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Science-fiction
Sanderka : sur_un_nuage.com
 Publié le 04/04/13  -  8 commentaires  -  17655 caractères  -  89 lectures    Autres textes du même auteur

Si prendre un avion peut vous paraître simple, voyager s'avérera un peu plus compliqué.


sur_un_nuage.com


Un nuage de lait

Un instant troublé

Par la cuillère

D’un esprit remuant…



… Les eaux sombres d’un lac artificiel parfaitement délimité où rien ne se reflète. Puis vient un éclaircissement sous la forme d’un nuage qui s’approche, se penche et finit par céder au plaisir de la dilution…


De la main gauche, il fit signe à l’hôtesse qu’il avait assez de lait dans son café. Il sourit pour la remercier. Il ne connaissait pas la langue maternelle des membres d’équipage. D’ailleurs, depuis qu’il avait mis les pieds dans l’appareil, il n’avait entendu aucun son sortir de la bouche du personnel.


Il avait été accueilli par la mine réjouie d’un steward, puis dirigé vers son fauteuil par le visage joyeux d’une hôtesse. Lorsqu’il prit place, il observa les gens présents dans l’appareil. Chaque passager était en grande discussion avec la personne qui l’accompagnait, ou demandait à son voisin des précisions sur le vol. Des écrans de télé disséminés un peu partout livraient les gestes qui allaient sauver tout le monde si par malheur l’avion décidait de piquer du nez. (sic)


Un bip sonore indiqua le moment de boucler sa ceinture. Les moteurs firent trembler le monstre ailé qui, pris de convulsions, alla trouver la délivrance dans la blancheur d’un céleste Cotton Club. Quand un second bip autorisa le détachement, il sentit son corps se détendre. Une odeur de nourriture lui fit relever la tête. Chaque personne était maintenant libre de déambuler à sa guise, qui récupérait un ordinateur portable, qui un sac rempli de bêtises à grignoter, qui un livre, qui un vêtement plus chaud à cause de la climatisation, etc.


Le personnel de bord avait pour le moment disparu. Il se rendit compte que le bras gauche de son accoudoir comportait un dispositif d’appel. Au-dessus de sa tête, le numéro de sa place était affiché sur un petit globe laiteux qu’il suspecta être la veilleuse attentive qui lui obéirait au doigt.


Il réprima l’envie d’en tester le bon fonctionnement. Il n’avait pas envie qu’on l’associe à un comportement puéril. Il soupira et se tourna vers le hublot sur sa gauche.


Un écran à affichage digital indiquait l’heure du pays de départ, celle du pays d’arrivée, la température extérieure puis, à la dernière ligne, un compte à rebours.


D’après lui, il avait dû se déclencher au moment où l’avion avait terminé son décollage. Une flèche indiquait le chiffre de départ, 230, une autre le seuil de 0.


Mais à quoi cela correspondait-il ?


En se posant la question, son œil s’arrêta sur une tache blanchâtre apparue au niveau de son poignet gauche. Cela ressemblait à une dépigmentation. Il passa le doigt dessus sans ressentir de rugosité.


À sa droite, un passager se frottait l’avant-bras, un autre plus loin la main gauche. Un autre encore semblait avoir la joue prendre l’étrange coloration.


Le personnel navigant réapparut. Deux par deux, ils arpentèrent les allées encadrés par un chariot qui arborait pour décoration un grand nombre de denrées alimentaires. Sur son poignet, ce qui au début n’était qu’un flocon se transforma en tempête de neige. Il frotta énergiquement la zone en ayant l’amère impression de l’étendre au lieu de l’effacer.


Au-dessus du hublot, le décompte continuait. Sur le dossier du fauteuil devant lui, s’affichait une phrase brodée à même le tissu : « Choose your fun ». En dessous, le nom de la compagnie aérienne et son logo : trois nuages se reflétant sur l’océan.


Les écrans de télévisions annoncèrent où en était le voyage. Une carte du monde se matérialisa et, en pointillés, le chemin parcouru. Ils étaient en ce moment précis au beau milieu d’un océan.


Au beau milieu, comment un milieu peut-il être catalogué de beau ?


Il n’eut qu’à regarder à l’extérieur de l’appareil pour comprendre l’expression.


Il n’était pas physicien et ne pouvait donc appréhender le phénomène qu’avec ses propres mots, ses propres expériences. Chaque nuage semblait repérer l’avion grâce à un œil invisible puis, doucement, le suivait, prenait de la vitesse pour le rattraper, dauphin immatériel à la poursuite d’un steamer. L’attitude qu’ont les humains à vouloir absolument toucher ce qu’ils côtoient avait gagné l’immensité des cieux. Des boules de coton pas plus grandes que le poing s’agglutinaient sur la surface éclatante de la carlingue, bientôt suivies par leurs parents de la taille d’un semi-remorque. Ils approchaient sans bruit, cherchaient l’endroit à leur convenance où ils désiraient s’attacher, allant parfois jusqu’à faire le tour complet de l’avion. Enfin, d’un mouvement soudain, ils se scotchaient sur la surface métallique et n’en bougeaient plus.


Des passagers normaux s’apercevant de la chose au travers de la paroi transparente du hublot se seraient alarmés, interrogés, regroupés autour des ouvertures pour discuter de cet étrange manège. Mais il semblait que dans le vol qu’il avait pris, nul ne devait être considéré comme passager normal.


230


Chacun vaquait à ses occupations. On s’était rendu compte du phénomène mais il n’y avait aucune urgence à s’en impressionner. Maintenant, c’était toute sa main qui avait pris la couleur d’un marbre clair.


Il eut le désir d’en parler à quelqu’un, d’appuyer sur le bouton pour appeler une hôtesse, confier son alarme, avertir, ou que sais-je encore. Mais il fut incapable de passer à l’acte.


228


À bord, le personnel gardait le silence.


Sur chaque paroi, au-dessus de chaque hublot, clignotaient les chiffres de chaque décompte personnel. Le regard s’accrochait à la luminescence intermittente qui n’était interprétée par le cerveau que par deux mots lancinants : regarde-moi ! Regarde-moi !


213


Ce fut à cet instant qu’il remarqua la présence de places vides.


Quelque part à l’intérieur de sa tête, un témoin d’alerte s’alluma et le mit en mode « méfiance ». Si cela avait été un son, il se serait tenu les tempes en priant le ciel de le délivrer du pire des acouphènes.


Priant le ciel…


203


Le ciel… Il était maintenant monochrome. Toute trace de vapeur avait totalement disparu. Quel que soit l’endroit où se portait l’œil, cette même couleur bleue sans aucune nuance remplissait l’iris de vos yeux. Cela avait un côté hypnotisant. D’ailleurs, il avait beaucoup de mal à en détacher le regard.


Il ferma les paupières, le temps d’une respiration. Puis il revint sur ce qu’il se passait à l’intérieur de l’avion. Les membres du personnel s’affairaient comme des abeilles. Toujours en mouvement, ils arpentaient les allées, les uns apportant d’énigmatiques paquets, d’autres nettoyant les fauteuils redevenus vacants.


Non, ce n’était pas possible.


184


Quelques heures plus tôt, un vieux monsieur s’était installé à côté de lui. Il avait pris place en jetant aux alentours un sourire aussi discret que courtois.


Devant lui, c’était un jeune couple qui avait pris place, et derrière, deux sportifs de haut niveau dont il ne reconnut pas le drapeau brodé sur la poitrine.


172


Chaque visage avait reflété l’affichage digital qui s’égrenait en silence.


Il regarda la paume de sa main et eut l’irrésistible envie de la plonger dans le sable chaud d’une plage tropicale. De nature pragmatique, il n’était pas coutumier de ce genre de lubies. Comme il ne s’accoutumait pas maintenant à la couleur cadavérique que prenait son bras.


151


À l’embarquement, tandis qu’il se dirigeait vers sa place, la 26A, une légère fumée s’était échappée des grilles d’aération. Une brume légère se dissipant très rapidement, enrichissant l’atmosphère de l’appareil de je ne sais quels éléments. Cela s’arrêta à la fermeture des portes.


139


Il s’était amusé d’apercevoir le haut du crâne des passagers devant lui, s’imaginant leur conversation quand celui dégarni de l’homme se tournait vers celui très soyeux de la femme qui opinait et parfois était pris de secousse, conséquence d’un rire soudain.


C’était avant le compte à rebours, le ballet du personnel et les places vides qui le cernaient de toutes parts.


121


Une hôtesse de l’air s’arrêta à son niveau pour lui tendre un petit flacon.


– C’est l’heure de vos gouttes.


Il fut surpris de ce début de conversation. Sur le coup, il ne réagit pas. Mais comme la jeune femme restait le bras tendu dans sa direction, il leva la main droite pour saisir l’objet.


– Mes gouttes, dit-il sur un ton interrogatif.


Elle répliqua :


– Oui, comme il l’est indiqué dans la brochure. Pas plus de trois.


Un, deux, trois. Il cligna des paupières. La sensation ressemblait à celle d’une brûlure, suivie d’une sorte de flash. Il avait l’impression que son nerf optique était stimulé par intermittence. Mais stimulé par quoi ? L’image d’une plage des mers du Sud vint se substituer aux impressions. Rien n’y manquait : palmiers, mer bleue, sable blanc…


Non, pas encore !


Il inspira profondément et sentit…


… qu’on lui mettait quelque chose sous le nez. Il sursauta.


Le visage de l’hôtesse restait souriant. Elle refermait un autre flacon.


– Vous partiez avant l’heure, dit-elle en rangeant la fiole dans son chariot. Notre taux de prématurés n’est que de trois pour cent. Nous nous échinons à ce qu’il n’augmente pas.


Leur taux de prématurés ?


103


Il déglutit. Sa bouche devenait anormalement sèche. À la décoloration de son bras gauche vint s’ajouter une insensibilité ankylosante. Il voulut se lever mais se rendit compte que cela avait atteint sa jambe gauche. Il appuya sur son accoudoir pour rappeler l’hôtesse qui venait juste de le laisser. Quand elle réapparut, il désigna le côté de son corps qui lui échappait.


– Je suis en train de me paralyser !


La jeune femme fut amusée de l’expression qu’il avait employée.


– Pas de panique, répondit-elle. Tout est normal.

– Normal, répéta-t-il étonné.

– Mais monsieur, vous voyagez ! Pourquoi s’étonner que votre corps réagisse ?


97


– Je n’ai jamais entendu dire que…

– La brochure, coupa-t-elle. Avez-vous lu votre brochure ?



Il l’avait reçue dix jours avant son départ.


Il n’aimait pas voyager car la notion de retour lui avait toujours posé un problème. Jeune, au retour des vacances avait suivi le retour à la vie scolaire, puis, devenu adulte, le retour au travail. Revenir, c’était s’occuper de nouveau des problèmes en suspens.


Il restait donc chez lui, regardait partir les autres sans se départir de son assurance. Concernant cette dernière, il avait fait hélas l’erreur de ne pas se mensualiser. Et naturellement, elle disparut le jour où il ne paya pas.


Cela prit l’allure d’un carton promotionnel. Il l’avait trouvé dans sa boîte aux lettres au milieu des prospectus alimentaires, de ceux qui lui déclaraient qu’il était l’heureux détenteur d’une somme d’argent à déterminer selon un taux de remboursement de 19 pour cent, et de ceux qui l’appelaient par son prénom (avec néanmoins une faute d’orthographe) pour lui vanter les mérites de véhicules à carburant fossile en voie d’extinction. Généralement, il jetait l’amas de papier directement dans la poubelle prévue à cet effet sur laquelle il avait apposé un autocollant « les forêts ne vous disent pas merci ». Mais cette fois-là, alors qu’il terminait son geste de dénégation envers la société de consommation, un carton rebelle de format A5 se libéra de l’amas et termina sa chute non pas dans le container mais à ses pieds.


Comme il n’était pas du genre à laisser traîner un papier, il se pencha pour le ramasser, geste anodin qui fut fatal à son désir d’immobilisme. Le dessin qui figurait sur le carton était de style impressionniste. Trois nuages au-dessus d’une étendue d’eau qui eurent cet étrange pouvoir d’attraction normalement attribué aux courbes féminines. Sous le dessin, un slogan : A journey not a move. Le fait que ce fut de l’anglais piqua plus profondément sa curiosité. Au dos du carton, une adresse éthernet : « sur_un_nuage.com ».


Il saisit ce fil d’Ariane qui le conduisit à une interminable liste d’attente au bas de laquelle il rajouta son nom. D’après les quelques explications qu’il trouva sur le site, une sélection allait être effectuée pour choisir les 230 clients qui auraient le privilège de voyager avec la compagnie.


Il trouva le procédé original. Une compagnie aérienne qui sélectionnait ses clients ! D’habitude, c’était l’inverse qui se passait.


81


Leur barème de prix ne prenait pas en compte l’endroit où vous désiriez vous rendre. Le monde entier était desservi à un coût unique.


Une fois que vous inscriviez votre nom, on vous demandait votre âge, votre masse corporelle et vos antécédents médicaux. Si votre candidature était acceptée, on exigeait une copie de votre dossier dentaire.


Trois nuages apparurent à l’écran se reflétant sur une étendue bleue, sœur jumelle de ce colosse azuré que nous appelons ciel. Le son mélodieux d’instruments à corde se fit entendre, accompagné par une voix féminine qui récita : A journey not a move. Et le lien se brisa. À usage unique, il ne servait à rien de tenter une nouvelle connexion. Il n’insista pas.


Une semaine après ce premier contact, il reçut un colis en recommandé avec accusé de réception. En voyant le paquet, il sut tout de suite l’identité de l’expéditeur. Au-dessus de son adresse, trois timbres imprimaient chacun l’image d’un nuage. Le carton du colis avait lui la couleur et les reflets d’une vaste étendue d’eau. À l’intérieur, un volume épais de 384 pages attendait sous une pile de feuilles, formulaires réglementaires que tout voyageur se doit de remplir sans conditions. Il remplit les formulaires mais ne prit pas la peine de lire le document. Ce qu’il devait savoir, on le lui dirait en temps voulu. C’était ce qu’il croyait.


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Il crut mal. Maintenant, il se trouvait dans un avion, à moitié paralysé, décoloré, une jolie jeune femme lui disant qu’il aurait compris sa situation s’il avait pris le temps de lire ce fichu document.


– Je ne l’ai pas lu, finit-il par avouer. Aidez-moi à comprendre, s’il vous plaît.


La jeune femme ne répondit pas. Elle regarda la montre qu’elle avait attachée à son poignet et fronça les sourcils. Elle tourna la tête vers l’une de ses collègues, prononça quelques mots dans une langue qu’il ne reconnut pas puis, s’adressant à lui :


– Je prends ma pause dans dix minutes. Normalement ce n’est pas mon rôle…


Elle ne termina pas sa phrase, semblant réfléchir, et répéta :


– Dans dix minutes.


59


Il avait été choisi. Il reçut un numéro d’enregistrement, un numéro de vol, un numéro d’embarquement. Une fois à l’aéroport, il s’était attendu à voyager dans un avion dont l’allure se distinguerait des autres. Ce ne fut pas le cas.


Dans les quelques lignes que son cerveau avait glanées du document, il l’avait rapidement survolé histoire de ne pas passer pour un fainéant, il retint que la technologie utilisée par la compagnie pouvait se qualifier d’avancée voire d’avant-garde. Pourtant l’avion qu’il eut sous les yeux n’avait rien d’un bijou de la haute technologie : un long-courrier, quadriréacteur, deux ailes, un cockpit et le ventre repu de passagers. Pas de quoi pavoiser.


53


L’hôtesse revint comme elle le lui avait promis. Elle s’installa à la place qui était vacante à ses côtés. Elle libéra ses cheveux emprisonnés par un ruban portant le logo de la compagnie, le posa sur la tablette devant elle, puis ce fut une question :


– Quel est votre numéro ?


Il ne comprit pas, elle le remarqua à son air.


– Votre billet, montrez-le-moi.


Il le sortit de la poche arrière de son jeans. Elle y jeta un coup d’œil rapide, du genre expert qui sait où trouver l’information qu’il lui faut.


– 51 ? Bon, j’ai juste le temps de vous en dire un peu plus.


Il rangea maladroitement le ticket puis fut tout ouïe.


– Je ne suis pas scientifique, continua-t-elle, ni mécanicienne. Ce que j’ai compris du procédé lors de notre stage de formation est que nous devons être en très haute altitude pour que cela fonctionne. Un peu comme un puits artésien, la source doit être au-dessus de l’endroit où le puits est creusé pour que l’eau jaillisse. Comme l’être humain est constitué à 80 pour cent d’eau, même élément, même force, même action. C’est ce que nous ont dit les experts. Il faut donc d’abord monter de façon conventionnelle pour que le reste se fasse.

– Le reste, balbutia-t-il.

– Oui, vous savez, le voyage. Ou plutôt le transfert.

– Quoi ?


Il sentit la réprobation dans le ton qu’elle utilisa.


– Vous devriez faire un effort pour comprendre comment les choses que vous utilisez fonctionnent. Cela vous éviterait un certain stress et surtout de passer pour un nigaud.

– Un nigaud ?


Il n’eut le temps que de répéter ce mot. Au niveau de sa vision, ce fut comme si on éteignait puis rallumait un écran. Une image, plus rien, une autre image. Pour le cerveau, l’amas d’informations que lui envoya le corps fut si considérable qu’il ne trouva pas mieux que d’interrompre toute communication pour endiguer le flot à interpréter. Cela prit donc l’allure d’une absence.


Quand il reprit ses esprits, il se tenait debout face à une personne qu’il voyait pour la première fois. Il ne savait qu’une chose : il était assis dans un avion, le voilà sur ses jambes face à la beauté d’un soleil couchant sur une plage tropicale. Puis ce fut son estomac qui se manifesta. Tout son contenu finit grossièrement sur le sable. L’inconnu devant lui anticipa sa réaction et fit un pas de côté. Et tandis qu’il tombait à genoux, les entrailles soumises au plus désagréable des tiraillements, il entendit de nouveau ce reproche :


– Encore un qui n’a pas pris le temps de lire sa brochure.


 
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   Anonyme   
25/3/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un bon récit de science-fiction qui manie habilement le mystère. Il y a juste ce qu'il faut d'explications pour ne pas trop en dire et laisser l'imagination faire son travail. On comprend que nous assistons à un voyage très particulier mais ignorons son but. Les gens disparaissent les uns après les autres suivant un ordre établi. Pourquoi ? Pour aller où ?
Si ce nigaud avait lu la brochure aussi, 384 pages, c'est rien à avaler !
L'écriture est de qualité, sans défaut rédhibitoire.

   Lunar-K   
25/3/2013
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Bonjour,

Un sentiment très mitigé à la lecture de votre nouvelle. C'est-à-dire globalement positif durant, mais plutôt négatif par après... En fait, j'y trouve un assez bon rythme (malgré une écriture assez moyenne, un peu maladroite parfois et prosaïque), un suspens qui m'a tenu en haleine du début à la fin avec ces quelques éléments bizarres qui se succèdent : la tache blanche sur le poignet, les nuages, les passagers qui disparaissent, le décompte, le personnel de bord, etc. Tout cela parvient à installer progressivement une atmosphère fantastique plus ou moins tendue qui me plaît assez bien dans l'ensemble.

Le gros problème, selon moi, vient de ce final pourtant censé apporter quelque chose comme une résolution à toute cette tension intelligemment posée au préalable. Ce qui n'est pas le cas pour moi. Je vous avoue n'avoir pas du tout compris, en sortant de votre texte, de quoi il en retournait précisément (ni même grossièrement d'ailleurs...). Et les explications de l'hôtesse n'ont fait que m'embrouiller davantage encore. Je pense qu'il faudrait vraiment retravailler toute cette partie, peut-être pas pour tout rendre explicite et clair, car une partie de mystère même dans la chute ne fait jamais de mal à mon avis, mais en tout cas suffisamment pour permettre au lecteur de se faire une meilleure idée, ou même une idée tout court ; ce qui n'est clairement pas mon cas dans l'état actuel, duquel je ne retire finalement qu'un sentiment d'inachevé, cette impression que tout ce suspens ne conduit à rien au final, ce qui, bien sûr, est vraiment très décevant.

Du coup, un texte bien plus plaisant à lire qu'à terminer... C'est un bon début, certes, mais pas suffisant à mon avis.

Bonne continuation !

   Anonyme   
4/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Jolie nouvelle, belle maîtrise du suspens, le récit est captivant, il nous tient en haleine. J'ai ressenti beaucoup d'empathie pour le personnage principal durant la lecture, qui ne comprend rien à ce qui lui arrive (comme moi), et qui aurait du prendre le temps de lire cette foutue brochure.

Au fil de la lecture, la tension s'installe. Mais, à la fin, le pétard mouillé explose. Ai-je été inattentif ? Je ne sais pas, mais toujours est-il que je n'ai pas vraiment compris le but de ce vol.

   in-flight   
4/4/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Sanderka,
Ce côté voyage vers l’inconnu m’a un peu rappelé « Total recall ». Mais globalement, je n’ai malheureusement pas trop décollé. Je pense que ce texte gagnerait à être écrit à la première personne, cela permettrait au lecteur une plus grande facilité d’identification au personnage et une meilleure plongée dans l’univers étrange du voyage qu’on lui propose.

J’émets trois hypothèses sur l’interprétation à donner à ce texte :

- Le ressenti (et les hallucinations ?) d’un homme qui prend l’avion pour la première fois.

- La manière de mettre en quarantaine une partie de la population dans un monde futur (dépigmentation de la peau, traitement donné par l’hôtesse de l’air).

- Une façon de dénoncer la publicité mensongère que l’on reçoit dans nos boîtes aux lettres et la manière avec laquelle les compagnies aériennes « larguent » leurs passagers pour rentabiliser leurs frais. Le titre entérine cette interprétation avec ce côté vendeur de rêves : On vous offre un voyage mais lisez bien la brochure. Par extension, on vous accorde un crédit mais lisez bien les clauses du contrat, on vous vend un congélateur mais gaffe à la garantie et au SAV…etc.

Au final, les nombreuses interprétations possibles et le suspens latent font la richesse de ce texte. Mais il serait préférable de guider un peu plus le lecteur de manière à éviter le simple récit d’un « gros trip ».

   AntoineJ   
7/4/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
tout est bon, tout est bien, sauf la fin
la tension monte, on découvre petit à petit l'histoire, les détails rendent cela réel et proche (le personnage pour raconter lui même, ce serait peut être mieux) ... la bascule dans l'immaginaire est douce, nuageuse
j'ai du raté la fin ... je le voyais nuage allant libre dans l'air ... et il se retrouve à vomir sur une plage (si c'est de la téléportation, c'est un peu plat ...)
bref, décu par la fin alors que tout était la pour en faire une super nouvelle

   brabant   
7/4/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Sanderka,


Vous me permettez un petit reproche ? Vous avez omis/oublié de me fournir la brochure ! C'est que je l'aurais lue moi, et puis vlan, me v'là embarqué dans ce voyage sans rien savoir, aussi désemparé que votre passager !

Le monde à l'envers que ce texte où tout va à l'avion, le ciel, l'océan, les nuages, la plage, mais qui mène cependant à bon port d'une manière donc aussi inattendue qu'originale. Une plage tropicale au coucher du soleil : le rêve ! J'ai tendu mon sac à vomi à mon voisin, un drôle de bonhomme avec une décoloration sur le poignet.

Exotique :)


(-) parce que j'aurais préféré une transat. Y en a qui ne sont jamais contents ! Lol :)

   Acratopege   
8/4/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je me suis d'abord ennuyé, me disant que le style et la situation décrites étaient trop plats, mais je me suis pris au jeu de la tension croissante, du compte à rebours vers on ne sait pas quoi. Et l'invraisemblance de la situation, quand l'hôtesse accepte de transgresser (fantasme de l'auteur?) pour s'asseoir à côté du héros, m'a vraiment fait sourire. Qu'on n'en sache pas plus à la fin qu'au début est aussi bienvenu. Écrire des histoires, ce n'est que lancer des leurres, non?
En bref, j'ai voyagé agréablement dans ce véhicule littéraire qui m'a fait songer à Lost et ses mystères.

   Ninjavert   
9/9/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Une idée intéressante, et un résumé accrocheur (je n'y accorde généralement aucune attention, mais là il m'a accroché ^^)

J'ai beaucoup aimé le petit poème du début, qui fait une excellente entrée en matière... moins, la suite.

Globalement l'idée est bonne. Le voyage en avion ça parle à [quasi] tout le monde. On repère beaucoup d'éléments et de détails qui renvoient à de vraies expériences de voyage (les écrans et leur contenu, l'observation des passagers, le ballet des hôtesses...)

Je partage la frustration ressentie par certains concernant la fin. Au final, je n'arrive pas à comprendre si le mystère porte uniquement sur le mode de transport, ou sur le "but" du voyage.

Au fil de la lecture, j'avais l'impression que le héros s'était embarqué dans plus qu'un simple voyage. Pourquoi pas une sorte d'élévation (cf. Stargate, par exemple) ?
Ou alors un voyage sans retour (mort ? paradis ?) (ce que peut faire penser le petit couplet sur le fait qu'il n'aime pas partir, pour ne pas devoir rentrer).
Mais la brochure (le peut qu'il en a lu) a juste l'air d'évoquer un moyen de transport différent, ce que semble confirmer l'hôtesse. Et au final, il arrive bien quelque part, sous sa forme normale.

Alors ? Sorte de téléportation une fois que les conditions sont requises ?

Une réponse précise n'était pas obligatoire, loin de là, mais je suis quand même resté un peu sur ma faim.

Ce qui m'a le plus gêné, par contre, c'est l'inquiétude de notre héros, ou plutôt son absence. Le gars ne semble s'alarmer (et encore, c'est pas la grosse panique) que quand il est à moitié paralysé... Pourtant, tous les signes requis pour une bonne panique sont là : tâches sur les passagers (et lui-même) évoquant une épidémie de quelque chose, disparitions mystérieuses en plein vol, attitude énigmatique du personnel naviguant...
J'aurais été plus pris par le récit si notre héros avait témoigné d'une inquiétude croissante, mieux distillée. (Ou d'une raison expliquant cette absence de stress).

L'écriture est sobre, efficace, avec quelques jolies tournures. Je n'ai pas été transporté outre mesure, mais j'ai lu l'ensemble avec fluidité et plaisir.

Au final, une idée que je trouve très bonne dans le principe, mais dont le traitement me laisse sur ma faim... merci quand même pour ce voyage original ! :)

Edit : Ah, j'oublie un détail, j'ai bien aimé le coup de la notice "qu'il n'avait pas lue" aussi !.. au final, il suffirait de peu de choses pour que cette nouvelle me plaise nettement plus.


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