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Sentimental/Romanesque
suzan : Les étangs
 Publié le 31/05/19  -  9 commentaires  -  12850 caractères  -  70 lectures    Autres textes du même auteur

L'histoire d'une attente, d'un moment et d'un lieu au carrefour d'un changement de vie avec ses projections et la réalité qui s'y collent.


Les étangs


Il avait dévalé la pente en roue libre. Les senteurs matinales à peine distillées lui chatouillaient le nez et l’air froid lui piquait le visage. Les avant-bras posés sur le guidon, recroquevillé, les jambes repliées sous la poitrine, il allait se détendre, prendre son envol mais la pluie se mit à tomber. Surpris par l’averse, il reprit aussitôt les commandes et pédala jusqu’aux grands saules, derrière la buvette, pour se réfugier sous leurs branches. Sa nuit avait été courte, embrumée comme un rêve. Il n’avait pas dormi. Un peu étourdi tout de même, il se sentait flotter comme dans un nuage mais celui-là n’avait rien à voir avec ceux qui déversaient à l’instant leur trop-plein de larmes.

Accroupi, sous la ramure des arbres, il regarda la pluie tomber dans l’étang. L’averse formait un écran de lignes obliques, stries du ciel mêlant des couleurs d’eau sale sur une palette de couleurs hivernales : nuances de gris, de verts, de beiges et d’ocres sans éclats, rehaussés pourtant par quelques bouchons, au bout des fils à pêche, dont la laque rouge brillait comme des rubis. Le jour se levait. C’était l’heure d’une transformation imminente, l’heure où les choses sont encore indécises, les formes mal définies. Sa nuit avait été dominée par les émotions fortes, les sensations excessives. Il pouvait encore sentir son cœur battre vite et résonner dans sa poitrine par de petites pulsations qui se diluaient peu à peu dans l’air humide. Il goutta alors ces quelques instants comme on se laisse prendre par le sommeil, avec plaisir, tout en observant l’eau se plaquer sur la surface visqueuse du marécage.

Lorsque la pluie diminua, il se releva et se dirigea vers le lavoir en titubant, grisé de ce bain de fraîcheur, une bruine légère tombait à présent sur ses épaules. Puis, il entra à l’intérieur du bâtiment et shoota sans le vouloir dans des petits cailloux qui valsèrent contre les murs et dont le bruit résonna en lui comme un gong. Il s’accroupit le long d’un des piliers de bois et attendit.

Au loin, les cloches sonnèrent sept heures. Le clapotis de l’eau par-dessus le silence, le mouvement hypnotique des vaguelettes contre la pierre, firent remonter à sa mémoire des souvenirs d’enfance. Les sons, échos lointains des paroles perdues, s’étouffaient sous les tuiles. Il revoyait les traces laissées sur le sol par les frottements répétés des femmes, il se souvenait de celles qui, tout en lavant, racontaient leurs histoires dans un bourdonnement de mots et se revoyait petit, jouant l’été, derrière un rempart de jupons. Ici, il se sentait à l’abri, protégé dans un sas de souvenirs heureux mais aussi par tout ce liquide ondoyant qui calmait sa nervosité. Sept heures et quart.

Si tout se passait bien, ils achèteraient une moto, ils voyageraient, ils suivraient le cours de la rivière, au-delà de ses méandres, vers le large. Sur l’autre rive là-bas, la tôle ondulée d’un hangar scintillait comme un phare… Enfant, il avait exploré certains de ces cabanons qui dissimulaient des trésors plus souvent rouillés que dorés : salons de jardin vert-de-gris, seaux, cannes, outils, bric-à-brac insolites de vacances oubliés là pendant l’hiver et qui sentaient la vase. L’humidité effectuait son travail de sape conduisant les choses à se fondre dans la nature. Il commençait à ressentir la morsure du froid. Que faisait-elle ? Hier soir, ils s’étaient donné rendez-vous au lavoir. Il regarda au loin en direction du village, personne ! Il alla s’adosser au tronc d’un arbre qui avait été arraché là pendant la tempête, ses sentiments commençaient à être chahutés par des courants contraires. Il grelotta. Sept heures trente…`

Les premiers rayons de soleil apparurent au-dessus des tourbières alors que le vent se mettait à souffler, s’engouffrant dans les peupliers froissés, bousculant des canards et des sternes d’eau douce. L’air mouvementé frôlait son corps inquiet… L’eau des étangs lui évoquait des limites à présent, terre semi-liquide, argileuse et glauque, eau stagnante dans les traces qu’un géant aurait laissées là depuis l’aube des temps, tentacules d’eaux insinuées dans les herbes ou dévorant des racines impudiques. L’eau imbibait ses idées de plus en plus confuses. Qu’est-ce qui l’empêchait de venir ? Qu’allait-il faire si elle ne venait pas ? Ses pensées s’enlisaient. Pourquoi n’était-elle pas là ? Il était ici, lui, à l’attendre, prêt à partir loin de ces eaux lustrées aux nuances métalliques qui se doraient à la pointe du jour.

Ils avaient fait des projets la nuit dernière, isolés du reste du monde, blottis l’un contre l’autre, imperméables aux échos des contraintes. Ils avaient déversé des mots et des mots, les sons feutrés par les silences du noir. Ils avaient échangé des regards, des caresses, à la lueur tremblotante des bougies, s’étaient frottés l’un à l’autre pour se souder à leurs désirs et se bâtir une intimité protectrice envers et contre tous, et voilà qu’il attendait seul, échoué sur les rives d’un songe éveillé en se demandant s’il n’avait pas rêvé…

Il épia les bruits lointains du village qui s’éveillait peu à peu : des volets grincèrent, des portes claquèrent. Il entendit le ronronnement de certains moteurs puis le frottement des roues sur du gravier. Des voitures s’éloignèrent en étirant leurs bruits sourds. La vie s’ébrouait dans le jour naissant. Hébété, dans le doute, il prit son vélo à la main et se mit à marcher.

Il refit le chemin inverse puisque l’Essonne lui barrait la route, et chemina le pas lourd, le long des berges, vers l’étang fleuri. En pleine lumière, la nature dessinait de longues ombres sous ses pieds, les oiseaux s’étaient tus, ses espoirs envolés.

Son esprit s’était fermé. Comment pouvait-on passer aussi vite de l’euphorie à la tristesse ? Il était abasourdi, sous le choc, elle n’était pas venue ! Il se sentait trahi et errait l’âme en peine sous les saules pleureurs. Il ne comprenait pas.

Les tourbières formaient un ensemble d’étangs juxtaposés dont la tourbe extraite par le passé avait un temps servi de combustible. La nature y avait maintenant reprit ses droits pour laisser place à des étendues d’eau séparées par quelques bandes de terres argileuses et compactes. C’est sur l’une d’elles que Paul déversait pas à pas son incompréhension et sa désillusion. Tout à son chagrin, il ne remarqua pas tout de suite la masse compacte et poilue qui sortit de l’eau et fut totalement surpris de voir un rat énorme faire irruption devant lui. L’animal venait de l’étang et traversait la route pour rejoindre l’autre rive. Un ragondin ! Cette espèce était fréquente par ici mais il n’en avait jamais vu de si près. L’animal n’avait pas encore senti sa présence. Paul se figea pour pouvoir l’observer. Le rongeur portait de longues moustaches blanches sur un museau de castor, il avait une queue de rat, de longues pattes palmées et griffues et se tenait sur ses pattes arrière, humant l’air, comme s’il y cherchait une réponse. Il semblait sur le qui-vive, alerte mais immobile, n’avait encore rien décidé. Puis tout d’un coup il détala et se précipita vers la pièce d’eau, de l’autre côté de la route avant de plonger dans le marécage. Paul lâcha son vélo pour le suivre, se rapprocha de l’étang et put regarder l’animal, dont le dessus de la tête affleurait l’eau, qui glissait et nageait en s’éloignant du bord. Lui aussi il pouvait partir, prendre le large et glisser vers d’autres rives. Il n’avait besoin de personne finalement. Sa tristesse s’atténua un peu à cette pensée même s’il était encore chahuté d’émotions contradictoires. La vue de ce petit animal l’avait un peu émerveillé quand même. Un sursaut d’énergie qui lui fit oublier un instant son désarroi.

Il décida finalement de retourner vers le village car il devait comprendre ce qui s’était passé. Il ne pouvait pas rester dans cet état étrange, nauséeux et groggy. Il devait en avoir le cœur net. Il enfourcha donc son vélo et se mit à pédaler de plus en plus vite afin de prendre son élan pour remonter la côte.

Il longea sur sa droite les premières maisons du bourg faites de meulières et entourées de petits jardins clôturés de palissades en bois, avant de se diriger vers l’église dont l’horloge venait de sonner les huit heures.

Il se demanda s’il devait aller toquer à sa porte ou s’il devait attendre qu’elle sorte de chez elle… En face de sa maison, il y avait le bistrot du coin, il décida d’y aller prendre un café. En entrant, il repéra quelques habitués installés au comptoir qui bavardaient avec la patronne. Un écran de télévision suspendu plus loin, sur le mur, projetait en boucle les derniers résultats des courses hippiques. Un univers à part dont il n’avait pas l’habitude… Des vieux et des plus jeunes, déjà avinés à cette heure de la journée, parlant fort, commentaient les dernières infos télévisées. Un lieu pour passer le temps ou pour s’en abstraire selon les points de vue. C’était exactement ce qu’il lui fallait. Le brouhaha captait son attention et l’empêchait de penser.

Il trouva une table près de la fenêtre, bien orientée pour observer les allées et venues de la maison et commanda un grand café noir avec un croissant. Il apprécia tout de suite la chaleur, les odeurs, la vie de ce lieu qui avait ses propres habitudes, ses rites, sa communauté, un lieu d’accueil parfait pour son désœuvrement solitaire.

Il se mit alors à se remémorer la soirée d’hier. Qu’est-ce qu’il n’avait pas compris ? Comment avait-il pu croire que ses désirs étaient partagés ? Il repassa en revue les détails, les échanges, il n’arrivait toujours pas à comprendre. Ils s’étaient donné rendez-vous d’un commun accord… qu’avait-il bien pu se passer dans sa tête entre la soirée et le petit matin ? Tout un tas de choses étaient possibles mais il n’arrivait pas à se les imaginer.

Il fit des d’hypothèses qu’il rejetait les unes après les autres : avait-elle eu peur ? Avait-elle rêvé d’autres choses sans oser le lui dire ? Lorsqu’ils s’étaient rencontrés, elle n’avait rien laissé paraître de ses désirs d’avenir. Ils jouissaient du moment présent, de l’instant, heureux d’être ensemble et de partager une affection réciproque. Pas un seul des scénarios qu’il échafaudait ne coïncidait avec le souvenir de leurs rencontres.

Alors pourquoi n’était-elle pas venue ? Ce point d’interrogation le rongeait. Il devait attendre encore un peu pour aller sonner à sa porte, attendre une heure décente afin de ne pas réveiller toute la maisonnée.

C’est vrai que, pour sa part, il avait envisagé son avenir avec elle, avait rêvé de bâtir un foyer, une famille, pas tout de suite, non, mais plus tard quand elle serait prête. Il avait rêvé de partir en voyage, de la soustraire pour un temps à sa famille… Il se sentait bien en sa compagnie et avait envie d’être seuls ensemble : un départ, à partir de rien, avec pour seule ambition de vivre au jour le jour, tous les deux.

Qu’est-ce qui, dans ce programme, avait changé son point de vue à elle ? Il ne comprenait rien décidément. Il commanda un autre café afin de prolonger ce moment confortable, dans ce bar, tout en sachant que cela allait devenir très vite insupportable à mesure que le temps avancerait. Il n’avait pas d’autres choix que de la confronter pour comprendre son point de vue à elle et, quelle que soit l’issue, aller de l’avant. Abandonner ses rêves ou en bâtir d’autres. Comme l’homme est fainéant, pensa-t-il, puisqu’il s’accroche désespérément au passé même révolu et imparfait plutôt que de s’inventer un avenir risqué mais plein d’espoirs.

L’horloge de l’église sonna neuf heures. Il était temps de se lever et d’agir.

En sortant du café, il leva les yeux vers le ciel encore clair. L’air à présent se réchauffait sous les rayons du soleil printanier. Il enfila sa veste et remonta le col sous son menton. Il frissonna, non pas qu’il eût froid, non, mais il était tendu. Il se dirigea enfin vers l’autre côté de la rue mais arrivé devant la porte d’entrée, il hésitait encore. Le temps s’étirait. Il frappa timidement d’abord, puis plus fort et repéra du bruit à l’intérieur de la maison.

La porte s’ouvrit tout d’un coup laissant apparaître la corpulence massive du père de Charlotte. Un regard dur et froid, légèrement teinté de surprise, lui faisait face.


– Bonjour Paul, qu’est-ce qui t’amène de si bon matin ?

– Je passais par là, en vélo, et me demandais si Charlotte était chez vous. J’aurais aimé lui parler.

– Entre je t’en prie, et attends-moi là, je vais aller la chercher.


Les secondes rythmaient les pulsations de son cœur et ses tempes résonnaient comme des vibrations de tambour, l’attente lui parut interminable. Puis, il vit le père de Charlotte redescendre l’escalier et il l’entendit de très loin, lui dire, comme dans un murmure, de repasser plus tard, car Charlotte était au fond de son lit, terrassée par une mauvaise grippe avec 40° de fièvre.


 
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   Corto   
11/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voici donc un épisode de la vraie vie.
La vie d'un jeune presque adulte qui veut construire sa vie avec sa belle pour "un départ, à partir de rien, avec pour seule ambition de vivre au jour le jour, tous les deux."

Ce texte tout simple décrit habilement l'attente du garçon au petit matin pour filer tous deux vers de nouveaux horizons.

Bien sûr le thème n'est pas nouveau, y compris celui de 'l'enlèvement' mais ici on prend le temps de sonder cette vie intérieure riche de sentiment et de courage.

On prend même le temps de se fondre dans ce paysage envahi de tourbières, de croiser un ragondin effronté, et de recevoir une averse.
Le refuge dans le bar sonne vrai, tellement d'âmes isolées y ont recours, jeunes pleins d'allant ou vieux engourdis.

La tension monte car l'attente de la jeune fille devient de plus en plus tendue, exaspérée, et les émotions inquiètes du jeune homme sont à leur paroxysme.

A 9 heures "Il était temps de se lever et d’agir." C'est donc le moment d'affronter la réalité. Et le rêve s'écroule.

La jeune fille lui fait-elle 'le coup de la migraine' traduit ici par le père avec "une mauvaise grippe avec 40° de fièvre". On ne saura pas la vérité. La chute est sévère.

Tant pis pour le lecteur qui aurait aimé continuer jusqu'à 'ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants'.

Bravo à l'auteur pour ce texte prenant et très réaliste, montrant une bonne connaissance des rêves de jeunesse.

   Mokhtar   
13/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cette histoire trouve son intérêt dans la description de l’homme en « état amoureux ». Optimiste, il bâtit des châteaux en Espagne, s’enivre de projets, évolue sur un petit nuage. Pessimiste, il est désespéré, au fonds du gouffre, négatif. Il exagère en tout. Il est prompt à s’enflammer, mais un rien l’afflige.

C’est cette alternance entre les deux états, surtout le second, que j’aurais bien aimé voir un peu plus développée dans ce texte. Avec cette chute : un RV manqué sur lequel l’amoureux se perd, à tort, en conjectures exagérément pessimistes.

On se perd un peu ici dans des descriptions poussées du lever du jour sur les étangs en bord d’Essonne. Certes, l’ambiance peut peser sur les réflexions et le moral. Mais les observations et anecdotes, sur le ragondin par exemple, font un peu (pardonnez-moi) remplissage. Parce qu’elles n’apportent rien, ou trop peu, au fonds de l’intrigue.

Malgré ce qui m’apparaît comme un déséquilibre entre le décor et l’histoire, celle-ci me semble toutefois intéressante, écrite avec soin.

   Acratopege   
15/5/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Un récit lyrique, tout de descriptions impressionnistes qui contrastent avec le langage banal du narrateur dans les passages où il décrit ses sentiments. J'ai eu de la difficulté à me laisser emporter par ce récit surchargé de détails, avec l'impression d'avancer trop lentement pour y trouver grand plaisir. Pourtant la narration ne manque pas de charme par son évocation d'un paysage nostalgique et mystérieux dans le petit jour. Quant à la chute, que j'attendais impatiemment, elle m'a déçu par sa banalité. J'attendais quelque chose de criant, de dramatique, ou alors une plongée dans le fantastique.
A mon avis, cette nouvelle mériterait d'être ramassée pour lui donner un rythme plus soutenu, même si la lenteur du récit répond bien à l'état d'esprit du narrateur.
Merci pour cette lecture.
Acratopège

   vb   
17/5/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,
Je n'ai pas beaucoup apprécié votre texte. J'ai eu un sentiment de banalité et de déjà-vu quand à son fond. Il s'agit d'une relation amoureuse du point de vue introspectif d'un narrateur adolescent. Pas vraiment nouveau. La chute n'est pas non plus spécialement géniale. À la fin, le lecteur se sent grugé : "tout ca pour ca!"

Mais le problème n'est pas là car ce thème est un thème éternel que l'on peut varier à l'infini. Non, le problème est pour moi, dans le style, dans le détail, dans l'accumulation de fautes d'écriture qui m'ont horripilé.

Voici le détail des choses qui m'ont fait trébucher:

Déjà l'incipit est problématique quant à l'emploi des temps. Vous écrivez qu'"il avait dévalé" mais il semble pourtant dévaler encore "les jambes repliées sous la poitrine".
"leur trop plein de larme" m'a semblé une expression fort lourde. A posteriori cette expression m'apparaît d'autant plus mal placée que le narrateur n'est pas du tout triste. À ce moment il ner sait pas que son amie ne viendra pas.
"C’était l’heure d’une transformation imminente, l’heure où les choses sont encore indécises, les formes mal définies." Je trouve cette phrase mal construite. Il semble manquer une virgule entre "formes" et "mal", sinon le lecteur a le sentiment que la phrase continue, il attend un verbe. Mettre une virgule ne serait pas une bonne idée non plus car on poourrait croire à une énumération. Je pense cette phrase simplement trop alambiquée.
"Il goutta alors ces quelques instants comme on se laisse prendre par le sommeil" pourquoi par le sommeil. Il vient de se réveiller et d'être surpris par l'orage, d'ailleurs son coeur bat la chamade.
"l'eau se plaquer sur la surface de l'étang" Pour moi, le terme "se plaquer" n'est pas approprié. On plaque de la peinture sur une toile. L'eau mitraille la surface de l'étang, elle ne se plaque pas dessus.
"surface visqueuse" cette image entraine chez moi un sentiment de lourdeur, d'ennui. Ca ne correspond pas avec le "bain de fraîcheur" de l'alinéa suivant.
"gong" Le mur est-il en métal?
"il se souvenait de celles qui, tout en lavant, racontaient leurs histoires dans un bourdonnement de mots et se revoyait..." Je trouve cette phrase assez bancale. Je trouve le verbe "se trouvait" fort éloigné de son sujet. J'ai eu l'impression à la lecture (malgré le singulier) qu'il se rapportait aux "femmes"
"nervosité. Sept heure et quart." Le fait qu'il est nerveux apparaît trop tard. S'il est tellement nerveux, pourquoi contemple-t-il si longuement cet étang? "Sept heure et quart" est un effet de style qui est sensé introduire un suspens, mais ici il porte à faux car il n'y en pas. Jusqu'à présent on suit simplement un adolescent surpris par la pluie qui contemple un étang visqueux et apprécie l'air frais.
"ils achèteraient une moto," Qui? Évidemment l'auteur veut que le lecteur se pose cette question pour introduire l'intrigue, mais je trouve que cela vient trop tard. À monb avis il aurait fallu créer cette intrigue dès l'incipit!
"tôle ondulée ... scintillait comme un phare" Pour moi une tôle ondulée est plutôt mat et ne réverbère en aucun cas la lumière dans une seule direction. J'ai donc difficile de visualiser.
"Que faisait-elle?" Qui? Encore une fois le même sentiment d'une intrigue venant trop tard.
"Ils s'étaient donné rdv au lavoir" Je pensais qu'il était là par hasard parce qu'il avait été surpris par la pluie.
"racines impudiques" métaphore qui m'a semblée malvenue. Pourquoi les racines sont-elles impudiques?
"les silences du noir" Est-ce que vous ne voulez pas dire "du soir"? Je ne comprends pas pourquoi le noir est asocié au silence.
"l'Essonne lui barrait la route" Cela apparaît comme une surprise. Est-ce que l'Essonne a changé de lit?
"l'âme en peine sous les saules pleureurs" Ca fait un peu Malarmé, non?
"pièce d'eau" utilisé comme synonyme de marécage. J'aurais plutôt mis le pronom "y".
"les allées et venues de la maison" La maison ne bouge pas.
"il avait envie d'être seul ensemble" Je pense que vous voulez dire "seul avec elle
Je n'aime en général pas les aphorisme du type "comme l'homme est fainéant..."
"moment confortable" Je ne pense pas que ce moment soit bien confortable. Sa copine lui pose un lapin et il trouve le moment confortable?

   poldutor   
1/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Suzan
Voila une nouvelle courte, bien écrite, avec un certain suspense, une montée d'interrogation : pourquoi ne vient-elle pas au rendez-vous ? Lui serait-il arrivé quelque chose de désagréable, ne souhaite-t-elle plus me voir ?
Puis une fin décevante : Charlotte a la grippe...un peu léger comme chute . De deux choses l'une ou le père et la fille, d'un commun accord ne souhaitent pas revoir Paul ; ou l'auteur, pardonnez moi Suzon a manqué un peu d'imagination.
Je n'aime pas dénigrer le travail des autres et je suis d'autant plus désolé que 95 % de cette nouvelle sont intéressants, dommage pour la fin.

Petites remarques : il "goutta" ces quelques instants... 10eme ligne, je pense qu'il faudrait mettre "goûta" (si je comprends bien le sens de la phrase) ; puis il "shoota" (?) , pas très français.
et enfin : les hommes sont "fainéants, j'aurais préféré : paresseux (mais bien sûr ce n'est qu'une suggestion).

Cordialement.

poldutor

   Donaldo75   
2/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Suzan,

J’ai trouvé cette nouvelle bien écrite et bien racontée. La lire m’a été agréable – je tiens à le souligner – car le narrateur est présenté de manière très réaliste, ses sentiments ne sonnent pas faux et la situation se déroule bien au niveau narratif. Le seul reproche que j’ai concerne la fin, la chute qui n’est pas bien amenée. C’est mineur, néanmoins, un axe d’amélioration.

Merci pour le partage.

   senglar   
2/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour suzan,


Ooooh ! Flûte et Zut et Zut et Flûte ! Tous ces beaux rêves, cette envie d'ouverture, ces projets d'aventures, superbement contés, avec une écriture digne d'un écrivain solognot, d'un Claude Seignolle tiens - pas moins - elle est admirable votre écriture, terrienne, prégnante, elle dit le ventre de la terre, Ô les étangs, Ô les tourbières, et ce ragondin... toute cette beauté mise au service d'une évasion, longuement développée, fouillée, disséquée, humée - c'est physique votre truc - ce style remarquable dans des paragraphes étoffés, tout cela disais-je, détruit, balayé, oublié, ridiculisé en deux lignes par une simple, une banale, insignifiante, grosse et méchante grippe. Oh comme c'est dommage et comme c'est décevant !

Vous avec sorti le service en porcelaine de Limoges pour y servir un Mac Do tout mou alors que vous aviez laissé pressentir de la truffe avec un plateau de charcuterie du terroir. Vraiment elle méritait mieux Charlotte, il méritait mieux Paul, elle méritait mieux votre plume, que cette fin dérisoire, vous avez dit : CHUTE !

Ooooh !


Ensorceleuse votre plume :)))
Ensorcelez vos personnages... Pas mal non plus le père de Charlotte, en trois coups de crayon. bravo !


senglar

   Pierrick   
9/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
On peut, en effet (comme je le lis ici et là), vous reprocher un texte un peu alambiqué, parfois ampoulé et cerné de fautes de syntaxe. Oui, bien sûr, on peut faire ça. Mais, malgré le sujet classique traité dans votre histoire et votre écriture si précise qu'elle peut en devenir un peu lassante, il y a une évocation de l'aube qui me touche. Vous nous faites entrer avec un vrai savoir faire dans les brumes du matin et la nature qui délivre certains de ses secrets. Vous brossez des images simples avec minutie, ce qui rend votre texte solide. Votre écriture possède une ferveur que vous avez, semble t-il, à coeur de nous transmettre et cela me touche vraiment. Votre texte, c'est avant tout un voyage littéraire avec ses moments de grâce, ses failles, ses trous, ses bosses, mais avant tout avec ce bonheur d'écrire que l'on sent à chaque phrase. J'ai aimé ce que vous décrivez. J'ai aimé les odeurs du jour naissant, la vie qui bruisse, cette respiration du monde qui ouvre un nouveau chapitre.

   Anonyme   
10/6/2019
Au départ, j’ai pris les descriptions bucoliques comme l’inévitable plantage de décor avant que quelque chose ne démarre. Ces descriptions, déjà envahissantes au départ prennent tout l’espace puisqu’il n’est rempli de rien d’autre. Bon, pour résumer : j’ai passé un quart d’heure dans la mousse, les taillis, avec les joueurs du P.M.U. et j’ai croisé un ragondin.
Ah si… je crois qu’il y avait aussi un gamin qui se faisait un film parce qu’une petite coquine n’était pas venue à son rancard. Enfin, je crois… sur le chemin, j’ai essayé d’écarter quelques branches pour voir si des fois quelque chose se passerait.

Bon, vous l’aurez compris, je me suis sérieusement ennuyé à la lecture. Désolé.

Pourtant, il me semble que vous pouvez écrire tout à fait correctement. Pourquoi gaspiller cette écriture de telle manière ?


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