Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Réalisme/Historique
i-zimbra : Le roi des zones
 Publié le 08/12/07  -  17 commentaires  -  12727 caractères  -  60 lectures    Autres textes du même auteur

Un train de nuit traverse le pays de Goethe en revisitant un de ses poèmes. Les correspondances de certains passagers ne sont pas sur l\'indicateur des chemins de fer.


Le roi des zones


Je retrouvai l'immense gare après quatre jours à marcher dans la ville. Le Hambourg-Paris, départ 22h50, était en quai.
À l'aller j'avais fait halte à Cologne au prétexte de voir sa cathédrale.
Monumental était un mot insignifiant avant que je voie le Kölner Dom; sa verticalité, pour l'instant, tient en respect le béton et le polymère industriel.


Mais Hambourg, Ville-État, se plaît horizontale. Curieux port maritime à plus de cent kilomètres de la côte... à la vérité, la Mer a sa garçonnière dans ce jovial hinterland. Elle entrepose chez celle qu'on appelle la "Porte sur le monde" des trésors qui seraient livrés ailleurs à la muséologie.


L'Elbe, après avoir servi de rideau de fer sur 80 km, arrivait ici le lendemain. Ses rives dans les frimas de janvier, quand entre chien et loup dure des plombes, donnent plutôt l'idée d’un finis terrae lorsque, poussant la porte d'un bar d'Altona pour se réchauffer, on découvre des dockers buvant en compagnie d'une galerie de masques dogons. Dans le gasthaus suivant, on imagine qu'un plénipotentiaire Masaï a payé son séjour chez l'indigène avec sa verroterie.
Poussez une autre porte, elle s'ouvre sur une autre partie du monde ; ici vous tombez nez à nez avec les avatars de Vishnu, là c'est Sinbad qui est venu alléger les cales de son navire pour le libérer d'un énième échouage.


Derrière la porte de la pension E*** sur les Colonnaden, je découvris qu'une famille que j'avais m'attendait, et j'étais gêné de rentrer les mains vides.


La porte sur le monde a érigé un mémorial où elle se représente par son antithèse : le Passage du Styx. Car en juillet 43, elle fut porte vers les Enfers. Les vivants ont reconstruit des ponts ; Venise et Amsterdam ensemble n'en ont pas autant.
Les caractères humaniste et marchand de la ville sont visibles partout, mais s'appréhendent de manière syncrétique devant les vitrines de la Herbertstrasse. Libre et hanséatique jusqu'au stupre.
C'est aussi dans ce quartier que l'artiste le plus fameux de l'époque, assassiné trente jours plus tôt, disait avoir grandi. Mais j'avais pensé à tout autre chose, parce que j'étais trop allé en pèlerinage avant d'avoir grandi.


Je trouvai une place dans un compartiment où une préadolescente portugaise venait de s'installer, accompagnée jusqu'au quai par une nombreuse famille émue, et pour le voyage par deux femmes sévères. La jeune oie, probablement bien née, réfrénait des bâillements pour toute politesse à l'adresse du cortège.


Le peuple le plus dispersé du monde a naturellement sa colonie dans la capitale du cosmopolitisme. Chacun prend et laisse, à son corps défendant. Au milieu du grouillement culturel, le goût s'affirme.
Le mauvais goût est tenu en respect. S'il sert de repoussoir, on n'a que le bon goût. Si on l'utilise comme mère de vinaigre, on peut avoir de l'art.
Je n'avais rencontré ici que le mauvais goût français. Sur les boulevards, des panneaux géants annonçaient que l'interprète de la Lettre à ma Mère arrivait en ville pour étirer sa guimauve. Steinway & Sons, phare du raffinement local, ne fabriquait pourtant pas des machines à barbe à papa.


Le train partit, je lisais. Vers Brême, il sembla opportun de fermer son livre et de proposer par un signe d'éteindre la lumière. La jeune fille réagit avec une légère véhémence ; je compris qu'elle avait peur du noir, et les sombres duègnes me firent non de la tête.
Comme je ne sentis pas de possibilité d'alliance rebelle chez l'autre moitié des passagers, l'affaire était réglée.


Quand je voulus reposer mes yeux, je sortis m'accouder à la vitre du couloir et contemplai la nuit traversée par quelques réverbères.
Le couloir baignait dans une veilleuse jaune, tandis que depuis l'orient un observateur n'apercevait plus de nous qu'un ver luisant filant à travers les ténèbres.


Au bout de minutes peu dénombrables, j'avisai une femme qui sortait d'un compartiment, un peu plus loin vers la tête du train. Il n'y avait pas de quoi sursauter, sauf qu'elle avait sa valise en main, ce qui me fit penser qu'il n'y avait pas d'arrêt proche.
Trois minutes après, ce fut le tour d'un homme. Puis, laissant encore passer un couple avec bagages se dirigeant vers le nord, je me trouvai distrait pour de bon : fuyait-on la compagnie du pétomane du Schleswig-Holstein partant en tournée ?


Le manège se reproduisit jusqu'au moment où je craignis de voir à l'envers le sketch de la cabine de bateau par les Marx Bros.
Il en sortit encore un, ça ne pouvait pas faire moins de huit. Quand il eut disparu lui aussi, j'allai faire coulisser la porte du compartiment. Un compartiment vide dans un train bondé. Rien que pour moi.
Avant de prendre mes nouveaux quartiers, je récupérai mon sac chez l'infante du Portugal.
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind (15)


Je suis certes un garçon qui se pose des questions, mais j'y mets mes propres priorités. Le pourquoi de l'exil massif, quoiqu’excitant intellectuellement, m'importait peu dès lors que j'étais assuré des qualités thermique et olfactive de l'atmosphère du compartiment, et des faibles chances qu'il avait de se détacher du wagon. Si aucun de mes huit prédécesseurs n'avait tiré le signal d'alarme, de quoi me fussé-je alarmé ?
Et s'il y avait un esprit malin là-dedans, il savait qu'à Malin, Malin et demi, et que j'étais celui-là.


Mi-affalé dans le sens de la marche, je goûtais un confort relatif mais que je mesurais au superflu ; soit une banquette entière de reste.
Je me sentais hambourgeois : le citadin le moins à l'étroit au monde. Tandis qu'à côté on était serré comme des parisiens.


L'attelage ferroviaire entra dans une galaxie qui, de ses furieuses volutes soufre, nous expulsa longuement. Depuis l'aube du Huitième Jour, la Ruhr officiait sa théurgie.
Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ? (1)


Allongé, j'écoutais les Variations sur rails pour bogies en roulis. Au premier passage piano, je perçus une ligne de basse qui n'était pas dans la partition. J'ouvris les yeux pour localiser - par synesthésie - la source sonore comme étant l'autre banquette. Elle ronflait. Il faut constater le fait apparent avant de le réfuter en illusion, et cette banquette ronflait.


L'hypothèse qu'il y avait quelqu'un dessous ne se fit pas instantanément, mais plus rapidement que s'il se fût agi du Turc de Kempelen en train de pousser du bois, car on ne soupçonne pas chez un siège un organe vibratile ayant un tel degré de liberté.


La tête au ras de ma banquette, je scrutai la pénombre. Dans l'instant où je réalisai que celle d'en face était un peu avancée, je me rappelai que ces banquettes étaient légèrement mobiles, aidant au repos nocturne du voyageur, quoique cela mît sa colonne vertébrale en porte-à-faux contre le dossier fixe. Je me rassis, et en la tirant à l'aide de mon postérieur, mis la mienne à l'identique afin d'élargir ma surface de couchage ; puis, content, me remis à l'aise.
« Et l’aise, en voyage, c’est tout », sauf que Flaubert lui conditionnait le service d'une femme de chambre.


C'était quelqu'un qui ronflait sous cette banquette ; puisque j'imaginais à présent l'espace qu'il pouvait occuper. Je voyageais en compagnie d'un individu qui avait certainement pour projet d'égorger les titulaires d'un titre de transport, et qui m'épargnerait non pas parce que c'était lui parce que c'était moi, mais parce qu'il était endormi.
En tous cas, j'étais heureux de ne pas avoir à l'incommoder avec mes effluves pédieux.
Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht ? (5)


Essen, intermède urbain dans cet anti-paysage. Puis nous fûmes repris dans les fumées,
Den Erlenkönig mit Kron' und Schweif ? (7)
Je changeais ce rêve post-romantique pour un voyage intérieur...
Manch bunte Blumen sind an dem Strand. (11)


Clac.
Quelqu'un se dresse devant moi. Et avant, il a parlé. Uh ?
Il a un outil dans la main, réclame des billets.
Je reconnus la casquette... ah oui, les billets.
Si cet homme a eu des soupçons, il n'a peut-être pas osé leur donner corps en se mettant à quatre pattes devant moi. Ou il m'aura cru suffisamment patibulaire pour faire tout ce vide autour de ma personne.


Quelle vision de l'humanité peut avoir un contrôleur de nuit sur les grandes lignes ? Des bestiaux hagards pataugeant à la recherche d'un rectangle cartonné qu'enfin ils vous tendent, comme à un... comme à un... qui es-tu, contrôleur ? Quelle vision de toi-même te renvoie donc le regard des dérangés ?


Là où tu dors, le monde diurne ne t'atteint peut-être pas, mais arrives-tu à te défaire de ce clac que ton employeur a sélectionné entre mille à notre intention ? Car le plafonnier qui jamais ne t’éblouit nous est plus doux que le clac de l'interrupteur par lequel tu l'actionnes. Et ce clac qui, unique, nous fend l'hypnogramme, a retenti des centaines de fois chaque nuit à un avant-bras de distance de ton oreille, si bien que tu ne saurais en être indemne.
Le tympan au repos, la sensation persiste par hystérésis neurologique de la cochlée, et l'onde transitoire hante ton ouïe comme un sparadrap en souvenir de ta triste besogne. Parfois tu rêves d'un sparadrap, et c'est un titre de transport qui te fait : clac !
Ton sommeil même est un sparadrap qui se colle à la veille.
Und bist du nicht willig, so brauch'ich Gewalt. (26)


«Danke schön».
Ces dernières considérations étaient bien hors de circonstance. Car à ma place, Montaigne n'aurait sans doute pas dérogé à son habitude de se faire réveiller pour savourer un second endormissement.
Und wiegen und tanzen und singen dich ein. (20)


Ainsi se poursuivit notre chemin de fer ; et même s'acheva.
Ouvrant les yeux aux portes de Paname, je me tâtai : personne n'était entré dans le compartiment pour me détrousser. Mon compagnon semblait réveillé, j'étais peut-être même seul.
Tout le monde descend.
Arrivé au bout du quai, je m'aperçus de l'oubli d'un magazine dans le wagon. Étant assez conservateur en matière de revues (c'est par crainte de l'encombrement que j'en achète peu), je fis demi-tour, croisant les derniers voyageurs et les bagagistes.


Je dus stopper au bas du marchepied. Un homme s'étirait en bâillant au-dessus de moi, avec une décontraction qu'on ne peut pas imaginer chez quelqu'un qui a payé pour se faire transporter.
C'était donc toi. Sans bagage, à peine plus couvert que moi, tu finis par daigner descendre, sans me prêter attention. Je ne ferai pas ta description, qui te reconnaîtrait ?


Je me contenterai de qualifier ton allure de laid-back. Idiotisme qui renvoie à la position de quelqu'un se balançant en arrière sur sa chaise. Une personne normalement assise devrait se relâcher puisque la chaise prend en charge la stabilité ; pourtant les assis ont l'air raide. La chaise est une prothèse de fesse.
De même, le binaire bien carré assied sa raison sur des certitudes qu'il ne met pas à l'épreuve. Tenir la vérité donne des varices à l'esprit.
Aux yeux du variqueux, la personne qui se balance dénote une insouciance coupable (elle s'en balance), et on blâme son absence de stress alors qu'elle est justement en position de stress.
Tandis que la troupe, comme au fort Bastiani, est en état d'alerte sans que jamais la sentinelle n'ait donné le signal. Fuir ou combattre ? Non, rester assis à ta place et prêt à répondre quand on t'appelle.


Maintenant que tu es visible, tu permettras que je profite un peu de ta lumière.
Je cours prendre le journal et me presse pour rejoindre le sillage de mon homme.
Erreicht den Hof mit Mühe und Not (31)
Après la traversée du hall, il s'engage dans le métro direction Place d'Italie.
Rien n'était plus prévisible que ce qu'il fit alors. Et pourtant, je suis pris au dépourvu - sans doute parce que je réalise qu'il disparaît à jamais - en le voyant passer le tourniquet.
Lors de sa victoire olympique à Munich, Kip Keino n'avait pas cette aisance dans le franchissement de barrière.


Dans la gare du Nord, deux vieilles couraient en tous sens.
Es scheinen die alten Weiber so grau. (24)


*****


(15) : Sois calme, reste tranquille, mon enfant

(1) : Qui chevauche si tard par la nuit et le vent ?

(5) Mon fils, pourquoi caches-tu ton visage avec tant d'effroi ?

(7) Le roi des Aulnes avec sa couronne et sa traîne ?

(11) Tant de fleurs, de toutes leurs couleurs couvrent le rivage

(26) Et si tu résistes, j'utiliserai la force

(20) Elles te berceront, et danseront et chanteront pour toi

(31) Atteint la cour à grand-peine

(24) Les vieilles femmes ont l'air si gris. [Le vers de Goethe est : Es scheinen die alten Weiden so grau (Les vieux saules ont l'air si gris)].


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Pat   
8/12/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
La qualité littéraire et poétique de ce texte est un ravissement pour moi, comme une perle qui surgit dès lors qu’on ne s’y attend plus. Bien sûr, le thème est simple : pas de rebondissement dramatique, pas de suspense comme dans un polar… Mais comme disait Cortazar, ce n’est pas le thème qui compte mais bien le traitement du thème. On sent chez le narrateur une solitude, un retrait qui, toutefois, n’est pas dénué d’un humour subtil :
« La jeune oie, probablement bien née, réfrénait des bâillements pour toute politesse à l'adresse du cortège. » « Comme je ne sentis pas de possibilité d'alliance rebelle chez l'autre moitié des passagers, l'affaire était réglée. » ; « dès lors que j'étais assuré des qualités thermique et olfactive de l'atmosphère du compartiment, et des faibles chances qu'il avait de se détacher du wagon. » ; « J'ouvris les yeux pour localiser - par synesthésie - la source sonore comme étant l'autre banquette. Elle ronflait. Il faut constater le fait apparent avant de le réfuter en illusion, et cette banquette ronflait. » ; « car on ne soupçonne pas chez un siège un organe vibratile ayant un tel degré de liberté. » ; « Je voyageais en compagnie d'un individu qui avait certainement pour projet d'égorger les titulaires d'un titre de transport, et qui m'épargnerait non pas parce que c'était lui parce que c'était moi, mais parce qu'il était endormi. » « Le tympan au repos, la sensation persiste par hystérésis neurologique de la cochlée, et l'onde transitoire hante ton ouïe comme un sparadrap en souvenir de ta triste besogne. Parfois tu rêves d'un sparadrap, et c'est un titre de transport qui te fait : clac ! ». « La chaise est une prothèse de fesse.
De même, le binaire bien carré assied sa raison sur des certitudes qu'il ne met pas à l'épreuve. Tenir la vérité donne des varices à l'esprit. »
etc.

Evidemment, le texte n’est pas d’un abord facile, parce qu’il fourmille de références culturelles, historiques et littéraires (et aussi par les phrases en allemand que je ne comprends pas). Mais on se laisse facilement bercer par ce rythme lent et les découvertes du narrateur qui décrit ce qu’il voit à travers un regard particulier : « on découvre des dockers buvant en compagnie d'une galerie de masques dogons. Dans le gasthaus suivant, on imagine qu'un plénipotentiaire Masaï a payé son séjour chez l'indigène avec sa verroterie. » *. Ou : « ici vous tombez nez à nez avec les avatars de Vishnu, là c'est Sinbad qui est venu alléger les cales de son navire pour le libérer d'un énième échouage. » Le narrateur semble regarder ce qui l’entoure avec tout un imaginaire qui semble l’habiter en permanence.
Les images sont bien souvent poétiques : « la Mer a sa garçonnière dans ce jovial hinterland. » ; « Le couloir baignait dans une veilleuse jaune, tandis que depuis l'orient un observateur n'apercevait plus de nous qu'un ver luisant filant à travers les ténèbres. » ; » L'attelage ferroviaire entra dans une galaxie qui, de ses furieuses volutes soufre, nous expulsa longuement. » ; « sa verticalité, pour l'instant, tient en respect le béton et le polymère industriel. » etc.

L’usage grammatical, notamment au niveau des concordances de temps, donnent un style particulier à l’écriture qui peut parfois dérouter un lecteur non averti. Mais comme me disait l’auteur, en aparté : « il ne faut pas confondre la licence poétique avec la licence de lettres »… Et le poète, sans que pour autant cela constitue des fautes, peut prendre certaines libertés dès lors que ça sert une plume. L’effet y gagne en force et peut sans doute un peu déstabiliser, mais c’est parfois ce qu’on recherche. C’est d’ailleurs aussi comme ça que la langue évolue et s’enrichit. Le niveau lexical est particulièrement riche sans que cela fasse vraiment étalage de connaissances, comme si ces mots étaient d’un usage habituel, sans doute aussi contrebalancés par l’humour.
On peut aussi dire que l’écriture a été vraiment travaillée… Ce qui est fondamental… Le premier jet, ce n’est pas de l’écriture, même si certaines fulgurances peuvent être géniales.

Merci beaucoup, i-zimbra, de nous avoir fait partager ce moment littéraire…


* Ça n’a sans doute pas la même portée, mais ça me rappelle une expérience personnelle où je décrivais les grands ensembles métallurgiques du Nord-Est (qui sont de vraies villes dans la ville), comme un monde fantastique, presque de science fiction à des personnes qui les avaient toujours connues… Ça les étonnait et les faisait beaucoup rire, comme si ce regard nouveau porté sur leur environnement habituel transformait d’un coup leur monde.

   Anonyme   
8/12/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
J'ai simplement été ébloui par ce texte, la qualité de l'écriture la force des descriptions.

   Togna   
8/12/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Que dire de plus après Pat ? Ce récit, est un enchantement. La maîtrise du verbe et du vocabulaire.

   Anonyme   
8/12/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ecriture sobre et belle, clins-d'oeil culturels germains (dans tous les sens du terme).

Le récit, tranquille, ne laisse rien au hasard. On sent un réel travail d'écrivain, une maîtrise qui fait chaud au coeur car rien ne s'abîme.

Un récit où il ne se passe presque rien en apparence mais tant de chose se dévoile à peine caché par les mots du plus bel agencement.

Merci à toi Pat de m'avoir recommandé cette lecture qui par sa fraîcheur reconcilie écriture et culture.

   clementine   
8/12/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
C'est de la belle écriture, sobre et appliquée d'une main et d'un esprit de maître.
J'ai lu et relu pour le plaisir que m'a procuré ce récit plein d'une poésie puissante et magnifique .
Merci.

   nico84   
16/12/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Même si je ne maitrise pas toutes les références de ce texte trés riche, la lecture a été un ravissement et ce que j'ai compris, j'ai adoré.

   Nico   
9/12/2007
Je déconseille aux lecteurs de lire ce texte à minuit, dans un état de fatigue avancé...

Je réserve ma note pour une seconde lecture de jour qui me permettra probablement d'aborder plus facilement les subtilités présentées, car je dois avouer m'être un peu perdu.

   victhis0   
10/12/2007
Un telle surabondance de mots choisis frise l'indigestion, pour ce qui me concerne. J'y vois plus un étalage improblable d'une réelle culture et d'une reelle maîtrise de la langue qu'une intrigue, voire une idée. L'auteur m'a paru plus intéressé par sa propre prose que par un dialogue avec ses lecteurs.
J'y retournerai pour en avoir le coeur net...

   jensairien   
28/12/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
pas de quoi faire un tel raffut sur ce texte, c'est juste de la littérature quoi, de la vrai, de celle qu'on ne trouvait avant que dans les livres.
j'image que l'auteur a encore pas mal d'autres verroteries de cet acabit à nous proposer. Moi j'achète.

   Jefka   
16/1/2008
Je ne suis pas d'accords avec les précédents commentaires. J'ai trouvé cela très indigeste, une succession d'effet de style qui nous mène tout droit à la confusion. Je préfère de loin des éclairs de poésie simple. Je n'ai pas aimé.

   JP67   
18/1/2008
Je suis d'accord avec Jefka. C'est beaucoup trop confus pour une nouvelle. L'intérêt d'un récit court est de pouvoir se laisser porter autant par les mots que par l'histoire. Ici tout est trop chaotique pour apprécier le contenu. Dommage.

   marogne   
20/1/2008
Il est presque minuit... mais à Tokyo. J'ai donc fait le pari d'arriver à comprendre, et j'ai bien fait.
Ce que je n'ai pas trop apprécié, c'est l'avalanche de mots choisis qui tranche avec le naturel du récit et de son rythme. Ce que j'ai aimé, c'est cette succession d'images qui permet de ressentir à la lecture le voyage depuis Hambourg et ses quartiers crapuleux. Il y a longtemps que je n'ai plus pris de wagon-lits, mais l'ambiance je l'ai retrouvée (ça me rajeunit!). J'ai bien aimé la façon dont le "contrevenant" est décrit, tout en retenue, mais tellement caractéristique de notre époque où nous sommes tous étrangers les uns aux autres.

Et puis j'ai bien aimé le clin d'oeil à Dino d'abord, mais aussi à Jacques et Julien, qui tous les trois ont apportés à la même époque, leur variation sur le thème du fort assiégé.

   calouet   
20/1/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Ce texte, si brillant puisse-t-il être, n'est pas du tout "populaire", dans le sens où il regorge de références cultrelles que la majorité des lecteurs ne saisiront pas. ca m'ennuie un peu, lorsque c'est poussé à un tel point. A celà s'ajoute une surabondance lexicale, qui si elle montre la maitrise de l'auteur, n'apporte pas forcément toujours beaucoup plus que ce que des mots plus courants (compréhensibles?) auraient apporté... Et les phrases en allemand ne sont-elles pas un peu trop nombreuses, pour que l'effet qu'apportait la première se conserve tout au long de cette nouvelle?

Enfin, j'arrête ce discours populo, car je suis persuadé que si j'avais tout parfaitement compris, je ne me poserais pas les mêmes questions. Pour ma part, je baisse un peu la note générale, non pour un problème de qualité intrinsèque, mais bien pour un problème d'accessibilité.

Et je relève ce passage là : "Le mauvais goût est tenu en respect. S'il sert de repoussoir, on n'a que le bon goût. Si on l'utilise comme mère de vinaigre, on peut avoir de l'art."

   i-zimbra   
18/9/2013

   Maëlle   
20/8/2008
 a aimé ce texte 
Un peu
Ben je vais être la première à avoir modérément apprécié à mettre une appréciation, tiens...

Je vais essayer d'éviter trop de redite. L'anecdote tiens en une phrase (c'est un voyageur qui se demande qui ronfe à côté de lui alors que le compartiment est desert). Il se trouve que j'ai la plupart des références. Je ne connais pas Hambourg mais je me suis un peu baladée en Allemagne. Et j'ai étudié le roi des aulnes en classe, comme beaucoup.

Or, en ayant ces références, le texte m'a déjà paru touffu. Je n'ose imaginer ce que ce serais pour ceux qui ne les ont pas. L'écriture est virtuose, mais à la manière d'un illusionniste: on ne voit que ça. Vache, c'est bien écrit. Et puis avec des tournure pas courantes, en plus.
A l'esbroufe, quoi.

Ce qui fait que je trouve ça plaisant, mais vain. Je pense que dans une semaine je ne me souviendrais plus du texte. Ceci sans rapport avec l'histoire: on pourrais en faire un roman. Mais pour moi, avec une écriture plus discrète. Avec une flamboyance pareille, il faudrait un peu plus de matière: ça sonne creux.

Par ailleurs: on peu citer sa source, histoire que ceux qui le veulent puisse lire le poème en entier.

Erlenkönig, Goethe
par exemple ici

   Anonyme   
23/11/2008
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je commence par préciser que ce commentaire est seulement celui d'un lecteur.
Un lecteur un instant séduit, mais vite agacé par cette façon qu'a l'auteur de se regarder écrire, comme d'autres s'écoutent parler.

Je rejoindrai Maëlle dans son appréciation.

   David   
17/9/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour i-zimbra,

L'écriture est vive et le récit a tout d'une chevauchée, bien qu'elle ne présente guère d'actions en fait, ça ressemblerait un peu à une histoire d'enquête criminelle, mais sans meurtre, sans coupable ni victime, juste un Sherlock qui découvre que si la banquette ronfle, c'est qu'il y a peut-être quelqu'un qui dort dessous.

La référence au poème de Goethe, elle est assez surprenante, l'écho entre quelques uns des vers et des scènes de l'histoire, c'est direct. avec du recul, le poème comme le récit raconte un retour de voyage, le narrateur rentre de Hambourg en train, le père à cheval rentre aussi, chez lui. Comme le poème met en scène une peur enfantine qui se réalise, strictement même, je me suis demandé ce qu'il se réalisait dans le récit lui-même, si c'était du même ordre. J'ai lu le passage sur l'histoire du gars qui croit détenir la vérité, en tentant de ne pas être variqueux, il y a des passages qui semblent faire partie de la trame qui relit le récit au poème.

"à la vérité, la Mer a sa garçonnière dans ce jovial hinterland."

C'est la racine "garçon" qui me retient dans ce passage du tout début.

"Je suis certes un garçon qui se pose des questions, mais j'y mets mes propres priorités."

Là encore, le mot apparait.

"Si cet homme a eu des soupçons, il n'a peut-être pas osé leur donner corps en se mettant à quatre pattes devant moi."

Cette fois-ci, c'est la mention "homme", même si c'est dans son sens le plus général, qui me retient. Cet homme est le contrôleur du train.

"Un homme s'étirait en bâillant au-dessus de moi, avec une décontraction qu'on ne peut pas imaginer chez quelqu'un qui a payé pour se faire transporter."

Cette homme-ci est un autre, le fameux clandestin.

"Je cours prendre le journal et me presse pour rejoindre le sillage de mon homme."

La trame de cela ferait peut-être lire différemment le poème de Goethe. Le roi des aulnes, c'est la liberté. Le père est un contrôleur des chemins de fer, et l'enfant mourra s'il ne passe pas la barrière, vers les ténèbres, vers le métro, la barrière que chacun trouvera sur son chemin, mais c'est tant mieux, comme un genre de rite initiatique.

Ce n'est pas l'histoire dédié au personnage pourtant, ou pas seulement, puisque ça reste ouvert tant on ne sait pas trop ce qu'il allait faire à Hambourg ni vers où il revient exactement. Le récit lui même va jouer son roi des aulnes avec une foule de digressions, de passages de barrière vers des pensées d'un moment, des évènements apparemment anodins, des souvenirs du voyage dont c'est le retour dans l'histoire. Tout cela va en faire une aventure du récit avec ses exotismes, ses émotions, ses suspens. Elle mettrait en scène une façon de transcender le quotidien, pas un manuel mais bien une mise en scène, une façon de lire une histoire écrite bien avant Goethe qui se rejouerait continuellement dans la vie la plus courante, même si le cheval ou le cheval-vapeur semble en aiguiser la perception.


Oniris Copyright © 2007-2019