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Fantastique/Merveilleux
Sylvaine : Assomption
 Publié le 20/04/13  -  11 commentaires  -  9854 caractères  -  213 lectures    Autres textes du même auteur

Un homme condamné par la médecine s'évade définitivement grâce à une rencontre merveilleuse.


Assomption


C’était exactement le lieu qu’il cherchait, un lieu dont ses rêves n’avaient jamais osé la splendeur, et qui rejoignait pourtant un souvenir primordial, plus ancien que ce qu’il avait vécu, plus beau que les coquelicots sanguins qui incendiaient les prairies de son enfance. Arnaud avait atteint son but, qu’aucune randonnée connue ne répertoriait et où il pourrait mener son projet à bien. Il marchait depuis l’aurore, fuyant les parcours balisés contre toute prudence, mais qu’en avait-il à faire désormais ? Il avait traversé des prés embaumant le foin, des forêts de hêtres et de chênes dont les frondaisons bruissaient d’oiseaux, puis des futaies de conifères où des pans de lumière poudreuse filtraient dans une pénombre de cathédrale. Plus haut encore, il avait trouvé le velours ras des alpages que des ruisseaux sillonnaient de leur chevelure d’argent. Épuisé par ces heures de marche difficile, il avait usé ses dernières forces à escalader une côte abrupte au milieu des éboulis qui s’écroulaient sous ses pas, avant de gagner enfin l’arête d’où il pourrait découvrir l’autre versant. À présent, il dominait un cirque aux courbes douces au fond duquel miroitait une prairie chamarrée de fleurs.

Nulle trace de sentier ne se voyait. Il descendit à flanc de montagne la pente couverte d’un gazon élastique, à peine incrédule et déjà conquis par cette floraison multicolore et vaporeuse qui contredisait tout ce qu’il croyait savoir : il n’y avait là ni gentianes ni edelweiss, ni aucune plante d’altitude, mais des bleuets, des coquelicots, des marguerites, brodant une tapisserie éclatante sur un fond de graminées soyeuses et frissonnant sous les arpèges du vent. C’était peut-être une hallucination, un nouveau symptôme de son mal. C’était peut-être un miracle. Il était prêt à accepter la merveille sans se rebeller contre elle. Il s’était assez rebellé en vain ces derniers temps.

Serrées comme des papillons en essaim, les corolles frémissaient à la surface des herbes blondes ; on y devinait des profondeurs marines, si bien qu’il hésitait à fouler la prairie, craignant de se noyer sous cette écume de fleurs. Et puis, il ne voulait pas déchirer ce beau voile chatoyant. Il se contenta donc de s’allonger au bord, le corps épousant la pente du gazon et la nuque appuyée sur son pull-over roulé en boule. L’azur s’épanchait dans ses yeux, et il devinait à la limite de sa vision le tremblement vaporeux des fleurs. Il savait qu’il aurait dû se restaurer pour combattre la grande faiblesse qu’il éprouvait, mais l’appétit lui manquait ; il n’avait plus jamais faim depuis qu’il était malade. Il ressentait aussi une impression d’irréalité où il trouvait une certaine douceur. C’était peut-être les troubles de la perception qui commençaient, une preuve de plus qu’il devait sans tarder passer à l’acte. D’ici là, il profiterait de la tiédeur du soleil, de l’odeur acide de l’herbe, du vol moiré des bourdons qui butinaient en brodant l’air parfumé de leurs arabesques musicales. Personne ici pour entraver sa décision. Il s’endormirait paisiblement après avoir avalé les comprimés qu’il fallait, et il leur échapperait à tous, qui voulaient le soumettre à leurs soins acharnés lors même qu’ils ne lui laissaient aucun espoir. Passée la révolte, il avait fini par accepter de disparaître si jeune, l’âge mûr étant un cimetière d’illusions qu’il aurait la chance de ne pas connaître. Il souhaitait seulement partir à son gré, avant l’apparition des symptômes dégradants, crises d’épilepsie baveuses et délabrement cognitif que la localisation de la tumeur entraînerait inévitablement.

Après s’être reposé un temps qu’il ne mesura pas, il se remit sur ses pieds pour observer de plus près les fleurs. Elles étaient plus variées qu’il n’avait cru d’abord, d’une diversité qui défiait ses connaissances botaniques et dont les nuances de coloris auraient désespéré un peintre talentueux ; il y avait des ombelles d’une légèreté et d’une blancheur exquises, des hampes velues portant des épis de clochettes mauves, des capitules jaune d’or et des corolles minuscules d’un bleu intense d’émail. Au-dessus flottait une discrète odeur de miel, tandis que des insectes enivrés par cette orgie de parfums et de couleurs s’enfonçaient dans le cœur noir des coquelicots dont ils faisaient palpiter les pétales.

S’arrachant à sa contemplation, il contourna la prairie et s’approcha d’une langue de neige tardive qui persistait sur la pente nord, aussi blanche que de la poudreuse fraîche malgré la saison avancée. Tout près, une cascade tombait dans une faille rocheuse, dont l’eau se vaporisait en gouttelettes si fines qu’on eût dit une écharpe de brouillard svelte comme un arc-en-ciel. Elle alimentait un ru dont le lit sableux creusait à peine l’herbe rase sous un bruissant friselis de cristal. Il s’aperçut qu’au bord le gazon n’était pas intact : des traces de sabots s’y imprimaient, qui attestaient le passage d’un cheval. Cela signifiait que l’endroit n’était pas inconnu des randonneurs comme il l’avait cru d’abord, et cela le décevait. Par ailleurs, les empreintes s’interrompaient avant d’atteindre la pente, si bien qu’on ne pouvait distinguer par où la bête était descendue. Et quel cheval aurait eu le pied assez sûr pour traverser les éboulis qui menaient au cirque ? Il haussa les épaules, renonçant à s’interroger davantage, et laissa son regard errer de nouveau sur la prairie en fleurs. Seule comptait désormais cette image ultime qu’il emporterait dans son sommeil.

Il revint s’allonger tout près, le visage offert au ciel ensoleillé et pareil à la surface d’un lac immense sur laquelle il se serait penché. Remontant de ses profondeurs bleues, il vit apparaître deux rapaces, peut-être des aigles, qui inscrivaient des orbes silencieux dans l’épaisseur de l’azur où ils planaient sur leurs larges ailes. Les oiseaux se rapprochaient peu à peu en décrivant de vastes spirales, si bien qu’il distinguait à présent la pointe de leurs rémiges qui s’écartaient légèrement à l’extrémité des ailes. Il essaya de se voir par leurs yeux, petite silhouette dérisoire et rivée au sol, et il envia le vol souverain qui les portait au-delà des glaciers étincelants, là où le soleil éblouit les nuages. Les rapaces se rapprochèrent encore, puis, avec la même majesté lente, ils s’enfoncèrent à nouveau dans les profondeurs du ciel, bientôt réduits à deux points vite engloutis par cet abîme d’azur. Il ferma les yeux en soupirant.

Avait-il dormi ? Le soleil avait infléchi sa course et descendait à présent vers l’ouest, mais la couleur du ciel était toujours d’un cobalt intense où son regard s’immergeait. Il se sentait flotter dans un pur bien-être, dont il résolut de profiter encore un peu avant d’avaler les comprimés qui gonflaient la poche de son jean. Très haut, il distinguait à présent un point brillant, qu’il prit d’abord pour un avion si lointain qu’il se mouvait en silence. Le point grossit, pénétra dans un nuage mousseux comme une toison d’agneau qui l’estompa un moment. Quand il resurgit, Arnaud crut reconnaître un nouvel oiseau qui planait sur les courants de l’air limpide et dont le soleil lustrait les ailes, mais il resta stupéfié par son éclatante blancheur.

Il pensa aux albatros qui hantent les océans, aux rapaces couleur de neige qui habitent le Grand Nord. Leur présence était également invraisemblable, mais cette fois encore il renonça à s’interroger et se concentra sur son émerveillement. L’oiseau descendait en cercles concentriques ; les rayons du soleil qui convergeaient sur lui le faisaient scintiller comme un diamant dont l’éclat éblouissait, si bien qu’Arnaud dut détourner plusieurs fois ses yeux brouillés par les larmes. Sans doute à cause d’elles, l’oiseau lui paraissait d’une forme insolite. À présent il ne planait plus, il donnait de larges coups d’ailes. Quant à sa taille… Arnaud se releva et mit sa main en visière. La violence du choc faillit le faire tomber à genoux.

Il restait haletant, le cœur en tumulte, craignant de dissiper la vision au moindre geste, ou d’effrayer la bête chimérique qui venait d’atterrir sur le gazon. Si c’était une hallucination, il voulait qu’elle le submerge corps et âme. Le cheval replia les ailes qui s’enracinaient à la naissance de ses épaules et s’approcha au petit trot de la cascade, puis il plongea ses naseaux dans le courant et s’abreuva. Il s’ébroua, secoua la tête, et se dirigea vers la prairie qui s’ouvrit devant lui et se referma sur son passage telle une eau dormante, car les fleurs qui ployaient sous ses pas se redressaient intactes comme sous le souffle de la brise en caressant ses flancs de leur chatoiement somptueux. Maintenant qu’il le voyait de plus près, Arnaud pouvait admirer le modelé frémissant des muscles, l’extrême finesse de la peau sous le pelage ras et soyeux qui brillait comme un gazon givré par un matin d’octobre, la souplesse ondoyante de la crinière, la queue pareille à une traîne d’argent qui ruisselait jusqu’au sol. L’animal ne semblait ni inquiet, ni surpris par sa présence. Il encensa vigoureusement et se rapprocha encore, si bien que le jeune homme osa offrir sa main au souffle des naseaux sensibles, puis caresser le chanfrein et suivre du doigt le tracé d’une veine qui sinuait autour de l’œil. Le cheval hennit doucement et déploya à demi ses ailes. Arnaud n’hésita pas longtemps avant de lui enfourcher l’échine et de serrer ses jambes autour de ses flancs.

Le cheval se cabra, hennit encore et s’arracha au sol. Arnaud se sentit enveloppé par une palpitation puissante dont les remous courbaient les fleurs. Déjà la prairie s’estompait sous lui dans un vertige. Déjà il survolait des glaciers étincelants. Les vastes ailes qui brassaient le vent et la lumière l’emportaient déjà au-dessus des nuages pareils au ventre floconneux des cygnes, à travers des épaisseurs d’azur.


 
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   socque   
25/3/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une belle histoire, vraiment, et j'ai beaucoup aimé la description de la nature au début. Mais ensuite j'ai trouvé le style lourd, trop lourd pour un essor (cf. mes remarques ci-dessous). Je ne sais pas si cette profusion de relatives et de subordonnées qui selon moi articulent le texte à l'excès est là d'emblée et si j'en prends conscience à cause du sujet aérien, ou si elle provient d'un relâchement de votre attention, en tout cas pour moi elle plombe gravement le texte. Dommage.

"dont l’eau se vaporisait en gouttelettes si fines qu’on eût dit une écharpe de brouillard svelte comme un arc-en-ciel" : l'image est jolie je trouve (bien que convenue), mais le bout de phrase lourd. Ce "qu'on eût dit" surtout, à mes yeux, plombe tout.
"deux rapaces, peut-être des aigles, qui inscrivaient des orbes silencieux dans l’épaisseur de l’azur où ils planaient sur leurs larges ailes" : je trouve que la présence des deux relatives successives alourdit la phrase.
"pareil à la surface d’un lac immense sur laquelle (...) le vol souverain qui les portait au-delà des glaciers étincelants, là où le soleil éblouit les nuages" : toute cette partie est lourde pour moi, trop chargée en relatives. Dommage, quand on parle du vol d'aigles. Le même problème se produit plus loin, avec l'oiseau blanc en train de descendre.
"les fleurs qui ployaient sous ses pas se redressaient intactes comme sous le souffle de la brise en caressant ses flancs de leur chatoiement somptueux" : elles ont quelle taille, ces fleurs, pour caresser le flanc d'un cheval ? Nulle part il n'est précisé qu'elles sont géantes (sauf dans l'allusion aux "profondeurs marines", que j'avais crue métaphorique), et cette précision me fait subitement sortir du récit.

   macaron   
29/3/2013
 a aimé ce texte 
Bien
A votre place, je l'aurais fait parler le cheval. Un peu comme Swift dans Gulliver. Mais bon...c'est votre histoire, un peu rose, avec quelque chose de déjà vu.
Côté écriture, vos descriptions horticoles sont prodigieuses. On s'y croirait dans ce nouveau monde en couleur. Plutôt aimé...ouais!

   Maëlle   
11/4/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'aime bien l'écriture, cette façon de passer de la description au dialogue intérieur. Par contre, plus qu'une nouvelle complète, ce texte me fait davantage penser à un extrait d'autre chose. Je n'ai pas le temps de connaitre le personnage, il m'est difficile de m'intéresser à lui.
Reste une beauté plastique qui me parle.

   Acratopege   
11/4/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà un vrai texte romantique au sens fort du terme. L'histoire parait un peu naïve, mais le titre le laissait pressentir, et puis elle est si bien dite que cela n'a pas d'importance. Romantique, ce texte, parce qu'il exprime intensément la communion de sentiments du personnage avec la nature qui l'environne, dans laquelle se déploient sa vitalité et sa souffrance. Le cheval ailé de la chute est tout à fait bienvenu, signe d'un changement qu'on ne peut comprendre sans doute. Seul bémol à mon avis: les brèves allusions à la maladie, à la tumeur, me paraissent trop médicales, trop prosaïques dans ce contexte. Elles gâchent un peu la lecture à cause de ce changement de ton. Mais d'un autre côté elles sont indispensables à la compréhension du récit...
En bref, beau texte, bien écrit, qui n'hésite pas à plonger jusqu'au cou dans le lyrisme!

   Lariviere   
12/4/2013
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Sur la forme, je trouve ce texte très inégal, surtout au niveau de la force de l'écriture...

Le style est dans la veine du symbolisme : les images sont très contemplatives et bucoliques. En l'état, ça donne un récit un peu lourd, où l'écriture, noyée (intentionnellement) dans de longues descriptions atones, devrait être rehaussé par une construction de phrases plus rythmé ou alors par une construction d'images plus singulières, comme c'est le cas par moments...

Sur le fond, le thème est cohérent, simple et compréhensible. Peut être mériterait-il, sans tomber dans le pathos, d'être un petit peu plus pourvoyeur d'émotions...

Mais le thème du personnage détaché du monde parce que prêt à se donner la mort, colle bien à la forme contemplative, "déshumanisé" du récit.

L'opposition entre la désincarnation et le détachement du monde matériel, charnel, du personnage et l'opulence des riches descriptions florales, notamment, comme si le spirituel et le contemplatif venaient former une autre chair qui remplacerait la simple chair matérielle, est une bonne idée, peut être involontaire, mais qui aurait pu être encore plus marquée et plus appuyée.

La progression narrative est cohérente aussi : chaque paragraphe distille (au compte gouttes) dans les nombreuses descriptions de la faune et la flore, ses informations utiles à la compréhension de l'histoire et de son dénouement... Le dénouement, justement, avec la partie de fin est plutôt bien menée, je trouve... elle colle bien au style du "symbolisme-merveilleux", mais je pense qu'elle aurait gagnée à être encore plus puissante (rythme, images...) au niveau de l'écriture...

Pour finir, je trouve que le premier paragraphe est à re-travailler. Les images sont trop convenues, trop pauvres, pour ce qui constitue la "vitrine" du texte qui doit inciter le lecteur à lire la suite.

Je souhaite à l'auteur une bonne continuation !

   Anonyme   
20/4/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Sylvaine,

Dites-moi que vous n’êtes pas la même Sylvaine qui a écrit « Lettre au rebut » ou « Absent » !
Vous qui écrivez si bien, qui savez raconter de si belles histoires, qu’êtes-vous allée vous fourrer dans un guêpier pareil !

Du Fantastique/Merveilleux ? Mais laissez ça à ceux qui manquent d’imagination ! Le symbolisme est bien plus intéressant quand il est ancré dans le réel ! Un cheval ailé qui emporte le héros ? Franchement… Pensez au « Grand bleu » et à Jean-Marc Barr qui disparaissait dans la mer avec un dauphin… Ça, ça avait de la gueule !

Et puis, pourquoi gâcher le si beau style de vos nouvelles précédentes ? Pourquoi l’échanger soudain pour un style et une narration 18e ou 19e (siècle, pas arrondissement) ? On se croirait revenu soudain chez Balzac, qui n’en finissait plus de gonfler ses lecteurs avec ses descriptions, sous prétexte que ses romans étaient publiés au rythme de quelques pages quotidiennes dans un journal parisien, et que plus c’était long plus ça rapportait.
Je ne sais plus quel écrivain de l’Académie a dit un jour, que de toute façon les lecteurs ne lisaient jamais les descriptions. Alors vous pensez, en remplir une nouvelle !

Je ne sais même pas comment noter celle-ci. Je peux très bien comprendre que ce style académique, impersonnel et pompier puisse plaire, puisque après tout il dénote une maîtrise de la langue.
Mais franchement, Sylvaine, écrire de telles histoires de nos jours avec un style pareil, c’est vraiment vous égarer. Encore un pas dans cette direction et vous allez vous fâcher avec toutes les maisons d’édition.

J’espère juste que vous n’avez pas oublié votre ancienne écriture, celle qui guidait toute seule ma souris vers votre nom. Parce que là elle me tire une sacrée gueule.

Cordialement
Ludi

   brabant   
20/4/2013
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Sylvaine,


La poésie faite prose de la nouvelle, des images et des formulations remarquables, je pourrais en relever des dizaines :
"l'âge mûr étant un cimetière d'illusions"
"des insectes enivrés... s'enfonçaient dans le coeur noir des coquelicots"
"une langue de neige tardive"
Va pour trois ou je recopie le texte (lol)

Quelle belle manière de dire la mort, son passage et le détachement qui l'accompagne. Ce "coeur noir" n'est pas là par hasard, ni le coquelicot, ils ont quelque chose d'alchimique.

Pudique et sublime !


p s : "Il pensa aux albatros qui hantent les océans" à mon avis suffit, je n'aurais pas ajouté les rapaces... qui habitent le Grand Nord, qui complexifient, rationalisent et diluent l'émotion qui doit rester simple : Aaaah !


Un Grand OEuvre !

   Anonyme   
23/4/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonsoir,
C'est vrai que vous écrivez bien. Vous nous offrez même beaucoup de poésie dans votre nouvelle.
Mais sincèrement , rapidemment je me suis ennuyée
Des lignes et des lignes de descriptions soignées dans les moindres détails ...tout est parfait, nickel et quand enfin il se passe un truc,je crois que j'étais saoulée.

   Anonyme   
23/4/2013
Bonjour sylvaine

Je n'aime pas le titre.
Je n'aime pas non plus tout ce qui explique et justifie le geste.
Je suis toujours aussi transporté par votre écriture qui me fait penser - ici plus qu'ailleurs - que vous êtes ou avez été peintre - qui sait, dans une autre vie ? -
Vous avez une façon très particulière de décrire les animaux. Vous ne les dépeignez pas, vous me les faites ressentir et je les entends vivre et respirer sous votre plume. C'est très fort.
La description de ce Pégase est somptueuse parce que vibrante et vivante.
J'ai sous les yeux une très belle toile. Vibrante. Vibrillonnante. Qui ne concerne que la nature et où l'homme est en trop.
Quelqu'un a dit que ce bout de texte pourrait appartenir à quelque chose de plus vaste, je le pense également.
Dernier point, ce texte se lit en musique et y puise toute sa beauté. Comme se dégusterait un tournedos Rossini accompagné d'un Montrachet.
Ecriture exceptionnelle, histoire - je n'ai pas vu ici de nouvelle - très très moyenne.
Impossible de noter.
Au plaisir

   in-flight   
25/4/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Sylvaine,

Le style m’a semblé par moment trop ampoulé et c’est bien dommage lorsqu’il a en partie pour intention de décrire la splendeur de la nature (pour les exemples, je renvoie aux remarques de Socque).

C’est purement personnel mais je ne trouve pas pertinent de donner un prénom au personnage principal. Qui plus est un prénom aussi convenu qu’Arnaud (prénom que j’apprécie au demeurant). Seulement, ça ne colle pas avec l’univers onirique de votre nouvelle, je ne sais pas ça le renvoie à son lit d’hôpital.

J’ai globalement aimé cette histoire notamment la fin, très belle allégorie de la mort. J’ai me suis bien représenté la dernière scène où ce cheval ailé emporte le héros. Beau travail.

Au passage, merci pour cette petite leçon de botanique.

   jfmoods   
27/6/2015
J'aurais ajouté, ici, quelques virgules...

« Il descendit, à flanc de montagne, la pente couverte »
«  s’approcha, au petit trot, de la cascade »
«  À présent, il ne planait plus »
«  il devinait, à la limite de sa vision, le tremblement »

Trois « , et » sur lesquels je m'interroge... Le second m'apparaît toutefois plus logique que les deux autres.

« L’azur s’épanchait dans ses yeux, et il devinait »
« comme il l’avait cru d’abord, et cela le décevait. »
« renonçant à s’interroger davantage, et laissa son regard errer de nouveau »

Dans le deuxième passage, j'aurais plutôt utilisé le passé simple...

« cela le déçut. »

J'ai toujours le même questionnement sur la présence d'un conjonction de coordination en début de phrase...

« Et quel cheval aurait eu le pied assez sûr »

La tonalité merveilleuse du texte, annoncée par les déterminants indéfinis (figuration, en gradation, d'un chemin d'utopie : « aucune randonnée connue ne répertoriait », « Nulle trace de sentier ne se voyait. »), s'appuie efficacement sur un certain nombre de procédés, parmi lesquels...

- La structuration, au fil du texte, d'un jeu de contrastes, ancre le personnage au centre d'un panorama grandiose (« Plus haut », « au fond duquel », « escalader », « l'autre versant », « descendit », « Remontant », « Très haut », « descendait »).

- L'amplitude régulière des phrases (juxtaposition, coordination, subordination) insuffle un élan vigoureux à la perspective.

- La gradation (« plus ancien », « plus beau ») entérine la profondeur de l'affect.

- Des énumérations à rythme ternaire apparaissent. L'une, en particulier, qui va se déployant de plus en plus, esquisse un mouvement ascensionnel, une jonction subtile entre la terre et le ciel (« des prés embaumant le foin, des forêts de hêtres et de chênes dont les frondaisons bruissaient d’oiseaux, puis des futaies de conifères où des pans de lumière poudreuse filtraient dans une pénombre de cathédrale »).

- Les sens marquent leur prééminence. La vue, élément central, est bien souvent agrémentée de clarté très vive (« incendiaient », « éclatantes », « leur chevelure d'argent », « cobalt intense », « diamant dont l'éclat éblouissait », « chatoiement somptueux », « glaciers étincelants »). La finesse de l'ouïe (« bruissaient », « arpèges », « brodant... de leurs arabesques musicales », « bruissant friselis de cristal »), la densité de l'odorat (« embaumant », « odeur », « parfumé », « odeur de miel », « orgie de parfums ») et la délicatesse du toucher (« frissonnant », frémissaient », « tiédeur », « palpiter les pétales ») s'imposent également.

- Sept propositions subordonnées circonstancielles de conséquence (« si bien qu’il hésitait à fouler la prairie », « si fines qu’on eût dit une écharpe de brouillard svelte comme un arc-en-ciel », « si bien qu’on ne pouvait distinguer par où la bête était descendue », « si bien qu’il distinguait à présent la pointe de leurs rémiges », « si lointain qu’il se mouvait en silence », « si bien qu’Arnaud dut détourner plusieurs fois ses yeux brouillés par les larmes », « si bien que le jeune homme osa offrir sa main au souffle des naseaux sensibles ») appuient sur l'intensité particulière du rapport à ce monde imaginaire.

- Le jeu en anaphore du présentatif (« C'était peut-être ») souligne la tentative d'élaborer une forme de raisonnement.

- Le recours au conditionnel (« s'endormirait », « échapperait », « aurait », « entraînerait », « emporterait », « se serait ») pose les termes apaisants de l'échappée salvatrice.

- L'anaphore de « Déjà » prépare l'envol final.

Merci pour ce partage !


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