Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Policier/Noir/Thriller
Olivier : Le retour
 Publié le 25/05/08  -  6 commentaires  -  5880 caractères  -  18 lectures    Autres textes du même auteur

Les derniers instants d'un condamné.


Le retour


Avant d’être une erreur de fond, la vie est une faute de goût que la mort ni même la poésie ne parviennent à corriger.

E.M. CIORAN.


------------------------


Déjà je ne me souvenais plus de mon délit, du verdict, de la sentence. Un grand vent avait balayé ma mémoire et des larmes amères corrodaient mon destin. Ainsi je me débarrassais de mon passé, je devais mourir car j’avais donné la mort. J’avais rendu ce service et c’était la loi qui devait me soulager pour l’éternité, guerre misère ou cataclysme, la vie n’a qu’une fin, toujours la même et les plus pressés sont les mieux servis.


C’était par un matin comme tous les autres, un matin du mois de novembre, l’enfer me tirait par les cornes et là-haut le soleil était fier et se vantait de me voir partir. J’étais un condamné à mort, ça arrangeait bien des choses. La place de l’église, je ne l’avais pas vue depuis une éternité, je devais mourir devant Dieu et une poignée de citoyens satisfaits à l’idée d’ainsi se séparer de moi. J’aurais voulu leur crier qu’on se trompait tous, mais les paroles d’un condamné ne valent rien devant l’humanité bien pensante. Je suis un exclu, un rejeton, une merde oubliée par un chien sur un trottoir, dont il n’est pas si simple de se débarrasser.


Les mains, les bras et le corps attachés, je gisais horizontalement en ne pouvant que relever la tête à mon aise. Ultime liberté d’observer le monde qui, impatiemment, semblait attendre quelque chose. Ils gardaient les yeux rivés sur mon devenir puisqu’ils ne partiront pas avant d’être convaincus de pouvoir faire une croix sur mon existence. Ils ne se sentiront en sécurité que s’ils me laissent leur place en enfer, ils continueront de vivre en comptant leurs jours, jusqu’à l’échéance, jusqu’à ce que quelqu’un pour eux comme pour moi décide d’en finir avec ces têtes qu’on avait trop vues.


Cette position ne pouvait que me déshonorer, c’était sa raison d’être. Comme pour m’abaisser vis-à-vis du Dieu dont je suis l’image et de cette société dont je suis l’enfant. J’avais offert la mort à cette fille et ils n’osaient pas me remercier, ils me proposaient cet échange en clamant à la foule que ce n’est pas le droit chemin que celui que j’avais choisi, (comme si j’avais eu le choix !) et tous regardaient le pouvoir avec ces yeux qui voulaient dire « Amen », avec une imperceptible nuance de commisération.


Je ne regrettais rien et ils m’en voulaient aussi pour ça, ce que j’avais fait, peut-être que ce n’était pas la meilleure des choses, peut-être n’avais-je pas choisi la meilleure solution, mais en conservant les autres, ils ne me laissaient plus que celle-ci. Je changeais l’allure des choses, ce qui est interdit. Pour moi comme pour eux je ne méritais que cette situation grotesque, maintenant.


D’où j’étais je ne pouvais qu’observer le fond de ce panier, ou les contempler ainsi m’attendre. C’était fait exprès et ils pensaient qu’avec mon cou tendu je leur demandais pardon : plutôt mourir ; mais je les laissais y croire, j’ai un bon fond et je ne déteste pas les gens, j’étais, d’eux tous, celui qui avait le plus d’humanité, et je n’avais rien de mieux à faire que les plaindre.


La notion du temps avait disparu, un homme coiffé d’une cagoule marchait devant moi et la foule maintenant ne s’intéressait plus qu’à lui ; l’avenir viendra de son geste et je sentais qu’ils espéraient tous de lui qu’il se dépêche. Il s’approchait de moi et de sa machine, il aurait pu faire des courbes et des rondelettes pour augmenter le suspens mais une certaine décence l’en interdisait : un homme d’une telle importance... ses actes étaient vénérés et tout le monde devait avoir peur d’un jour trop s’en approcher. Personne n’a vraiment la conscience tranquille ici, on vivait tous dans la crainte, sauf moi maintenant, qui n’espérais plus rien.


Des nuages masquaient le soleil. J’ai d’abord cru qu’il s’était couché mais je retrouvais ma lucidité en y réfléchissant. Ma situation me faisait sourire. J’étais le seul à n’être plus sûr que d’une chose, j’étais le mieux placé au seuil de la mort également, dans l’euphorie de l’attente. Je la sentais se rapprocher de plus en plus, avec ce bourreau qui était là maintenant, à mes côtés et qui semblait être seul à se délecter de la lente progression du temps.


J’avais entendu un long bruissement, le son de la lame libérée de son verrou qui frottait en commençant son habile chute pour mon enfer. Je l’avais entendue accélérer et s’arrêter d’un bruit mat, sec et court, étouffé comme une fin.


Je relevais la tête en m’interrogeant de mon nouveau panorama, tout semblait être resté en place. Je demeurais lié par bras et corps mais ce qui m’inquiétait le plus était de voir ce peuple maintenant comme arrêté, comme stupéfait de me voir ici. Je me tordais la tête, je voulais comprendre un peu moi aussi. Je ne savais pas dans quel monde j’errais mais je sentais planer comme une déception.


Deux types étaient montés là-haut, ils étaient devant la lame et ne comprenaient pas pourquoi elle s’était coincée. Ils la regardaient comme si elle était un caillou dans un soulier, comme une barre devant mon destin. Le premier avait hésité avant de taper dessus, avec son marteau et le glang porté par chacun de ses coups. Je souriais en voyant dans la foule les têtes rentrer dans les épaules en y croyant à chaque impact, étonnés de constater que leur Dieu en avait décidé autrement. Et l’autre, avec sa burette d’huile...


Ils avaient gagné, elle avait fini par repartir, victime du devoir. Même départ, même bruit mais après je me sentais les mains libérées, les jambes et l’âme aussi. Je pouvais me lever et je n’avais plus à baisser la tête pour parcourir les couloirs. J’allais enfin peut-être comprendre à quoi tout cela servait.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette nouvelle sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   strega   
25/5/2008
 a aimé ce texte 
Un peu
Et ben j'ai eu un peu de mal à comprendre. Le sujet pourrait me plaire, sauf que voilà, on ne sait rien du tout. Ni pourquoi il a tué, ni pourquoi il dit ne pas avoir eu le choix, ni pourquoi ce meurtre est une libération. Je ne suis pas contre le doute en nouvelle, mais là, je trouve qu'il manque un peu trop d'éléments, à mon goût au moins.

J'ai trouvé quelques tournures de phrases étranges et quelques incohérences : "Déjà je ne me souvenais plus de mon délit," et un peu plus loin dans le même paragraphe on trouve : "je devais mourir car j’avais donné la mort". Pour le moins surprenant.

"J’avais offert la mort à cette fille et ils n’osaient pas me remercier, ils me proposaient cet échange en clamant à la foule que ce n’est pas le droit chemin que celui que j’avais choisi, (comme si j’avais eu le choix !) et tous regardaient le pouvoir avec ces yeux qui voulaient dire « Amen », avec une imperceptible nuance de commisération."

=>Qui est ce "ils", le juges, les bourreaux ? Si c'est la foule, il y a une incohérence avec la suite de la phrase. La phrase aurait peut-être méritée un point après "que j'avais choisi". Pas que les phrases longues me dérangent outre mesure, juste qu'il s'agit de deux actions différentes ici.

Je passerai sur les "courbes et rondelettes" qui m'a quand même un peu fait rire. "Ronde et courbettes", j'aurais préféré.

Bref, c'est dommage, car ce genre de récits, d'histoires vus de l'intérieur, racontés avec un certain recul alors que l'action semble se dérouler sous nos yeux, en général je suis cliente. Et encore une fois, j'aime aussi l'idée de ne pas tout dire dans un texte, pour laisser la place au lecteur, mais là, l'histoire parait trop réelle (ce n'est pas un reproche) pour laisser libre court à l'imagination, enfin pour moi.

Olivier, je suis désolée, j'aurai pu accrocher, mais il me manque trop d'éléments. Est-il nécessaire de rappeler que ce commentaire n'engage que moi ? Ben oui, il est nécessaire de le rappeler. :)

   Anonyme   
27/5/2008
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Alors tour à tour je me suis dit :

Ah tiens, une belle incursion dans la vie d'un tueur en série, j'adhère!

Puis j'ai détecté de drôles de tournures, des phrases parfois un peu trop lourdes.
Des paragraphes qui manquent d'espacement...

Une froideur qui peut fonctionner... mais on ne peut accrocher réellement à si peu...
Je ne demande pas que tu m'offres sa vie sur un plateau, mais j'aurais aimé savoir... un tueur face à la mort qui ne reflashe pas sur ses meurtres? grrrr non...
Un petit détail un peu plus fouillé.
Le pourquoi ou le comment aurait été bien à défaut du qui (même si c'est au hasard expliquer le choix?)...

Enfin, une curiosité réveillée par le néant... c'est assez étrange pour être souligné...

Ainsi que les "courbes et rondelettes..." qui mériteraient une explication...?

"j’étais, d’eux tous, celui qui avait le plus d’humanité, et je n’avais rien de mieux à faire que les plaindre." euh là aussi je vois quelqu'un que tu tentes d'humaniser aux yeux du lecteur. mais humaniser qui?
le personnage n'est personne... ou quelqu'un que je ne parviens pas à identifier, désolée.

Mais retravaillée je suis preneuse...

A bon entendeur, et au plaisir de te relire

   Anonyme   
27/5/2008
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Attiré par la citation du départ, j'ai lu...
Les images descriptives sont souvent fort plates...
Un texte assez soporifique pour une "réflexion finale" plus que convenue... Bref pas trop fan.

   Maëlle   
28/5/2008
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'ai beaucoup aimé le ton presque joyeux du narrateur, et me suis retrouvée du coup dans la position de celui qui regarde, à rentrer la tête quand le marteau résonne.

Le fait de ne pas savoir le pourquoi est un peu frustrant, mais du coup laisse beaucoup de place (aide au suicide ou délire mystique, par exemple).

Par contre j'ai eu un peu de mal avec le rythme, les phrased trés longue, avec peu de virgules, qui ne conviennent pas à la simplicité du style. La succession des plan est aussi parfois pas aussi bien enchainée que je ne l'aurais souhaité.

   widjet   
30/5/2008
 a aimé ce texte 
Pas
Assez d'accord avec tout ce qui est dit. Il est fort probable que pour l'auteur l'histoire semble évidente puisqu'il en est le créateur, pour ma part je lui conseillerais (fort amicalement) de se mettre à la place de son audience car pour nous autres, c'est loin d'être limpide. Etant moi même friand de mystère où le doute plane et où certains éléments nous permettent de finir l'histoire nous-même, dans cette présente histoire, c'était loin d'être facile (d'ailleurs j'ai pas réussi !). Même reproche stylistique que "Une Histoire Banale"...Le phrasé est "lourd", il y a franchement moyen d'épurer tout ça et de rendre cette ensemble plus fluide. Une nouvelle donc très perfectible mais qui j'en suis sûr pourrait devenir intéressante en donnant plus d'explications et en cherchant plus de simplicité dans le propos.

Widjet

   Joseb   
15/11/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne sais pas pourquoi mais j'ai eu l'impression d'y voir la condamnation d'un homme ayant pratiqué l'euthanasie...

Peut-être est-ce dû à la phrase: "J’avais offert la mort à cette fille et ils n’osaient pas me remercier, ils me proposaient cet échange en clamant à la foule que ce n’est pas le droit chemin que celui que j’avais choisi" ou à celle-ci: "j’étais, d’eux tous, celui qui avait le plus d’humanité"

Je ne sais pas trop, d'autant qu'avec du recul, je me dis que je suis complètement à côté de la plaque sur ce point... Enfin, peu importe!

Concernant le contenu, j'ai trouvé le style agréable. Le narrateur me semblait respiré la sérénité, de cette sérénité dont on espère tous faire preuve le jour J. Quant au passage où la lame se bloque, tel l'ultime supplice avant la délivrance...

Bref, j'ai bien aimé


Oniris Copyright © 2007-2018