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Humour/Détente
Flupke : Costa Pobre - Corruption policière
 Publié le 18/03/09  -  25 commentaires  -  4732 caractères  -  87 lectures    Autres textes du même auteur

Dans certaines républiques dictatoriales, les policiers corrompus se croient vraiment tout permis. Un exemple flagrant mais banal.


Costa Pobre - Corruption policière



Au Costa Pobre, les égarements du pouvoir ne sont pas l'apanage du gratin politique. La fascination d'une omnipotence relative – et des avantages en nature qu'elle peut procurer – sévit de manière endémique au bas de l'échelle. Dans cette petite république bananière, la police éprouve de sérieuses difficultés à se préserver des multiples tentations inhérentes au syndrome d’une immunité définitivement acquise par le port de l’uniforme.


À quelque deux cents kilomètres de Buena Muerte, la capitale, se trouve la paisible ville frontalière de Ciudad Barata, où les riches Costa Ricains viennent se ravitailler. Les supermarchés et centres commerciaux pullulent à Ciudad Barata grâce à la pauvreté bon marché du pays qui attire un nombre appréciable de consommateurs étrangers, avides de bonnes affaires.


Parmi ces magasins, Tapio, spécialisé dans le bricolage, occupe la première place dans son secteur. Il appartient à la chaîne nationale du Colonel Tapioca. Techniques de marketing sophistiquées, résolument novatrices (dynamitage feutré des boutiques rivales, rapt discret du personnel d’encadrement des concurrents trop compétitifs), ou parfois traditionnelles (publicité omniprésente sur tous les supports possibles). Et toujours, mais toujours, des vendeuses et des caissières souriantes, sobrement vêtues d'un bikini vert et rouge, les couleurs de la chaîne Tapio.


Il est 22h12 au Tapio de Ciudad Barata. Victor Gonzalez, patrouilleur d’une firme privée de sécurité, gare sa voiture sur le parking. En s’approchant du bâtiment, il entend très nettement, à intervalles réguliers, un bruit de perceuse électrique. Comme il n’aperçoit aucune lumière à l’intérieur, il contacte immédiatement sa centrale pour informer ses supérieurs de l’anomalie. Ces derniers préviennent directement la police.


La réponse se fait quelque peu attendre. Au poste de Ciudad Barata, tous les policiers bourdonnent autour d’une vieille télévision. L’écran vient juste d’affirmer sa vétusté en affichant en son milieu, une simple ligne blanche horizontale de cinq millimètres de large. Il s’agit là d’une véritable catastrophe, car en fin de soirée, débute la rétrospective annuelle des meilleurs moments du reality-show favori des fonctionnaires locaux : La isla de la tentación. Les uniformes s’affairent autour du poste et les suggestions les plus variées fusent. L’émission commence bientôt et il faut absolument trouver une solution, très rapidement.


Pour la troisième fois en moins de cinq minutes, le téléphone sonne et un policier plus consciencieux que les autres se dévoue enfin pour prendre l’appel et noter les références de l’incident. Il repose le combiné et demande à la cantonade si certains de ses collègues ont besoin d’outils. Le silence s’établit autour de la télé et il annonce le cambriolage en cours, au Tapio. Cinq voitures de police démarrent en trombe et roulent à tombeau ouvert vers le magasin fermé.


Arrivé sur place, Gabriel Rodriguez, le grand chef, fait voler en éclats une porte vitrée à l’aide d’une barre de fer, afin de permettre à ses hommes de pénétrer rapidement dans le bâtiment. Le tintamarre de la perceuse continue, apparemment indifférent au tumulte des policiers et à leur shopping tardif. Après s’être discrètement rempli les poches, les représentants de l’ordre s’approchent de la source des nuisances sonores, l’arme au poing. Ils se retrouvent, revolver pointé, à trois mètres d’un système vidéo. Un court film y passe en boucle. Publicité pour une foreuse sans fil Black & Decker. Les employés ont probablement oublié de l’arrêter avant de quitter le magasin.


Gabriel est le premier à se rendre compte de l’incongruité de la situation : quatorze revolvers menacent de faire exploser un tube cathodique allumé et avec les éclats de verre potentiels, de transformer ses hommes en cactus sanguinolents. Il rengaine son arme, immédiatement singé par ses acolytes. Les policiers se regardent les uns les autres dans les yeux, en s’interrogeant tacitement. Sur un mouvement de tête très clair de leur chef, deux officiers débranchent la télévision et l’embarquent au poste pour une garde à vue collective.


Demain, le directeur du magasin sera convoqué pour tapage nocturne. Il pourra s’il le souhaite offrir un bakchich décent afin de gommer lui-même l’incident sur la main courante, comme le veut la coutume nationale, et aussi, récupérer la pièce à conviction.


Mais pour le moment, cinq sirènes endiablées hurlent leur hâte en déchirant la sérénité de la nuit tropicale. La rétrospective annuelle de La isla de la tentación commence bientôt et il n’y a pas une seule seconde à perdre.


 
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   Anonyme   
18/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Prems. Excellent. Chute très drôle ! Style agréable et pince-sans-rire.
"deux officiers débranchent la télévision et l’embarquent au poste pour une garde à vue collective."
Passage hilarant
Que du bon !
Merci

   Selenim   
18/3/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Dans la lignée du premier texte sur le Costa Pobre.

L'intrigue n'est pas bien épaisse, mais ce n'est pas le principal ici.

   Anonyme   
18/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Du Flupke de chez Flupke. Rires garantis sur facture.
Une petite réserve concernant le titre. J'aurais plutôt vu quelque chose genre "une police sévère mais juste"

   Anonyme   
18/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bien vu ! Un excellent moment de lecture... d'autant que moi aussi j'ai une bande blanche sur mon téléviseur ! C'est grave docteur Flupke ? Comment ? Non, je n'habite pas la Costa Pobre mais la Côte des légendes... On ne peut rien faire ? Tant pis, il me reste Oniris...

   xuanvincent   
18/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Cette nouvelle, bien dans la lignée de la précédente, m'a paru plutôt réussie dans l'ensemble et amusante.

L'auteur a donc sans doute bien fait, à mon avis, de prendre le temps de réécrire son histoire pour la scinder en deux récits distincts.

J'aurais toutefois une petite préférence pour le premier volet de cette histoire (en deux temps), comme cela a dû être le cas déjà lors de ma précédente lecture l'an passé pour la version première du texte (celle où les deux histoires n'étaient pas séparées), qui m'a davantage amusée (j'ai vu ici un fait divers davantage, assez drôle il est vrai, qu'un foisonnement d'idées amusantes sur un Etat imaginaire).


PS : Amusant, ce texte, au moment où je le lis, aura reçu pas moins de 4 commentaires pour seulement 2 lectures ! (j'imagine que cela est lié à la taille du texte, qui n'est pas bien long à lire)

   Menvussa   
18/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un cynisme désopilant. La télé en garde à vue.
Le texte est bien écrit... ça devient une habitude, faudrait voir à changer tout ça.
J'ai comme l'impression qu'on a pas fini d'en entendre parler du Costa Probe.
Doit y avoir du Bakchich là-dessous.

   Anonyme   
19/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Si je comprends bien, va y avoir toute une série sur le Costa Pobre...? Bah j'ai trouvé l'ensemble bien écrit et bien vu.
Un petit regret pour le colonel Tapioca, suis pas forcément tintinophile. Encore un petit sourire teinté du rictus de la réalité.

   victhis0   
19/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Monsieur,
Tout ce que vous venez de relater est faux. Ce dénigrement de la très respéctée police Costa Pobrienne est l'oeuvre d'un occidental borné, un raciste de la pire espèce.
Je tiens à souligner la grande probité des fonctionnaires de Cuidad Barata, dont l'efficacité et l'intégralité sont un modèle que bien des démocraties riches devraient suivre.
En fait, un gang vraissemblablement armé par l'Oncle Sam tente, par des coups de force répétés, de déstabiliser la fructueuse économie Santa Probrienne, renomée dans toute l'Amérique Centrale. Des tentatives de cambriolages douteux nous sont quotidiennement relatés. Cet aveu d'impuissance doublé de violence gratuite ne saura en aucun cas faire dévier la ligne que le Président Perez a tracé, Lumière du Peuple.
L'Etat, dans sa grande mansuétude, a équipé la police de télévisions de surveillance flambant neuves ; je me permets de renouveler mon invitation à visiter pendant un certain temps, nos cellules, afin que vous vous fassiez une opinion véritable de la justice et des moyens qui y sont consacrés.
Je vous adresse mes respectueuses salutations, plus poussé par un réflexe épistolaire que par ma réelle conviction.
Ignacio Puta de la Mujer
Ambassadeur du Costa Pobre en Oniris

   Faolan   
19/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte sympathique avec la petite touche "Flupke".

   Anonyme   
19/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Flupke
Il y a je ne sais quoi de plus (ou de moins ) dans cet épisode qui m' plus accrochée. peut être le style plus vif plus journalistique et moins scolaire je pense parce que au niveau des idées on s'y attend maintenant. L'ile de le tentazion facile ... Mais le ton Flupke j'aime

Xrys

   aldenor   
19/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je préfère cet épisode au premier; l’écriture est autrement plus vivante et l’humour passe parfaitement. Un peu mince tout de même.

   Nobello   
20/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Trop marrant ! ...'Core !

   liryc   
20/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Heureux de faire ta conaissance à travers ce texte et rien à ajouter sauf mes encouragements et mes bravo. Quel rebondissement. Plein d'humour.
Je te place dans mes favoris :-)

   Anonyme   
20/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Que jé soy muerte de rire !

Ambiance assurée avec verve. Je m'y suis cru. J'ai même senti la transpiration des policiers. Il fait chaud là-bas.

L'île de la Tentation ? Serait-ce un indice pour un prochain épisode ? :lol:

Texte bien emporté, sans réel suspens, mais je ne crois pas que c'est ce qui était recherché par l'auteur. La chute aurait gagné à être un peu moins "télévisuelle".

Bien aimé dans l'ensemble.

   kullab   
20/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Super !
J'ai préféré celui-ci au premier !

   widjet   
21/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien
J'avais déjà lu et commenté cette histoire - qui si je me souviens bien - s'appelait LA ISLA DE LA TENTACION, mais dans la première mouture, il n'y avait pas de carte je crois.

Le reste semble inchangé...et reste drôle et bien enlevé.

Widjet.

   jensairien   
21/3/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
marrant et drôle, du bon Flupque. La chute est un petit régal. Je ne suis pas très sûr que les trois premiers paragraphes, destinés à nous dépeindre la situation du Costa Pobre soient vraiment utiles à l'histoire. Il y'a un petit côté bd dans ce court texte. Et c'est vrai que le titre aurait mérité un traitement aussi railleur que le reste. La suite!

   macalys   
22/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un bon moment de lecture, grâce à ton humour pince-sans-rire ! J'adore comment, sous couvert de nous renseigner avec sérieux et professionnalisme (le ton est faussement journalistique), tu glisses dans ton récit des tas de bizarreries drôlatiques. Je pense par exemple aux "Techniques de marketing sophistiquées, résolument novatrices" des magasins Tapio, ou des hommes de Gabriel qui risquent de se transformer en "cactus sanguinolents", sans compter la faculté d'analyse de ce même policier...

Ce que j'aime aussi dans cette nouvelle, c'est que tu réussis à nous donner un aperçu des moeurs de la police de ton pays imaginaire sans les décrire, mais en les mettant en scène. Et ça, c'est très fort (et du coup, pour cette raison, j'ai préféré ce volet au précédent).

Un reproche, quand même : c'est trop court. À mon avis, tu peux encore exagérer certains effets, ou peut-être suivre Gabriel Rodriguez plus longuement, pour donner un tableau encore plus saisissant de ta "République bananière".

   Tchollos   
23/3/2009
Très sympa. Une super imagination, et un humour percutant, cynique et plutôt malin. Le style est agréable et colle parfaitement au sujet. Je ne connaissais pas encore ce "Costa Pobre" mais je sens que je vais m'y plaire, et que celui qui a décidé de me le faire visiter à des tas de choses à me dire sur la folie du monde ;o)

   Nongag   
23/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Donc, ce sera une série! Tant mieux. J'ai encore plus aimé ce nouveau chapitre de la description de ce pays de m... C'est amusant, cynique juste comme il faut... L’histoire est savoureuse.

« La isla de la tentación » Tordant!!

Un petit détail: je trouve que le ton d'écriture oscille entre le faux reportage journalistique (3 premiers paragraphes) et la nouvelle d'humour. Je pense qu'il faudrait choisir entre les deux: soit le faux article de journal relatant un fait divers, soit carrément une histoire se déroulant au Costa Pobre. C'est le seul point qui m'a dérangé.

Sinon, c’est un pur bonheur!

   Anonyme   
27/3/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très drôle...et plein de détails amusants. Réjouissante lecture.

   nico84   
1/4/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'adore aussi, bravo ! Quel humour :)

L'écriture est maitrisée et plaisante à lire. J'aime aussi ce coté documentaire-information en contradiction avec l'humour.

   Raoul   
17/4/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un reportage rythmé et saugrenu parfaitement vraisemblable au fond!
Lors de ma lecture de l'épisode précédent, je n'avais pas trop prêté attention à la carte… L'aventurier qui sommeil en moi se prend à rêver d'aller à Lobsang Rampa (excellent!) pour une quête spirituelle…
Bon je retourne voir la Isla de la Tentación… l'écran de pub Tapio vient de se terminer!

   Mistinguette   
8/2/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Emballée par l’histoire de la tueuse obèse à la tronçonneuse, voilà que je me retrouve au Costa Pobre.
Décidemment il s’en passe des choses sur Oniris… Je crois que je vais remplacer mon Prozac par la prose de Flupke…
Au fait ! J’allais oublier : j’adooore cette nouvelle !!!

   silene   
29/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Excellent ! Vous avez matière à quelque chose d'exquis, et les prolégomènes m'en font me lécher les babines d'avance.
Tout me plaît, forme et fond.
Un bémol : vos lecteurs sont-ils si obtus qu'il y ait besoin de les préparer par des didascalies ?


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