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Humour/Détente
solidane : Entre chèvre et loup
 Publié le 18/03/09  -  7 commentaires  -  5153 caractères  -  49 lectures    Autres textes du même auteur

S'instruire pour être mieux préparé à la vie. Une évidence ???


Entre chèvre et loup


Le loup sortit de la chèvrerie… humeur massacrante. Il avait les crocs et une sérieuse dent contre Monsieur Seguin qui avait juré devant tous qu’on ne l’y reprendrait plus et que Blanquette passerait sa vie enfermée si elle ne renonçait pas à ses aspirations vagabondes. Le fauve avait conçu un plan dont il n’était pas peu fier : attendre la Blanquette là où Monsieur Seguin ne manquerait pas de l’interner.


Cette brillante construction, il savait la devoir à ses parents. Originaires des Carpates, sédentarisés dans le Mercantour, ils étaient persuadés qu’un peu d’éducation aux Belles Lettres favoriserait l’intégration et la réussite du premier de leur portée. Ainsi le loup avait-il lu Daudet, Pagnol, et tant d’autres dans le texte ; d’eux et de leurs histoires, il savait tout… Et maintenant, il s’en voulait d’avoir été aussi stupide. À écouter ces fumeuses sirènes, il en avait perdu une bonne partie de son instinct sauvage. De ça, il était maintenant convaincu. Il avait donc passé dans l’étable une nuit peuplée de fantasmes extrêmes, de salivations sirupeuses, suivies d’une intense déception quand avaient point les premières lueurs de l’aube. De Blanquette point, justement, et cet estomac serré autour des reins. Son fameux plan ! Stupide concoction intellectuelle ! Que ne l’avait-il tout bonnement guettée au petit matin sous les frondaisons comme l’eût fait tout loup de juste raison ?


Sa mauvaise humeur s’accrut encore quand, ayant poussé le battant de l’enclos, il découvrit la chèvre assise auprès de son maître, collationnant gaiement dans l’air frais et odorant du soleil renaissant. Le vieux possédait un fusil et la bête ne l’ignorait pas. L’estomac avait fini par faire un nœud autour de la taille pour ne pas choir lamentablement. Il progressa lentement, au ras du sol, fit le tour du jardinet et contempla à nouveau, plein de rancœur, les deux compères. Il interrogea mentalement Daudet sur la suite à donner aux évènements et s’en voulut in petto de ce retour à l’odieuse civilisation. Dans le même temps, il eut la conscience subite de ma présence.


Instinctivement, il me savait là, à chercher mes mots, à tenter d’imaginer une suite improbable à ce conte dont il était bien malgré lui le sinistre héros. Ce n’était pas la première fois, et trop, c’était trop ! Je ne suis d’ailleurs pas sans redouter qu’il se retourne contre moi ; je dresse l’oreille au moindre bruit, me retourne sur ma chaise quand vibre une ombre alentour. Ne pas me laisser impressionner. Je puis encore mener la bête là où je le souhaite. Et qu’un collègue en écriture me fasse remarquer que c’est un classique que le héros se retourne vers son auteur n’enlève rien à ma trouille.


Mais le lecteur ne souffre pas la moindre pause, la longueur parfois inévitable qui cassera le fil du récit. Il me reste peu de temps, et le mouvement reptilien du fauve n’aide pas à la concentration. De fait, le petit déjeuner de Blanquette et de son maître a déjà pris fin, chacun vaque à ses occupations. La biquette broute tranquillement les pensées de Monsieur Seguin, ses propres pensées vont à l’herbe douce et aux fleurs des hauts alpages ; son Maître affairé dans l’étable suit le moindre de ses mouvements, prêt à la ramener à l’enclos. Je ne distingue plus le fauve où s’est-il donc caché, a-t-il regagné l’ombre de la sombre forêt, digérant son déplorable insuccès ?


Il y a eu comme un souffle chaud sur le parquet de mon séjour, il s’est glissé sous la porte de mon bureau. Je suis sur le qui-vive, en moi, la peur et la colère montent simultanément. Sauvagement. On peut discuter du sort du loup s’il le souhaite, mais qu’il rentre ses crocs. Qu’il ait faim s’entend, que j’en sois un peu responsable aussi, mais il ne passera pas sa langue sur mes os. Je peux même lui cuisiner un déjeuner, bacon et œufs frits et pourquoi pas un petit fromage de chèvre pour terminer. Mais qu’il se montre au moins. Lâche, ouvre la porte !


Jeune et alerte, Blanquette partira si tel est son désir et le vieux aura beau courir après, il ne la rattrapera pas. Il en va tout autrement de moi, je suis en sueur, mes doigts moites glissent et dérapent sur le clavier. La raison me ramène à qui je suis, c’est moi qui écris et décide. Je sens sa fourrure le long de mes jambes, il est là ! Je suis stupidement tétanisé, seul le bout de mes dernières phalanges parvient encore à se mouvoir. Je suis…


Je suis au sommet des plus hautes cimes, penché au bord d’une falaise, j’admire un spectacle somptueux. Senteur et couleur, la haute montagne s’offre à mes yeux. Je suis sous le charme, enfin rassuré. Tout en bas, très loin, je devine la chaumine de Monsieur Seguin, j’y cherche la chevrette du regard. Quant au loup, il a choisi mon histoire sans même penser, pauvre bête, que je pourrais investir la sienne.


Tout à la contemplation, je ne l’ai pas sentie arriver. Elle s’est tassée sur elle-même, comme recroquevillée, a pris son élan et a percuté mon postérieur de ses cornes effilées. Blanquette pour t’avoir cherchée, j’ai fini par t’oublier et ne t’ai pas sentie arriver dans mon dos, et je chute, chute, sans fin… dans la gueule du loup.


 
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   Selenim   
18/3/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Étrange histoire où le narrateur est un personnage de sa propre histoire, parodie empruntée à M. Daudet.

Je n'ai pas vraiment accroché, la faute au un style trop soutenu. L'humour, pourtant présent, ne fonctionne pas.

Je trouve la structure un peu brouillonne et certaines phrases alambiquées.

Pas convaincu.

   Menvussa   
18/3/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour, Solidane.

Sujet un peu casse-gueule. L'idée est intéressante mais il est facile d'égarer le lecteur et à mon avis c'est ce qui est un peu arrivé.

J'ai bien aimé les trois premiers paragraphes y compris cette ouverture sur le monde réel, celui de l'auteur.

Le quatrième m'a un peu désarçonné. ce "trop c'est trop" je ne sais pas s'il est une pensée du loup ou de l'auteur. La justification vis à vis du lecteur ne m'a pas semblé très judicieuse ou peut-être amenée d'une façon un peu maladroite.

J'en veux presque pour preuve la première phrase du paragraphe suivant.

La manière dont l'auteur se fond dans son récit pour échapper à un loup entré par effraction m'a bien plu ainsi que celle qui fait de Blanquette une complice du loup.

Mais il m'a fallu lire deux fois le texte pour bien y pénétrer et à peine dans l'ambiance il m'a fallu en sortir... The end.

   xuanvincent   
18/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ce récit m'a paru ne pas manquer d'imagination et d'un certain humour.

C'est surtout la manière dont a été contée ce récit (je ne sais pas trop comment dire, un peu trop réfléchie il m'a semblé) qui m'a moins plu.

L'idée de faire intervenir le lecteur dans le récit, également l'auteur m'ont intéressée ; j'ai apprécié que l'auteur dans ce récit croit à un moment avoir tout pouvoir sur son récit ou sentir au contraire qu'il peut être sous l'emprise d'un de ses personnages (le loup). De même la chute, où un des personnages sort littéralement de l'histoire pour intégrer le réel du narrateur, m'a plutôt plu.

   Anonyme   
20/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Solidane.

Je commencerai par les adverbes et autres mots en "en/ant/ent" qui pulullent dans ce texte court, alors j'en ai surement (lol) oublié mais j'en ai compté sur moins de 6000 caractères :

Parents
Maintenant (plusieurs fois, 2è paragraphe 2 fois de suite dans 2 phrases successives)
justement
bonnement
gaiement
renaissant
lamentablement
lentement
mentalement
Instinctivement
tranquillement
mouvements (plusieurs fois)
digérant
simultanément
Sauvagement
s’entend
autrement
stupidement

ça rengaine, c'est désagréable à l'oreille, et je me permets parce qu'il fut un temps (et des fois encore maintenant) où je souffrais du même souci.

Sinon j'ai aimé.
Le style allégé gagne en profondeur et l'histoire bien qu'assez décousue et méritant un traitement plus long, y gagne en clareté.

J'aime l'idée, le narrateur qui réécrit à sa sauce et finit par en payer le prix.

Humour noir et bons mots, une façon ma foi sympathique de détourner la fameuse chèvre.

Histoire somme toute très féminine dans sa chute... on choisira toujours le loup au détriment de la chèvre, et on finira toujours étonnée dans sa gueule.
J'aime.

Bref, Solidane, tu comprends pourquoi je m'accroche.
De loin le meilleur que j'ai lu de toi. Je crois. Avec les panneaux de toilettes dont j'ai oublié le nom.

Mais je t'en conjure, trouve des synonymes pour les mots en an/en/ent/ant et je serais une lectrice assidue ET conquise!

Merci néanmoins pour ce joli petit bout.

   jensairien   
21/3/2009
j'aime bien les histoires où le narrateur, ou le lecteur, se retrouve dans le récit. C'est donc un peu le thème de cette nouvelle qui aurait pu être plus vivante, plus percutante, et plus originale. La fin est amusante, où c'est la chèvre, contre toute attente, qui va perdre le narrateur. Il manque pourtant quelque chose.

   Anonyme   
23/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'aime : la créativité, l'humour, la mise en scène de personnages étonnants, le jeu de miroirs...

J'aime moins : le style un rien pesant par instants, l'accumulation d'adverbes, un rien de confusion.

Au total c'est tout de même un texte plaisant à la lecture.

   Nongag   
23/3/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Ce jeu entre l'auteur et ses personnages ne fonctionne pas. Pourtant c'est assez bien écrit, mais le ton humoristique me semble faible, voir inexistant... Et puis, le thème (s’instruire pour être mieux préparé à la vie) est abandonné en cour de route… Un peu comme si on avait un sujet de départ et un sujet d’arriver : le loup et son éducation contre nature et l’auteur se débattant avec ses personnages.

Désolé, ça n’a pas fonctionné pour moi.


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