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Sentimental/Romanesque
solidane : À parcourir le temps
 Publié le 23/03/11  -  8 commentaires  -  4282 caractères  -  137 lectures    Autres textes du même auteur

Il n'y a que des histoires universelles, ici et ailleurs.


À parcourir le temps


Cette histoire est si ancienne qu’elle n’a plus rien d’une nouvelle. Tu es autre part, distante et si présente. Nous avons retrouvé un autre possible bien différent. Aussi, pourquoi ressortir ces vieilles lunes ? Parce qu’elles furent dans leur temps et sont gravées à jamais, quand bien même il ne m’arrive pas si souvent d’évoquer ton doux souvenir.


11 avril d’une année déjà oubliée…


Il a coulé tant d’eau. Le temps que je puisse endiguer le flot, le salon était noyé. Inondé, façon comme à la télé quand les sinistrés rehaussent les meubles avec des agglos pour essayer de sauver quelque chose. Ma science maniaque du rangement ne m’a pas permis de trouver la clé à mollette ou anglaise adéquate pour intervenir à temps. Peut-être sous le tas de torchons, mais non puisque je les ai tous jetés à terre pour tenter d’éponger. En vain, évidemment.

Il a coulé tant d’eau de tes yeux, et je n’ai pas su atteindre le « robinet magique ». Je suis resté, imbécile, face à toi, les pieds dans l’eau, à te regarder, me maudissant de mon inutilité.


Le soleil brille à nouveau, tes yeux sont encore humides, mais je sais que cette petite boule jaune saura mieux que moi arriver à bout de ces quelques larmes récalcitrantes. Il a coulé tant d’eau, et je n’avais que mes propres larmes pour t’aider, contribuant ainsi à mieux te noyer.


Alors j’ai cueilli ce soleil égoïstement, je l’ai installé dans la pièce. Oh, ce n’est qu’un emprunt, la nuit est devenue tout d’un coup si noire pour les autres dehors. Comment pourrais-je t’aimer en les oubliant aussi ? Les pouvoirs de cette petite fleur jaune sont si puissants qu’en un rien de temps tout sera sec. Il a coulé tant d’eau que c’est un vrai bonheur de savoir que tu habiteras dans un appartement au premier étage. Là, où aucune crue, fût-elle du siècle, ne t’atteindra jamais.


J’ai raccroché le soleil à sa place. Ton chaud sourire, celui que tu auras toujours du mal à cacher, finira bien par sécher le carrelage. Largement à temps avant que tu t’en ailles. Un jour, dans peu de temps, j’irai te voir chez toi. J’aurai soif, de toi sûrement, mais ce n’est pas celle-là que tu pourras étancher. Alors, s’il te plaît offre-moi à boire, un café par exemple, mais surtout pas, surtout pas un verre d’eau. Il a coulé tant d’eau de tes yeux que j’ai horriblement soif de…


16 avril


La nuit m’a déposé sur le bord du rivage. Il est temps d’être à nouveau. La pensée de n’avoir peut-être pas su sécher cette dernière larme m’obsède. Tu n’es pas là. Rares sont les matins où je m’éveille sans penser que je n’ai fait qu’un rêve, que tout ça n’existe pas.

J’ai peu travaillé ; mon carrelage peine… Peu importe, lui ne s’envolera pas.

Ce petit soleil jaune, dont j’ai paré ton manteau, doit bien souffrir, je crains fort qu’il ne résiste pas, sa survie dépend trop des soins que je peux lui apporter, et je n’ai jamais trop su m’occuper des fleurs.

Que ferai-je de ta peine si je ne peux te consoler. Tu me manques et les mots s’effacent au fur et à mesure où ils se forment. Ai-je perdu la parole ou ne se nourrit-elle que de ta vue ?


Tu prends ton travail, il est temps. Quelle nouvelle fatigue as-tu donc accumulée ? De qui t’occuperas-tu aujourd’hui ? Madame B. (secret professionnel), un peu acariâtre, toujours mal installée pour son petit déjeuner ou madame C., 100 kilos, inlevable, incouchable, intoilettable, mais si gentille ? Mes pensées sont décidément bien déliquescentes, ce triste matin. Me reste-t-il si peu à te dire ? La source se tarirait-elle ?


L’aube point. C’est bien la seule. Les enfants vont le faire sous peu au collège ou au lycée, je suis l’unique à être libre, à avoir rarement à pointer, dont on n’attend rien. Je relis ces lignes et me rends compte à quel point j’ai peu à dire ce matin, alors que je savais qu’il serait des plus importants pour moi.


Je crois que je vais sécher cette dernière larme que tu as déposée hier soir et que j’avais oubliée. Enfin, le monde bien installé dans ce nouveau jour, je vais replonger, pour une fois, dans la nuit.


Ce n’est qu’un fragment d’histoire, d’une histoire dérisoire, qui n’appartient plus à personne. C’est pour cette simple raison qu’il prend sa place dans le temps, qu’il peut être à tous maintenant.


 
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   Pascal31   
11/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce n'est pas une nouvelle, en effet. C'est un fragment d'histoire, un témoignage personnel si intime que j'ai eu l'impression désagréable d'être un "voyeur".
Ceci dit, il y a beaucoup de poésie dans cette impudeur. J'ai aimé le soleil-fleur pour sécher l'inondation de larmes. J'ai moins apprécié le passage sur le travail et ces Madames "anonymées"...
Au final, un récit qui laisse un sentiment étrange de mal-être enrobé de poésie.

   Anonyme   
19/3/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
On fait de la belle poésie avec tant de mélancolie, et c'est le cas, mais pas une belle histoire, au mieux, on fait une histoire mélancolique, et c'est le cas. Ici le soleil, la boule jaune est extérieure au narrateur. C'est en soi qu'on le trouve ça, pas chez les autres, pas chez une autre ou chez une. Même si ça peut aider. Il appartient à chacun de sécher ses propres larmes. Question de philo je crois. Ceci dit c'est un texte doux, poétique, mais je n'adhère pas à la mélancolie.

   jaimme   
21/3/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très bien écrit. Très poétique. J'ai beaucoup aimé.
Ou comment ce qui est nouvelle, ne l'est malheureusement plus.
L'aller et retour vie/écrit est excellent.
Quand intelligence et poésie sont en harmonie, un seul mot: bravo!

   Anonyme   
23/3/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je suis embêté pour mettre un commentaire pour la bonne raison que je n'ai pas compris de quoi tu parlais, à qui tu t'adressais. J'ai de vagues idées mais aucune ne s'impose vraiment. Cette petite boule jaune me semble vraiment mystérieuse.
Il demeure alors une tristesse générale dont le sens m'échappe. Du coup, je me sens complètement exclu du texte. Soit c'est moi qui ne parvient à trouver la clé, soit ton texte reste trop énigmatique pour que je l'apprécie.
Le style m'apparait également un peu laborieux.

   DouglasLejeune   
23/3/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
1) je n'ai pas vraiment compris, a part que c'etait triste et melancolique, sentiments bien rendus. Mais a part ca c'est assez peu clair.
2) permettez que je releve plusieurs passages qui m'ont choque dans le style:
Tu es autre part (ailleurs?)
gravées à jamais, quand bien même il ne m’arrive pas si souvent d’évoquer ton doux souvenir. (cliche+lourd)
façon comme à la télé quand (moche et relache)
me maudissant de mon inutilité. (maudissant mon inutilite)
arriver à bout (venir a bout)
L’aube point. C’est bien la seule. Les enfants vont le faire sous peu au collège ou au lycée, je suis l’unique à être libre, à avoir rarement à pointer: il faut comprendre que l'aube pointE, comme a l'usine ou au college? Elle est la seule?

   Charivari   
28/3/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour. Ce que j'ai apprécié, c'est le ton : poétique, qui sait éviter le pathos pour évoquer avec un certain humour un sentiment d'extrême tristesse.

Par contre : j'avoue ne pas avoir compris ce qu'était cette "petite boule jaune", ni avoir trop accroché à cette métaphore filée du déluge et du soleil. Un peu trop appuyée pour moi, cette métaphore. Ça aurait fait un joli poème ou chanson, en prose, je trouve que c'est un peu trop léger comme texte.

   Anonyme   
29/3/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Une écriture poétique pas trop mal ( c'est un compliment de ma part, j'y suis plutot réfractaire ! )
mais l'histoire où est-elle ? Elle reste inaccessible.
Quand je lis une nouvelle, j'attends une histoire, pas que de jolis mots... il ne fallait peut-être pas envoyé ce texte dans cette catégorie.
Et je le note en fonction de cette grille de lecture.

   Anonyme   
25/4/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
slt solidane ! ton texte vraiment super , un peu de poésie quelque ligne des paroles intime d'une personne qui a vraiment compté.......


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