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Fantastique/Merveilleux
relevante : Rêve de conscience
 Publié le 24/08/09  -  7 commentaires  -  5071 caractères  -  63 lectures    Autres textes du même auteur

Être, un rêve
Devenir, une aventure.


Rêve de conscience


Rien n'y faisait, j'étais incapable de trouver le sommeil au milieu de toutes ces personnes que je ne connaissais pas. Quelques visages me semblaient pourtant familiers. Nous étions là, au milieu de nulle part, censés dormir en ignorant toutefois la raison qui nous y avait amenés. L'endroit sonnait aussi faux que l'arrière-plan d'un mauvais rêve dont on aspire à échapper en entraînant les draps avec soi…

Insomniaque, je me mis à observer l'étrangeté des lieux, je cherchais inconsciemment le détail rassurant.

L'étendue de sable vert paraissait interminable et s'éclaircissait à l'horizon, à la lumière blanche de ce que l'on aurait pu qualifier de gigantesque phare. En d'autres circonstances, j'aurais pris les pinceaux, je pense bien et la plume aussi, sans aucun doute… afin d'immortaliser l'incroyable. Les autres, je me mis à les dénombrer, semblaient dormir profondément, ils étaient 27. D'où venaient-ils ? Ils offraient le spectacle d'un alignement parfait, un peu comme si on les avait plantés volontairement dans l’ordre des choses irréelles. Leur tronc émergeait du sol, le bas du corps était enfoui pour ne pas dire enraciné, les paumes des mains, quant à elles, étaient posées de chaque côté de la tête appuyée sur une joue.

Drôle de paysage…

J'eus le réflexe de vérifier mon entité… a priori correcte et conforme à l'idée que j'en avais gardée…

J'aurais pu n'être qu'un cerveau cultivé au même titre que tous ceux que je supposais devant moi, eh bien non, j'avais encore la faculté de sauter et rien ne me maintenait sur cette terre sauf une lourde pesanteur…


Soudain, le bruit sourd d'une détonation m'extirpa de mes pensées. Un canon devait s'évertuer à modifier la trajectoire de l'orage afin de protéger les récoltes…

Le halo créé par les jeux des esprits, à l'ombre de toute inquiétude, renforçait mon sentiment d'être en proie à des hallucinations : des pousses d'apparence humaine, non décidément, je voulais en avoir le cœur net…

J'aurais pu hurler afin de provoquer des réactions parmi le peuple naissant du sommeil mais, effrayée par une éventuelle bavure, je m'approchai du visage m'inspirant confiance, celui d'une femme ou du moins qui en avait les traits. Je m'allongeai afin de me trouver au niveau de sa bouche… elle respirait paisiblement… Je lui touchai l’épaule :


- Madame, madame, réveillez-vous ! réveillez-vous madame !


Elle poussa un profond soupir… suivi d'un gémissement puis elle ouvrit les yeux tout doucement. Elle posa le regard sur moi avant de le tourner vers ses semblables puis revint vers moi. En appui sur les mains, le buste dressé, elle réussit avec habileté à sortir des sables qui la retenaient. Elle s'étira, bailla, se gratta la tête et fit ce geste inattendu et amical, elle m'enveloppa une main dans les siennes.


Elle s'appelait Chelzire et en définitive, elle n'était pas le fruit d'une graine végétalement humaine mais semblait juste attachée à ses racines. Elle marcha en direction des 26 autres qui s'éveillèrent au fur et à mesure de sa progression et se dégagèrent de leur trou. Cette image étonnante me ramena à une autre réalité inversée, celle des autruches... Je ne me sentais pas menacée. De toute manière, je n'avais pas vraiment le choix, au moins je n'étais pas seule.

Le paysage lunaire leur appartenait... le phare aussi, la seule source de lumière. Les derniers survivants après l’apocalypse ? J'avais entendu parler des petits hommes verts mais cette fois, c'était différent, il ne s'agissait que de cette substance granuleuse verdâtre qui couvrait l'immensité dans laquelle ils s'enfouissaient pour je ne sais quelle raison et qui ne les colorait pas... Non seulement j'ignorais où nous étions mais j'avais aussi l'impression de souffrir d'amnésie partielle, et cette frustration identitaire me taraudait de plus en plus.

Je me rappelais que hormis sur les lèvres, j'avais une sainte horreur de lire et je ne voyais que des bouches fermées... je devais réfléchir encore et encore parce que si mon cerveau n'avait pas été cultivé et traditionnellement alimenté, j'avais appris les connexions élémentaires en observant...


Ils étaient tous debout, les 27, alignés, comme une rangée d'arbres d'un segment de route. Ils paraissaient donner au décor le sens dont ils convenaient tous ensemble sans interdit, et rien ne pouvait modifier l'état d'unanimité. Les trous s'étaient naturellement comblés. Chelzire signifie « la colère du coquillage », cela ne pouvait se présenter autrement... Chelzire me prit par la main, le signal ? Je l'ignore mais je n'oublierai jamais qu'à cet instant précis, ils se donnèrent tous la main, comme pour former une chaîne ouverte. Il se produisit alors l'indescriptible métamorphose... la fusion à laquelle je fus associée malgré moi et qui bouleversa le reste de mon existence...


Nous n'étions plus qu'une enveloppe renfermant une multitude de sentiments sous le contrôle de Chelzire. Le phare s’éteignit, comme l'auraient fait les projecteurs à la fin d'un spectacle pour l'entrée en scène d’un astre jaune brûlant...



 
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   jaimme   
24/8/2009
 a aimé ce texte 
Pas
"Le halo créé par les jeux des esprits, à l'ombre de toute inquiétude": voila le genre de phrase qui me laisse circonspect et même réticent. Qu'est-ce que ça veut dire?
Je passe sur les mots qui m'ont accroché, comme "bavure", pour m'attarder sur le sujet, le fond.
Je suis un habitué des nouvelles de sf, de fantastique, quel que soit le nom qu'on veut bien leur donner. Et, effectivement, certaines jouent avec l'onirique, la description rapide d'un lieu, d'une situation. Parfois avec bonheur.
Là il ne me reste qu'une impression de confusion. A la limite de l'inintéressant. surtout parce que le non-dit se prend les pieds dans les explications ponctuelles et précises. J'aurais bien vu cette histoire sous forme de poème, laissant réellement chacun avec ses rêves. Il fallait choisir une forme. Là c'est trop déroutant.
Je m'abstiens, pour l'instant de mettre une note. Je reviendrai.

edit: et je reviens. J'aime:
"L'endroit sonnait aussi faux que l'arrière-plan d'un mauvais rêve dont on aspire à échapper en entraînant les draps avec soi…"
"je cherchais inconsciemment le détail rassurant."

je n'aime pas:
"J'eus le réflexe de vérifier mon entité." Le mot "entité" me semble inapproprié.
Que vient faire ce canon? Incongru à mon avis. Ou inexploité.
L'image des autruches. Qui brise toute poésie. Ainsi que les petits hommes verts.
"Le paysage lunaire": peu de vert sur la Lune...
L'essai d'explication post-apocalyptique. Il aurait mieux valu ne rien proposer plutôt que ça.
"j'avais appris les connexions élémentaires en observant... ": je ne comprends pas bien.

   Anonyme   
24/8/2009
Bonjour,

Euh... Bon, à vrai dire, je ne sais pas du tout ce que je pense de ton texte, donc je ne vais pas le commenter à ce niveau-là, je sais que ça peut être frustrant pour un auteur mais vraiment je ne saurais pas quoi en dire.
Je vais simplement être plus pragmatique et revenir sur un ou deux points de style ou de fluidité qui pourraient, mais ce n'est que mon avis, être améliorés.
Je trouve perso que tu fais un usage abusif et inapproprié des points de suspension. Je te comprends d'autant mieux que j'ai le même défaut car je crois toujours, à tort je pense, qu'ils vont donner à mes phrases une plus grande épaisseur ou une autre résonance, sans méditer sur le fait que ce serait sans doute à moi d'apporter ces élements.
Je trouve la phrase suivante : "Les autres, je me mis à les dénombrer, semblaient dormir profondément, ils étaient 27" mal construite. J'aurais plutôt fait deux phrases : Les autres semblaient dormir profondément. Je me mis à les dénombrer : ils étaient 27. Je trouve que ça coule mieux, mais tu peux ne pas être d'accord bien sûr.
Dans "je m'approchais du visage qui m'inspirait confiance." Pourquoi "du" ? les autres sont inquiétants ? ça n'apparait pas dans ton récit. Je pense qu'il fallait rajouter "du premier", ou un truc comme ça.
Je trouve que tu te compliques la vie quand tu veux nous faire savoir qu'ils ne parlent pas ; ta phrase :"Je me rappelais que hormis sur les lèvres, j'avais une sainte horreur de lire et je ne voyais que des bouches fermées..." me laisse perplexe, ce rapprochement avec la lecture, et cette petite astuce sur "lire sur les lèvres", ça n'a, à mon sens, pas vraiment sa place ici.
Voilà, sinon pour le reste, je n'évalue pas, mais je te souhaite un bon voyage. Euh... sinon, on t'a déjà parlé des conséquences d'une absorption massive de petites pilules ou de certains champignons ??? (je plaisante, bonne continuation)
J

   Anonyme   
25/8/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
il y a quelques tournures et phrases à reprendre pour en exprimer quelques chose parfois de plus tangible moins métaphysique, mais l'ensemble de la structure narrative est correcte. Une utilisation de vocabulaire riche sans devenir pédante. On a l'impression que c'est finalement le début d'une nouvelle qu'il vous faudrait creuser davantage. L'ensemble me parait encourageant, vraiment!!

   florilange   
26/8/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
N'ayant pas compris grand chose, je me suis 1 peu ennuyée à cette lecture, dont je me demande ce qu'elle me laisse. Que s'est-il passé? Je sais bien que les rêves n'ont pas toujours de signification précise, ici, cela m'échappe. Sinon, le texte n'est pas mal rédigé.
Navrée, relevante, je n'ai pas accroché, ce sera sans doute pour 1 prochaine fois. Bonne continuation.
Florilange.

   xuanvincent   
27/8/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une courte nouvelle assez étrange j'ai trouvé, comme peut l'être un rêve basculant dans le domaine du fantastique. Pour cette raison, pour cet imaginaire assez curieux (notamment j'ai apprécié, même elle aurait pu à mon avis être mieux formulée, l'image de la femme-plante), ce texte a retenu mon attention et m'a assez intéressée.

Ce récit m'a donné l'impression d'une histoire pas tout à fait finie, comme cela peut être le cas sans doute d'un rêve.

En travaillant cet imagignaire (très onirique), et l'intrigue, en allant vers des textes par exemple aussi un peu plus long, il pourrait y avoir là matière à susciter l'intérêt du lecteur, du moins des amateurs de ce genre de récits.

Bonne continuation à l'auteur.

   Anonyme   
3/9/2009
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Je n'ai rien compris. Enfin, je n'ai surtout pas compris le but de ce récit trop bref pour nous permettre d'appréhender le monde dans lequel il a lieu. Je n'ai pas compris non plus la fin qui dois, je crois, être dramatique mais que me semble dépourvue d'émotion. Le narrateur perd son individualité pour être sous le contrôle du dit Chelzir mais il n'a pas l'air de s'en émouvoir plus que ça? Il énonce un fait immonde mais rien ne passe comme sentiment.
Cette nouvelle mériterais d'être approfondie pour que le lecteur puisse s'y retrouver dan ce qu'il lit.
Je ne dirais rien sur le style, les autres l'on déjà fait je crois.

Désolé relevante. Une autre fois peut-être.

Bonne continuation

   brabant   
4/9/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour relevante,

Ayant lu ton poème "Bola", l'ayant trouvé bon, et ayant lu le commentaire, pour lors premier commentaire à propos de ton texte, qui te disait en progrès, je me suis dit: Que diable! Mais quels progrès relevante peut-elle donc faire alors qu'elle écrit de cette manière qui est d'excellente facture? Me voilà donc devant: "Rêve de conscience". Je lis toujours les textes avant les commentaires, puis je confronte mon point de vue. Mais il m'arrive de lire les évaluations, difficile de ne pas les voir. Je ne garde cependant qu'un oeil ouvert pour les éviter et avoir une idée du style en chopant les premières phrases avant les notes. Le style me plaît, je vois les notes. Qu'est-ce qui se passe? C'est mal barré! Mon avis, quand il diffère, ne diffère pas pour contredire ni parce que je suis masochiste, il diffère tout simplement et nous avons chacun notre libre-arbitre. Néanmoins je sais jaimme de bon conseil, ma lecture va-t-elle tourner vinaigre au vu de sa note et aussi des notes des autres qui semblent s'accorder avec la sienne, sauf celle de xuanzen.

Voici donc ma lecture et mon avis rédigés dans ma bulle au ciel cependant troublé par ces notes noires mais seulement par celles-ci et dont j'ai fait abstraction autant que possible:
D'une imagination étrange servie par un style sobre ce texte me fait bizarrement penser aux dessins dépouillés et surréalistes de Chaval, aux dessins en noir et blanc, à la ligne pure, économe mais assez épaisse de la défunte revue "Planète" qui fut longtemps à l'avant-garde dans les années 7O...
J'ai beaucoup aimé ce style sans chichis, ce style constat où le rêve est pris consciemment en tant que rêve, où le rêveur éveillé se promène parmi des dormeurs qu'il réveille à son tour et ceux-ci, se réveillant, l'endorment. Ils forment alors une chaîne où ils sont en harmonie.
Et où, l'astre s'allumant, sur un jaune que l'on devine blanc, le phare s'éteint, médiation des couleurs, passage de témoin. Ensemencement ultime du jour qui s'éveille à la vie ou de la vie qui est jour et chaleur.
Mais j'aimerais que vous me donniez votre propre clé, pourquoi pas dans un forum? Bien entendu ceci relève de votre propre et totale liberté.
Pour ma part, je reste fasciné, émerveillé, rêveur.

Il serait dommage que ce texte restât dans un relatif anonymat. Je vous souhaite de nombreu(x)(ses) lect(eurs)(rices).


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