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Fantastique/Merveilleux
placebo : Poussières de rêves
 Publié le 04/02/11  -  10 commentaires  -  21254 caractères  -  136 lectures    Autres textes du même auteur

Ceci n'est pas un essai sur l'onirisme et les aspirateurs… Loin du mystérieux verset biblique, certains se souviennent que nous sommes tous des poussières d'étoiles. La vie leur semble alors magique. Et quoi de plus magique que l'enfance ?


Poussières de rêves


- Tu en dis quoi ? Il est parti, tu crois ?


Rémi jette un coup d'œil prudent au salon, sans attendre la réponse de son ami. Au combat, il faut réagir vite, c'est une question de vie ou de mort. Le guerrier serre entre ses mains une arme frêle : une simple fronde. Dans sa besace, des pierres rondes, brillantes comme des diamants. Après tout, l'histoire de David et Goliath doit bien contenir un semblant de vérité. Seule compte la détermination, c'est dans la volonté que tout combat se joue, que tout est joué d'avance. Un jeu, un simple jeu...


Le lapin hoche la tête, le moment est venu de sortir de leur abri ! Rémi rampe, ramasse son camarade de la main gauche et progresse en s'appuyant sur son coude droit. Le plafond est bas et la meilleure sortie se trouve loin, au fond du dédale de coussins. L'enfant se contorsionne et, mu par un réflexe, tend sa jambe. Il touche un des piliers de la construction, celui-ci bascule sur le côté, faisant s'effondrer tout l'édifice. La couette tombe sur les yeux du garçon, l'étouffe un peu, l'aveugle beaucoup. Il continue à pousser avec ses jambes pour sortir de la masse mais rien ne bouge, il ne peut plus sortir.


Lâcher son ami, son arme ; sortir. Enfin l'air libre, grande goulée d'oxygène. Mais quel gâchis, l'ennemi est alerté et Rémi n'a plus sa fronde en main.


- Voyons Rémi, qu'as-tu encore fait ?

- Rien mamie, je jouais avec la couette... Je me suis construit un abri, regarde.

- Mais si tu la salis, ça va donner du travail à ta maman !

- Non, elle m'a dit de l'utiliser comme je voulais, j'en aurai une toute propre tous les jours.

- Ma fille a bien changé pour aimer à ce point faire la lessive, elle qui ne savait pas ce qu'était un panier à linge quand elle était adolescente…

- Tout va bien, Christine ?


Ça y est, revoilà le vilain. Vite, défendre mamie !


L'enfant se précipite sur sa grand-mère, attrape un pan de sa robe et reste collé contre elle. L'homme joufflu lui décoche un sourire, lance quelques gentillesses et part dans ses souvenirs sur les jeux de gamin, mais Rémi reste de marbre. L'étranger insiste, évoque sa vieille carabine à air comprimé, mouline ses bras, sort un bonbon de sa poche.

Peine perdue, il n'y a pas de place pour lui dans les petits yeux bleus cachés derrière le froufrou d'une robe rose. Tant pis, il réessaiera plus tard. D'ailleurs, c'est de Christine dont il est amoureux. Le petit ne l'aime pas, mais on ne peut pas gagner toute une famille à sa cause en quelques mots.


Ils s'en vont tous deux, laissant Rémi seul dans le grand salon blanc. Retourner parmi les restes de sa cabane, faire le bilan du combat... Pourquoi Mamie passe-t-elle autant de temps avec ce monsieur ? Ça se voit, pourtant, qu'il est méchant. Rémi sait toujours distinguer les gentils des méchants ! Mais il ne peut pas avertir mamie, il a trop peur. Étendu dans la masse moelleuse, inhalant des particules de poussière, les mains caressant la surface de la couette, une nouvelle idée progresse dans la tête du garçon : faire une maison de coussins encore plus grande avant le retour de maman.


**


- Bonjour madame, est-ce que Julie est là ?

- Oh, mais voilà Rémi ! On ne te croise jamais, tu restes tout le temps chez toi !


Elle disait vrai en plus, mais aujourd'hui, quelque chose était différent : il fallait quelqu'un pour jouer le rôle de Jasmine sur le tapis volant. Même si Julie était une peste parfaite et ressemblait plus à Rajah le tigre qu'à une princesse... Mais la météo s'annonçait excellente, la couette fournissait un substitut honorable à la carpette et prendre uniquement un lapin comme passager, ça faisait un peu chiche.


- Alors, elle est ici ?

- Tu devrais apprendre à parler un peu plus poliment, fit la dame avec un sourire. Mais oui, Julie se trouve dans sa chambre.


Un silence. Les deux attendent, conscients que l'ouïe de la petite fille est surdéveloppée. D'ailleurs...


- QUOI ? QUI EST LÀ, MAMAN ?


… elle possède également un rugissement impressionnant. C'est vraiment Rajah, songe Rémi en regardant descendre la tête échevelée le long de la rambarde de l'escalier. Encore en robe de chambre, mais ça ne fait rien. Au contraire, comme ça elle est déjà habillée en princesse. Il ne faut pas trop longtemps pour la convaincre de venir jouer. La mère hésite un peu, laisser sa fille se promener dans la rue en peignoir n'est guère dans ses habitudes, puis elle hausse les épaules et retourne à son brushing dominical.


- Alors, tu es Jasmine prisonnière du Lapin Magicien et je dois te sauver avec mon tapis volant, ensuite nous irons nous cacher derrière la maison.

- Idiot, il ne fallait pas dévoiler tout notre plan devant le Lapin ! Tu ne réfléchis jamais ou quoi ? J'ai une idée : tu fais la princesse et moi je joue le rôle d'un chevalier. OK ?

- Heu, t'es sûre, parce que...

- Ça te pose un problème ?

- Non, non...

- Alors crie, hurle au secours pendant que je me prépare !


C'était peut-être pas une si bonne idée de l'inviter, finalement...


Je vais t'offrir un monde

aux mille et une splendeurs

dis-moi princesse

n'as tu jamais laissé ouvrir ton cœur ?


Quelle voix... magnifique. Rémi a une échelle de mesure très efficace des choses qui lui plaisent : le frisson. Il émet un spasme de joie. Julie arrive et soulève deux coins de la couette avec légèreté. Rémi réagit, saisit les deux coins restants et, en quelques secondes, ils s'envolent, sautent le long de la terrasse, courent dans les fourrés.

Le lapin se lance sur leurs traces à bord de sa soucoupe en carotte ! Il gagne du terrain, il va… non, la fronde laser l'a touché, il est tombé dans la marmite ! Sauvés ! Peu importe, ils continuent de progresser par bonds. Toujours plus haut, dans le ciel bleu. La lumière dorée les enveloppe, les nimbe de poussière, eux, la couette, et le lapin. Les deux enfants osent se jeter un coup d'œil. Il y a quelque chose qui brille sous leurs paupières, dans leur iris. Puis une cassure, l'instant magique retombe.

Haletants, ils se réfugient près du garage, à côté de la voiture, dans un peu d'herbe, et s'écroulent, riants.


Julie aperçoit quelque chose, reprend son souffle :


- Dis, c'est quoi ça ?

- De quoi ?

- Là, au-dessus de nous.

- Ah, c'est une caméra. Ça sert à repérer les voleurs, maman en a mis partout dans la maison. Elle a peur de beaucoup de choses, des fois.

- Tu l'aimes bien ta maman ?

- Bien sûr. Elle ne veut pas souvent jouer avec moi et elle travaille beaucoup mais elle est gentille.

- Et ton papa ?

- Papa... je ne m'en souviens plus.


**


La cape bruisse au vent, du son des choses qui sont précieuses.

Elle est légère, adaptée au climat chaud du désert. Rien à l'horizon, des monticules de sable immobiles, des feuilles virevoltant le long du sol. Des feuilles ? Il approche de la forêt, aucun doute là-dessus ! Rémi court et, à peine quelques pas plus loin, les premiers arbres se dressent. Une moiteur l'enveloppe, chaude, hypnotisante. Il lui faut une protection contre les vapeurs maléfiques des marais, vite ! Un serpent rampe sur le sol, prêt à attaquer, Rémi tire une épée de la cape magique, embroche la bête. Le corps de l'animal se convulse, fond et devient lumineux.

L'odeur de la neige... l'ennemi l'a téléporté ! Les premiers ours polaires arrivent, ils puent le poisson et le sang mais sont encore affamés ! Fuir au plus vite, dans le froid. Heureusement, la cape possède une doublure en peau de renne qui permet de résister au blizzard mortel.


Rémi s'élance ; tenant les pans de la couette pour ne pas trébucher, il ose jeter un coup d'œil en arrière mais cet instant de distraction est fatal, il heurte une racine et s'étale le long de la route. Aïe. Les genoux sont écorchés, ça pique, crépite sous la peau, brûle.


Bien. Je suis un enfant, les enfants sont destinés à se faire mal. Les grandes personnes font toujours les mêmes choses. Elles croient qu'on ne le remarque pas… en réalité, elles s'agitent beaucoup pour pas grand-chose. Être enfant, c'est beaucoup plus dur. Il faut tout bien réfléchir et imaginer, et, parfois, au retour à la réalité, on en souffre. C'est normal.


Alors, quand les adultes accourent :


- Oh mon petit, ça va, rien de cassé ?


Il me faut me relever, essuyer un peu la morve des combattants avec le poing serré, rejoindre la maison en boitant et dire : ''Non, ça va, je suis le roi après tout.'' Parce que je porte une cape de souverain, une cape magique qui me protège et fait de tout être vivant mon sujet. Je dois en être digne.


- Eh, Rémi, tu rentres chez toi ?

- Pas tout de suite, je vais rester un peu dans le jardin. Pourquoi, tu veux jouer avec moi ?

- Ok, on y va !

- Aidez-moi, Mlle Julie, des pirates de l'espace me poursuivent, ils veulent s'emparer du trône !


L'après-midi touche à sa fin. L'excitation ressentie par Rémi toute la journée s'amenuise peu à peu, reste seulement un curieux sentiment de fraîcheur dans sa poitrine. C'est toujours magnifique d'observer la rue à ce moment-là.

L'air froid descend du ciel, rappelle qu'on vient tous des étoiles. Les arbres murmurent, les gens rentrent chez eux, allument certaines pièces : cuisine, salon. Quelques tragi-comédies se jouent dans ces décors-là, jamais trop cruelles : le quartier est paisible. Il ne se trouve que des enfants un peu trop intelligents et livrés à eux-mêmes pour perturber le calme.


- Mange.


Elle obéit, mâche, avale. À genoux dans l'herbe. Je suis debout, je suis grand. J'ai la cape, j'ai le pouvoir.


- Lèche.


Sa langue sur mon doigt. Elle passe sur mon ongle, enveloppe le membre. C'est râpeux comme celle des chiens, doux, chaud. La sensation réjouit, mais ce n'est pas tout : elle excite.


Je vais ouvrir tes yeux

Aux délices et aux merveilles

De ce voyage en plein ciel

Au pays du rêve bleu


**


- Qu'est-ce que tu fais ces temps-ci, Rémi ?

- Je joue dehors.

- Ça me ravit, vraiment, que tu t'occupes un peu. Tu t'es fait des amis ?

- Une amie, Marion, elle habite un peu plus loin.

- Et Julie, la petite fille d'en face ?

- On se croise de temps en temps, mais elle n'est pas très intéressante.

- Oh, je vois… Mais tu devrais peut-être rester à l'intérieur de la maison plus souvent, je ne tiens pas à ce que tu te fasses enlever ou je ne sais quoi... Les voisins veillent, mais ils ne sont pas très rapides. Et puis, les malfrats sont des froussards, ils n'oseront jamais pénétrer dans un endroit rempli de…

- Caméras, je sais. D'accord, je resterai ici aujourd'hui.

- Merci mon trésor. Je dois y aller, maman a du travail. Viens me faire un bisou. Voilà... je t'aime, au revoir.

- À ce soir, maman.


Rémi n'a pas vraiment menti. Pas tout à fait. Il va rester dans la maison, il a juste besoin de quelque chose à l'extérieur. La femme de ménage arrive, prête à démarrer la chasse à la poussière. La saluer, discuter un moment, sortir par derrière. Ah non, elle veut faire durer la conversation. Sourire, sourire. Ouf, c'est fini.

Sortir par derrière, longer les arbres du jardin, passer la petite haie du voisin, foncer vers son potager, se repérer, arracher des poignées d'herbe à chat, repasser la haie, longer les arbres, sauter par-dessus la clôture de l'autre voisin, se repérer, tendre l'herbe à chat au minet qui ronronne au soleil.


L'apprivoiser pour enfin l'inciter à se reposer entre ses bras prit une bonne heure à Rémi. Il rentra à la maison en portant délicatement la bestiole. Elle dormait, du sommeil des chats : l'oreille toujours dressée, à l'affût du moindre bruit.


La femme de ménage était partie depuis longtemps.

Rémi s'assit sur sa couette, décidé à y rester un bon moment : il avait besoin d'être seul avec l'animal. Il joua d'abord avec lui, l'excita avec une pelote de laine, puis avec un morceau de ficelle à laquelle pendouillait un bouchon. Le garçon et le félin se frottèrent longtemps l'un à l'autre, en signe d'affection, le jeune humain passant avec précaution sa main dans le pelage du chat.


L'heure du goûter arriva, Rémi avait sauté le déjeuner sans ressentir aucune faim, tiraillé par une sorte de nervosité. Il laissa le chat dans la buanderie, la porte fermée, et courut à la cuisine. Là-bas se trouvait le grand couteau, celui que maman utilisait pour découper le poulet. Le garçon l'amena en faisant très attention, comme s'il portait une chose fragile, jusqu'à la buanderie. En passant, il avait tendu l'oreille : toujours personne.


Ce rêve bleu

C'est un nouveau monde en couleurs

Où personne ne nous dit

C'est interdit

De croire encore au bonheur


Le chat attendait, bien sagement. Un superbe matou, le poil tacheté, soyeux, très jeune sans doute. Une tête triangulaire à souhait, un miaulement à faire tressaillir de compassion. Et en le regardant de plus près, une impression étrange… Comme si un autre félin existait en lui. Cette fourrure, ne ressemblait-elle pas à celle d'un lynx ? La bête s'étira. Tendit les pattes en avant, sortit les griffes. Si semblables à celles des tigres…

Rémi sourit, s'approcha de l'animal et le caressa. Il essaya de lui attacher les pattes. L'opération fut compliquée pas les décharges d'électricité statique lancée par l'animal, une vraie pile alcaline. Sa mère travaillait dans un laboratoire, elle avait appris à Rémi les mots précis à utiliser, et pour les piles, c'était pile alcaline. D'ailleurs, ce serait un joli nom pour un chat.

Alcalin...


Il n'arrivait pas à l'attacher, décidément ! Pas besoin en fait, et puis ce serait cruel.

Dernière caresse, couverture sur la tête. Miaulement. Levée du couteau. Miaulement. Hésitation. Puis plongée du couteau. MIAULEMENT, MIAULEMENT ! Rémi abat l'arme, encore, encore, avec des gestes mécaniques, sans émettre autre chose que des bulles de salive aux commissures des lèvres. La cage thoracique résiste, cède. La couette comme le couteau se teintent de rouge, les soubresauts s'estompent. C'est fini. Rémi s'allonge sur le sol, vidé. Au plafond, la caméra tourne.


**



Dans le laboratoire dévasté, une main agrippa la lettre… en était-ce une ?


22 mai.

Sans doute les dernières heures de ma vie.


Une journée sans histoire, presque normale. Même si la normalité est un concept qui ne me parle guère… La faute à qui ? Un sang étrange bouillonne dans mes veines, je fais partie d'une race de conquérants… Nous savons et pressentons les choses, peu importe si la masse ne nous comprend pas aujourd'hui.


C'est peut-être également l'urgence qui m'anime, la crainte du vent qui finira par balayer les pauvres poussières que nous sommes.


Mon cœur bat. Fort. Parler d'un tambour convient si on ferme les yeux et visualise ce tambour : le bâton qui tombe sur la peau beige. Les ficelles attachant cette peau au fût en forme de sablier. Le noir de la nuit, tout autour. Un feu lointain à gauche, diffusant un léger reflet jaune sur l'instrument. Quand le bâton s'abaisse, une main noire apparaît. La peau se tend, le son sourd déchire l'air, mugit comme le tonnerre. Bom. Bom. Bobom.

C'est la marche des condamnés. Et la poussière autour de nous se lève à l'appel, espère, puis retombe. Bom. Elle attend la prochaine vibration.


Et moi, moi, je sais que le bâton me regarde. Ce bout de bois représente bien plus qu'un banal instrument de musicien, de même que le fouet des contremaîtres, le knout des tsars voire l'épée des chevaliers ne se réduisent pas à de simples outils, distincts de ces personnes… Comment pourrait-il en être ainsi ? Au moment de frapper, on est l'arme, qu'on veuille frapper ou non, on frappe ; les yeux fermés, ouverts, on frappe.

Pendant un bref instant, entre le regard du père, la ceinture à la main, et celui du fils, étendu sur le dos, un bras levé pour se protéger, quelque chose comme l'amour, la peur, les regrets, la honte peut passer. Une chose bien au-dessus de ce que peut envisager l'être humain en tout cas. Une vérité inaccessible…

Mais dès que le bras s'abaisse, le père devient la ceinture et l'enfant la peau, tous deux destinés à se rencontrer, à laisser leurs marques l'un sur l'autre.



Le papier trembla un peu.


Il faut se rendre à l'évidence : l'homme est fait pour souffrir. Souffrance physique, mentale… L'équation devient limpide, si tu ne veux plus souffrir, devance autrui. Arrête de subir, agis. Finir par s'interposer et protéger son fils est une chose, c'en est une autre de tuer son mari.


On lutte avec ce que l'on est, avec ce que l'on a. Je suis scientifique, j'avais le produit de mes découvertes.

Des micro-organismes retrouvés au cœur d'une météorite tombée dans le jardin, qui s'agglomèrent pour ressembler à des grains de poussière. Au contact du derme d'êtres vivants, ils libèrent leurs molécules inconnues, celles-ci semblant agir sur le cerveau et, par le biais de réactions complexes, modifier le comportement. Mes tests sur les rats l'ont prouvé.


Un jour où il a fait jaillir le sang pendant mon absence, ma tête a bourdonné. Le ''une fois de plus'' est devenu ''une fois de trop''. Agir… Prétextant un massage, mes mains protégées, je l'ai enduit le soir même d'une préparation à base de ces êtres vivants fortement concentrée. Il a tremblé un peu, les muscles de son dos se sont relâchés, puis il s'est endormi. À côté de lui, entre les draps froissés, je redevenais une de ces enfants qui voient les ombres s'allonger et prendre la forme de monstres durant la nuit.

La poignée ronde de la porte luisait d'un éclat de lune irréel, je m'attendais à chaque instant à la voir se tourner. La respiration forte de mon mari, à la limite des ronflements, ne faisait qu'augmenter mon angoisse : il ne se réveillerait pas pour me défendre... J'avais joué avec des forces qui me dépassaient, j'allais affronter seule mon destin.


Finalement, il ne s'est rien passé cette nuit-là. Du moins, j'ai réussi à m'endormir et aucun son, aucune main velue n'a troublé mon sommeil. À mon réveil, j'étais veuve, et le cadavre à côté de moi exprimait une joie indicible. J'avais envisagé cette mort sans trop y croire, me questionnant sur mes motivations, mais elle était advenue. En revanche, pourquoi ce sourire mystérieux et paisible sur les traits de ce bourreau d'enfant ?


J'aurais voulu poursuivre mes recherches plus loin mais le temps me manquait. Je décidai de réaliser les tests sur ma personne à une dose bien plus faible – ce qui ne tue pas nous renforce, c'est bien connu. Les essais s'avérèrent concluants.



Le papier trembla à nouveau, comme à retardement.


Il y avait urgence en effet. En quelques semaines, Rémi avait oublié les sévices de son père. En quelques mois, son père lui-même. Il a également abandonné toute une partie de sa personnalité, est devenu un enfant terne, gauche, timide à l'extrême, timoré. De plus, je l'ai compris bien après, un appel résonnait en lui. Celui du tambour, celui du sang.

Il fallait le libérer de ses pulsions pour qu'il puisse reprendre une vie normale. J'ai poursuivi mes recherches, trouvé les bons dosages, le meilleur moyen d'action. Ce fut la couette. Le reste a été simple. Construire une partie de mon laboratoire à la maison, faire croire à Rémi que je travaillais à l'extérieur.



Crispation.


Installer des caméras dans la maison et le quartier pour mieux surveiller ses faits et gestes.

J'ai tout vu. Il avait l'air d'aller mieux... et tout se déroulait comme je l'avais prévu.



Coup d'œil furtif au plafond où la caméra, évidemment, tournait.


J'ai observé les couettes après que Rémi les ait utilisées : les poussières avaient disparu.

Parties, intégrées dans son corps, libérant toute la noirceur de son être. Et chaque fois que je préparais cette substance, je sentais l'angoisse tirailler mon cœur. Mais je continuais. Il a utilisé la couette d'aujourd'hui comme une cape invisible pour violer Julie, je l'ai vu. Mon travail est terminé. Il a extériorisé ses pulsions une bonne fois pour toutes, il va trouver son équilibre. Désormais, enfin, il peut vivre normalement.



Une larme sur le papier.


Mais vivre sans ma présence… Ma tâche est accomplie, il me faut rejoindre ce lieu que je me représente à grand'peine. Là-bas, je découvrirai tous les secrets du monde… j'accomplirai ma destinée. La quantité de poussière restante est faible et son pouvoir s'amenuise avec le temps, il était urgent que je me l'inocule. Je pense que tout ira bien, j'ai confiance. Le sourire accroché à la bouche de son père n'était pas anodin… percer la vérité m'apportera aussi la paix.


Rémi, je sais qu'en jouant au détective, tu as trouvé les couettes, tu es venu jusqu'ici, dans mon laboratoire. Maman est fière de toi. J'avais juste besoin de m'isoler, pardonne-moi mon trésor. Quand tu auras trouvé cette lettre, je ne pourrai plus te serrer entre mes bras, mais n'oublie jamais que maman t'aime.

Je t'aime.

Adieu.




Les vers en italiques sont tirés du ''rêve bleu'', dans Aladdin (WaltDisney Pictures).

Paroles originales : ''A whole new world'', de Tim Rice.

Vidéo à voir en français, en anglais ou en japonais, peu importe… :D


 
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   Mistinguette   
13/1/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Une écriture agréable pour un récit vraiment étrange. Tellement étrange que je n’ai absolument rien compris.

Peut-être faut-il être adepte du genre « Fantastique/Merveilleux » pour saisir toutes les subtilités de cette histoire ?
Je ne sais pas, mais, en ce qui me concerne, cette lecture me laisse avec une foule de questions et aucune réponse. J’ai relu la dernière partie ainsi que certains passages ; je ne suis pas plus avancée. J’en suis vraiment désolée car j’aurais bien voulu comprendre le message de l’auteur. D’autant que, je le répète, j’aime bien l’écriture.

Malgré tout, j’ai la sensation qu’avec un ou deux éclaircissements supplémentaires tout deviendrait limpide. J’espère les avoir un jour…

En attendant je souhaite une bonne continuation à l’auteur et lui présente mes meilleurs vœux pour 2011.

   Anonyme   
18/1/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai eu ce texte un peu avant tout le monde et je dois dire que le travail est remarquable.

Certes il subsiste des petites imperfections: le meurtre du chat est un peu trop édulcoré comme si l'auteur avait hésité à montrer la folie et la cruauté intérieure de l'enfant.


Entre crispation et une larme sur le papier, c'est un peu brouillon, comme si le texte cherchait un scond souffle qu'il peinait à trouver.

Mais l'ensemble est bon et agréable.

Un texte^plaisant.

   Selenim   
24/1/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Etrange histoire...

J'ai dénombré 3 parties distinctes : les jeux de Rémi, le zigouillage du matou et la lettre de la maman.

Dans le premier tiers, c'est plutôt sympathique. On suit avec plaisir les envolés imaginatives du petit Rémi. Ses jeux, ses points de vue, cette façon qu'ont les enfants de transformer leur entourage pour nourrir leurs jeux.
Cette partie est plutôt bien écrite, simplement, sans chercher des effets qui, de toute façon, ne colleraient pas avec Rémi. Par contre, j'ai eu du mal avec les dialogues, mal situés. Je ne savais pas qui parlait. Ce n'est qu'après avoir lu la scène, après avoir identifié les protagonistes, que j'ai pu reconstituer le puzzle verbal.

Sur la partie dîtes du zigouillage félin, on change de registre et c'est assez bien amené. Comme dans la première partie, j'ai trouvé étrange le changement de mode de narration, tantôt à la première personne dans la troisième. Ce n'est pas un problème de compréhension mais plutôt d'intérêt.

Dernière partie, le trip Xfilien ou syndrome Mulder. Là j'avoue, j'ai pas aimé du tout. La météorite tombée dans le jardin avec des bèbètes à l'intérieur... noooooooooooon.

Jusqu'à ce moment, le récit est évasif, laisse planer des doutes, arrive à rester implicite sans larguer le lecteur. Et baf, voilà la maman-chercheuse-découvreuse qui nous fait le coup de la météorite. Pas glop.

Non seulement je trouve l'idée en plein contre sens avec le reste de l'histoire mais en plus elle assène des faits au lieu de rester évasive. Ça me donne l'impression d'une nouvelle en kit où la dernière pièce proviendrait d'une autre boite. Un peu comme si on greffait à Aladdin la fin de La petite Sirène.

Aladdin qui se marie avec le prince Eric !? Un fin en queue de poisson non ?

   Anonyme   
3/3/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
En ce qui concerne la forme, rien à redire. L'écriture est de qualité.

Pour le fond, j'ai été entrainé par les jeux innocents du petit garçon jusqu'à l'acte atroce de cruauté. L'intérêt pour l'histoire s'est envolé dans un tourbillon. Je me suis astreinte à en terminer la lecture, sans plaisir aucun.

La violence explicite me révulse, ce texte aurait plus sa place en thriller.

"J'ai tout de même apprécié la première partie du récit".

   victhis0   
4/2/2011
 a aimé ce texte 
Pas
Que c'est embrouillé, que c'est brouillon...Pas aimé du tout ce truc mal fichu, déséquilibré, mal relu...
Moi j'aime bien quand les auteurs s'appliquent un peu pour finalement respecter le temps de lecture des volontaires ; j'ai un peu l'impression ici qu'on à affaire à peu de négligence. Du coup forcément j'ai un peu l'impression de m'être fait avoir. Ce qui est frustrant car il y a là matière à faire un bon texte et que le style de l'auteur est plutôt de qualité.

   Calissonne   
5/2/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
J’ai passé tout le début du texte à me demander où il voulait en venir, tout en trouvant la construction narrative confuse et à vrai dire un peu ennuyante. Je ne suis pas entrée dans ces jeux d’enfant. Mais j'ai aimé certains passages, celui avec Julie par exemple, une manière originale de la décrire.
La fin aurait pu sauver cela, on voit venir le meurtre du chat mais ça a réveillé mon intérêt, notamment par une cruauté enfantine bien vue. Ainsi que le passage sur la mort du mari, mais que c’est dommage d’avoir été inventer cette histoire de particules.
C’était une bonne occasion de dresser des portraits psychologiques fouillés, pas besoin d’une intervention de météorite pour justifier que des sévices peuvent rendre fou ou déséquilibrer un petit garçon, peuvent conduire une femme à tuer son mari.
Pourtant il y a un je ne sais quoi dans ce texte qui rend la lecture pas désagréable, une certaine finesse, une touche de poésie, quelques pincées d’émotion.
En résumé il y a du bon mais gâché par certains choix.

   Margone_Muse   
6/2/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Bon, tu ne vas pas apprendre grand chose de ce que je vais te dire ici, si ce n'est que ce sera mieux formulé qu'en 3 lignes sur le chat :)

L'écriture est fluide, agréable. J'aime beaucoup les verbes à l'infinitif, j'ai l'impression qu'ils rapprochent le lecteur du petit Rémi.
"Retourner parmi les restes de sa cabane, faire le bilan du combat..."
"La saluer, discuter un moment, sortir par derrière. Ah non, elle veut faire durer la conversation. Sourire, sourire. Ouf, c'est fini."
etc.

Toute la première partie est complètement bluffante. C'est dingue comme tu es arrivé à re-créer l'univers des enfants. Déjà au début, la préparation au combat sous la couette est une excellente accroche. Mon passage préféré, c'est celui-ci (je le mets en entier tellement je l'adore ^^) :

"Des feuilles ? Il approche de la forêt, aucun doute là-dessus ! Rémi court et, à peine quelques pas plus loin, les premiers arbres se dressent. Une moiteur l'enveloppe, chaude, hypnotisante. Il lui faut une protection contre les vapeurs maléfiques des marais, vite ! Un serpent rampe sur le sol, prêt à attaquer, Rémi tire une épée de la cape magique, embroche la bête. Le corps de l'animal se convulse, fond et devient lumineux. L'odeur de la neige... l'ennemi l'a téléporté ! Les premiers ours polaires arrivent, ils puent le poisson et le sang mais sont encore affamés ! Fuir au plus vite, dans le froid. Heureusement, la cape possède une doublure en peau de renne qui permet de résister au blizzard mortel."

Bluffant, c'est le mot, j'en trouve pas d'autres. Tu ajoutes des choses, les unes après les autres, de façon très rapide. Des choses qui sortent de je ne sais où, comme un enfant.

Ta première partie est vraiment très réussie.

Pour le coup de la petite Julie, je n'avais pas du faire trop attention la première fois mais le "mange, lèche" vient en effet juste après le jeu des pirates de l'espace donc ils sont "forcément" ensemble, c'est vrai.
Mais quand même... Vu son caractère et comment elle est décrite, on n'imagine pas qu'elle se "laisse violer" si "facilement". (Je dis ça avec 36 pincettes, on ne sait jamais...)
Et donc, quand il parle de Marion, même si je sais aujourd'hui qu'elle est une de ses inventions, c'est pas super flagrant. Et "j'ai toujours envie de penser" que c'est la Marion qui passe un sale moment sous la couette.

L'idée de ce mensonge est bien, mais je l'aurais aimé plus explicite.

Bon alors ensuite, le chat.
...
Qu'est-ce que je peux dire ? lol C'est moche, c'est affreux. Mais c'est bien écrit à nouveau. Les miaulements, écrits en minuscules puis en majuscules... Ceci aussi "La cage thoracique résiste, cède." (terrible à imaginer)...
J'ai aussi vachement aimé comment est amené l'attaque, puisque tu ne dis nulle part ses intention, on les comprend juste (on commence à bien deviner en tout cas) quand il se saisit du couteau à la cuisine. J'adore, et puis ça entretient le suspens ^^
Je me disais "noooon, il va quand même pas faire ça à ce petit chat ?" :) (sans savoir si le "il" faisait référence à Rémi ou placebo dans ma tête ^^).

Pour ce qui est de la troisième partie, comme je sais ce qu'il en est, ça va, mais c'était un poil confus à ma première lecture. Une confusion qui s'éloignait vite cela dit, on comprend assez vite que c'est la mère qui écrit une lettre.

J'aime bien l'idée de ton passage sur les armes et les porteurs d'arme, avec cette phrase ci après : "le père devient la ceinture et l'enfant la peau".

Je pense aussi avoir retrouvé la passage tu sais qui m'avait fait ressentir un truc du genre "il faut que ça saigne. N'importe où, n'importe qui, même soi, mais il faut que ça saigne" (c'est l'idée, même si je ne sais plus très bien comme je t'avais formulé ça sur le coup). C'est celui-ci :
"De plus, je l'ai compris bien après, un appel résonnait en lui. Celui du tambour, celui du sang. Il fallait le libérer de ses pulsions pour qu'il puisse reprendre une vie normale."
Mais... La toute première fois, ça m'avait semblé être long et là, ça se résume en deux phrases. Et je l'ai moins ressenti. Ca m'a fait moins d'effet qu'à ma première lecture, dommage.

Dans le thème de l'univers des enfants, tu t'en tires aussi très bien dans le passage où la mère est dans le noir à côté de son mari (qui dort encore à ce moment là), et qui se sent redevenir petite fille et avoir peur... de rien en fait, peur de son imagination peut être.
Encore un passage de qualité je trouve.

Sur le fond.
J'aime bien cette idée de poussière, qui déculpabilise un peu de personnage de Rémi : c'est pas lui, c'est la poussière.
Après, la violence ne se dirige pas toujours contre qui il faudrait et ça devient un cercle vicieux : t'as pensé à Julie hein ? :) Il faudra qu'elle évacue aussi.
Le truc ici, c'est que la mère est assez égoïste dans son action avec la poussière. (C'est peut être la mère de base et son instinct de protection aussi, c'est bien possible.) C'est tout pour son fils et les conséquences, elle ne s'en occupe pas. Peut être que tu aurais pu faire naitre une pointe de regret quand elle évoque le viol de Julie dans sa lettre.

Mais globalement, la seconde partie ne m'a pas choquée, et puis ton texte est classé dans fantastique/merveilleux donc bon.
Le seul petit reproche serait en effet une légère confusion à la première lecture, même si paradoxalement, c'est cette première lecture que j'ai préféré.

Un texte original (encore une fois) qui m'a plu.
Continue comme ça :)
mumuse

   monlokiana   
11/8/2011
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Dé-cep-tion ! Ah déception ! Je me dois d’être sincère comme dans la plupart de mes commentaires…

Première partie de mon commentaire : première partie du texte :
C’est d’une fluidité extrême. L’histoire se laisse lire, c’est léger. On sent bien les personnages. Oh que j’ai adoré ce petit Rémi et cette petite Julie. Les lire jouer ensemble. C’était une belle et bonne sensation. Avec un début pareil, on ne peut s’arrêter. Il faut continuer, les mots emportent la lectrice que je suis.
Des causes qui ne m’ont pas plu :

« Elle possède également un rugissement impressionnant » le verbe « posséder » me semble mal choisie

« L’excitation ressentie par Rémi » « l’excitation de Rémi. »

« le jeune humain » lourd je trouve. Le chat et le petit garçon sont seuls. Je pense que c’est une précision inutile. On sait déjà qui est humain et qui ne l’est pas.

Sur le fond de la première partie, je ne vois pas trop pourquoi Rémi dit que Julie n’était pas intéressante. Ils se sont pourtant bien amusés.

Ma partie préférée de cette première partie : (hé oui, j’ai l’âme romantique)

« Je vais t’offrir un monde
Aux mille et une splendeurs
Dis-moi princesse
N’as-tu jamais laissé ouvrir ton cœur. »

Deuxième partie de mon commentaire : deuxième partie du texte (commençant à « dans le laboratoire dévasté. »

C’est à ne plus rien y comprendre. Tu n’étais pas au mieux de ta forme quand tu as écrit ça, n’est-ce pas Place. D’accord, je comprends.

Dans cette deuxième, tout change : l’écriture, le style le rythme, tout.
On se perd même. Un instant, on parlait d’un petit garçon avec son chat et sa voisine Julie, un instant, ça tourne complètement.
Je n’ai pas trop compris ce changement de situation et je n’ai pas trop aimé. Ça m’a ennuyée ces termes scientifiques. J’ai failli arrêter ma lecture. (Mais tu es trop sympa avec moi, je ne te ferais pas ça :-)
Donc, Place, je n’ai pas aimé la fin de ton histoire que j’ai trouvée décevante. J’aime bien que les histoires qui m’ont accroché par leur début me laisse une impression de « oh je n’oublierai jamais ce texte. »

Sur le tout, pas trop bien compris ces strophes en italiques (qui viennent souvent perturber la lecture)
Donc, bref, je pleure de déception (Après avoir tellement a-do-ré Saveur Citron :-(

   Bidis   
12/8/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Je suis frustrée parce que je comprends que cette histoire est lumineuse dans l'esprit de l'auteur alors que je nage, moi, dans une incompréhension un tantinet irritante.
Or il y a quelque chose de palpitant et/ou de troublant dans ce texte, et donc du plaisir à en tirer.
Un petit goût de mystère, une certaine participation à la construction de l'intrigue, de légers doutes de-ci delà, ce n'est pas du tout déplaisant. Mais il faut garder quelques fils quand même. Ici, j'ai l'impression qu'ils s'entremêlent jusqu'à ne plus pouvoir en tirer un seul...
Dans cette famille de cinglés, je demande un personnage bêtement normal, siouplaît, et qui ne fasse pas seulement de la figuration...
Mais je ne me suis pas du tout ennuyée à cette lecture, et ça c’est appréciable

   placebo   
12/8/2011
Oups, ça fait un moment que le forum est ouvert mais que j'ai pas donné le lien ><


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