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Science-fiction
Ombhre : Les dessins du monde
 Publié le 27/12/21  -  9 commentaires  -  14868 caractères  -  35 lectures    Autres textes du même auteur

L'humanité entière est connectée. Quelle place reste-t-il pour l'humain ?


Les dessins du monde


Jason est assis sur une chaise haute devant sa table à dessin. Différents croquis et dessins au fusain sont posés dessus, tous des portraits, auxquels la subtilité des aplats donne vie et relief. Il promène une main lente et sûre d’une feuille à l’autre, retouchant ici l’ombre d’un sourire, là les rides d’un rire silencieux, ailleurs la tristesse d’un regard. Par moment, il s’immobilise, comme en recueillement, reste de longues secondes, parfois minutes, figé telle une statue dont seuls les yeux seraient encore en vie, qui virevolteraient d’un dessin à l’autre. Avant d’y entraîner soudain sa main qui, à nouveau agile, corrige ou complète les clairs et les ombres.

La pièce ressemble davantage à un atelier d’artiste qu’à la chambre d’un enfant de treize ans. Mais depuis sa plus tendre enfance, il dessine, peint, représente, imagine. Il a même déjà acquis, grâce à sa mère, une certaine célébrité sur les réseaux sociaux. Sur lesquels il ne peut bien sûr encore être, quand bien même il le voudrait, puisqu’il a tout juste treize ans et n’est donc pas encore implanté, mais c’est pour bientôt. Le sport ne l’intéresse pas, pas plus que les jeux vidéo ou de réalité virtuelle dont les autres adolescents de son âge sont si friands. Les mondes imaginaires de Reverse World, ou Metalife l’intriguent un peu, mais vivre une pseudo vie avec un avatar informatique, poursuivre des rêves ou aventures dans un imaginaire que d’autres ont créé pour lui… Il préfère le réel. Et surtout le transformer à sa guise.

Seul dans sa chambre dont il savoure le silence, il sort d’un tiroir une nouvelle feuille à dessin. Il la fixe comme pour voir au travers d’une fenêtre embuée, ferme les yeux, attend, fixe à nouveau ce blanc immaculé, referme les yeux, écoute. L’angoisse de la page blanche, il la connaît bien sûr, cet appel du vide dans lequel finalement il s’élance, vole, plane, pour toujours, même si c’est parfois long, y trouver les images qu’il retranscrit ensuite en lignes délicates. Chercheur de croquis, pêcheur d’esquisses, il saisit, les yeux encore fermés, un fusain, et, les yeux maintenant ouverts et presque fixes, commence à semer les traces de ses rêves sur le papier crissant.

L’écran de son PC à côté de sa table à dessin s’allume soudain, et l’avatar informatique que sa mère aime utiliser – celle qui semble avoir quinze ans et autant de kilos de moins que sur le dessin en pied qu’il a fait d’elle voici un mois – s’anime et lui parle.


— Le repas est prêt Jason, viens à table s’il te plaît.

— Je termine et j’arrive.

— Hors de question. Hier tu m’as dit la même chose et tu es venu au moins vingt minutes après.

— Ça change quoi ? Vous me parlez à peine de toute façon !

— Jason, ne recommence pas ! Tu n’es pas encore implanté, alors tu ne comprends pas réellement.


La parole est si pauvre, si lente quand on peut le faire… eh bien de façon moderne. Donc…

Soudain le « visage » de sa mère se fige une dizaine de secondes, de même que ses yeux, immobiles et grand ouverts. Puis reprend vie d’un coup :


— Désolée, un message urgent. Je disais : donc tu descends tout de suite mon chéri. Aucune discussion possible.


Jason soupire, tandis que l’écran se coupe, descend de sa chaise et se dirige vers la salle à manger avec la tête d’un condamné à mort à l’idée du repas qui, une nouvelle fois, l’attend. Au passage, il tire la langue au portrait de sa mère qui, encadré et vernis afin que le fusain ne passe pas, trône au-dessus de l’écran de l’ordinateur.


*****


Autour de la table, silencieux et immobiles, les membres de sa famille : son père, figé tel un robot parce qu’il répond à ses mails et participe peut-être même à une conférence en visio « in brain », sa mère, tout aussi figée, échange certainement des messages avec une de ses milliers d’addicts – autrefois appelés followers – tout en dirigeant d’une pensée Mila, leur robot ménager – celui qu’elle a tant tenu à présenter dans un live pour rendre jalouses toutes celles qui n’ont pas les moyens de se payer cet instrument indispensable de la vie moderne –, Elina, sa sœur de quinze ans, une fois encore totalement immergée dans Reverse World au point qu’elle en oublie de se laver et se nourrir (mais ça lui passera, avait dit sa mère. C’est normal au début, elle n’est implantée que depuis deux ans), et Jack, son frère de seize ans qui est vice-champion du monde de free fight dans Metalife, alors qu’il doit peser à peine cinquante kilos et dont l’entraînement sportif se limite à aller de sa chambre à la salle à manger, et très occasionnellement à la salle de bain.


— Assieds-toi Jason, lui dit sa mère sans le regarder, que Mila puisse te servir… Et soudain les yeux fixes…


Elle a dû passer en visio, car pour une fois, elle parle à voix haute :


— Oui Gila je te réponds très vite, je dois encore en parler avec mon mari. Non Karl, c’est déjà sur mon mur, je t‘envoie le lien de suite.


Le robot ménager s’approche de Jason dans le sifflement doux de ses roulettes en polyuréthane (recyclé bien sûr) et lui sert en silence une part de pizza bio surgelée, un peu de salade, bio elle aussi, et un verre de soda sans sucre. Jason ne sursaute même pas quand Jack pousse soudain un hurlement de triomphe :


— Waouuuuuh ! Je l’ai eu cet enfoiré ! Il croyait être au niveau ce boloss. Eh bien tiens ! Dans sa tronche !


Après quelques secondes de silence, son père confirme :


— Oui, belle victoire, tu l’as massacré ! Je la partage sur mon mur.

— Moi aussi, rajoute sa mère. Ta dernière prise était impressionnante. Tu es vraiment super fort. Mes addicts vont adorer !


Tous font un effort pour faire partager à Jason la victoire de Jack, la fierté de la famille, et parlent pour une fois à voix haute au lieu d’échanger en silence par le biais de messages, vidéos, émoticônes… d’implant à implant comme ils le font d’ordinaire.


— En plus, c’était un combat RD. Il va pleurer sa mère avec les dégâts que je lui ai faits.

— RD ? interroge Jason.

— Real damages.

— Ho ! Alors tu lui as abîmé son avatar ?

— Pour le refaire, il va payer cher. Je lui ai crevé les yeux, cassé un bras et la rotule, et si l’arbitre n’était pas intervenu, je lui brisais la nuque !


La voix de Jack part dans les aigus tant il est excité, et il respire rapidement comme s’il venait de livrer un vrai combat.


— C’est autorisé ça ? s’inquiète son père. Ne vas pas te mettre hors jeu. Il ne faudrait pas perdre ton titre pour une bêtise.

— C’est toléré si l’arbitre n’a pas le temps de siffler. Mais je ne suis pas allé assez vite pour le finir.

— Bah, tu feras mieux la prochaine fois.

— J’y compte bien. Mes addicts adorent quand je le fais.


Se tournant soudain vers Jason, les yeux brillants :


— Dommage que tu n’aies pas pu suivre ça frérot. Au moins tu pourras le regarder sur ton ordi. Je t’ai envoyé le lien. Tu verras, je t’apprendrai quand tu auras ton implant.

— La semaine prochaine, dit sa mère. Jason, je t’ai envoyé le rappel sur ton mail et sur ton agenda. J’ai tellement hâte que tu puisses participer avec nous. Tu sais, c’est compliqué pour nous aussi cette situation. Communiquer sans implant, c’est tellement lent.


Jason opine de la tête, tandis que ses parents et frère et sœur mangent tout en parlant à nouveau par morceaux de phrases incompréhensibles. Tous ont les yeux fixes et mangent machinalement, leur regard tourné vers leur vie informatique intérieure.


— Regarde son mur, il ose y mettre ça…

— Tu me l’envoies…

— Regarde cette vidéo…

— Je te l’ai prise…

— Jason, reprends un peu de pizza, tu n’as presque rien mangé, lance soudain sa mère.


Jason sursaute, surpris qu’on s’adresse directement à lui, et regarde sa mère qui elle, les yeux fixes, ne le regarde déjà plus et éclate de rire sans qu’il puisse comprendre pourquoi. Il termine rapidement son repas et, sans que personne ne lui demande rien au point qu’il se sent transparent, il remonte dans sa chambre retrouver ses crayons, ses fusains et ses feuilles de papier.


*****


L’opération se passe bien. Même si on parlait d’ordinaire de « l’implant », il s’agissait en fait de plusieurs implants : le lobe temporal, le lobule pariétal inférieur, le lobe occipital… Jason doit bien sûr regarder les deux heures de vidéos obligatoires sur les implants – alors qu’il sait déjà tout sur eux depuis bien longtemps – afin de pouvoir recueillir son consentement libre et éclairé, pour une opération à laquelle de toute manière il ne peut se soustraire.


Devenus obligatoires, les implants ont révolutionné le monde : chacun est relié en permanence au gigantesque réseau internet, permettant d’échanger par écrit (sans clavier ni ordinateur bien sûr, ça c’était le Moyen Âge), de lire mentalement des messages et mails et d’y répondre de même, de consulter son mur sur les différents réseaux sociaux en instantané, de partager des vidéos en quelques secondes, de filmer en direct tout ce qui passe devant le regard, la sursollicitation du cerveau étant compensée par la surconsommation de médicaments, et accessoirement par la surprofitabilité des quatre laboratoires pharmaceutiques et des quatre géants de l’Internet, les plus grandes puissances du monde moderne, bien loin devant les États.

Tous sont reliés à tous, et localisables en permanence. Tous les échanges et parutions de tout un chacun sont tracés en temps réel par les algorithmes hyperpuissants des firmes informatiques comme par ceux des gouvernements. Le crime a presque disparu puisque tout est filmé chaque seconde par les presque dix milliards d’êtres humains de plus de treize ans, soit dix milliards de caméras de vidéo surveillance qui couvrent en permanence toute la planète. D’autant que depuis bien longtemps, tous les règlements et achats se faisant d’une pensée, il n’y a plus d’agent liquide à dérober, et encore moins d’argent virtuel puisque tout est traçable, suivi, répertorié, archivé. Et bien sûr contrôlé.


Les implants ont permis de créer l’âge d’or de la civilisation humaine.


*****


Jason revient chez lui quatre mois après l’opération. C’est le délai normal pour s’habituer à ce bruit permanent dans la tête, apprendre à mettre en veille certaines applications, qui sont comme implantées directement dans le cerveau, devenir multitâches (un critère très important pour trouver un bon emploi. Un bon emploi par ailleurs indispensable pour pouvoir se payer l’abonnement aux services internet devenus inévitables, et les médicaments nécessaires à l’utilisation de ces mêmes services), et échanger chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde, avec ses semblables. Le choix des médicaments et leur dose a aussi occupé l’adolescent et les médecins un bon mois, le temps de déterminer quels calmants et anxiolytiques lui conviennent, à quel rythme les prendre, choisir le somnifère lui permettant de dormir (dormir… un mal nécessaire dans une société dont la productivité n’a jamais de toute l’histoire de l’humanité été aussi haute, mais malgré les milliards investis dans la recherche, les laboratoires pharmaceutiques n’ont pas réussi à trouver comment empêcher l’être humain de dormir et de rêver sans qu’il ne devienne fou), tester leur degré d’accoutumance et de dépendance (mais comme il faut de toute manière les ingérer sa vie durant, la dépendance n’est plus un réel problème).

Jason rentre chez lui avec sa première mallette de médicaments, sous le regard attendri de ses parents qui se souviennent eux aussi de la leur, celle qu’offrent généreusement les firmes internet et les laboratoires pharmaceutiques aux enfants jusqu’à leur majorité, désormais posée à quinze ans, âge légal du travail et de la fin d’études.

Le premier repas à la maison avec une famille totalement implantée est joyeux, car ils peuvent enfin tous communiquer ensemble de la même façon, se bombarder de vidéos, photos et messages, en échangeant parfois quelques mots de vive voix, mais tout va tellement plus vite par la pensée et l’Internet. D’ailleurs, ce repas appelé « le passage » est traditionnellement la première story qu’un nouvel implanté poste sur son mur – désactivé par l’hôpital jusqu’au retour de l’enfant prodigue à son domicile – et pour lequel il reçoit des dizaines de milliers de « love » de dizaines de milliers de gens qu’il ne connaît pas. Mais ça fait toujours plaisir.

Le repas ne dure guère, car Jason est encore épuisé de ce bruit de fond constant en lui qu’il ne gère encore que partiellement. Il entre dans sa chambre, ferme la porte et se dirige vers sa table à dessin. Elle lui a tant manqué ! Et comme il a maintenant une immense bibliothèque d’images, de photos, de tableaux de maître auxquels il a accès en permanence et quasi instantanément, il va pouvoir trouver mille et une sources d’inspiration pour dessiner. Malgré la fatigue, il ouvre sa boîte à crayons et fusains, étale devant lui d’anciens dessins qu’il contemple en silence.

Aussitôt, un orage de messages pleut sur son mur : magnifique tes dessins/C’est naze tes gribouillages, c’est même pas en 3D/ trop beau le portrait de la petite fille, c’est ta sœur ?/T’es doué mec/Tu veux pas me faire une teub ?/Je t’envoie une photo de moi et tu fais mon portrait ?

Pendant plus d’une heure, Jason reste devant la feuille blanche et terne, tentant de juguler les messages qui arrivent sans trêve sur son mur. Il approche parfois sa main de la feuille, fusain délicatement tenu dans sa main, mais la feuille reste vierge. Il ne tombe pas au travers, et ne peut plus ni voler, ni planer, mais juste contempler un carré blanc et figé, comme une porte fermée.


*****


La même scène va se reproduire pendant plusieurs jours, plusieurs nuits. L’intérêt éphémère suscité par ses dessins et son arrivée dans la grande communauté virtuelle mondiale est très vite retombé. Il a fait de nombreuses incursions dans Reverse Worl et Metalife, a commencé à se créer ses avatars. Il est maintenant membre de nombreux groupes, et participe de plus en plus activement au jeu en vogue du moment « La quête sans fin », mais il lui est souvent reproché de ne pas être présent tous les soirs.

Un matin, après deux heures passées devant une feuille qui reste obstinément blanche, l’air soudain résolu, il met dans un grand sac de papier ses feuilles vierges et tous ses dessins, dans un autre ses crayons et fusains, descend au sous-sol de sa tour de soixante-quatre étages pour placer soigneusement ses sacs dans les ordures recyclables – c’est important pour la planète – et remonte chez lui tout en envoyant un message à son frère.


— Ça tient toujours de me former au free fight ?

— Bien sûr frérot. Viens je vais tout te montrer. On va déchirer tous les deux. Bienvenue dans la vraie vie !


 
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   cherbiacuespe   
26/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Et rentrez dans le rang, je ne veux voir qu'une tête, bon sang!

Un avenir possible, à moins qu'il ne soit probable, le virtuel s'insinuant insensiblement de plus en plus par touches microscopiques dans le réel. Certes, la vitesse de communication y gagne ainsi que la vie sociale, ce que la vie privée et la liberté individuelle y perd. La sécurité est donc totale dans cet univers ou tout le monde surveille tout le monde. C'est un choix auquel la société va forcément être confrontée. Un texte peu rassurant mais salutaire en ce sens qu'il met en perspective les vers et revers d'une civilisation technologique. On veut le voir où pas. Il faudra arbitrer vraisemblablement selon ce critère qui nous sera présenté : voulez-vous vivre avec le progrès et l'avenir ou rester dans les ténèbres et le passé ? Je répondrais sûrement : à qui profite le crime ?

Le choix du tableau présenté est bien maîtrisé, à l'écrit comme dans le plan ( quelques fautes au début : "Différents croquis et dessins au fusain SONT posés dessus"). Le canevas de l'histoire est parfaitement réalisé avec son corolaire d'interrogations sous-jacent. On sent un sujet bien travaillé, posément pensé même si quelques problèmes sont éludés, la nature d'une nouvelle ne le permettant pas. Une histoire subtilement forgée et qui interroge.

Cherbi Acuéspè
En EL

   Marite   
29/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Bien effrayant ce nouveau monde connecté ... mais qui sait ce qui attend l'humanité demain ? Sans être fanatisée par le monde virtuel accessible actuellement, j'ai pu lire cette nouvelle sans aucun souci. La conclusion, trop rapide m'a cependant frustrée ... j'aurais aimé un plus grand développement mais c'est sans doute parce que je ne suis pas "implantée" ...

   socque   
27/12/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
C'est marrant, sur le fond je suis plutôt d'accord avec le propos, j'ai tendance à détester la mentalité de troupeau, mais en l'occurrence je trouve le plaidoyer tellement lourdingue, caricatural, que j'ai eu envie de m'inscrire sur Meta (non).

Car, tout simplement, je ne crois pas que le progrès technologique ni même le post-humanisme étouffent un jour l'expression artistique ; cela fait partie de nous. Dans le cadre de votre texte, si Jason a vraiment envie de s'exprimer de manière personnelle, il trouvera à le faire et bénéficiera du plus large public possible… C'est d'ailleurs un paradoxe amusant, à mon avis, que vous publiiez sur un site internet une histoire pourfendant la "connectivité" de tous. Je n'ai pas commenté en Espace Lecture par simple flemme, mais je me dis que peut-être vous préférerez avoir connaissance d'une réaction possible à votre récit.

Je n'ai pas de remarque particulière sur l'écriture, elle m'a paru servir l'intrigue avec clarté.

   Lariviere   
28/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé cette nouvelle. Cette famille hyperconnecté en mode post-humaniste est très bien retranscrite et fait froid dans le dos ; et finalement, n'est pas si éloigné que ça des pratiques actuelles dans le genre...

J'aime beaucoup la fin avec l'entrée de Jason dans la "vraie vie", quelle ironie qui ponctue très bien ce récit.

Merci pour cette lecture et bonne continuation

   plumette   
29/12/2021
 a aimé ce texte 
Bien
oppressant, voilà ce qui me viens à la fin de ma lecture.
l'hyper connectivité est source de transformation de l'humain, c'est certain, on en voit déjà les effets dans notre monde.
Je salue votre capacité à pousser le curseur assez loin pour nous présenter ce nouveau monde. C'est globalement réussi, grâce à la qualité de l'écriture aussi.
Pourquoi globalement, parce que dans le détail , le fait que cette famille se réunisse pour les repas ne me semble pas coller! Ou alors, il faudrait expliquer pourquoi cet usage a été conservé.

A vous relire

   Dugenou   
30/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Ombhre,

Si j'avais lu ce texte dans les années 80, je l'aurai qualifié de 'cyberpunk'. Malheureusement, quarante ans plus tard, j'y vois plutot un aspect anticipatoire, et résolument d'actualité... j'aimerai espérer que notre futur proche ne sera pas synonyme d'effacement des singularités chez les êtres humains, mais ça me semble assez mal barré, et votre texte le démontre efficacement.

Bien joué !

   hersen   
30/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Ombhre,

Une nouvelle qui fait froid dans le dos tant on a déjà grandement ouvert la porte, avec fort peu de contestation.

Toute la richesse humaine s'en va maintenant dans la non-vie, mais qu'y pouvons-nous ?

J'ai un instant rêvé que Jason emportait ses feuilles et ses crayons au sous-sol car il pourrait y exister une cachette anti-ondes, installée par des rebelles défenseurs des droits fondateurs humains où une vie "d'avant" aurait toujours sa place, quelque part dans des niches.

Mais non, tu es impitoyable !

La nouvelle est bien vue, on peut aisément y coller nos propres interrogations sur le monde que nous voulons.
Et j'ai bien peur qu'un peuple de Jason soit en marche, bien préparé par leurs parents.

Un grand merci pour cette lecture !

Edit : j'ai oublié de dire que j'aime beaucoup l'ambigüité du titre, à un "e" près.

   Pouet   
30/12/2021
Salut,

un texte un peu dans le sillage de films style "Existenz", "Ready player one" ou une ribambelle d'autres depuis les années 2000 dont j'ai oublié le nom...
Je ne sais pas si l'avenir sera ainsi, il n'est jamais comme on l'avait "prévu".. faudrait demander à John Anderton de "Minority report"... :)
(Quand on était gamins fin des années 80 on pensait tous que l'an 2000 signerait l'avènement des voitures volantes et qu'on serait dans un monde style Blade runner...)

Bien sincèrement, je ne suis pas particulièrement fan du genre, je trouve qu'on tourne toujours un peu en rond, avec les mêmes rouages, qu'on exploite le même filon et que, finalement, le thème de l'innovation n'a plus grand chose d'innovant tant l'Art sous toutes ses déclinaisons aura pu s'y pencher et s'y épancher. La disparition de l'Art, ici justement, en fil rouge. Pourquoi pas? Je ne me le figure pas plus que cela à vrai dire, peut-être prendra-t-il de nouvelles formes, mais pas nécessairement non plus. L'être humain étant un animal tout autant destructeur que créateur. J'ai du mal à concevoir l'anihilation de l'ego, du besoin de distinction, de la l'irrepressible propension à vouloir briller, bref à l'uniformisation qui absorberait l'individualité... Du moins pas à tous les niveaux du développement sensible et émotionnel. Mais le futur nous le dira, hein. Je suis sans doute un fort piètre Nostadamus :)

Au final, je crois que je ne suis pas disposé à tirer des plans sur la comète et que l'observation des étoiles me suffit amplement.

Question forme, le texte est ma foi bien écrit et le sujet vraisemblablement bien développé, je ne suis simplement pas le bon client.

Au plaisir.

   Donaldo75   
7/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Ombhre,

Je découvre cette nouvelle sur le tard; elle m'a beaucoup plu. Le monde de demain telle qu'elle la décrit me fait penser à plusieurs épisodes de la série britannique "Black Mirror" et je n'ai pu m'empêcher d'en voir les images - alors que je ne suis pas encore implanté ;) - avec tous les émoticônes qui tournent en boucle dans des cerveaux surchargés d'informations inutiles. Tu as privilégié une fin pessimiste, Jason rentrant dans la masse informe des implantés parce qu'il n'a finalement plus rien d'autre vu que sa créativité d'enfant s'est envolée avec ce dispositif. Et c'est bien ce que je retiens en termes de fond, ce qui est d'autant plus désolant quand on y pense parce que l'enfance est ce qui nous différencie des robots.

Bravo !

Don


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