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Fantastique/Merveilleux
Roxanne : Rose
 Publié le 07/09/26  -  6 commentaires  -  12255 caractères  -  54 lectures    Autres textes du même auteur

« Je suis convaincue que la mort n'est qu'une simple porte. Lorsqu'elle se ferme, une autre porte s'ouvre. »
Sonmi-451, Bae Doona, Cloud Atlas (2012), Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer.


Rose


Chris était né un vendredi 13 février à minuit et vingt minutes. Afin d'éviter de laisser planer sur sa tête le sceau d'une malédiction injuste, la sage-femme proposa à son père d'inscrire sur l'acte de naissance la date du 12 février. D’un commun accord avec la maman et puisque cela n’avait guère d’importance à leurs yeux, le jeune papa accepta. Chris ne sut jamais qu’il fêtait chaque année son anniversaire la veille de sa naissance.


Né avant terme et d’allure chétive, le prématuré aurait dû bénéficier du ventre régénérant d’une couveuse. Mais ce procédé étant peu développé à cette époque, on privilégia la tradition en laissant le soin à dame Nature de décider du sort du nourrisson. Le nouveau-né fut mis en attente sur une table de la maternité et puisqu’au bout de quelques heures il survivait toujours, on en conclut qu’il devait vivre.


D’une nature pensive, jeune enfant, Chris préférait se camoufler en indien-ninja plutôt que de se battre avec les autres cowboy-footballeurs hurlant en groupe dans le quartier où il résidait. Il n’avait principalement pour amies que quelques copines de classe avec lesquelles il passait du temps à discuter en dehors de ses longues parenthèses de méditations solitaires, assis sur le rebord d’une fenêtre pendant les récréations, plongé dans ses rêveries arc-en-ciel. Quoi de plus normal aux yeux de ses camarades de classe relevant qu’il portait bien son patronyme de Chris « la tête dans les » Étoile.


Bien qu’il soit doté d’une imagination débordante nourrie par une mémoire des plus sélectives pour qui se serait préoccupé de ses centres d’intérêts, Chris poursuivit une scolarité plutôt médiocre. Passionné par des sujets comme les flacons de parfum ou les papillons jusqu’à en développer de véritables crises de collectionnite, il engrangeait des connaissances approfondies sur des sujets dont ses congénères ne soupçonnaient même pas l’existence. Il devint ainsi un spécialiste des samouraïs à l’époque du Japon médiéval mais aussi passionné par les expériences de sciences occultes après s’être vu offrir une encyclopédie du paranormal par tonton Aloïs, son oncle excentrique le moins apprécié par ses parents.


Lors de ses rares interactions avec les adultes, il apparaissait clairement que les conventions sociales lui étaient totalement étrangères et qu’il était totalement déconnecté de son époque. Tout un chacun s’étonnait de sa manière de s’exprimer, usant d’expressions d'une autre époque, fleuries de termes comme « nonobstant » ou « de cet acabit ». Ses insultes réflexes ressemblaient plus à des « saperlipopette » et autre « fichtre » qu’aux habituels gros mots régulièrement éructés par ses congénères. Partir en promenade par exemple lui nécessitait de mettre ses « souliers » afin d’aller « battre le pavé ».


Son manque d’intérêt pour son apparence vestimentaire vécu comme une véritable corvée et sa propension à se délecter d’un menu identique à chaque repas plusieurs mois consécutifs firent de lui un paria, rejeté par une classe d’âge pour laquelle il s’agissait là de centres d’intérêts primordiaux. S’ils s’en étaient souciés, ses parents lui auraient depuis longtemps fait part leurs inquiétudes au sujet de son avenir. Mais pour Chris, les choses se déroulant d’elles-mêmes, ce fut finalement par l’entremise de l’une de ses lubies tardives pour les fleurs et la botanique qu’au sortir du lycée, il décida à la surprise générale de ses professeurs de devenir jardinier sans se douter des conséquences que son choix allait avoir pour lui dans l’avenir.


Estelle ne prit que progressivement conscience des étranges habitudes de son petit ami. L’amitié la guidant aisément sur le chemin de l’amour, c’est par un petit croche-pied du destin que cette inclination la fit trébucher au bord d’un sentier empierré de passion. L’événement déclencheur en fut la tentative infructueuse bien que de bonne foi de Chris pour réparer son vieux vélo qu’elle prénommait Hector. Tentative qui conduisit ce dernier à la déchetterie et qui, en raison d’un quiproquo en résultant, les poussa à la suite d’une soirée improvisée dans les bras l’un de l’autre. Les bourgeons fleurirent à l’abri des feuilles de printemps sous l’ombre rafraîchissante desquelles quelques écarts d'avec la normalité toute relative de tout un chacun ne sauraient mettre en péril cet amour grandissant.


Face aux doutes de Chris, parfois conscient de ses particularités, Estelle lui répondait qu'on ne pouvait guère faire de reproches à quelqu’un qui allait faire de vous « Madame Étoile ». « Estelle Étoile » sonnait d’ailleurs à son cœur comme une redondance prémonitoire. Et puis cela apportait une touche d’originalité douce et inoffensive à leur quotidien parfois bien répétitif.


Le couple s'était installé en suivant l'insistant désir de Chris dans un petit village alsacien d'où, d'aussi loin qu'ils s'en souvenaient, aucun membre de leur famille n'était originaire. Chris n’avait d’ailleurs pas donné de réelles explications quant à cette proposition non négociable. Qu'importe, il avait rapidement décroché un emploi de jardinier auprès de la mairie sur le ban de laquelle il entretenait les espaces verts et se chargeait de fleurir avec maestria les parterres municipaux. De son côté, bénéficiant d’un nombre suffisant de points, Estelle avait obtenu sa mutation auprès de son académie afin d’occuper le poste de directrice de la maternelle du village. À la suite de l’acquisition d’une petite maison de plain-pied disposant d’un joli jardin, le couple était devenu l’un des membres à part entière de la communauté vieillissante du quartier où ils envisageaient de fonder une famille.


En plus de son travail, Chris s'occupait avec grand soin du cimetière Saint-Gall situé au bout de leur rue, rendant de nombreux services aux familles de locataires lorsqu'il fallait préparer une sépulture pour la Toussaint ou arracher un vieil arbuste devenu trop imposant sur la tombe d'un aïeul. Considérant le temps qu'il y passait, on pouvait presque dire que la maintenance du cimetière était devenue sa principale mission.


Estelle ne partageait guère cet engouement pour les cimetières et autres lieux de culte d’une manière générale. Lors de leurs voyages touristiques, elle se pliait avec abnégation au rituel de la visite cérémonieuse de l'église ou de la cathédrale locale et participait mollement à la visite exhaustive de ces lieux de repos de la paroisse. Cette dernière, en effet, donnait toujours lieu à des explications de nature ethnologique sur la fréquentation des lieux selon les fêtes locales. Pour Chris, les décorations des tombes étant propres à chaque région visitée, il appréhendait ces espaces publics comme de véritables œuvres d’art sociales. Pour Estelle, la vision des photos souriantes des défunts parfois réunis en couple et scellées pour l’éternité sur la face vitrifiée des stèles en granit lui donnait le cafard. Elle s’échappait de plus en plus hâtivement des longues séances de déambulation dans les allées du columbarium au cours desquelles Chris s’adonnait à d’ingénieux calculs sur les écarts d’âges entre défunts. Il tentait aussi de retracer les filiations entre les différents patronymes croisés d’une allée à l’autre, échafaudant des théories imaginaires sur les causes des décès en se basant sur la nature des objets et autres présents exposés sur les dalles tombales. Il lui arrivait même assez fréquemment de prendre des photos, ce qu’Estelle lui avait maintes fois reproché. Quoi qu’il en soit, elle s'expliquait son intérêt par une sorte de désir de compensation provenant du fait qu’il n’avait pas été baptisé. Elle interprétait cela comme l’effet d’un manque, celui de l’absence d'éducation religieuse contrairement à elle en raison de ses origines bretonnes. C’était peut-être pour lui une façon de se rapprocher de la dimension spirituelle qui lui faisait défaut dans sa vie quotidienne. À moins qu’il ne s’agisse d’autre chose comme nous le découvrirons peut-être par la suite.


Mais pour l’heure, laissons le lecteur en tirer les conclusions qu’il souhaite car à l’aube de ses trente ans, ce matin du 12 février, Estelle s'était installée dans la cuisine pour emballer le cadeau de son chéri et lui préparer une carte d'anniversaire en surveillant la cuisson du cake au citron qu’elle lui avait concocté pour le petit déjeuner. Puisque nous étions un samedi et qu'il ne travaillait pas, Chris en avait profité pour traîner un peu au lit. Surtout après le cadeau intime très personnel auquel il avait eu droit en ce jour si particulier. Peu après pourtant, Estelle entendit qu'il s’affairait à l'étage et lorsqu'il passa furtivement devant la porte vitrée de la cuisine, il lui dit simplement qu'il devait faire un tour au cimetière et qu’il revenait sitôt après. Habituée à le voir proposer son aide durant ses jours de repos, Estelle ne s'inquiéta pas outre mesure, même le jour de son anniversaire, de cette annonce. Ce qui l'intrigua plutôt, ce fut cette réminiscence de couleur rose subrepticement entrevue à travers le vitrage de la porte de la cuisine. Intriguée, elle se leva pour observer par-delà le rideau de la fenêtre donnant sur la rue et constater que Chris se rendait bien au cimetière en contrebas de chez eux. Ce qu’elle vit alors mit un certain temps à prendre sens dans son esprit.


Elle eut beaucoup de mal à reconnaître son compagnon de dos, vêtu d'un tailleur rose et d'un chapeau de paille fleuri d'aspect suranné. Était-ce réellement lui qui descendait la rue d'un pas si assuré ? Bien qu’il se déplaçât en talons hauts, sa taille et sa démarche coïncidaient mais son allure générale semblait totalement irréelle. Une seule question apparut avec une terrible évidence : si c’est vraiment lui qui déambule ainsi, pour quelle raison s’est-il habillé de la sorte pour se rendre au cimetière ? Désirant en avoir le cœur net, elle monta vérifier dans la chambre à coucher d'où pouvaient provenir ces vêtements. Elle découvrit, étalé sur le lit, une boite à chaussures vide ouverte à côté d’une autre contenant des escarpins dorés. Un ensemble de toilette féminin qui aurait plutôt appartenu à sa grand-mère qu'à elle-même patientait alangui sur le lit défait. Estelle réfréna son envie de laisser mille questions se télescoper dans son esprit. Immobile, elle tenta de réfléchir posément car il arrivait parfois à Chris de se déguiser en femme lors des fêtes du nouvel an ou à l’occasion d’une soirée à thème entre amis. Dans ce cas, il s'amusait plutôt à se grimer en paysanne ou à se travestir grossièrement en bourgeoise sans véritablement vouloir ressembler à une femme. Mais la parure qui se présentait à elle sur les couvertures n’était pas de l’ordre du déguisement. Ces habits étaient anciens et avaient été portés dans le passé. Pourquoi se trouvaient-ils en possession de son mari ? Pour quelles raisons ce dernier les aurait-il achetés et revêtus aujourd’hui pour traverser le village jusqu’au cimetière habillé de la sorte ?


Abasourdie, Estelle ne parvenait plus à se lever du bord du lit où elle s’était affalée. Elle parcourut la scène au ralenti et prit machinalement le petit sac à main argenté posé sur la table de nuit pour en ausculter le contenu. Elle en sortit un rosaire de perles véritables orné d’une croix catholique en bois, un vieux mouchoir brodé portant les initiales calligraphiées L.R. et la photo d'une pierre tombale. Sur cette dernière, on pouvait lire le nom d’un couple de défunts ainsi que leurs dates de naissance et de disparition. Estelle remarqua immédiatement que la date de décès de la femme nommée Rose Farny correspondait au jour de naissance de Chris puisque c’était également la date du jour. Retournant machinalement la photo elle vit que quelqu’un y avait inscrit au stylo bille le nom du village où ils résidaient actuellement. Il lui sembla qu’il ne s’agissait pas de l’écriture de son mari. À l’inverse, à la suite de cette annotation, Chris avait repris le nom de naissance et le prénom de la défunte juxtaposés aux siens, l'un au-dessus de l'autre, reliés lettre à lettre comme une véritable anagramme :


ROSE LIECHTI

CHRIS ÉTOILE


Estelle retourna la photo, la laissant reposer sur ses genoux pendant que ses pensées s’enroulaient sur elles-mêmes.


 
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   Roxanne   
8/9/2026
Vous pouvez découvrir la photo illustrant la nouvelle dans le diaponiris.

Roxanne

   moschen   
10/9/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
Forme

Il n’avait pour amies …. que quelques… il aurait été possible de formuler cette phrase de manière plus élégante en évitant la négation et la forme en "que quelques".

Quoi de plus normal … relevant que. Il me semble qu'il manque un verbe actif ici.

Estelle ne prit que progressivement… je suggère de trouver une tournure plus agréable à l'oreille en évitant par exemple la négation.

Bien que de bonne foi de Chris… que voulez-vous dire ? De la bonne foi de la part de ?

Quelques écarts avec la normalité de tout un chacun… je recommande une tournure de phrase plus simple.

Si c'est vraiment lui qui déambule ? Ne faudrait-il pas utiliser un imparfait ici ?

Un ensemble de toilette… patientait alangui sur le lit. L'emploi de l'adjectif "alangui" pour caractériser un morceau de tissu, cela lui confère une importance, cela personnifie presque l’ensemble de toilette. Est-ce l'effet voulu ?

Fond

L'entrée en matière est franche, nette, précise… il est né un vendredi 13… ce qui laisse planer une malédiction. L'utilisation du mot "malédiction" pour une naissance un simple vendredi 13 me paraît exagérée.

Chris ne sut jamais… ça sonne presque comme une chute, une phrase de fin.

Plongé dans ses rêveries arc-en-ciel… ne pourrait-on expliquer au lecteur le sens donné par ces couleurs ? Comment puis-je comprendre l'apport de cet adjectif ? A-t-il un intérêt culturel ? Est-ce une référence au mouvement LGBT ?

Il engrangeait des connaissances approfondies… pourriez-vous nous donner un exemple d'une de ces connaissances approfondies ? Le lecteur devrait pouvoir deviner à la simple lecture du texte ce qui est une connaissance approfondie, ou n'est pas.

Sans se douter des conséquences… Prévenir le lecteur de ce qui va se produire plus loin, plus en avant dans le texte, c'est prendre le risque de voir une forme d'intensité / suspens retomber avant l'heure.

Son oncle… le moins apprécié par … ne faudrait-il pas écrire… le moins apprécié de ses parents ?

Déconnecté de son époque… Dans la phrase suivante, on retrouve à nouveau le mot époque. Ces répétitions nuisent à la qualité du texte.

Partir en promenade lui nécessitait de mettre… Si nous avions eu ici une conversation, il aurait été possible de dire "je vais mettre mes souliers". Mais si on cherche à dire qu'il s'oblige à employer le mot soulier, alors ça fait bizarre.

Au bord d'un sentier empierré de passion. J’avoue ne pas comprendre le lien entre la passion, le sentier et les pierres. Il s'est passé quelque chose sur ce sentier ?

Comme nous le découvrirons par la suite… cette adresse au lecteur change complètement la donne. Cela change surtout la catégorie du texte. Ça fait plus documentaire. Bon j'exagère un poil.
Mais pour l'heure, laissons au lecteur… adresse au lecteur ?

Conclusion

Je trouve préjudiciable un usage abusif de participes présents. De la même façon, certaines phrases alambiquées mériteraient d'être simplifiées en réduisant par exemple le nombre de propositions relatives. Il serait souhaitable, à mon avis, de raccourcir certaines tournures, ce qui aurait l'avantage de les rendre plus percutantes.

J'ai senti comme une hésitation à traiter un seul sujet principal, soit la malédiction de la date de naissance ou une forme de conséquence plus ou moins fortuite d'un changement de genre.

   Passant75   
10/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Plusieurs thèmes qui s’entremêlent, notamment la superstition, la mort et la réincarnation, la mémoire ainsi que l’identité de genre. À vouloir suivre plusieurs pistes dans une courte nouvelle, Roxanne a pris le risque de brouiller son mystère. J’ai fini par me demander quel était l’enjeu principal d’un texte qui se termine sur une révélation qui n’est pas ensuite exploitée.

La scène du travestissement m’a semblé ouvrir une piste qui détourne l’attention de la véritable énigme, à savoir le lien entre Chris et Rose. La chute, au lieu d’apporter une réponse ou un renversement, ouvre finalement une nouvelle série de questions. Ce choix de Roxanne m’a surtout laissé une impression d’inachevé. Le style, quant à lui, est inventif mais j’ai trouvé que l’abondance de digressions alourdissait parfois le récit.

L’idée de ce lien entre un homme vivant et une femme disparue possède un véritable potentiel fantastique, mais elle mériterait d’être davantage développée et surtout assumée comme le cœur du récit. En limitant les autres pistes et en donnant à la révélation finale une véritable portée, Roxanne aurait pu transformer une histoire intéressante mais trop dispersée en une nouvelle plus cohérente.

   VanEger   
11/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Dans l’ensemble c’est une jolie histoire et le personnage de Chris est plutôt attachant. Bâtir une intrigue à partir d’une chose vue et d’une anagramme est une démarche courageuse quand elle est bien maîtrisée et de ce point de vue vous vous en sortez bien.
Malheureusement vous vous êtes un peu pris les pieds dans le tapis avec cette histoire de travestissement qui ne rend absolument pas justice aux sujets, quels qu’ils soient, que vous vouliez aborder, et même les tourne un peu en ridicule. S’agissant de la métempsycose, la meilleure approche littéraire que j’en connaisse se trouve dans « La mer de la fertilité » de Mishima, je vous en recommande la lecture. Puisque votre nouvelle mentionne le Japon, il ne vous est peut-être pas inconnu ?
Il parait évident que vous avez voulu courir plusieurs lièvres à la fois mais dans un format aussi court le risque était grand de se fourvoyer. Au cas présent, c’est moi qui me suis senti perdu une fois ma lecture achevée.
Enfin j’ai été gêné par quelques circonlocutions qui m’ont paru dispensables, et franchement agacé par celle-ci : « une croix catholique en bois ». Un crucifix, tout simplement ! Ou bien êtes-vous victime d’un certain terrorisme langagier qui interdit d’appeler par leur nom des objets religieux ?

   Pattie   
19/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
J'ai aimé la bizarrerie de ce texte. Mais j'ai du mal à comprendre quel rôle joue la date de naissance falsifiée. En tout cas, elle fait mener à cet homme une vie falsifiée, un écho de sa vie un peu à l'écart de la norme. Selon les règles de la réincarnation en littérature, il ne peut pas être celle de Rose. Une réincarnation falsifiée elle aussi ? C'est moi qui ai très envie du côté fantastique promis par la catégorie ? Ça me fait m'entêter à interpréter le texte pour aller vers une réincarnation, alors que c'est peut-être simplement le signe d'une maladie mentale, un trouble de la personnalité ?
J'ai bien aimé que ce texte soit résistant et qu'il offre plusieurs possibilités, mais c'est assez frustrant qu'aucune n'aille avec le reste : la réincarnation ne va pas avec la date, puisque Estelle ne sait pas ce que sait le lecteur, la maladie mentale ne va pas avec la catégorie.

   Cyrill   
8/10/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
Bjr Roxane.
J’ai trouvé cette histoire plutôt tirée par les cheveux. La révélation de l’anagramme finale serait-elle censée expliquer la différence de Chris ? Passons. Pour ce qui est des personnages et de leurs tribulations, je lis un rapport exhaustif ne passant aucun détail sous silence. Quel besoin a-t-on de connaître la profession d’Estelle, les détails de sa mutation, par exemple. Ça tue pas mal l’idée du fantastique.
Le déroulement narratif en dit trop. Tout est enchâssé dans des relations de causalité. Un peu plus de suggestion ne ferait pas de mal dans le cadre d’une histoire étrange.
En ce qui concerne le style, j’ai trouvé des phrases longues et pleines de redondances, et d’autre part quelques tentatives métaphoriques assez indigestes. Comme ici :
« L’amitié la guidant aisément sur le chemin de l’amour, c’est par un petit croche-pied du destin que cette inclination la fit trébucher au bord d’un sentier empierré de passion. »
« Les bourgeons fleurirent à l’abri des feuilles de printemps sous l’ombre rafraîchissante desquelles quelques écarts d'avec la normalité toute relative de tout un chacun ne sauraient mettre en péril cet amour grandissant. »
C’est un choix d’auteur, j’avoue que ça ne m’a pas convaincu du tout.
Désolé pour ces impressions négatives.


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