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Humour/Détente
Palimpseste : Sanctus Moineau Scriptum
 Publié le 15/08/11  -  15 commentaires  -  14261 caractères  -  185 lectures    Autres textes du même auteur

Ranulfe arrivera-t-il à se faire aimer de la belle et grassouillette Mahaut ? Ce conte vous le dira, en plus de vous apprendre plein de choses sur la communication sans fil au Moyen Âge.


Sanctus Moineau Scriptum


Au début de l'an de grâce 1348, le sieur Ranulfe peste grandement contre les moyens aériens de contacter la belle et à peine nubile Mahaut. Cette délicieuse créature, grassouillette en diable, habite les tours d'un voisin castel.


À cette époque, l'utilisation d'oiseaux est largement répandue dans les télécommunications. Les légions romaines, déjà dotées de pigeons, échangeaient ainsi des nouvelles entre l'armée et Rome. Ces oiseaux très précieux étaient transportés par des unités spécialisées dans des cages. Pour plus de sûreté, une cordelette de chanvre les retenait attachés, qui n'était dénouée qu'à leur envol.


Plus de cinq siècles après que la Gaule eut cédé sa place à la France, les hommes perfectionnèrent la technique, en utilisant de minuscules passereaux au lieu de pigeons. Le prix dérisoire de ces oiseaux n'oblige plus à les attacher, ouvrant ainsi l'ère à la communication sans fil.


Contrairement aux ramiers que l'on peut charger de longues lettres, la frêle constitution du passereau ne lui permet de transporter que de tous petits messages, représentant une minute de travail d'un moine-copiste, soit cent soixante signes maximum à la cadence syndicale, d'où le nom populaire de "moineau".


Correctement dressés, les moineaux rejoignent le destinataire d'un message en quelques minutes, grâce à leur flair. Il suffit à quelqu'un de rouler dans sa main des graines, même quelques secondes, pour qu'elles prennent sa trace pour longtemps. En donnant au moineau un de ces grains de blé ou d'orge, celui-ci retrouve la personne infailliblement.


Au tout début, les moineaux furent utilisés par les monastères, pour porter les messages entre les scribes religieux à propos d'erreurs de typographie. Cette méthode fut tellement efficace pour échanger sur les salles de rédaction des Écrits Saints, que le système a rapidement été adopté par les services de reprographie de l’Église sous le nom de Sanctus Moineau Scriptum, abrégé en « SMS ».


Dans certains ordres monastiques exigeant le terrible vœu de silence, les novices les plus en pointe sur l'utilisation des techniques modernes s'en servent pour contourner leur promesse et roucouler avec quelques nonnes des abbayes voisines.


Il n'a pas fallu des lustres pour que le SMS franchisse les cloîtres et révolutionne la communication au Moyen Âge, complétant efficacement les tourterelles, signaux de fumée et galopades de messagers.


Revenons à Ranulfe, qui n'en peut plus...


Depuis qu'il a vu Mahaut au bal de la Saint-Jean, il ne pense qu'à elle et sa gorge d'albâtre, à son rire qui fuse à travers une bouche carmine où pas une dent ne manque. Ses hanches larges sont une invitation à y déposer chaque matin un viril hommage avant d'en extirper tous les neuf mois des marmots fiers et en pleine santé !


Du haut de ses dix-huit ans, la séduisante donzelle est bien en retard pour prendre époux, à un âge où les gamines ont déjà enfanté d'une brochette de lardons.


Fillette, ses parents l'avaient envoyée parfaire son éducation dans un couvent aux confins du pays. Elle est revenue en femme épanouie, dix ans plus tard.


Ranulfe, quant à lui, revient d'une expédition dans des contrées aussi lointaines que païennes, où il a étripé son comptant d'hérétiques et conquis une véritable renommée de questionneur. Rares sont les prisonniers à se taire lors de ses interrogatoires, plus rares encore ceux qui y survivent. Chargé d'un butin conséquent et lavé par de généreuses indulgences, Ranulfe, lassé d'un veuvage de quelques semaines, a décidé de reprendre femme.


Selon son avis, le demi-siècle de son expérience fera de lui l'excellent mari d'une de ces jeunes donzelles avides d'un mariage avec un homme auréolé de maturité.


Lors des festivités du solstice d'été, Ranulfe se trouve face à la belle Mahaut, à la mise aussi stricte que moulante. L'esprit du barbon se retrouve propulsé à des hauteurs de désir que seuls les succubes les plus diaboliques peuvent titiller.


Depuis, il n'en dort plus.


Quelques jours après la fête, il croise la jeune femme dans le bourg. Attiré par son parfum de fleur éclose, il la suit de loin, prenant garde à ne pas être repéré. Cette indiscrétion lui apprend que la jouvencelle semble éprise d'un méchant godelureau aux allures de poulet efflanqué, spectre de malemort et officiant vaguement comme barbier. Originaire de lointaines contrées sises par-delà les domaines du Pape, il répond dans le village au nom plus ou moins métèque de Tivolito.


Comment l'appétissante Mahaut peut-elle prêter attention aux regards tourmentés de ce bellâtre, dont le seul talent se résume à trousser d'écœurantes rimailles et à déclamer, d'une voix de porcelet à l'abattoir, de sulfureuses strophes sordides ?


Sombre comme une soirée de novembre, Ranulfe repart vers les halles ruminant d'immanquables scénarios de séduction.


Pour tenter de les mettre en œuvre, il s'arrange pour forcer le hasard des rencontres fortuites avec la belle. On le voit acheter des mètres de rubans aux couleurs criardes dans les boutiques qu'elle affectionne, où il apparaît fort déplacé avec ses pourpoints tristes et empesés.


À chaque fois, il esquisse vers Mahaut un sourire, une conversation ou une demi-révérence que l'ingénue, absorbée par ses pensées intérieures, ne semble pourtant pas voir. Ranulfe s'extasie du sérieux de cette âme virginale.


Un jour, il voit Mahaut traverser la place juste devant lui.


Une idée lumineuse éclaire alors son esprit : il place dans son gant une poignée de grains, prend son courage à deux mains et aborde franchement l'objet de son amoureux tourment.


- Bonjour Mahaut !

- Oh ! Bonjour, messire Ranulfe.

- Tu peux m'appeler Ranulfe tout court, Mahaut. Les jolies filles comme toi n'ont pas à donner leurs titres aux jeunes hommes comme moi.

- Comme vous le voulez, messire Ranulfe.

- Comme tu es belle. Le soleil lui-même ne sait comment briller plus fort que toi.

- Vous êtes trop bon, messire Ranulfe.

- Je t'ai dit que tu pouvais m'appeler Ranulfe tout court.

- Oui, je m'en souviens, messire Ranulfe, et m'en souviendrai encore quand nous aurons l'occasion de nous croiser.

- Tu aimes les croisades ? Fort bien ! Je te raconterai les miennes. Elles sont édifiantes. Mais avant, voudrais-tu presser entre tes doigts cette poignée de grains ? Ainsi, je pourrai t'envoyer de mes nouvelles par moineau et prendre des tiennes.


Voyant le piège, la jeune fille, qui n'est pas un perdreau de l'année, trouve une excuse.


- J'aimerais beaucoup, messire Ranulfe, malheureusement j'ai contracté une fièvre maligne. Mon mire m'interdit de toucher les graines pour ne pas indisposer les oiseaux.

- Oh ! comme c'est fâcheux !

- Oui, messire Ranulfe, c'est cruel pour moi d'être ainsi dérobée au monde, et de ne pouvoir être jointe librement comme tout un chacun. Mais vous pouvez toujours m'envoyer une missive par le pigeonnier fixe de mon père.

- Eh bien soit ! Nous nous retrouverons plus tard, quand ta mauvaise maladie sera partie. Tu pourras alors procéder au serrement dans ta jeune paume.

- J'y compte bien, messire. Mais je dois maintenant me sauver. À très bientôt ! Et que les anges vous aient en leur sainte garde !


Subjugué par ce souhait si délicat, Ranulfe déduit que Mahaut goûte le contraste entre les émotions provoquées par sa prestance et celles que son maladif barbier de malheur doit finalement peiner à lui procurer par sa honteuse poésie.


Rentrant précipitamment chez lui, Ranulfe grimpe dans les étages et s'assoit sur le banc de sa fenêtre la plus haute. De là, il voit bien le château de la famille de Mahaut, ainsi que la bâtisse où réside Tivolito, son rival à la voix de chat écrasé.


Alors qu'il s'abîme dans la contemplation de la résidence où loge sa bien-aimée, il surprend une toute petite tache dans le ciel : elle reçoit un passereau !


Ranulfe en perd ses sens, jusqu'à en être complètement interdit.


Fronçant les sourcils, il aperçoit au bout de quelques minutes un autre Sanctus Moineau Scriptum quitter la résidence de la belle et rallier celle de la bête à tire-d'aile.


Une idée jaillit dans l'esprit de Ranulfe : le barbier doit posséder toute une collection de graines de sésame qui ouvre la voie vers Mahaut !


Bien décidé à se l'approprier, Ranulfe sort de chez lui en courant et se dirige vers la demeure de Tivolito. Il est décidé à le traiter en ami s'il lui cède quelques graines de Mahaut.


Tambourinant à la porte, il se met à hurler :


- Holà Tivolito ! Ouvre cette porte ! Vite !

- Qui donc est là ?

- RANULFE ! C'est une question de vie ou de mort ! Ouvre si tu veux le bien de Mahaut !


La porte s'ouvre sur le barbier qui scrute d'un air interrogateur l'hystérique venu lui parler de la femme chère à ses sentiments.


- Vite ! crie Ranulfe. Donne-moi des graines passées entre les mains de Mahaut ! Elle attend de mes nouvelles ! C'est très important !


Mais le troubadour n'est pas né de la dernière pluie. Il reconnaît en Ranulfe le vieux ladre dont Mahaut lui parle régulièrement en termes peu amènes.


- Je n'en ai pas, finit-il par répondre, notant de confesser ce mensongelet dès qu'il verra le curé.

- Vraiment ? questionne Ranulfe. Pas de graine de Mahaut ?

- Vraiment ! répond Tivolito. Je suis même désolé de ne pouvoir vous en prêter, mais je n'ai plus de crédit.

- Comment ça ? demande Ranulfe. J'ai vu un passereau quitter ta maison, pas plus tard qu'il y a cinq minutes.

- Sans doute, ajoute Tivolito prudemment. Mais c'était le dernier de mon élevage : je n'ai plus de batterie.

- Je dois absolument envoyer un SMS à Mahaut. Comment faire ?

- Je ne sais pas. Le plus sage serait de passer à autre chose.

- Tu as raison, Tivolito ! Passons à autre chose : je vais lui écrire !


Tournant les talons, Ranulfe part acheter quelques parchemins, même d'occasion, pour écrire à Mahaut combien il se languit d'elle.


Mais au bourg, de palimpseste point.


Ennuyé par ce contretemps, Ranulfe s'avise toutefois de la présence sur la grand-place de Frédéghilde, la jeune sœur de Mahaut. Plus fluette que son aînée, à qui elle n'emprunte pas le caractère de grasse, elle est également moins gâtée par ses capacités cérébrales, proches de l'indigence.


Frédéghilde, sur la fontaine perchée, avait enlevé ses bottes. Ranulfe, se souvenant du rôle des odeurs, s'approche et lui tient à peu près ce langage :


- Et bonjour mademoiselle Frédéghilde.

Que vous êtes jolie !

Que vous me semblez belle !

Sans mentir, si votre bavardage se rapporte à votre plumage, vous devez avoir beaucoup de graines pour écrire des SMS à vos amis, n'est-ce pas ?


À ces mots, la jeunette ne se sent pas de joie ; et pour montrer son répertoire, ouvre large son sac et laisse tomber son grain.


Ranulfe se saisit d'une bourse marquée Mahaut et dit :


- Ma bonne Frédéghilde ! Apprenez que tout parleur vit au forfait de celui qui appelle : cette leçon vaut bien quelques graines sans doute.


Frédéghilde, honteuse et confuse, jura, très en pétard, qu'on ne lui en prendrait plus.


Ranulfe, heureux de son stratagème, rentre en ses pénates avec son précieux butin.


Courant à son balcon, il prend un premier moineau et trace sur la bandelette de papier : « Mahaut, je t'aime. ». Plaçant le poulet sur l'oiseau, il donne à ce dernier une des graines subtilisée à Frédéghilde avant de le lancer dans les airs.


Le passereau se dirige vers la fenêtre de Mahaut. Ranulfe attend la réponse...


Vingt minutes plus tard... Il n'en a toujours pas.


« Sans doute, se dit-il, a-t-elle fermé la fenêtre. Mon message lui parviendra tout à l'heure. ».


Mais une demi-heure plus tard, il n'a toujours aucun retour.


S'usant les yeux sur la résidence de son amoureuse, il aperçoit un oiseau partant de chez elle. Quelle n'est pas sa surprise de le voir s'envoler droit vers la demeure de Tivolito !


Hein ? Serait-elle en train d'écrire à ce concurrent de malheur, au lieu de lui répondre ? C'est à n'y rien comprendre !


Ranulfe se saisit d'un deuxième moineau et le charge d'une nouvelle missive : « Mahaut ! Je t'aime. Tu me réponds que toi aussi ? ».


Une heure passe. Toujours pas la moindre réponse... Ranulfe sent la colère l'envahir.


Il prend un troisième moineau et le charge d'un message sans ambiguïté : « Je t'aime ! Viens donc me voir, qu'on se marie ensemble ! ». Par-dessus la graine de Mahaut, il en fait ingurgiter à l'oiseau une seconde, tournée plusieurs fois dans ses propres mains. Grâce à cette précaution, les moineaux, après avoir délivré leur message, reviennent à l'expéditeur originel, qui peut constater si le destinataire a bien reçu le message.


L'oiseau, ainsi accusé de réception, retrouve le perchoir de Ranulfe quelques minutes après être parti. L'étui à billet, vide, indique que Mahaut a pris connaissance de sa déclaration.


Ranulfe suffoque. Quoi ? La garce refuse de répondre à ses tendresses ?


Pris de rage, il se précipite sur un autre moineau et lui fait transmettre que la politesse impose de répondre à ses SMS si affectueux.


Toujours aucune réaction...


Un autre moineau s'envole quelques minutes après, porteur d'une phrase courte mais cinglante, relative à ce que les jeunes femmes ne doivent pas se moquer des sentiments qu'elles provoquent chez leurs aînés.


Un SMS suivant, dix minutes plus tard, s'envole avec seulement un mot, que la décence interdit de reproduire, accompagné d'un point d'exclamation.


La fureur de Ranulfe est à son comble quand il entend un petit bruit de bec contre sa fenêtre. C'est un passereau roux et beige, en provenance de Mahaut.


Impatient, Ranulfe saisit le texte et essaye vainement de le comprendre :


AréT. G t M pa. CC 2 manBT !


Ne sachant comment déchiffrer cette phrase, Ranulfe décide de consulter un rebouteux de sa connaissance, vieux moine défroqué qui balbutie le latin, l'hébreu, l'araméen, le copte et d'autres langues plus ou moins éteintes. Il saura décrypter la réponse de Mahaut.


« Quelle coincée ! pense Ranulfe en chemin, pourquoi donc utiliser un code secret ? Elle pouvait tout simplement m'écrire qu'elle acceptait de se marier avec moi… ».



Cette nouvelle m'a été inspirée par "Sylvilôtre". Merci à elle.


 
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   socque   
29/7/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Ah, voilà un délire comme j'aime ! J'ai adoré cette ambiance anachronique, j'ai pensé à la série des "Cellulite" par Claire Bretécher, des BDs que vous connaissez peut-être. Un bémol toutefois sur la fable à la fontaine : l'idée est sympa, mais je trouve que le texte appuie trop. Point n'était besoin selon moi de décliner tout "Le corbeau et le renard".

"Elle est revenue en femme épanouie, dix ans plus tard.

Ranulfe, quant à lui, revient d'une expédition" : je trouve dommage d'utiliser sur deux phrases consécutives le verbe "revenir", même conjugué différemment.

   monlokiana   
4/8/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Adoré !
On sent plus de l’humour que du sentimental/romantique. Une qualité dans l'écriture, j'ai apprécié ça...
J’ai bien aimé le début, aves toutes ces informations sur la communication au Moyen Age.
Je ne dirais pas qu'il est lourd, c’est un début intéressant mais qui pourrait rebuter, empêcher de continuer.
Et quand l’histoire de Mahaut commence, là on sent une fluidité, la jeune fille fait sourire, on sent son manque de confiance envers le jeune homme.Avec les SMS envoyés, là, on a vraiment envie de connaître la fin.
« Une idée lumineuse éclaire alors son esprit : il place dans son gant une poignée de grain, prend son courage à deux mains et aborde franchement l'objet de son amoureux tourment. » Je trouve « franchement » lourd ou inapproprié peut-être.
A part cette seule remarque que j’avais à faire, j’ai adoré ce texte. L’idée est originale (très dur à faire, de l’original) et le message final de Mahaut m’a fait rire, même si c’est une abréviation du XXIème siècle et non du Moyen Age.
Merci à l’auteur !

   Anonyme   
11/8/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’apprécie beaucoup l’humour de ce texte, un humour particulier, à la fois joyeux, léger, et fin.
Par exemple : « Le prix dérisoire de ces oiseaux n'oblige plus à les attacher, ouvrant ainsi l'ère à la communication sans fil. »
Très vite, l’auteur nous plante le décor et nous fait rentrer dans l’histoire avec le minimum d’information nécessaire.
Il y a aussi une légèreté grivoise délicate aussi, que j’apprécie beaucoup : « Ses hanches larges sont une invitation à y déposer chaque matin un viril hommage avant d'en extirper tous les neuf mois des marmots fiers et en pleine santé ! »
La description du rival de Ranulfe, par Ranulfe lui-même, est délectable :
« Cette indiscrétion lui apprend que le jouvencelle semble éprise d'un méchant godelureau aux allures de poulet efflanqué, … il répond dans le village au nom plus ou moins métèque de Tivolito. »
Tous les jeux de mots autour du SMS sont goûteux :
« Vraiment ! répond Tivolito. Je suis même désolé de ne pouvoir vous en prêter, mais je n'ai plus de crédit. ».
Le croisement entre le monde contemporain, ses termes et expressions, et une lointaine histoire est finement mené :
« Frédéghilde, honteuse et confuse, jura, très en pétard, qu'on ne lui en prendrait plus. » ou « L'oiseau, ainsi accusé de réception, retrouve le perchoir de Ranulfe quelques minutes après être parti. » et bien sûr « AréT . G t M pa. CC 2 manBT ! »

Il y a du Molière dans ce texte, un peu « Tartuffe », un peu « L’avare », mais du Molière …
Bonne continuation à l’auteur et merci pour cet agréable moment de lecture.

   Anonyme   
15/8/2011
 a aimé ce texte 
Bien
C'est complètement farfelu... ce qui m'a fait aller jusqu'au bout pour continuer à rigoler dans ma barbe !
Il y a bien quelques lourdeurs dans les parallèles avec nos portables et autres SMS, mais ça passe quand même, quand on fait dans le déjanté.
Je me suis bien amusé.

   Anonyme   
16/8/2011
Je viens d'achever ma troisième lecture et sans doute y en aura-t-il d'autres parce qu'il n'y a pas de raison de se priver des bonnes choses. ( J'avoue cependant, dés la seconde, avoir zappé le pastiche de La Fontaine )

J'ai savouré entre autres, le coup du parchemin d'occase ( avec un tel pseudo, vous ne pouviez pas le manquer)
J'ai dégusté le portrait des personnages, notamment celui de Ranulfe, particulièrement réussi ( le portrait)
C'est sans interruption que j'ai arboré la banane, mais je me suis aussi instruit. J'ai appris, par exemple, l'origine de l'expression "télécommunications sans fil".

Un grand merci pour ces instants instructifs et délicieusement jubilatoires.

   Gerwal   
16/8/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"...au bourg, de palimpseste point..." !!!!!!!!! (je sais, les "!" vont par 3, uniquement... mais 3 fois 3 c'est accepté ???)

et aussi... "... (non, rien, franchement il faudrait citer tant et tant de passages tous plus habiles les uns que les autres dans leur pseudo-érudition pince-sans-rire... on y croit d'un bout à l'autre, à cette histoire et aux diverses explications données !)

(petite annonce qui n'a rien à faire ici, mais quand même: "à vendre, cause inutilité récente et soudaine 'L'Histoire de France' vue par San-Antonio - beaucoup lue, mais état convenable)."

   Anonyme   
16/8/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Une nouvelle prometteuse, mais qui, malheureusement commence par un certain nombre de lourdeurs et d'approximations quant à l'usage de la langue. J'ai relevé :

« Les légions romaines, déjà dotées de pigeons, échangeaient ainsi des nouvelles entre l'armée et Rome. » : on sait, à priori, que les légions romaines sont une des composantes de l'armée ; donc, pourquoi préciser « entre l'armée et Rome » ?

« Ces oiseaux très précieux étaient transportés par des unités spécialisées dans des cages. » : une lecture inattentive laisserait à penser que les unités spécialisées étaient transportées dans des cages. Ils sont forts ces oiseaux !

Troisième paragraphe : assez maladroitement exprimé avec un usage de la ponctuation contestable. J'ai également des doutes quant aux temps employés (manque de cohérence).

« Contrairement aux ramiers que l'on peut charger de longues lettres, la frêle constitution du passereau ne lui permet de transporter que de tous petits messages, » : Là aussi, les ramiers rament pour cause de longues lettres. On saisit l'idée, mais la manière de le dire prête à sourire. De surcroit, la phrase trop longue nuit au propos.
Boileau : De L'Art poétique (1674)
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément. (Chant I)

« que de tous petits messages » : tout.

« Correctement dressés, les moineaux rejoignent le destinataire d'un message en quelques minutes, grâce à leur flair. » Je ne me permettrai pas de réécrire la phrase, mais, quoi qu'il en soit, la tourner de manière différente eut mieux valu.

« Il suffit à quelqu'un de rouler dans sa main des graines, même quelques secondes, pour qu'elles prennent sa trace pour longtemps. » : une phrase assez obscure quant à sa signification. La suite éclaire certes le propos, néanmoins, c'est assez maladroitement exprimé.

« Au tout début, les moineaux furent utilisés par les monastères, pour porter les messages entre les scribes religieux à propos d'erreurs de typographie. Cette méthode fut tellement efficace pour échanger sur les salles de rédaction des Écrits Saints, que le système a rapidement été adopté par les services de reprographie de l’Église sous le nom de Sanctus Moineau Scriptum, abrégé en « SMS ». » : et voilà comment on gâche une idée par ailleurs excellente avec des phrases dont la lourdeur est inversement proportionnelle à celle des passereaux.

« Cette méthode fut tellement efficace pour échanger sur les salles de rédaction des Écrits Saints, » : ce qui veut dire ?

La suite me semble de meilleur aloi :

« Fillette, ses parents l'avaient envoyée parfaire son éducation dans un couvent aux confins du pays. Elle est revenue en femme épanouie, dix ans plus tard. » : je doute, sauf à fréquenter les moinillons du monastère voisin, qu'une femme ressorte « épanouie » d'un tel lieu. Quant à Ranulfe, tortionnaire patenté, je ne suis pas sûr qu'il fasse preuve de l'épanouissement physiologique et psychologique d'un être humain (correspondant généralement à l'âge adulte) dont il prétend s'auréoler. Mais étant l'instrument d'un succube on peut tout imaginer.

« absorbée par ses pensées intérieures » : le jour où les pensées seront extérieures, plus besoin de police politique.

« Les jolies filles comme toi n'ont pas à donner leurs titres aux jeunes hommes comme moi. » ? Barbon (Vieillard, vieux beau) plus haut.

« et m'en souviendrai encore » : encor (autant rester dans l'esprit du temps).

«  Mon mire m'interdit de toucher les graines » : mire (Substantif abstrait formé de mirer) ?

J'ai survolé le reste à la vitesse d'un passereau.
Globalement, j'ai été gêné par une l'articulation approximative entre les différents paragraphes. De même par la ponctuation et l'usage des temps. Une très bonne idée qui aurait pu faire une très bonne nouvelle.

   GrainBlanc   
16/8/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Nouvelle réjouissante s’il en est ! Drôle d’abord, les anacronismes fonctionnent d’autant mieux que le langage d’époque est crédible, et bien construite par ailleurs.

Au plaisir de vous lire.

Grainblanc

   alvinabec   
22/8/2011
Texte sympathique qui se laisse lire agréablement. Voici qqes points relevés qui pourront, je l'espère, vous aider pour de futurs écrits.
La sémantique: télécommunication, terme apparu en 1904; scénario, 18èmè siècle, métèque, 19 ème, etc...Nous sommes en 1348, le vocabulaire employé ne doit pas être postérieur, à moins qu'il y ait un récitant par exemple.
Attention aux expressions ttes faites, au (tout) début, (bien) en retard, (en) femme (épanouie), une idée (jaillit), grassouilette (en diable), moine (défroqué).
Les novices "les plus en pointe" voulez-vous dire modernes ou est-ce une référence sexuelle drôlatique?
Depuis qu'il a vu...plein santé! Rythme excellent.
Que vient faire un moraliste du 17 ème dans ce texte? Villon ou Ronsard peut-être...
Et pour terminer un compliment, la chute est excellente. A vous lire...

   Meleagre   
26/8/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cette nouvelle est plaisante et divertissante. Mais la meilleure partie est à mon avis le début, plein de promesses, notamment avec l'historique du SMS, plein d'anecdotes et de jeux de mots marrants : la communication sans fil, l'origine des mots "moineau" et "SMS", leur utilisation par les novices, etc.
Dans la suite, on relève d'autre exemples de cet humour fait de décalages ou d'anachronismes savoureux : l'échange de graines comme les échanges de numéros, la parodie de la fable de La Fontaine, l'utilisation discrète du mot "palimpseste" ("Mais au bourg, de palimpseste point."), "L'oiseau, ainsi accusé de réception", et le SMS final.

Malheureusement, je trouve que toute cette partie racontant la tentative de séduction est trop longue, et se répète parfois. C'était possible de raccourcir le texte, en allant à l'essentiel, pour mieux mettre en valeur les passages comiques ou intéressants.
Exemple pour la rencontre entre Ranulfe et Mahaut, de "Depuis qu'il a vu Mahaut au bal de la Saint-Jean" à "Depuis, il n'en dort plus." On commence par raconter la rencontre, puis on raconte l'histoire de Mahaut, puis celle de Ranulfe, et on revient à la rencontre en elle-même. Ce paragraphe ("Lors des festivités du solstice d'été, Ranulfe...") pouvait être intégré au premier ("Depuis qu'il a vu Mahaut au bal de la Saint-Jean"), et cela aurait fait un texte beaucoup plus fluide.
Le dialogue entre Ranulfe et Mahaut, sur les graines, pouvait être raccourci, notamment dans la première partie (sur le titre de messire), qui n'est pas très originale.
De même pour la conversation entre Ranulfe et le barbier, qui pouvait être rapportée au style indirect, du moins en partie.
Les envois de pigeons par Ranulfe sont un peu trop répétitifs à mon goût. Le style y est trop simple, un peu plat parfois, et ne montre pas avec assez de force le crescendo dans la colère de Ranulfe. Là aussi, je pense qu'il faudrait élaguer pour garder l'essentiel.

Bref, une nouvelle qui m'a fait rire dans certains passages, mais ce rire s'est affaibli dans des passages un peu plus maladroits ou trop longs.


EDIT : Une des raisons qui explique, ou du moins qui renforce cette impression de longueur, c'est la présentation. Cette nouvelle est beaucoup trop aérée à mon goût. Déjà, je trouve souvent les paragraphes trop courts ; deux paragraphes peuvent souvent être fondus en un seul.

(Ex : "Du haut de ses dix-huit ans, la séduisante donzelle est bien en retard pour prendre époux, à un âge où les gamines ont déjà enfanté d'une brochette de lardons. Fillette, ses parents l'avaient envoyée parfaire son éducation dans un couvent aux confins du pays. Elle est revenue en femme épanouie, dix ans plus tard.
Ranulfe, quant à lui, revient d'une expédition dans des contrées aussi lointaines que païennes, où il a étripé son comptant d'hérétiques et conquis une véritable renommée de questionneur. Rares sont les prisonniers à se taire lors de ses interrogatoires, plus rares encore ceux qui y survivent. Chargé d'un butin conséquent et lavé par de généreuses indulgences, Ranulfe, lassé d'un veuvage de quelques semaines, a décidé de reprendre femme. Selon son avis, le demi-siècle de son expérience fera de lui l'excellent mari d'une de ces jeunes donzelles avides d'un mariage avec un homme auréolé de maturité.")

Et puis, pourquoi sauter une ou deux lignes entre chaque paragraphe ? Ces sauts de ligne sont réservés, à mon avis, pour souligner une ellipse temporelle, un changement de point de vue. Ici, ils contribuent souvent à ralentir le rythme, à faire perdre le fil du récit, à atténuer la continuité entre les différents paragraphes.

   Palimpseste   
5/9/2011
Merci de vos commentaires.

J'y réponds et donne quelques suppléments au texte là:

http://www.oniris.be/forum/a-propos-de-sanctus-moineau-scriptum-sms-t14344s0.html#forumpost185328

   widjet   
6/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un conte amusant et revisité (avec l’incontournable clin d’œil au Maître des fables), le tout aromatisé à la sauce moderne tout en conservant un vocabulaire volontairement suranné et sympathique.

N’étant pas fondu des contes, j’ai toutefois apprécié l’écriture de qualité et l’espièglerie des traits d’esprit (dont certains m'ont sans doute échappé) qui rendent l’ensemble largement fréquentable.

J'aurai aimé quelque chose de plus subversif, mais bon...

Merci

W

   brabant   
6/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonsoir Palimpseste,

Totalement déjanté ! Mais vous donnez l'impression de ne pas savoir maîtriser cette 'déjanterie'. Or toute bonne 'déjanterie' est une 'déjanterie' soigneusement bridée. Des moments inégaux donc, surtout en ce qui concerne les dialogues.
Dans l'ensemble cela me fait un peu penser à ces acteurs qui rient en scène. Vous riez. Un acteur ne doit pas rire. C'est le public qui rit.

Gardez votre sérieux la prochaine fois, et le lecteur rira d'un bout à l'autre. L'écrivain comme le clown se doivent d'être tristes dans la vie, c'est la condition de leur succès sur la scène ou dans les livres.

J'ai souri, ri, me suis dit "jusqu'où va-t-il aller ?" ; j'ai passé un bon moment tout de même, me demandant quel âge vous aviez...
Par moments celui du barbier/ménestrel, à d'autres celui de Ranulfe.
Or vous deviez ne pas avoir d'âge.

Bon, énormément aimé le début, ne nous méprenons pas.


Ah ! J'ai réussi à déchiffrer le SMS, pas évident à cause du CC2manBT (naïf pour quelqu' 'une' qui a roulé sa bosse, je n'attendais pas ça de sa bouche), mais j'y suis arrivé.


Bonne continuation.
Bravo quand même !

   victhis0   
31/10/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Fan inconditionnel de ce genre de délire, j'ai beaucoup ri à cette lecture. Sourire c'est courant, rire c'est rarissime : donc mes félicitations.
J'aurais bien poussé l'esprit bourrin du prétendant- il aurait torturé le barbier pour comprendre pourquoi il plaît tant, par exemple, eut apporté plus de cruauté stupide au personnage pour mon plus grand plaisir.
C'est truffé de jeux de mots pourris (serrement du jeu de paume, etc.) qui réjouissent les méninges
Un peu lourd sur La Fontaine dont une allusion eut suffit je pense.
Si vous en avez d'autres du genre, je suis preneur !

   Anonyme   
5/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un délire bien sympathique, qui a le mérite de faire rire! Ce parallèle entre la communication du Moyen Âge et celle d'aujourd'hui est bien amené, bien que fantaisiste. Et quelle désillusion au sujet de la jeune femme, à la fin, quand elle lui envoie finalement un message! Elle paraît moins délicate, sur le coup.
Il est sûr qu'il ne risque pas de déchiffrer tout seul, futé comme il est. Sa persévérance et ses prétentions font de lui une caricature intéressante du "preux" chevalier revenant de guerre.
Le style est fluide et très agréable. En un mot: Bravo!


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