partait s’amuser avec puis le ranger, souvent, une semaine après, la routine reprenait, et la lassitude l’accompagnait.


C’est en cet hiver 2013 que tout changea…


Laurent éteignit le téléviseur et embrassa sa femme puis partit au travail, loin d’être épanouissant.


« Quel con a osé dire qu’on se réalise au travail ?» pensait-il dans ces moments là.


Elise, quant à elle, s’occupait de ses deux jeunes enfants. Il y avait Noémie, cinq ans, fillette souriante et sage, tellement sage que l’on soupçonna, au début, des problèmes psychologiques. Son grand frère, Oscar, huit ans, « était un grand CE2 » comme il répétait devant sa maman tout fier de lui, prenait son rôle très au sérieux. Il était aussi souriant que sa petite sœur mais davantage dissipé, ce qui était normal pour son âge.


Elise regarda sa montre, et réalisa qu’une fois de plus, les deux jeunes enfants allaient arriver en retard, elle accéléra donc l’allure.


« Noémie, fais tes lacets ! »

« Oscar, où est ton cartable ? »

« Noémie, mets tes gants et ta cagoule, il fait froid dehors. »

« Oscar, arrête tes grimaces et grimpe dans la voiture »


Elle partit rapidement et les déposa, comme d’habitude, à l’entrée de l’école. Maintenant qu’Oscar était grand, elle les laissait finir les cinquante derniers mètres à pied. Elle repartit aussi vite car elle devait faire mille choses à faire pour Noël, notamment.


« Quelle corvée, les magasins sont pleins, les gens râlent, il y a plein de bouchons, pourquoi ne s’y prennent-ils pas plus tôt » se demandait elle.


Noémie et Oscar arrivèrent devant l’entrée de l’école… fermée ! Il se remémora les jours de la semaine, on était bien le sixième, samedi, et il n’y avait pas cours. Il décida de marcher avec sa sœur qui ne comprenait pas tout.

Sur le chemin, Oscar se perdit, et entreprit de marcher dans des ruelles de plus en plus petites, de plus en plus sombres. Si Oscar aurait été plus grand, il aurait vu bien assez tôt, la grande ombre menaçante qui avançait inexorablement vers eux.


Le soir vers dix-huit heures, une femme bouleversée venait de comprendre son erreur. Elle appela tout de suite son mari qui, se dépêcha d’arriver sur les lieux.


Ils alertèrent les services de police, qui les intimèrent d’attendre un peu. Les parents comprirent alors qu’ils étaient seuls, et que les hommes n’avaient pas la force de travailler si tard et si proche de Noël.


« Où est passée la volonté d’aider les autres, où sont les bonnes âmes ? » déplorait Elise.


Ils furent seuls à chercher dans les rues, les petites silhouettes de leurs deux enfants. Ils espéraient à chaque seconde, voir leur visage peureux dans le cercle lumineux de leur phare. Et quand, enfin, les forces de police, furent inclinées à participer à la recherche, les parents étaient avaient peu d’espoir, sur l’origine de leur disparition.


Ils surent rapidement que la situation était grave. À la télévision, un soir, Laurent regardait désespérément une émission qui prônait la bonne humeur, mais qui à ses yeux, rendait les hommes, dégénérés, dans tous les sens du terme.


« Selon un communiqué de l’UCI, Nicolas Sarkozy serait venu sur le tour de France, non pas pour sa passion sportive mais bien pour doper la croissance » disait l’un, quelques rires se faisaient entendre de ci et de là de la salle.

« Il paraîtrait que l’on a réussi à détecter la présence de passe-partout, c’est véridique, il aurait été aperçu par des milliers de personnes. »

« Non, c’est impossible » répondait l’autre, bon comédien.

« Si il passait devant la caméra à la mi-temps du match de rugby, France-Nouvelle Zélande, image qui était retransmise sur écran géant. » enchaîna l’animateur dans l’hilarité générale.


On riait de tout de nos jours, pensait Laurent, il zappa. C’était une chaîne culturelle, et il y avait un débat politique sur la Russie. Monsieur Gret parlait de sa vision du chef de l’état russe, il était connu pour sa prise de position contre un « dictateur » selon lui, il s’était ensuite excusé à de multiples reprises pour une expression « maladroite ».


« Poutine, pour moi, il est comme Staline au début de sa prise de pouvoir, il veut une grande Russie sauf que le postulat est différent. Je répète mêmes hommes, le postulat change. Il est intéressant et amusant de voir que même au niveau de leur nom, ils me donnent raison. Regardez bien, si on enlève les lettres communes entre Staline et Poutine, il reste « Stat » et « Pout », on forme le mot « postulat ». C’est drôle n’est-ce pas, rappelez vous, même hommes, le postulat qui change.


L’adversaire n’eut pas le temps de répliquer que l’écran devint noir et un flash spécial apparut, Laurent zappa et remarqua que le flash était diffusé partout.


« Je m’appelle Léon Statovsky, j’ai ici deux enfants innocents mais je n’hésiterais pas à faire tout ce qu’il faut pour vous contraindre à me verser la somme de deux millions d’euros, en liquide, dans les vingt-quatre heures. Je précise que toute action ne se faisant pas dans ce sens ou toute ruse visant à agir autrement me pousseront malheureusement à agir en conséquence. Toute manœuvre, ayant le but de détourner la remise de l’argent, de rendre les billets inutilisables, ou de me poursuivre, auront les mêmes conséquences. »


Il montra alors quelques secondes les visages de deux enfants qui criaient et pleuraient encore et encore. Puis la télévision reprit son droit. Cet homme avait réussi à détourner tous les regards du pays sur lui.


Les parents serrés l’un contre l’autre sanglotaient et insultaient vainement l’agresseur qui les avait séparés de leurs enfants.


Le pays tout entier fut ému de cet enlèvement et, devant cet intérêt médiatique, la télévision convoqua les parents à parler publiquement à leur ravisseur.


« Monsieur Satovsky, nous vous en supplions, ne faites rien, à nos enfants, innocents, nous ferons tout ce qui est dans notre pouvoir pour réunir la somme que vous demandez mais soyez patient s’il vous plaît. Je demanderais aussi à tout le pays et à tous les pays de bien vouloir faire des dons pour pouvoir la libérer, s’il vous plaît, aidez-nous »


Elise avait parlé avec le cœur, elle finit d’ailleurs cette dernière phrase au bord des larmes. Des hommes politiques critiquèrent le système du don national voire international. Mais, au-delà, de ces quelques mauvaises réactions, les plus grandes chaînes mondiales s’intéressèrent à cet événement et relayèrent l’intervention d’Elise. Des quatre coins de la planète, les gens étaient touchés, émus, par l’innocence de ces enfants, et la détresse des parents.


Le domicile des parents réunissait les dons. Les premiers jours, on déplorait trente deux euros mais tout s’accélérait subitement après la médiatisation planétaire. Et le troisième jour, la somme était déjà réunie, un milliardaire américain avait offert les deux millions d’euros en toute discrétion et l’argent arrivait de toute part.


Elise et Laurent étaient heureux et reconnaissants. Seulement, la police et le pouvoir français étaient contre la remise de cette somme. L’affaire s’envenima, la polémique enfla. La situation ne bougeait plus et le gouvernement restait sur ses positions, ce qui provoqua une indignation dans tous les pays.


L’agresseur s’impatientait et hurlait régulièrement dans le téléphone que l’on lui avait envoyé pour le dialogue. Il connaissait la situation parfaitement, il ne comprenait pas, et puis, le silence se fit.


Lourd, très lourd. L’événement déchaîna les passions, on n’entendait plus l’homme et toute la planète se demandait ce qui se passait. Certains pensaient au pire, d’autres avouaient leur pessimisme, seules quelques rares personnes étaient persuadées que l’homme avait un cœur et qu’il réfléchissait.


Le réveillon de Noël, l’homme fit son apparition sur tous les écrans français, les autres pays relayèrent en direct l’éventuel dénouement. Des millions, des milliards d’individus étaient suspendus aux lèvres d’un seul individu. Tous savaient que quelque chose d’important se jouait. Ce n’était pas seulement, un homme et deux enfants en jeu, c’était l’ambiance mondiale qui dépendait de cet homme, de son comportement, de ses gestes, de son humeur peut être.


« J’ai demandé il y a quelques jours l’apport de deux millions et je sais que cette somme a été réunie très rapidement. Je sais qu’il y a des hommes qui se sont mis à l’encontre de cette remise d’argent. Après un moment d’attente par respect des efforts des parents, je pense qu’il est temps de vous montrer que je ne parlais pas dans le vide. »


L’homme, devant les enfants ligotés, affûta un couteau, les écrans retransmettaient toujours l’événement, personne ne fut tenté de ne pas regarder ou de ne pas diffuser, l’homme souleva alors Oscar, endormi, regarda l’écran avec un sourire démoniaque et… une balle lui atterrit entre les deux yeux, la diffusion stoppa, mais si un Lunien existait, il aurait pu entendre des milliards de mains qui s’entrechoquaient et qui acclamaient la bonne nouvelle.


Le soir même, une heure après, une interview mondiale, la première en son genre fut organisée.


« Elise et Laurent, je vous appelle par vos prénoms, je sais que vous êtes à la fois traumatisés et heureux de revoir vos deux enfants en vie. Première question, sont-ils choqués ?


Laurent répondit « Par miracle non, ils étaient endormis, et les jours précédent, l’agresseur leur a dit que c’était un jeu.»


« Très bonne nouvelle, voulez vous dire quelque chose aux milliards de téléspectateurs ? »


Laurent continua et les enfants les rejoignirent à ce moment.


« Je suis un père heureux, je remercie les gens qui ont donné malgré tout, si ils veulent récupérer leur don, on leur rendra, sinon pour ceux qui le souhaite, nous créerons une association « Nouveau Noël » qui aura pour but de rassembler tout le monde, de réinventer Noël, d’arrêter d’associer cette fête avec l’argent, et que tout le monde soit heureux ensemble, sincèrement, que notre cadeau collectif soit l’amour, la générosité, la joie d’être ensemble, redonnons le sourire aux enfants et réinventons une fête populaire, diffusez ce message, embrassez vous, enlacez vous s’il vous plaît »


Noémie s’avança dans l'étonnement général alors et dit « Retrouvez vos papas et vos mamans comme mon frère et moi et arrêtez de vous battre ». Le journaliste ne sut rien répondre, ébahi, l’interview s’arrêta là et connut des répercussions gigantesques.


En Angleterre et aux Etats Unis, on nomma la fête « No Hell » qui ne signifiait pas l’enfer, ce concept veut revenir aux origines de la fête, il faut s’éloigner un moment des drames quotidiens, de la violence, de l’égoïsme et tous mauvais sentiments. Noël est donc un moment à passer ensemble dans de bons sentiments.


En Espagne et en Amérique du Sud, on nomma cette fête « No él », qui exprimait l’idée de l’absence de « lui », cette partie malfaisante en nous, il faut réveiller tous notre bon « moi » et se réchauffaient les cœurs et les âmes, en se préparant à l’année qui arrive.


Dans de nombreux pays, on l’appela tout simplement « Noël » formé à partir des prénoms Noémie, Oscar, Elise et Laurent qui se sont battus pour que cette tradition change et devienne meilleure.


Dans les autres pays, notamment en Asie, on l’appela « Noël » pour exprimait l’idée de faire tout le contraire de l’agresseur, il faut mettre toute son énergie pour le bien des autres, et en regardant de plus près Noël est bien l’inverse de Léon. L’entreprise de Laurent accéléra le processus et des rassemblements de plus en plus grands furent organisés chaque année.


Le père Noël était toujours présent mais il apportait maintenant le cadeau, la récompense, bien meilleur, bien plus important, celui d’être ensemble, et de rendre à un rire, un sourire maladroit parfois, mais toujours sincère.


Au fil des années, l’histoire devint légende, mais les sentiments et la tradition restèrent inchangés, les hommes attendaient impatiemment les petits comme les grands à cette grande fête. Ici et là, on pouvait observer d’immenses rassemblements de belles âmes prêtes à perpétuer la belle fête de Noël.


Et tout le monde en cœur répétait tout haut la phrase de Noémie qui symbolisait maintenant le « Nouveau Noël ». Noémie allumait alors toujours la première bougie, qui symbolisait le début de Noël et le retour de la flamme, celle qui réchauffe les cœurs, celle qui sèche les larmes.


À vous tous, Joyeux Noël.



 
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   Anonyme   
17/12/2007
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
je n'ai pas beaucoup aimé ce conte si s'en est un. L'histoire ne me semble pas très originale. Je n'aime pas le style

   Cassanda   
18/12/2007
J'ai un peu du mal à accrocher... Le côté "c'est de la faute des politiques", j'avoue trouver ça plutôt moyen...

Je n'ai pas vraiment trouvé la magie des contes, et je rejoins Pissavy, l'histoire est somme toute banale...

   Pat   
29/12/2007
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Cette histoire n’est pas un conte pour moi… Ça se passe à Noël bien sûr… et la fin se voudrait moraliste… Mais ça ne qualifie pas pour autant ce qui relèverait de cette catégorie. Le merveilleux, le fantastique sont absents dans ce récit.
On a l’impression de trois histoires juxtaposées. Le début me paraissait prometteur. Dommage que l’auteur n’ait pas continué dans cette veine ou du moins dans ce fil narratif. Les scènes sont assez réalistes, avec un humour qui affleure (notamment le passage sur la préparation des enfants pour aller à l’école). J’aime bien aussi le personnage masculin un peu looser… Toutefois, la psychologie des personnages se modifie radicalement dans les autres parties du récit, ce qui nuit à la vraisemblance (la vraisemblance est nécessaire, même dans des récits imaginaires, pour qu’on y adhère un tant soit peu.
Pour en revenir à ce texte, j’ai repéré de nombreuses erreurs tant au niveau du fond que de la forme. Ces erreurs se répondant d’ailleurs, notamment au niveau de la structure du récit :

- structuration : le texte me paraît déséquilibré à la fois par le manque de cohérence narrative et d’articulation des parties (manque de fluidité dans le déroulé de l’histoire, liaisons absentes, disproportions) :

« Sur le chemin, Oscar se perdit, et entreprit de marcher dans des ruelles de plus en plus petites, de plus en plus sombres. Si Oscar aurait été plus grand, il aurait vu bien assez tôt, la grande ombre menaçante qui avançait inexorablement vers eux.

Le soir vers dix-huit heures, une femme bouleversée venait de comprendre son erreur. Elle appela tout de suite son mari qui, se dépêcha d’arriver sur les lieux. »
: on ne comprend pas tout de suite le passage entre les deux scènes. Il aurait fallu différencier le paragraphe, éventuellement, pour donner une impression de suspense. Mais ça ne colle pas avec la suite. Pourquoi alors parler de cette mère de manière anonyme alors qu’elle était présente dans la 1ère partie ? Le lecteur est obligé de deviner qu’il s’agit du même personnage, sans que les choses soient véritablement explicites. Il n’y a pas de lien entre la mère débordée du début qui dépose ses enfants un peu trop promptement et celle-ci qui ne semble pas ressentir de culpabilité… pourtant…

« Ils surent rapidement que la situation était grave. À la télévision, un soir, Laurent regardait désespérément une émission » : liaison problématique tant au niveau de la logique de l’histoire que par rapport à la concordance des temps. Il manque là aussi quelque chose entre la première et la deuxième phrase (incohérence temporelle qui se retrouve aussi au niveau de la conjugaison).

Les passages concernant le kidnappeur reviennent trop fréquemment, ne respectent pas le cadre temporel (il donne 24 h, ce qui n’est pas respecté, mais ça n’a finalement aucune véritable conséquence…). Cela donne une impression de disproportion par rapport à l’ensemble du récit et ajoute à la non-vraisemblance de l’histoire.

« Je suis un père heureux, je remercie les gens qui ont donné malgré tout, si ils veulent récupérer leur don, on leur rendra, sinon pour ceux qui le souhaite, nous créerons une association « Nouveau Noël » qui aura pour but de rassembler tout le monde, de réinventer Noël, d’arrêter d’associer cette fête avec l’argent, et que tout le monde soit heureux ensemble» : Arrêter d’associer cette fête avec l’argent… mais c’est avec de l’argent qu’ils montent cette association… Ce n’est pas très plausible

La 3ème partie n’est pas cohérente avec le début de l’histoire (Noël existe au début (cela ressemble à celui de notre époque d’ailleurs)… Mais là c’est comme si les personnages inventaient le concept… Par ailleurs, quel est l’intérêt de situer cette histoire en 2013, de parler de luniens… en quoi cet univers ajoute-t-il quelque chose au récit ?

- Concordance des temps

Ex : « Le domicile des parents réunissait les dons. Les premiers jours, on déplorait trente deux euros mais tout s’accélérait subitement après la médiatisation planétaire. Et le troisième jour, la somme était déjà réunie, un milliardaire américain avait offert les deux millions d’euros en toute discrétion et l’argent arrivait de toute part. » : concordance des temps incorrecte (passé simple nécessaire pour les 4 premiers verbes, voix passive pour le 4ème (fut réunie)). Le texte comporte beaucoup d’autres erreurs de ce type, principalement des imparfaits mis à la place des passés simples. La valeur de ces temps joue sur le sens du récit.

- Syntaxe :

« Les enfants choisissaient et avaient le cadeau avant minuit, il partait s’amuser avec puis le ranger, souvent, une semaine après, la routine reprenait, et la lassitude l’accompagnait. » : mis à part la faute (je suppose : ils partaient), la phrase me semble incorrecte d’un point de vue syntaxique (mots de liaison, ponctuation, conjugaison incorrecte du verbe ranger etc.). En relisant cette phrase à voix haute, on peut éventuellement s’en rendre compte.

Autre ex : « Elle repartit aussi vite car elle devait faire mille choses à faire pour Noël, notamment. »

« les parents étaient avaient peu d’espoir, sur l’origine de leur disparition. » : je suppose qu’un des 2 verbes est en trop.

« Je précise que toute action ne se faisant pas dans ce sens ou toute ruse visant à agir autrement me pousseront malheureusement à agir en conséquence. » : outre la répétition d’agir, la phrase est peu compréhensible. Utile ?

« L’agresseur s’impatientait et hurlait régulièrement dans le téléphone que l’on lui avait envoyé pour le dialogue » la dernière partie me semble inutile (pour le dialogue).

« Le réveillon de Noël, l’homme fit son apparition sur tous les écrans français, les autres pays relayèrent en direct l’éventuel dénouement. » : lors du réveillon de noël… pourquoi éventuel ? (ce sera le dénouement, qu’il soit positif ou non…)

- Redondances, lourdeurs

« Tous savaient que quelque chose d’important se jouait. Ce n’était pas seulement, un homme et deux enfants en jeu, »

« personne ne fut tenté de ne pas regarder ou de ne pas diffuser » : lourdeur de la double négation.

Tous les « il » du premier paragraphe (répétitions)

- incorrections lexicales

« on déplorait 32 euros » : on déplore qu’il n’y ait que 32 euros

« les forces de police, furent inclinées à participer à la recherche »: enclines ?

« Puis la télévision reprit son droit » : ses droits ?

« Monsieur Satovsky, nous vous en supplions, ne faites rien, à nos enfants, innocents, nous ferons tout ce qui est dans notre pouvoir pour réunir la somme que vous demandez mais soyez patient s’il vous plaît. Je demanderais aussi à tout le pays et à tous les pays de bien vouloir faire des dons pour pouvoir la libérer, s’il vous plaît, aidez-nous » : Outre le manque de crédibilité de cette intervention de la mère… la libérer ? qui ça ? la somme ? Libère-t-on une somme ? fait-on un don pour libérer une somme. À moins qu’il ne s’agisse de la libération des enfants (les libérer, donc !). L’utilisation du conditionnel (demanderais) n’est pas en adéquation avec un sentiment d’urgence qui devrait animer cette mère éplorée… Quant à demander à un pays et à des pays de donner… N’est-ce pas plutôt aux habitants qu’on demande ?

« Le domicile des parents réunissait les dons » : comment un domicile peut-il réunir quelque chose ?

« des hommes qui se sont mis à l’encontre de cette remise d’argent. » : expression incorrecte (se sont opposés à).

« Après un moment d’attente par respect des efforts des parents, je pense qu’il est temps de vous montrer que je ne parlais pas dans le vide. » : cette phrase est-elle vraiment utile ? On imagine mal un kidnappeur s’exprimer de cette manière. La proposition circonstancielle n’est pas en adéquation : ni avec le sens du récit (moment), ni avec un niveau de langage utilisé à l’oral…

La fin me laisse perplexe… La naïveté et l’invraisemblance est à son comble… et détonnent vraiment avec le début du récit. Les exagérations, la morale simpliste semblent avoir été rajoutées là pour essayer de respecter les contraintes du conte. Mais ce n’est pas du tout crédible. Certains passages sont peu compréhensibles :

Par ex : « Dans les autres pays, notamment en Asie, on l’appela « Noël » pour exprimait l’idée de faire tout le contraire de l’agresseur, il faut mettre toute son énergie pour le bien des autres, et en regardant de plus près Noël est bien l’inverse de Léon. ( ?) L’entreprise de Laurent accéléra le processus et des rassemblements de plus en plus grands furent organisés chaque année. (des rassemblements de quoi ?)

Autre ex : « Noémie s’avança dans l'étonnement général alors et dit « Retrouvez vos papas et vos mamans comme mon frère et moi et arrêtez de vous battre ». Le journaliste ne sut rien répondre, ébahi, l’interview s’arrêta là et connut des répercussions gigantesques» Hormis l’exagération du terme « gigantesque », on peut se questionner aussi sur « comment une interview peut connaître des répercussions gigantesques » (n’est-ce pas plutôt l’affaire, le kidnapping qui a des conséquences ?).


L’impression que l’on a après lecture de ce texte, c’est qu’il s’agit d’un premier jet sans véritable travail d’écriture. Une simple lecture à haute voix peut déjà permettre de se rendre compte des problèmes de syntaxe, de mauvaises concordances de temps… Plusieurs lectures du texte avec un délai entre chacun des passages, permet aussi de voir ce qui cloche dans un texte. Ce sont vraiment là des règles de base pour progresser dans ce travail. Il peut aussi être utile de faire lire son texte à quelqu’un de son entourage, parce qu’évaluer ses propres écrits est très difficile. L’auteur semble avoir envie de raconter des histoires. Mais dans le cadre d’une nouvelle il faut se limiter au niveau de la narration afin d’éviter la confusion entre les divers déroulements possibles, comme cela a été le cas ici. Reprendre le début et lui donner une suite cohérente, libérée des contraintes du concours pourrait être un bon exercice. À condition aussi de soigner davantage la qualité d’écriture. Je pense que les conseils de notre ami Togna pourront être bénéfiques à l’auteur. à lire attentivement ici

   Bidis   
29/12/2007
Je suis tout à fait d'accord avec l'analyse de Pat, analyse que je n'ai d'ailleurs pas eu le courage de faire moi-même. De plus, j'ai trouvé ce texte un peu sinistre, peu représentatif de la magie de Noël.

   OZOUA   
30/12/2007
10

Je suis tout à fait d'accord avec le message transmis par l'auteur. La fin n'a pas lieu d'être.
L'histoire est un peu sinistre.

   philippe   
31/12/2007

   Maëlle   
1/1/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Je trouve l'écriture pas mal du tout, et l'histoire à le mérite d'être "décalée". La structures est une peu trop lâche, il y avait moyen d'en faire un vrai thriller, ce n'est qu'un petit suspens. Avoir gardé le même paysage politique me parait une erreur.

   Lariviere   
2/1/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Comme Maëlle, j'ai apprécié le coté "décalé" de cet intrigant conte.

L'originalité me semble toujours quelque chose de précieux...


J'ai été attiré par l'histoire par un très bon paragraphe d'introduction qui réussi bien dans sa construction, à nous faire comprendre que le récit qui va être présenté n'a rien a voir avec le conte angélique que l'on était (maleureusement) en droit d'attendre.
Ceci à constitué pour moi une accroche efficace pour aller plus loin...

J'ai aimé l'idée d'accéder à Noël par l'autre versant, celui de la misère et du sordide..
Oublier un instant le toc racoleur des lumières pour fouiller encore l'immensité des ténèbres qui s'offre à nous, dans le monde actuel, même et surtout le jour de noël...

Ensuite, je dois dire que j'aurais aimé voir ce coté décalé servi par une meilleure intrigue...
L'idée de la "prise d'otage" ne m'a pas vraiment emballé...

Le style aussi, me parait souvent à améliorer. Il y a effectivement quelques traces, ça et là de quelques traits d'esprit bien trouvés, de quelques images percutantes, mais elles sont à mon gout, trop rares... Il y a aussi comme le souligne Pat, des tournures et des phrases trop maladroites qu'ils faudraient impérativement retravailler...

En outre,
Pour mieux ancrer cette histoire dans l'esprit du conte, puisqu'elle s'en éloigne par sa glauque singularité, il aurait été judicieux, à mon avis, de recoller au thème par un rajout massif de fantastique, d'impressionisme, d'image poétique (même noire) qui seraient venus illuminer un peu un tableau trop sombre et parfois trop plat...

Curieusement, j'ai bien aimé la fin. J'ai trouvé l'idée de cette transformation étymologique de Noël, très originale et justement, utile pour que cette histoire soit quand même un conte : Dénouement heureux. Période de Noël. Imaginaire.

Non, regardez bien, étrangement, c'est bien un conte "Le Nouveau Noël"...

Merci pour ce récit "décalé" et cette critique utile de notre monde moderne !... Surtout par temps de fête !...

   Roselyne   
15/1/2008
Triste histoire, cela ne resemble pas à un conte mais tire plutôt sur la politique. Dommage !


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