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Pyrodelis : Snapshots souterrains
 Publié le 03/06/09  -  10 commentaires  -  4624 caractères  -  79 lectures    Autres textes du même auteur

Chroniques existentielles et autres vides intersubjectifs motorisés.


Snapshots souterrains


Eugénisme fraternel.



Dans le métro, dès l'aube vous me reconnaîtrez, vibrionner de barre en barre tel un funambule aveugle, m'appuyant et m'agrippant la poignée ferme, tentant nonchalamment de conserver un équilibre simiesque, bien que plongé dans quelque livre de poche annoté laborieusement, la main tremblante.


M'excommuniant dans la lecture pour échapper aux foules, ignorant les mélanges des aftershaves, parfums cheaps et autres semelles crasseuses je ne puis cependant faire face au trop-plein de stimuli survenant le temps d'un arrêt forcé, m'extirpant malgré moi d'un autisme littéraire.


Ici, un garçonnet turbulent et typé ne cesse de brailler, cheveux gras, empâtement méditerranéen, la quête d'attention paraît démesurée. Pourtant je perçois son drame. À distance, le soupir d'une mère, enlaçant le frère du même âge. Ce dernier détonne par son flegme cristallin et une timidité séant à la délicatesse de ses traits.


Le drame survient. Telle vieille dame s'exclame : « Quels beaux yeux bleus ! » L'histrion dévasté suspend son tintamarre et rumine son infortune : « Pourquoi je n'ai pas des yeux bleus, je veux des yeux bleus... ».


Silence. Fossé ophtalmique ; tragédie génétique.


***


Capitulation prématurée.



Métro-Montgomery un jeudi matin. Au centre de la fourmilière mobile, tranchant avec l'allure dévastée des cols-blancs cernés, se dévoilent rapidement les contours d'un essaim d'enfants ; poussinière aux pépiements systématiques, à la dissipation intraitable.

Au milieu de cette blonde crépitation, un seul être détonne ; bambin excavé et taciturne, au sourire absent, silencieux, ayant visiblement désappris le jeu.


D'ordinaire forcé à endurer les cadrans scolaires, les décomptes parentaux – l'horloge au quotidien – il s'ennuie ou s'impatiente. Ici il renonce, décide précocement de ne plus lutter.


Séraphin déchu, il souffre le présent – démissionne de l'enfance.


***


Un dimanche parmi les hommes.



En ce faux-dimanche, je décide d'opter pour le mélange grégaire.


Shooté au café, je slalome d'un pas véloce tel un fantôme pressé parmi les gens. Est-ce l'effet sous-estimé des surdoses de caféine ? Je ne puis, quoi qu'il en soit, me défaire d'un regard méta, scrutant le contraste des publics et des foules.


En ce dernier dimanche avant Noël il est en effet permis de consommer. Aussi, les abeilles consuméristes miraculeusement nanties d'un pouvoir d'achat qui leur faisait jusqu'alors si cruellement défaut, butinent à l'unisson dans une farandole stakhanoviste, magasin après magasin, pistil après pistil, dopées par cette permission inopinée.


On me reconnaît... Tel disquaire-bagnat, témoin de mes premiers émois musicaux deux décennies plus tôt m'identifie. Jadis habitué à palper disque après disque, s'accordant le temps d'initier les profanes aux opus de qualité, le voici ravagé par les années, victime de la délocalisation des contenus sonores vers l'immatériel luttant désormais à armes inégales avec les « Digitals Natives » en quête de prêt-à-jeter.


Je décide de rentrer.


***


Vérité consanguine.



De nouveau incognito j'observe sur le quai opposé le ballet d'une famille cimentée, cocon clos en mouvance, farandole des enfants autour de parents absorbés dans un long baiser chaste. « Jingle Bells », « Silent Night » ; la bande-son du métro, aux classiques aseptisés, rythme cette chorégraphie consanguine.


L'image d'Épinal qui nous est proposée s'altère lorsque le garçon, rompant l'autarcie enchanteresse, délaisse ses sœurs le temps d'un instant pour m'observer, annotant mes pages et pour méditer avec moi.


Aurait-il happé mon regard ? Y aurait-il lu, décontenancé, mes pensées ressassant l'adage : « Vouloir des enfants c'est vouloir se venger de son passé. » ?


Aurait-il ensuite, également perçu ce baiser, comme celui de deux êtres se félicitant d'avoir échappé au désespoir d'une médiocrité solipsiste ; deux êtres rassurés par tout le dispositif tradi-consumériste visuel et sonore les ceinturant pendant leurs courses de Noël ; deux êtres qui s'enlacent, désormais apaisés ; heureux metteurs en scène d'une prophylaxie existentielle.


S'est-il tout à coup découvert comme le réceptacle d'espérances de géniteurs désinhibés lui ayant passé le témoin après avoir renoncé à se créer eux-mêmes et ayant mis au monde un par un les protagonistes de ce ballet générationnel comme ultime remède au désespoir ?


Voilà qu'ils s'engouffrent, à nouveau fusionnés, dans le métro, laissant le quai vide comme une feuille blanche.


 
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   solidane   
3/6/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Pas sublimé ; un vocabulaire, des formules, trop ampoulés à mon goût. Choix délibéré, mais quel intention ? Les situations bien existencielles sont occultées par la forme.

   Anonyme   
4/6/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bon de mémoire, je l'ai lu hier mais même si le style semble ampoulé (mais qui ne me dérange aucunement ici) je trouve qu'il y a un œil assez Houellebecquien (auteur que j'aime beaucoup) et une façon intéressante de voir le monde souterrain à ses heures perdues.

   Selenim   
4/6/2009
L'écriture est trop hermétique pour mes petits yeux humides. Je n'ai pu y glisser même une larme.
Il a des textes comme ça qui se refuse à mon commentaire flamboyant, à mes coups roux (pas terrible je sais).

Selelargué.

   LeopoldPartisan   
5/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Voici un regard bien désabusé, désemparé sur un monde qui bascule pendant que notre auteur plutôt funambule l'ausculte. J'apprécie assez, la pratiquant aussi parfois, cette démarche résolument contemplative d'une forme de néant qui nous guette, nous anesthésie. J'apprécie ce regard neutre qui décrit sans passion ni équivoque le cauchemar climatisé des courses effrénées de nos semblables pour de pareilles vétilles. Il n'y a heureusement aucune complaisance dans le propos, juste un peu d'amour pour l'enfance non encore formatée.
C'est souvent gris mais aussi blanc et assez zen.
attention pourtant de ne pas sombrer dans l'anti-téléchargement et la reproduction interdite. Mais la peut être, en fait non, je ne me suis pas venger de mon passé en les engendrant. belle réfraction.

   cris   
7/6/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Je pense interressant le coté distancié de l'ensemble du texte. Il me semble assiter à un constat plus qu'à une histoire. Une forme d'écriture qui rend les faits presque effrayants par le côté inventaire des situations.

   saintesprit   
7/6/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Tres obscure les intentions, le dicours, peut-etre dû a un ton tres distant et un vocabulaire un peu ampoulé, le tout reste hermetique pour un lecteur de base comme moi.

ex: "L'histrion dévasté suspend son tintamarre et rumine son infortune" euhhhhhh tarabiscoté je trouve.

   NICOLE   
18/6/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je trouve plutôt moyen l'excés de préciosité et le parti pris pessimiste systématique. Petite précision personnelle : non, je n'ai pas eu mes enfants pour me venger de mon enfance, et on est nombreux dans ce cas là.
Par contre, il y a parfois de jolies images : "ayant visiblement désappris le jeu", ou encore "Séraphin déçu, il souffre le présent, démissionne de l'enfance"....qui valent bien un petit +

   florilange   
25/7/2009
Mots utilisés d'1 drôle de façon, phrases qui me paraissent biscornues. Je ne suis sûrement pas dans le coup.

En revanche, il y a 1 rythme dans ce texte & c'est d'autant + surprenant que tout ce qui est décrit est désolant, déprimant. Du rap?

Désolée, je n'ai pas accroché, sans doute 1 autre fois?
Florilange.

   jaimme   
17/8/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
D'une façon générale je déteste le style ampoulé. Et ma lecture commençait donc avec cet a priori. Et puis...
Et puis je me suis laissé prendre par l'épaule. Les mots sont très recherchés, très bien trouvés et font mouche.
Conseil aux futurs lecteurs: soyez d'humeur maussade et trouvez-y écho ou de fort bonne humeur, aimez les mots et oubliez. Moi ce sont les défauts que j'ai oubliés.
L'ensemble est très travaillé, poétique, d'une très belle qualité.
J'étais en résonance. Donc merci pour cette lecture.

   Anonyme   
30/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voilà que je me suis engouffré et j'ai vraiment fusionné avec ce texte qui témoigne d'un excellent sens de l'observation.

Et puis, un style qui ne laisse pas la feuille de notre cerveau blanche.


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