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Humour/Détente
scatterbrain : Cas contact
 Publié le 12/01/21  -  8 commentaires  -  29868 caractères  -  89 lectures    Autres textes du même auteur

Un homme au bord du point de rupture reçoit un courrier de la CAF l'informant qu'il est cas contact, et par conséquent soumis à un isolement d'une semaine.

L'homme se lance alors dans une enquête haletante, afin de savoir quel est le citoyen modèle qui l'a balancé auprès des autorités fascistes de son pays.


Cas contact


1.


Cet été, j’ai adopté un chaton. Je l’ai appelé « Professeur Raoult ». Pourquoi ? Parce que cet animal m’appartient corps et « âme », pour commencer. Je fais donc exactement ce qui me chante. Ensuite, parce qu’à défaut de vaccin ou de test fiable, ni même de statistiques compréhensibles par le commun des mortels, l’humour semble constituer la seule garantie durable à la prolongation de la vie. Le seul ennui, avec Professeur Raoult, c’est qu’il a tendance à passer par la fenêtre du salon pour aller vagabonder sur le toit de notre immeuble. Comme je suis un grand émotif, ce genre d’acrobaties me terrorise. Hier soir, je l’ai aperçu, étalé sur une cheminée en brique, au-dessus du vide, inconscient du danger. Par ailleurs, il se léchait ostensiblement le cul. « Professeur Raoult ! » hurlai-je, dans un accès de panique, les larmes aux yeux. « Professeur Raoult, revenez immédiatement ! »


La bête intrépide a tourné la tête vers moi, semblant envisager un instant la perspective de m’obéir (ce qui eût constitué une jurisprudence émouvante dans le cadre de notre relation). Mais son caractère frondeur a rapidement pris le dessus et le chat a disparu d’un bond. « Professeur Raoult, ne faites pas l’idiot, tout le monde vous aime, ici ! » l’apostrophai-je encore, tandis qu’il s’évanouissait dans la nuit.


Mon voisin d’en face, qui venait de faire apparition à sa propre fenêtre pour fumer une cigarette de cannabis, a dû penser que je m’adressais bel et bien au plus grand infectiologue français de tous les temps, autrement dit que je témoignais à Didier Raoult (né en 1952 à Dakar) mon indéfectible soutien dans sa lutte farouche contre les idées reçues ; et mon admiration sans bornes pour l’ensemble du travail de pointe effectué par son équipe marseillaise. Le tout gratuitement donc, accoudé à ma fenêtre, seul, à la lueur précaire d’un lampadaire poussif.


– Ça va, vous vous sentez bien ? a demandé le toxicomane, en allumant son pétard.


J’aurais pu lui avouer que je me faisais du souci pour mon jeune chat téméraire mais j’imagine que j’aurais eu l’air encore plus idiot à ses yeux. Enfin, si c’est possible. Or, j’implore l’amour de chacun à mon égard (même celui, j’en ai peur, des drogués manifestes). Aussi, ai-je pris le parti de répondre franchement à sa question de merde, comme si elle ne contenait pas le moindre sous-entendu :


— Si je me sens bien ? Pas super bien, non, en vérité… avouai-je d’un air grave. Je viens d’apprendre que je suis « cas contact ». J’ai reçu un mail de la caisse primaire d’assurance maladie. Ils sont formels : j’ai été en contact rapproché avec une personne porteuse du virus et je présente un risque de contamination. Je suis encore sous le choc.

— Coup dur, mec, commenta le voisin, sans grande inspiration.

— Ma propre CAF… Personne ne m’avait encore jamais parlé sur ce ton. C’est la première fois que je représente un risque tout court, je crois.

— Quelqu’un vous a balancé, c’est tout…

— Vous croyez ?

— Ah, ben alors là, sûr et certain, mon vieux… Y a comme qui dirait une vilaine taupe, dans votre entourage.

— Merde alors… murmurai-je en jetant un rapide coup d’œil vers le salon, afin de vérifier si ma femme s’y trouvait. Elle ne s’y trouvait pas le moins du monde. Sans doute était-elle enfermée aux toilettes, un talkie-walkie de fabrication militaire à la main (qu’elle planquait entre deux serviettes dans le tiroir sous le lavabo), offrant mon signalement au ministère de l’Égalité hommes femmes ou quelque chose de ce goût-là.

— Ouais… poursuivit le voisin. Une poucave. Un sale mouchard.

— Mais j’aurais jamais cru que…

— Un indic. Un Judas…

— Vous ne dites tout de même pas que…

— Un sycophante, même, si ça se trouve ! s’exclama d’une voix tonitruante le distingué (et néanmoins toxicomane) linguiste.

— Bordel, mais où avez-vous donc appris cet authentique vocabulaire de rue ?

— J’ai grandi à Montreuil, c’est bon, calme-toi.


Voilà à quel genre de discussion absurde j’étais une nouvelle fois confronté, hier soir, 20 heures, à la lucarne étroite de mon appartement de location. Il faisait un peu moins beau qu’en avril et j’étais un peu pluvieux, moi aussi (mais toujours poète). Quoi qu’il en soit, je n’applaudissais pas. Je n’applaudissais pas davantage que la dernière fois. On a quand même beaucoup appris depuis le premier confinement. Que reste-t-il à applaudir, d’ailleurs ? L’espoir a disparu, emporté, tel un vulgaire morceau de bois flotté dans le déferlement de cette deuxième vague, « une vague plus meurtrière, encore, que la première » (Anxiété et Constipation Magazine, août 2020).


Nous ne sommes encore qu’au début de ce mois de novembre…

Winter is coming, murmurent les barbus à trottinette électrique (avec un sourire énigmatique et narquois). Quoi qu’il en soit, le marché de Noël de la ville de Strasbourg a déjà été annulé, ce qui n’était pas arrivé depuis 1571 (because la Grande Peste : aucune mesure de prévention, pas de mise en quarantaine, tout individu atteint par la maladie succombait en moins d’une semaine) (comme quoi, on invente jamais rien, c’est lassant). Oui certes, nous nous apprêtons à passer un hiver très heroic fantasy ; assez médiéval à bien des égards, si l’on considère la déréliction des mœurs et le taux de mortalité.


2.


On a quand même beaucoup appris, depuis le premier confinement.

Par exemple, ma consommation quotidienne de merlot en cubi n’aurait finalement rien à voir avec une quelconque assignation à domicile. Non. Je suis tout simplement devenu alcoolique cette année.

Qui me jugera ? Arielle Dombasle ?


J’ai réussi à caser chez moi, dans chaque zone d’ombre de mes 60 mètres carrés habitables : mon bureau à domicile, ma salle de sport à domicile, ma pharmacie à domicile, un atelier de couture clandestin à domicile, et mon épouse mélancolique à domicile. Nous sommes passés du roman de gare à l’ouvrage de science-fiction. Nous avons basculé en quelques mois du drame ordinaire à la dystopie angoissante. Début 2020, quand je tombais sur les images d’un des ces pays asiatiques où les gens étaient tous masqués dans la rue, je me disais :

« Ah les pauvres… Quel univers dystopique angoissant de merde ! Si loin de nos valeurs républicaines françaises inaltérables, n’est-ce pas ? Nous qui sommes le peuple des lumières. Nous qui, épris de liberté, partouzeurs enthousiastes et bon vivants avons tout de même engendré Damien Saez et Wejdene. Excusez du peu ! Ah, les pauvres Chinois que voilà. Mais on peut dormir tranquille : jamais une telle chose ne nous arrivera. Enfin, il leur reste le badminton, c’est déjà ça… »


Racisme ordinaire, mon amour, qu’il faisait alors bon vivre, derrière le paravent de ta mauvaise foi.


Ce matin, j’ai accompagné mon fils à l’école, après l’avoir affublé d’un petit masque noir (accessoire mortifère et vraisemblablement inefficace, cousu main par ma femme daltonienne). Dans l’entrée de l’appartement, et tandis qu’il enfilait sa veste, le gamin a dit que les élastiques du masque lui sciaient les oreilles et qu’il risquait un « décollement inesthétique des portugaises, à moyen terme » (où va-t-il chercher de telles expressions, je l’ignore). « Tu te préoccupes trop de ton apparence physique », je lui ai répondu. « Je te signale que des gens meurent. Des gens vieux, des gens jeunes. Des gros, des maigres. Des pauvres gens comme toi et moi, empilés dans les services de réanimation de ce pays. En ce moment même, hein ! Et dans le plus simple appareil. Oui… (je secouais gravement la tête) Des gens meurent… 357 décès rien qu’hier, d’après Olivier Veran. Des gens meurent et tu te plains des élastiques de ton masque. C’est indigne. Et, pardonne-moi, mais c’est assez peu républicain. Manu Di Bongo. Patrick Devedjian. Le virus circule et il est dangereux. Le chanteur Renaud… ». Le gosse dévalait déjà les escaliers, les mains sur les oreilles, galvanisé par mon petit laïus propagandiste.


Le soir, il est revenu avec un masque, mais d’une couleur différente. Ce n’était certainement pas celui qu’avait confectionné sa mère, mon amour borderline. « Le mien, je l’ai échangé contre un goûter parce que vous avez oublié de m’en mettre, des goûters… » a-t-il expliqué, sans aucune émotion apparente. « Mais heureusement, j’ai trouvé celui-là par terre, dans les cabinets de l’école. »

Lamentable. Sans commentaire.

(Cela dit, nous avions effectivement oublié de lui préparer son goûter.)


N’empêche, peut-on réellement attendre d’un enfant de huit ans, qui perd quatorze écharpes, huit bonnets et deux dents chaque hiver, qu’il respecte un quelconque protocole sanitaire ? Je précise qu’il ne sait toujours pas faire ses lacets, ni commander un Uber. « Ce matin on a fait une minute de silence pour le maître qui s’est fait décapiter sur le trottoir de son école, avec le sang qui coulait par le cou, comme ça : pschitt, pschitt… Kylian dit que quand on tranche la tête d’un gars, son corps peut encore marcher pendant six mètres à peu près avant que… »

Je l’ai prié de me raconter sa journée à un autre moment.

Merci bien.


« Fils, je n’ai pas forcément besoin de savoir tout ce que tu manges à la cantine, ni les faits d’actualité sordides dont vous débattez en classe entre enfant de huit ans, ça ira, file donc jouer à la tablette dans ta chambre. Et laisse papa gérer cette sombre histoire de cas contact tranquille. »


Je l’ai regardé escalader trois chaises, renverser la moitié de son verre de grenadine, bondir sur le canapé, enfiler son casque, effectuer quelques opérations complexes avec la multiprise du salon, puis lancer un jeu idiot sur sa tablette. Et je suis parti du principe que les enfants n’avaient plus jamais de devoirs, de nos jours, qu’il fallait que j’abandonne ce vieux réflexe consistant à lui demander s’il y avait quelque pour le lendemain.

« On dirait qu’il n’y aura plus jamais quelque chose pour le lendemain », pensai-je avec amertume.

J’étais en train de devenir punk.

La situation dégénérait à une vitesse folle.

J’ai lancé à mon fils : « Et au fait ! Je ne suis pas tout à fait sûr pour le chanteur Renaud. Il se peut qu’il soit encore en vie. Il faut que je vérifie cette information. »


3.


Hier soir donc, souvenez-vous, mon voisin et moi, à la fenêtre : deux hommes engagés dans une discussion de belle tenue, deux citoyens susceptibles d’offrir à ce monde en perdition un éclairage nouveau. Lui :


— Vous dites que vous avez été « en contact rapproché avec une personne porteuse du virus », ouais ? C’est bien ça ?

— Laissez tomber. Je suis condamné. J’ai quarante ans, je vis dans 60 mètres carrés, je suis probablement pestiféré, mon gamin troque son masque sanitaire contre des Kinder Pingui et moi… Moi, je ne crois plus en rien.

— Vous avez participé à une rave party sauvage clandestine, ces derniers temps ? Vous auriez pas roulé des pelles à des punks chiens femelles, par hasard, dans une tentative désespérée de mettre à l’épreuve une dernière fois votre pouvoir de séduction ?


De quel droit se permettait-il, cet anachronique partisan du rastafarisme ? Quoi qu’il en soit, voilà le genre de questions très personnelles auxquelles il convient aujourd’hui de répondre, sous peine d’être suspecté de trahison à la mère patrie, estampillé Super Contaminateur puis envoyé dans un camp de travail pénitentiaire en Ardèche.

Déporté politique ardéchois portant sur le monde un regard sans haine


— Je ne danse pas, monsieur. Je ne danse plus depuis Menelik, ai-je répondu. Je pense que le rap français a perdu beaucoup de son authenticité, depuis Menelik. Et la seule femme que j’embrasse, pour votre information, c’est mon épouse neurasthénique. Et je l’embrasse avec toute la délicatesse et la prudence qui conviennent. Je ne lui roule aucune pelle. On est pas des bêtes. Puisque vous osez soulever la question…


Je laissai planer un instant ces réflexions puissantes, laissant au cerveau corrompu de mon voisin la possibilité d’en intégrer une infime partie, avant d’ajouter :


— Une femme qui est très saine, en plus. Une bonne personne.


Bref, j’étais en roue libre. Je racontais n’importe quoi, mon regard fouillant les ombres du toit à la recherche de Professeur Raoult, mon chaton égaré.


— Garde la pêche/Bois de l’eau fraîche, m’a lancé le voisin.

— C’est supposé vouloir dire quelque chose ?

— Il faut s’efforcer de voir le côté positif et continuer à aller de l’avant. Moi, par exemple, je n’ai jamais été aussi productif que ces derniers mois.

— Vous travaillez à domicile ?

— Travailler ? (Le pauvre homme manqua de s’étouffer avec son mégot.) Non, non… Moi je mixe.


J’aurais dû m’en douter. Chaque fois que je l’apercevais à sa fenêtre, il portait un de ces T-shirts avec des imprimés géométriques complexes, ce qui signifiait sans aucun doute possible qu’il avait accès au code source de la Matrice et aux dimensions parallèles, via les machines électroniques. Le voisin mixait. Si on m’avait refilé un euro pour chaque mec qui mixe rencontré dernièrement, je pourrais aujourd’hui m’offrir un synthétiseur Yamaha qui fait pouet-pouet/sploutch-sploutch et accéder moi aussi au divin. On a beaucoup appris depuis le premier confinement. Par exemple, derrière chaque volet clos se cache peut-être un intermittent du spectacle qui tripote nerveusement des boutons de volume en se trouvant spirituel et organise des Facebook Live tous les jeudi soir en attendant la fin du monde.


— Va falloir que je vous laisse, je lui ai fait. Je voudrais pas rater l’allocution de Jean Castex.

— Jean Castex ?

— Notre Premier ministre. Ça vous dit rien ?

— Allocution ?

— Vous cassez pas la tête. Je vais vous laisser retourner bosser, Jean-Michel Jarre.

— N’oubliez pas de trouver qui vous a balancé, pour cette histoire de cas contact. Et pétez-lui bien les genoux de ma part.


« Cas contact ». Ça me fait quelque chose, quand même… Quand on sait que le truc est parti d’un marché aux animaux sordide, à l’autre bout du monde, trouvant son chemin jusqu’à moi via une multitude de porteurs, asymptomatiques ou non, traversant les océans, franchissant les montagnes, tel un missile à tête chercheuse. Implacable. Tout ce chemin parcouru via tous ces hôtes. Et si les hommes du monde entier se tenaient enfin la main ? On y était. J’étais un enfant de la mondialisation. J’allais enfin entrer dans l’Histoire. En toussant un peu, certes, mais quand même.

Le voisin a jeté son cul de pétard d’une pichenette sur le toit (car il ne croyait pas davantage au concept de cendrier qu’à celui de Jean Castex). Et il a dit, avec un air mélancolique :


— Je crois que je pourrais pas vivre sans faire du son, en fait…


Pourquoi me racontait-il tout ça ? Qu’était-il humainement possible de répondre à une si triste confession ? Pas étonnant qu’il soit tombé dans le piège cannabique. Pauvre garçon.


— Moi, c’est les Monster Munch, j’ai dit.

— De quoi ?

— Je pourrais pas, sans les Monster Munch.

— Alors là, je valide mec ! De la techno minimale et des Monster Munch ! À part ça, ils peuvent nous confiner encore 10 ans, j’en ai strictement rien à br…


Il est incontestable que nous avons quand même beaucoup appris.

Mon voisin s’est mis à hurler : « Techno minimale et Monster Munch ! » et moi, j’en ai profité pour m’époumoner une dernière fois : « Professeur Raoult, revenez immédiatement !!! » Bref, nous étions, le voisin et moi, assez représentatifs du flou artistique qui englobe cette crise sanitaire, et, plus généralement, de l’incertitude frappante caractérisant notre époque débile et braillarde.

Il était 20 heures.

J’étais toujours une saloperie de cas contact aux yeux de la société. Un risque de contamination. Alors que j’implore secrètement l’amour de chacun à mon égard.

Pourtant, quelque part, quelqu’un m’avait donné.

Une poucave.

Mais qui ?


4.


Je ne suis pas allé travailler, ce matin. Je n’en ai pas le droit. Une grande première. En temps normal, seule une gueule de bois sordide ou un choc frontal avec un poids lourd tchèque (ce qui revient un peu au même, finalement) auraient pu m’interdire l’accès au site de mon entreprise. Aujourd’hui, c’est le protocole. Très bien.

Mercredi 4 novembre 2020.

On peut finir un cubi de merlot à 10 heures du matin, ce sont des choses qui arrivent.

« En temps normal » n’existe plus, au fait. Sortez vos effaceurs en silence.


Luis Zapata est mort. J’étais à deux doigts de poster « R.I.P, toi le clown éternel (sad emoji) » sur les réseaux sociaux, avant de me rendre compte in extremis que je confondais avec Achille Zavatta. Luis Zapata, je suis navré de vous l’apprendre de la sorte, était un écrivain mexicain. Bref, cela fait deux heures que je traîne sur mon téléphone, sans rien comprendre à ce que je lis. Par exemple, 40 558 nouveaux cas ont été recensés ces dernières vingt-quatre heures. Est-ce beaucoup, au fond ? Et combien d’entre eux ont lu « La conjuration des imbéciles » ? Pourquoi est-ce si important, à mes yeux ? J’imagine un laborantin à bout de nerfs s’emporter sur un plateau de télévision : « Nous venons de faire une découverte ahurissante ! Accrochez-vous, les mecs. Parmi les 1 416 112 décès attribués au Covid dans le monde, aucun de ces abrutis n’avait lu le moindre livre de John Kennedy Toole. Vous comprenez ce que cela signifie ? Non ? Moi non plus mais c’est quand même troublant, avouez ! »

40 558 nouveaux cas recensés depuis hier. Est-ce suffisant ? Grotesque ? Encourageant ?

40 558…

« Gardez la pêche », comme le dirait si bien mon voisin philosophe.

J’essaie de faire preuve d’empathie mais 40 558 est un chiffre bien trop grand pour que je puisse être véritablement désolé pour chacun d’entre vous.


OK, je suis déjà saoul.

C’est le protocole.


Tandis que les brumes matinales tardent à se dissiper sur un monde en détresse respiratoire, un monde orphelin de l’auteur d’El Vampiro de la colonia Roma, de surcroît, une voix dépourvue d’intonation résonne dans ma tête : une voix froide, métallique presque, comme tout droit sortie des haut-parleurs d’une manifestation de rue à laquelle personne ne serait venu :


Afin de lutter contre la propagation de l’épidémie et de vous protéger ainsi que vos proches, respectez vos dates d’isolement.

Prenez rendez-vous pour faire un test.

La consommation excessive d’alcool est dangereuse pour la santé.

Afin de lutter contre la propagation de l’épidémie et de vous…


Comment en sommes-nous arrivés là ? Que ferait Calogero, à ma place ? Sans doute une très mauvaise chanson, bien entendu, mais encore ?

Nous sommes mercredi, ce qui signifie que mon fils est à la maison. Ma claustration n’en est que plus pénible. Je l’observe manipuler les pièces de notre échiquier. D’abord, je ne comprends pas ce qu’il fabrique, et puis ça me frappe : il est en train de placer tous les pions du plateau à une case de distance les uns des autres. Terrifiant. Il faudra encore de nombreuses années avant que nous puissions mesurer les effets de cette crise sanitaire sur l’état mental de la jeunesse de ce pays mais je peux au moins dire ceci, à propos de mon fils : il ne remplacera jamais Kasparov dans mon cœur. Je connaissais la défense sicilienne, la variante Najdorf et même le gambit de la Volga (mon préféré), mais je n’avais encore jamais vu de mes yeux l’ouverture SARS-CoV-2, consistant à isoler chacun de ses pions, à une case de distance, en quinconce.


Symboliquement, c’est d’une tristesse infinie.

Stratégiquement, une vraie passoire.


Quant à moi, je scrolle le répertoire de mon téléphone, comme on fait tourner le barillet d’un revolver lors d’une partie de roulette russe entre amis.

Le coup ne va pas tarder à partir, mais j’ignore encore qui va se manger un pruneau.

Une chose est certaine : ma colère doit être déversée sur quelqu’un de toute urgence.

Quand il décroche, je ne dis ni bonjour, ni allô, exactement comme dans les séries Netflix. Je travaille cet enfoiré directement au corps :


— Alors comme ça, on a chopé le Covid ?

— On dit LA Covid, déjà…

— Tu bluffes…

— Je ne bluffe jamais. Je l’ai entendu sur France Inter.

— Eh bien, je m’en fous complètement. C’est sexiste, LA Covid.

— Je vois pas du tout en quoi ce ser…

— C’est extrêmement sexiste ! Pourquoi pas la connasse de Covid, tant qu’on y est ?

— Écoute, c’est pas moi qui…

— Ça vous suffisait pas les cyclones ? Faut que vous féminisiez les virus, maintenant, bande de saltimbanques ?

— Tu te fous de moi ? T’es le plus grand misogyne que je connaisse !

— Et alors ? Ça n’a strictement rien à voir avec le sexisme. Tu mélanges les concepts.

— Mais enfin ! Misogyne et sexiste sont carrément des synonymes !

— Pfff… T’es à côté de tes pompes, mec. Probablement un résidu de fièvre.

— Eh ben, vas-y, instruis-moi. Puisque tu t’apprêtes à le faire, de toute façon…

— Le misogyne éprouve une haine farouche envers le sexe opposé. C’est très authentique. Tu saisis ? Pense France/Angleterre, au rugby. Toujours très beau, un match France/Angleterre. On s’ennuie jamais. Le misogyne est viril, mais correct.

— Et le sexiste, il est comment ?

— Le sexiste, c’est juste un pauvre type qui apprécie les modes de transport doux, n’a pas ouvert un livre depuis la fac d’histoire, écoute des podcast France Inter sur ses AirPods à la con et dit LA Covid sans même se rendre compte qu’il se montre offensant envers nos amies les femmes.

— Tu joues sur les mots, c’est fatiguant…

— Faux ! Tu m’obliges à définir des concepts élémentaires. J’y peux rien, moi, si t’es en plein effondrement intellectuel !

— Me parle pas d’effondrement, s’il te plaît. Je peux sentir d’ici ton haleine avinée…

— Bon, t’as chopé le Covid oui ou merde ? Et ne t’avise pas de nier, j’ai vu passer ton post Facebook.

— Je suis tombé malade, oui, je dis pas le contraire. C’était bien la Covid. Ça a été un peu pénible mais heureusement j’ai…

— C’est toi qui m’as balancé ?

— Attends, de quoi on parle là ?

— On parle du fait, Edward Snowden de mes deux, que je viens de recevoir un mail de la CAF m’informant que je suis cas contact et placé en isolement total pendant sept jours ! À cause d’un ami que je croyais proche mais qui se révèle finalement être aussi digne de confiance qu’un bailleur social.

— …

— Avec une moustache.

— Mais t’es cramé ! On s’est pas vus depuis au moins deux ans…

— Et alors ? Tu m’en veux toujours pour cette histoire de raquette de badminton, dis pas le contraire !


J’ai entendu quelqu’un dire, un jour, qu’une bonne colère vaut mieux qu’une bonne douche. Ça a été une sorte de révélation, pour moi. Depuis, je me lave moins. J'ai dit encore :


— Tu sais que ça me fout dans une merde pas possible, d’être cas contact ? Tu sais que je suis en période d’essai, à l’heure où on parle ? Si jamais mon CDD dans les assurances n’est pas validé, je suis bon pour livrer des sushis à bicyclette. Tu comprends ? T’as vu la tronche du marché de l’emploi ? On dirait Roubaix, la nuit. J’ai une famille à nourrir, au cas où t’aurais oublié ! J’ai une meuf angoissée qui s’enfile des pots de rillettes Bordeau Chesnel comme si c’était rien et un gamin en pleine croissance qui ne jure que par les Kinder Pigui, les vrais, pas les marques pouce en l’air. On ne peut plus le duper. Il a huit ans.

— Huit ans ? Comme ça file, c’est dingue…

— Mais ta gueule, Marcel Proust ! À cause de tes conneries, je peux plus aller bosser. Je vais passer pour un cancre et un crado qui respecte pas les gestes barrières. Merci infiniment !

— Je te jure que j’ai pas donné ton nom. Tu délires. Va te faire soigner.

— Toi, va te faire soigner ! Monsieur j’ai chopé le Covid, likez-moi, je souffre. Tu fais peine. T’as pas plus de fierté que de système immunitaire.


Évidemment, afin de tirer cette affaire au clair, j’aurais pu appeler la CAF et leur demander frontalement le nom et l’adresse du citoyen modèle qui m’avait mis dans ce bourbier. Évidemment… Sauf que le lendemain de cet appel surtaxé, on aurait sonné chez moi (Tiens donc ! À cette heure-ci ?) (car ils agissent toujours la nuit, ces lâches), j’aurais ouvert la porte et deux types costauds habillés comme des cosmonautes m’auraient plaqué au sol avant de prendre ma température sans ménagement (par le chemin le plus fiable), puis m’auraient jeté dans un fourgon noir, direction un laboratoire clandestin Pfizer. Et on n’aurait plus jamais entendu parler de moi, dans la mesure où j’aurais passé le restant de mes jours (vingt mètres sous terre) (quelque part en Norvège) à jouer les souris blanches pour des essais de vaccins en phase de développement précoce. En mode je sers la science et c’est ma joie. Non merci.


En tout cas, ça devait pas être l’autre crétin qui m’avait balancé, effectivement. D’une part parce que je l’avais pas vu depuis deux ans, c’est vrai, et aussi parce que personne (à part moi) ne peut avoir la rancune aussi tenace pour une raquette de badminton fracassée à plusieurs reprises sur un banc public (j’étais saoul et le volant s’était avéré défectueux, lui aussi).


— Bon, et sinon, tu vas mieux quand même ? j’ai fini par lui demander.

— Ben j’en ai bavé. Faut faire attention, c’est pas une blague, ce truc, OK ? J’étais au fond du trou, je te jure. Les premiers jours ont été particulièrement…


Je vous épargne la description pénible (et racontée avec les pieds) des divers symptômes et autres phases de rechute qu’a malheureusement dû affronter, pas du tout au péril de sa vie d’ailleurs, mon épuisant ami en mousse. Il a terminé en déclarant :


— Enfin bref, prenez bien soin de vous. La Covid, je recommande pas.

— Tu recommandes pas ? On parle d’une pandémie mondiale, mec, pas d’une semaine à Center Parcs.

— T’es toujours aussi chiant, c’est inouï. La plupart des gens arrêtent de faire les malins quand ils perdent leurs cheveux. Toi, tu restes une plaie. T’es le même connard invivable qu’à vingt ans… Tu t’en rends compte, parfois ?

— C’est parce que je prends moins de douche.

— Ça n’a aucun sens. C’est quoi cette histoire de nouveau taf ?

— Rien de fou. Faut juste que je rentre un salaire. Laisse tomber.

— Attends… T’étais pas censé être écrivain ?


Ah. Le. Bâtard.

Écrivain… Même venant de sa part, c’était susceptible de me blesser. Cependant, je ne me suis pas démonté. J’ai gueulé :


— Un livre ! J’ai écrit UN livre. C’est bon ? C’est dingue, ça… J’étais pas bien. On connaît tous des hauts et des bas. J’ai déconné, voilà. Vous allez continuer à me faire chier avec ça toute ma vie ? Je suis pas fier. Mais c’est pas une raison pour me traiter d’écrivain non plus…

— …

— Je suis qui, pour toi ? J.K Rowling ? Un recueil de nouvelles, en plus. Même pas un roman. C’est quoi, UN recueil de nouvelles, dans toute une vie ? C’est que dalle. De la pisse de chat. Personne ne l’a lu, de toute manière.

— Ton succès aura été confidentiel, comme on dit.

— On est au-delà du confidentiel, là ! On frôle le secret-défense, mon pote…

— Bon, écoute, j’y peux rien si t’as des loisirs à la con. Tiens, tu devrais venir avec moi au CrossFit, de temps en temps.


Le CrossFit… Ne me lancez surtout pas sur le CrossFit. Si cette pandémie pouvait au moins nous débarrasser des adultes qui font de la corde à sauter et des abrutis qui déplacent des objets lourds sans raison… Mais non. Le Covid n’emporte que des vieillards innocents qui ne demandaient qu’à siffloter Luis Mariano et à ne jamais lire « La conjuration des imbéciles », par ce bon vieux John Kennedy Toole.


Écrivain…


Mon dernier projet se présentait sous la forme de vingt pages manuscrites écrites de travers. Il s’agissait d’un ramassis de notes prises sous merlot. J’avais en tête d’écrire une compilation d’attestations de sorties dérogatoires. Un ouvrage satyrique, désopilant, d’une grande originalité. Bref, ça n’avait aucun sens. Ni aucune valeur commerciale. De toute manière, je ne vois pas pour quelle raison obscure je m’éreinterais à écrire de la prose valable, si les libraires ont tous baissé le rideau et que la vente de livres est interdite en grandes surfaces.

Heureusement, il reste Amazon.

J’ai consulté par la suite mon classement actuel au sein des meilleures ventes de livres sur cette plate-forme de l’enfer, et j’ai donc appris que mon dernier bouquin, l’excellent « La défense sera mon dernier show », était classé 84 737e en Littérature Française. Que dire ?

Mon avenir au sein d’Amazon semble compromis. C’est pas comme ça qu’on va devenir propriétaires, Professeur Raoult et moi (sans parler de ma femme et mon fils, qui devraient nous rejoindre plus tard).


Pour finir, j’ai raccroché au nez de l’autre baltringue et je suis sorti pratiquer « une activité physique individuelle d’une heure quotidienne dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile ». Autrement dit, j’ai fait trois fois le tour du pâté de maison en me giflant vigoureusement, au nom de l’humanité toute entière.


Quelle époque immonde pour un vieillard. Et quelle époque immonde pour un enfant.

Quelle époque insensée, surtout, pour un auteur de nouvelles…

Seuls vont survivre les mecs qui mixent, les employés de la CAF, les balances, Calogero, le sexisme, les cobayes, les barbus et leurs trottinettes électriques, Anxiété et Constipation Magazine, les livreurs de sushis à bicyclette…

Et Amazon, bien entendu.

Et ce monde se changera peu à peu en Roubaix, la nuit.

Sur l’échiquier, tous les pions seront finalement isolés les uns des autres. En sécurité.

Mais on ne gagne pas une guerre en dispersant sa ligne de front.

Et je continuerai à perdre mes cheveux. Je serai de moins en moins chiant.

J’arrêterai de faire le malin.

Et je ne serai plus une plaie.

Et nous aurons tous oublié, dans cette dérive hygiéniste, vague après vague, signalement après signalement, dérogation après dérogation, annulation après annulation, qu’une bonne colère vaut parfois mieux qu’une bonne douche.


 
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   cherbiacuespe   
8/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Deuxième paragraphe, deuxième fou rire successif. Et cela continue jusqu'à la conclusion, inéluctable, "qu’une bonne colère vaut parfois mieux qu’une bonne douche."

Je me suis bien amusé avec cette complainte anxiogène. Quelques erreurs et oublie de mots, pas de quoi paniquer la patrouille. Bien composé, de l'inspiration humoristique, sobre, un voisin pathétiquement hallucinogène avec des visions musicales, bien écrit, inspiré. Un bon et solide texte !

Au passage, déréliction : connaissais pas !

Cherbi Acuéspè
En EL

   ANIMAL   
9/12/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La nouvelle ne m'inspirait guère au départ, étant proche de la saturation sur ce sujet.

J'ai persisté et au final, voilà un texte satyrique d'actualité que j'ai lu d'une traite. Il y a du punch, du vocabulaire, de la culture (j'ai adoré l'allusion à la BD Léonard "je sers la science et c'est ma joie").

Bref, j'ai passé un bon moment avec les tribulations de ce pauvre cas contact dénoncé à la CAF.

De l'humour grinçant pour décrire l'installation à petit pas d'un totalitarisme d'un genre nouveau. Bravo à l'auteur.

PS : est-ce que Professeur Raoult est revenu au bercail ?

   SaulBerenson   
12/12/2020
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Impossible à terminer en gardant les yeux ouverts.
Long, long comme un jour de pluie sans pain.
Dystopiquement trop correct je dirais, puisqu'il faut bien dire quelque chose.

   plumette   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
je ne me suis pas risquée en EL sur ce texte car j'en redoutais le thème.
Je me demandais bien ce qu'on peut-on écrire d'intéressant sur ce sujet qui envahit l'actualité et chahute nos vies!

C'est une bonne surprise. Grâce à cet humour grinçant de type auto dérision qui irrigue le texte de bout en bout.

Faire rire avec La COVID en développant sur le mode ironique toutes sortes de sujets dans l'air du temps dénote une certaine "qualité " de regard à laquelle je suis sensible.


L'écriture sert très bien le propos, elle est alerte et plutôt riche.

j'avoue avoir été surprise que ce narrateur à qui il faut très peu pour devenir totalement parano ait une épouse et un môme!

Mais la présence du gamin ( plus que celle de l'épouse) apporte 2
éléments hilarants dont il eût été dommage de nous priver.

A quant votre intervention sur les forums et commentaires Scatterbrain?

   fugace   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je me suis beaucoup amusée à cette lecture désopilante d'un sujet d'actualité qui nous préoccupe tous.
Le gamin qui troque son masque contre un goûter, puis en récupère un autre dans les toilettes: pas forcément de la fiction!
Le projet d'oeuvre littéraire, sous Merlot, en compilant sur une vingtaine de pages les autorisations de sorties dérogatoires: il fallait y penser! Mais à mon sens, vingt pages ne suffiront pas.
Quant aux vagabondages nocturnes du Professeur Raoult, il ne peut se faire que sur le toits, c'est en hauteur que l'on voit le mieux.
C'est vraiment jubilatoire, grinçant à souhait; et au final on verra tous notre facture d'eau diminuer parce qu'une bonne colère soulage plus qu'une douche.
Merci pour ce bon moment, on en a tous besoin.

   Dugenou   
12/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour scatterbrain,

Un grand moment de rigolade, ce texte ! J'ai été rebuté par la longueur du texte en EL, et, c'est vrai, au bout d'un moment, vous perdez le souffle... ou alors c'est votre lecteur qui a eu sa dose d'humour pour la journée.

Merci pour ce texte désopilant et ses références culturelles qui ne le sont pas moins.

Dugenou.

   Bellini   
14/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le genre de lecture que je viens chercher sur Oniris. Des textes drôles et décalés, rare genre littéraire, pourtant vaste comme un boulevard, dans lequel un amateur peut dépasser un auteur estampillé. Et savoir que vous avez apprécié La conjuration des imbéciles m’a conforté dans l’idée de poursuivre ma lecture. Je crois qu’il n’y a pas un jour où je ne lis pas un paragraphe de ce roman. Alors Scatterbrain, persistez, ne vous suicidez pas comme ce pauvre John Kennedy Toole, dont personne n’a jamais voulu éditer le roman de son vivant. Je crois que son héros Ignatius J. Reilly ne vous aurait jamais dénoncé à la CAF, lui dont le confinement au lit était un statut social préparant la révolution des esprits :))

La catégorie Humour/détente puis l’incipit : « Cet été, j’ai adopté un chaton. Je l’ai appelé « Professeur Raoult ». Pourquoi ? Parce que cet animal m’appartient corps et « âme », pour commencer. Je fais donc exactement ce qui me chante. » ont excité ma curiosité. Votre texte n’est pas broché ni posé sur un présentoir avec l’étiquette « élu par les libraires livre le plus drôle de l’année ». Par qui avez-vous dit ? Par les libraires ? Et pourquoi pas par les hommes politiques pendant qu’on y est ?

Bref, de l’humour pile poil comme j’aime, que je ne suis pas sûr de trouver en payant. Je ne peux pas en dire autant des autres catégories, sauf lorsqu’il s’agit de textes courts, où là encore l’amateur n’a parfois rien à envier au professionnel.
Si vous revenez, je reviendrai aussi.
Bellini

   Berger   
21/1/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai souri à plusieurs reprises, tout lu d'une traite sans temps mort, bref merci! Un style que j'aime beaucoup, du rythme, des références, de bons dialogues. Et de l'humour, probablement ce qu'il y a de plus dur à écrire actuellement!


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