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Fantastique/Merveilleux
Tchollos : La théorie du charme des verbes (Onirien que des hommes)
 Publié le 18/06/07  -  30 commentaires  -  20163 caractères  -  176 lectures    Autres textes du même auteur

Le cerveau de David bouillonne d’univers et d’histoires. Il écrit tous les jours. Il ne pourrait pas vivre sans cette imagination qui l’aide à affronter les aléas de la vie. Mais voilà, écrire c’est bien, être lu, c’est encore mieux. Pourrait-il admettre de rester anonyme à jamais si la vie d’un homme était en jeu ?


La théorie du charme des verbes (Onirien que des hommes)


Bonjour Nostromo,

Votre nouvelle « Les rues sombres » a été acceptée par notre équipe de publication.


- Cool, s’exclama David, grisé par ce mail sympathique.


Il ouvrit Word et relut son œuvre par pur plaisir égocentrique. Vers minuit, il rangea son PC portable et sauta dans son lit. Avec une telle excitation, il lui faudrait au moins une heure avant de sombrer dans les bras de Morphée mais ça lui était égal. Il compta les moutons, un sourire idiot accroché aux lèvres.



* * *



Le lendemain, Gaston Léonet, son patron, faisait une rencontre malencontreuse avec un bus. Il se brisa comme un vase en cristal contre le pare-chocs du vieux Renault de la ligne 32. Seul son dentier s’en sortit indemne.


David déposa vingt euros dans la cagnotte du bureau pour la traditionnelle gerbe : « À notre cher directeur ». Jamais il n’avait été aussi heureux de dépenser son argent. Selon lui, Léonet était une crapule pédante qui possédait un anus dans la nuque ce qui lui permettait de péter plus haut que son cul en permanence.


« Au revoir, ducon », pensa-t-il en posant une main sur le cercueil tout en arborant un visage de circonstance, lèvres pincées et regard fuyant.


Si sa mère connaissait ses sinistres pensées, elle le gronderait comme s’il avait encore neuf ans.



* * *



Les Arctic Monkeys chantaient de « fausses histoires de San Francisco » sur son lecteur CD quand on frappa à la porte de son appartement. Qui pouvait le déranger un dimanche à quatorze heures ?


- Le jour de repos du bon Dieu, ça ne veut rien dire ou bien, grogna-t-il en lâchant le clavier.


En plus, il était en pleine inspiration. Cela faisait deux heures qu’il bloquait sur une phrase anodine, fallait qu’on l’interrompe au moment précis où il pensait avoir déniché la tournure magique. Il se dirigea vers la porte en répétant mentalement sa trouvaille pour ne pas l’oublier.


Toc, toc, toc, on insistait.


- Oui, oui, j’arrive. Si c’est un Jéhovah, je lui fais avaler sa brochure.


Madame Crouteau piétinait d’impatience. Ce jeune impertinent était un bon à rien qui nuisait au standing de l’immeuble. Elle en avait assez de devoir lui répéter les règles de la co-propriété, quoique… ça lui faisait passer le temps. Elle voulait lui parler sans attendre d’un grave problème de fermeture de la double porte dans le sas d’entrée ainsi que de divers gros soucis de propreté dans la cage d’escalier. David ouvrit la porte avec l’envie de transgresser la loi : une bonne bagarre avec un vendeur d’encyclopédie Universalis, il ne doit rien exister de mieux pour se calmer les nerfs.


- Madame Crouteau, dit-il la mâchoire serrée.


Une veine énorme palpitait au milieu de son front écarlate.


- Monsieur Fortin, répondit-elle avec sa voix nasillarde si irritante.


David parvint miraculeusement à retenir sa colère. Il écouta la mégère en hochant la tête de temps en temps. Il avait déjà essuyé pas mal de remontrances dans sa vie et il avait développé une faculté très pratique : il parvenait à avoir l’air absorbé par les propos de son interlocuteur, alors que son esprit vagabondait dans une de ses histoires abracadabrantes dont son imagination fertile débordait.


- Vous comprenez, jeune homme, n’est-ce pas, acheva-t-elle au bout de quinze minutes.

- Cinq sur cinq, madame Crouteau.

- Eh bien…

- Merci d’être passée, dit-il en claquant la porte.


Il leva les yeux et demanda à la toute-puissance, peu importe laquelle, d’emmener cette morue en enfer dans les plus brefs délais.



* * *



Bonjour Nostromo,

Votre nouvelle « La ronde des damnés » a été acceptée par notre équipe de publication.


Il vérifia la date. Vendredi, ça lui convenait parfaitement. Il ouvrit Word et décortiqua son œuvre par pure satisfaction mégalomane.



* * *



Le lendemain, madame Crouteau, son exécrable voisine, glissait sur une marche encore savonneuse et se broyait les os en dégringolant trois paliers. Record officiel du quartier.



* * *



Le jeudi, David était de corvée au siège de la société pour assister à la réunion hebdomadaire de management, aussi appelée « lèche-cul party ». David y serrait beaucoup de mains et participait de son mieux au concours de sourires. C’était pendant ces réunions, aussi ennuyantes qu’inévitables, qu’il avait griffonné la plupart de ses meilleures idées de nouvelles. Il n’était pas un employé très performant mais se maintenait dans la moyenne ou parvenait à le faire croire, seul son désintérêt flagrant pour les guerres internes l’empêchait d’accélérer sa promotion.


Henri Durieu, cadre bronzé au sourire hollywoodien, était « main area chief adviser », ce qui signifiait selon la traduction officielle : « responsable régional des ventes » et, selon la traduction officieuse : « trouduc en chef chargé de taper sur les doigts ». Après avoir examiné en détail les chiffres des filiales en sermonnant par quelques piques cruelles les malheureux incapables qui ne parvenaient pas à dépasser les 120 % de leurs objectifs, quels fainéants, Henri s’adressa directement à David. C’était la première fois en huit ans de collaboration et une tension anxiogène surchargea l’air de mauvaises ondes, du moins, c’est ce que David écrirait plus tard dans son journal intime.


- Fortin, avez-vous l’intention de passer une vitesse ?

- Pardon, monsieur ?

- Vous avez l’intention de vendre nos produits ? Ça pourrait être utile et cela vous ferait passer le temps entre deux primes.


Un murmure parcourut la salle. De mémoire d’employé, cela faisait longtemps que Durieu ne s’était pas montré aussi cinglant.


- Monsieur, euh, euh, riposta David du tac au tac.

- Vous prenez beaucoup de notes mais les relisez-vous ? Vos résultats ne se sont pas…


Cela dura un bon quart d’heure. Un genre de lynchage solennel pour l’exemple. Tant qu’à faire, David aurait préféré une lettre de renvoi. Il encaissa sans rien dire, honteux sans même savoir pourquoi, aussi penaud qu’un enfant surpris en train de voler un paquet de chips.


Il rentra chez lui en maudissant Jerome McCarty et tous les apôtres du marketing et de la rentabilité, et se rua sur son ordinateur pour s’évader dans une de ses créations fantastiques.



* * *



Bonjour Nostromo,

Votre nouvelle «Le VRP psychopathe» a été acceptée par notre équipe de publication.


Il ouvrit Word et feuilleta son œuvre par pure satisfaction narcissique.



* * *



Le lendemain, Henri Durieu se noyait dans sa piscine. Choc thermique après exposition longue au soleil, expliquera le légiste en ajoutant : « J’ai jamais vu ça en vingt-sept ans de carrière. »



* * *



À l’annonce de cette bonne nouvelle, David courut aux toilettes pour vomir. Il se savonna les mains pendant près de quinze minutes, incapable de quitter des yeux son propre reflet dans la glace au-dessus du lavabo. Il finit par glisser la tête sous le filet d’eau pour chasser les idées sombres qui lui traversaient l’esprit.


Les coïncidences portent en elles la magie du possible. On peut tout leur faire dire, on peut tout y voir. David se demandait s’il n’avait pas tué trois personnes, simplement en souhaitant leur mort.


- Allô ?

- Sophie ?

- Eh, David, ça va ?

- Je ne sais pas.

- Ah ?

- Sophie, tu crois à la théorie du chaos ?

- C’est quoi ?

- Tu sais, le truc avec le battement d’aile d’un papillon qui crée des ouragans.

- Euh ? J’crois pas non.

- J’ai lu le récit d’un mec sur Internet qui avait remarqué que chaque fois qu’il entendait « Imagine » de Lennon, un volcan entrait en éruption quelque part.

- Sur Internet, tu dis ?

- Oui, tu en penses quoi ?

- Que c’est n’importe quoi. Moi, si j’tire pas la chasse trois fois de suite après la grosse commission, le monde va sombrer dans l’apocalypse nucléaire.

- On ne sait jamais.

- Tu rigoles ? Je ne crois pas à ce genre de sottises.

- Ouais, moi non plus, souffla-t-il sans conviction.


Quelques secondes solitaires se regroupèrent pour former un blanc lourd et perturbant.


- David ? hésita Sophie.

- Oui, je suis là.

- Ça va, dis ?

- Peut-être, je ne sais pas. Je te rappelle, d’accord ?

- Ok, quand tu veux.


Il posa le combiné et fit ce qu’il faisait toujours quand le monde réel lui semblait trop compliqué. Il se pencha sur son Vaio pour y libérer les lutins, les tueurs et autres vaisseaux spatiaux prisonniers du clavier.


« Azerty, mon amour, tu traces le chemin de mes jours », avait-il écrit il y a longtemps, un lendemain de cuite.


Il chassa une mèche sur son front et laissa ses doigts vagabonder :


HD, le colonel des armées rebelles, était mort sur Jaxston, la planète océan. Son spationef avait coulé avec sa précieuse cargaison. HD n’était pas ce qu’on app…


David s’interrompit, la bouche entr’ouverte.


« Je les ai tués ? »


Il ouvrit sa boîte mail avec fébrilité et vérifia son intuition. Il parcourut les dates dans sa boîte de réception. Pas de doute : quelqu’un qu’il détestait mourait après chaque publication d’un de ses textes sur son site préféré.



* * *



- C’est impossible, idiot, dit Paul en riant.


Un serveur s’approcha.


- Un Schweppes pour moi.

- Une bière, merci.


Paul déposa un paquet de cigarette sur la table.


- J’ai arrêté, dit-il.

- Chouette.

- Je garde un paquet sur moi et j’y touche même pas. Tu sais comment ça s’appelle, ça ?

- Non, soupira David qui regrettait d’avoir appelé son vieil ami.


Paul était un clubber célèbre de la capitale, aussi insensible au paranormal qu’un sourd peut l’être à la musique dans une rave party.


- Ça s’appelle la volonté, mon vieux. Regarde, je mets le paquet là devant moi et j’ai même pas peur.

- Félicitation.

- J’en peux plus, David, faut que j’en grille une, pouffa soudain Paul en s’affalant sur son siège.

- Vas-y, je t’en prie.

- Non, faut que je sois fort.

- On pourrait peut-être en revenir à mon problème.

- Oui, dit Paul. (Le manque de nicotine faisait trembler ses mains.) Tu écris et ça tue des gens, c’est ça ?

- Plus ou moins. C’est quand je publie sur un site précis.

- Ah ouais ? C’est cool.

- Tu ne me crois pas une seconde hein ?

- Si, je te crois. Tu ne touches pas à la codéine, n’est-ce pas ?


David n’avait pas envie de rire. Cette histoire l’obsédait. Cela faisait trois jours qu’il n’avait pas fermé l’œil.


- Je te crois, reprit Paul avec douceur pour ménager son ami qui semblait exténué. Mais il s’agit sûrement de hasards.

- J’ai vraiment été vache avec ces gens. Je voulais qu’ils disparaissent.

- Tu ne vas pas culpabiliser, c’est juste une coïncidence morbide.

- Sans doute.

- Tu n’as qu’à essayer, dit Paul les yeux rivés sur les cigarettes.

- Essayer ?

- Écris un truc, et on verra si quelqu’un d’autre meurt.

- Je ne peux pas faire ça.

- Pourquoi ?

- Et si ça marche ?

- Tu seras fixé.

- C’est horrible, complètement immoral.

- J’aime bien l’idée, moi.


David s’offusqua pour la forme. En réalité, il savait déjà qu’il tenterait l’expérience. Une partie de lui s’excitait à l’idée de se découvrir un terrible pouvoir.



* * *



Le colonel HD n’était pas mort pour rien. La rébellion avait libéré Jaxston de l’emprise des forces de la coalition. Karl et Marie s’enlacèrent en fixant l’horizon. FIN.


- Voilà, murmura David en appuyant sur « Enregistrer ».


Maintenant, il fallait choisir une victime. C’est sa mère qui lui fournit le cobaye le soir-même. Elle pleurait au téléphone : l’oncle Émile l’avait encore humiliée en public. Cela faisait trente ans qu’il la harcelait psychologiquement avec ses grands airs de « je-sais-tout » et ses allusions sournoises. En fait, Emile était un salaud de la pire espèce, caché derrière un masque de courtoisie. David le détestait. Il envoya son texte et leva les yeux en priant le ciel de pulvériser le persécuteur familial.



* * *



Bonjour Nostromo,

Votre nouvelle « Les flots assassins» a été acceptée par notre équipe de publication.


- Nous y sommes, chuchota David.


Il n’ouvrit pas Word pour relire ce qui pourrait bien s’avérer être l’arme d’un crime.



* * *



Le lendemain, l’oncle Émile recevait un coup de couteau fatal à hauteur du pancréas. « Une dispute ridicule entre chauffards tourne au drame » titra un journal régional.



* * *



David lâcha le combiné, ses jambes flageolèrent et un voile brumeux envahit son champ de vision. Il s’écroula sur le lino bon marché de sa salle de séjour.


- David ? Tu es là ? David ? hurlait sa mère à l’autre bout du fil.



* * *



Et si les hommes avaient inventé Dieu pour trouver une explication aux trajectoires biscornues de la fatalité ? Il fallait bien donner un nom aux hasards tantôt miraculeux, tantôt maudits, qui parsemaient l’existence de l’humanité depuis qu’un Homo sapiens avait transformé un bout de silex en pointe de lance.


Allongé sur son lit, un gant de toilette humide sur le front, David dissertait maladroitement sur la présence réelle ou non du divin. Il avait tué quatre personnes, quand même. Si ce n’était pas Dieu qui se manifestait, autant acheter tout de suite une camisole de force.


Il tituba jusqu’à son bureau et ouvrit le portable. Les évaluations n’étaient pas bonnes, du moins, pas autant que les premières. Un certain Oxoyoz avait mis un 9 à « La ronde des damnés ». C’était justifié.


Il avait passé tant d’heures agréables à flâner sur ce site. Aujourd’hui, il y était lié d’une manière insoupçonnable. « Onirien confirmé », lut-il dans un coin.


« Onirien maudit, oui », pensa-t-il en se prenant la tête à deux mains.



* * *



Les cernes sous les yeux de David étaient si profonds qu’ils auraient rendu fou de jalousie un grand canyon passant dans le coin. Il ne quittait quasiment plus son peignoir, buvait plus de cognac que d’eau et n’avait plus ouvert Word. Il avait pris tous ses congés d’un coup, tant pis. Croiser les regards lourds de ses collègues était au-dessus de ses forces. De toute façon, il ne pouvait pas travailler avec ce clou planté dans le crâne, cette obsession qui roulait comme un tsunami sur la surface de ses neurones. Il pouvait tuer en claquant des doigts, en appuyant sur des touches, en inventant et… c’est fou ce qu’il avait envie d’en profiter. Il parlait souvent tout seul, pour se maudire la plupart du temps. À vrai dire, il était perdu. La lutte intérieure, entre culpabilité et soif de pouvoir, le transformait en zombie.


Il maîtrisa sa part de l’ombre pendant trois semaines, la maintenant prisonnière dans un donjon au fond de son cerveau primitif, mais la muraille de volonté céda finalement. Comme tout homme, depuis la nuit des temps, il rejeta la faute sur les autres. Ce n’était pas lui, ça ne venait pas de lui. Dieu ? Peut-être, mais il n’allait pas attendre le jour de sa mort pour en avoir la preuve ? D’ici là, aucun bonhomme à la barbe blanche ne viendrait lui tapoter sur l’épaule en disant joyeusement :


« Eh, mon gars, c’tait moi. C’tait drôle non ? »


Ni lui, ni Dieu. Il reste qui alors ? Les autres, c’est évident. Je, Vous et Dieu sont dans un bateau ; Je et Dieu tombent à l’eau… VOUS n’a plus qu’à ramer. Cinq cent heures de déprime et cent grammes de rognures d’ongles pour en arriver à cette affligeante conclusion. Il avait besoin d’écrire, il avait besoin d’être lu, tant pis pour celui qui viendrait le faire chi…


… Ça ne tarda pas.



* * *



Il n’avait jamais rien pondu d’aussi brillant, il en était convaincu. C’était original et efficace, émouvant et palpitant, d’une précision d’horloger. Jamais il ne réécrirait un truc pareil. Du concentré de talent de David en tube. Les ingrédients ? Quelques cadavres, une bonne crise existentielle et l’absence de remords.


Entre les lignes, elle voyait les tréfonds de son âme. Sous l’accent circonflexe disparaissait sa solitude. Au bout de sa liste, derrière « peiner » et « attendre », elle ajouta le verbe « brûler », il sonnait plus juste qu’un simple « aimer ».


-Oh, mais c’est bon ça, s’exclama-t-il sans modestie.


Il aurait dû lire les recommandations d’entretien de son portable : « Ne pas mouiller ». Il suait du front, du dos, des poignets et des doigts. Son clavier était inondé mais il ne pouvait plus s’arrêter. Il écrivait à en avoir mal aux yeux, au bide, aux articulations et même aux fesses. Il s’était rêvé nouveau Stephen King et devenait Victor Hugo. Belle promotion.


C’est en descendant se chercher un pack de bières qu’il croisa une catastrophe sur pattes. Lionel, le nouveau locataire qui avait acheté l’appartement de madame Crouteau. Il faisait partie de cette catégorie de gens qui possèdent un point de vue sur tout, qu’ils jugent toujours le bon, qui prônent le respect à tout va sans en avoir jamais montré eux-mêmes à qui que ce soit. Un prototype de BoBo d’extrême droite, qui peut débattre des heures sur l’injustice de l’immigration et l’inacceptable statut des sans-abris mais qui soulève toujours un regard dédaigneux sur le mendiant qui lui tend la main tout en l’houspillant de se trouver un job.


Le trentenaire écoutait sa musique à fond, à toute heure, mais glissait des petits mots sous les portes de ses voisins pour se plaindre, tantôt du bruit d’une chasse d’eau, tantôt de sacs poubelles puants dans le hall d’entrée. David l’invita à prendre le café pour l’accueillir dans l’immeuble. Immonde prétexte. Moins d’une heure de conversation suffit à sceller sa décision. Malgré tout, pour se convaincre qu’il avait raison, pour se donner des excuses, il étudia Lionel pendant une longue semaine, comme un anthropologue observant un Papou. Il remplit près de deux cahiers de notes avant de passer à l’acte, sûr de son fait.


David avait écrit un si beau texte, le monde devait savoir, mais il ne voulait pas commettre la moindre bévue. Il ne pouvait pas tuer quelqu’un comme ça, au hasard, il lui restait un fond de lucidité et de morale. Tant qu’à faire, autant débarrasser la planète d’un parasite, du moins, de ce qu’il estimait être un parasite.


Il envoya sa nouvelle.



* * *



Bonjour Nostromo,

Votre nouvelle « La théorie du charme des verbes » a été acceptée par notre équipe de publication.


Il ouvrit Word et relut son œuvre par pur plaisir égocentrique, mégalomane, narcissique et… sadique. Il courut ensuite jusqu’au palier pour tendre l’oreille. Il allait peut-être entendre un homme mourir. Glissé contre la porte entrebâillée, son visage de dément frémissait d’un bonheur attendu. On aurait dit Vincent Price jouant la joie perverse de mordre une jeune vierge. La porte de l’appartement de Lionel claqua, le jeune homme sortait. David se précipita en pantoufle. Il descendit les marches quatre à quatre pour aboutir dans la rue bondée. Il pivota en tous sens avant de discerner enfin la silhouette de sa victime. Il se fraya un chemin dans la foule, excité comme un lapin Duracel, puis ralentit enfin, quelques mètres derrière Lionel. Il le suivait, enfiévré et fébrile, comme un guépard chassant un gnou estropié. Il allait commettre le meurtre parfait, sans les mains, avec pour seul mobile l’irraisonnable envie d’écrire et d’être lu. Il ne voulait pas en rater une miette, déguster des yeux la beauté de son pouvoir divin.


Focalisé sur sa proie, isolé dans sa bulle, il ne dévia pas de sa route quand le trottoir devint bitume. Le Renault de la ligne 32, récemment rénové, le faucha à 54 km/h. Bien assez pour le transformer en bouillie.


Sa dernière nouvelle reçut des commentaires élogieux. Quelques MP s’amoncelèrent même dans sa boîte de réception. Personne n’y répondrait jamais.


Les coïncidences portent en elles la magie du possible… comme la littérature. (Page 3 de son journal intime)



 
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   Cyberalx   
13/7/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Moi, je n'ai rien de négatif à dire pour le coup, c'était une nouvelle géniale (oh mais si), je me suis délecté de cette lecture, riant aux astucieuses métaphores, plissant les yeux pour deviner la fin (ce à quoi j'ai lamentablement échoué), et notant la justesse de certaines descriptions (comme le mec qui poste sa première nouvelle, sait qu'elle va être publiée et la relis sur word, fier comme un paon... C'est moi ça !).

Merci Tchollos, j'espère vraiment que cette nouvelle n'a pas entrainé ton décès car cela nous priverait d'un paquet de bonnes histoires à venir.

   nanardbe   
18/6/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément
vraiment génial c'est très bien écris, l'histoire tiens la route, c'est vivant drôle...

Je viens de prendre une leçon. moi qui pensais ne pas être mauvais j'ai trouvé un maitre, bravo!

   Ama   
18/6/2007
Non mais j'adore. J'ai même pas envie d'analyser pourquoi, j'aime tout simplement ton style. L'histoire est assez banale mais tellement bien menée, racontée et présentée, qu'elle devient tout à fait originale. C'est comme "L'histoire de Marie et Julien", film de Rivette: c'est la même histoire qu'un livre de Marc Lévy, mais l'un est un chef d'oeuvre et l'autre, une ptite histoire. Comme quoi, tout est dans la manière de faire...
Sinon, je viens de regarder Vanilla Sky, où le héros s'appelle David; du coup, au tout début, j'avais déjà peur!
Alors, si on n'est rien que des hommes, on peut être rassuré, tu vas pas mourir? ^^

   Benjoui   
19/6/2007
J'ai beaucoup aimé... Ca m'a un peu fait penser à du Stephen King [sûrement à cause du genre de l'histoire]...
Même si on peut avoir un soupçon quand il suit son voisin, on est quand même surpris par le dénouement.

Du grand art

   oxoyoz   
21/6/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément
je crois que la note que je met exprime tout ce que je pourrai dire. J'ai eu un plaisir fou à lire ce texte. La mise en abîme d'Oniris donne un super effet pour nous oniriens. Les images, le rythme, les sentiments, la dégénérescence du personnage ... "c'est de la balle" !

J'ai senti la fin arriver, j'ai douté mais je l'ai bien sentie, ce qui n'enlève rien à son efficacité.

   Ninjavert   
2/7/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo Tchollos, cette nouvelle est un petit bijou :)
L'histoire est prenante, le rythme et le suspens parfaitement dosés, le ton utilisé merveilleusement maîtrisé, et le tout est parsemé de cette pertinence et de cette délicieuse ironie que tu manies si bien.

Un vrai régal, même si le fond de l'histoire sent un peu le déjà vu. Mais comme l'a déjà dit Ama, un déjà vu tellement bien raconté qu'on y découvre un plaisir neuf.

Encore bravo !

Tu comprendras que je ne t'aies pas envoyé de MP, je déteste écrire pour rien :)

   Anonyme   
6/7/2007
Ahhhh! Non pas une fin comme ça !!
Je suis d'accord avec Ama est Ninjavert sur la qualité de la nouvelle. J'ai apprecier le léger cynisme du heros et son détachement progressif face aux morts qu'il provoque. Mais pourquoi cette fin, pourquoi cette "justice divine" qui frappe.
Quelque fois c'est tellement jouissif quand le méchant s'en tire !!

   Togna   
8/7/2007
Les mots sont bien choisis et toujours à la bonne place. La lecture est plaisante et j'ai eu hâte de parvenir à la fin. Quant à l'idée, si j'avais lu cette nouvelle avant de participer à "Le diable n'a qu'un oeil", je n'aurai pas commis "le syndrome de la feuille blanche" !
Merci Tchollos, je vais lire tout de vous.

   Nico   
12/7/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bon, la question qui me tracasse, c'est s'il y a des sous-entendus cachés dans ce texte. Je sens que vais demander à l'équipe de publication d'être un tantinent plus prudente...

   philippe   
23/7/2007
jouissance purement narcissique d'un initiateur de ce site

je ne note pas, sinon, je sens que d'autres vont éclore dans le même genre, ce que je ne souhaite pas.

je me suis beaucoup amusé

   Bidis   
30/9/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
(J'ai envie de vivre encore un petit bout de temps, mais "l’houspillant ", c'est correct ça ? Il ne faut pas dire "le houspillant" ?)

Et maintenant, j'ai lu tous les Tchollos. Y a pas un livre de publié, un autre site, quelque chose ?!!! Je suis en manque...

   macalys   
17/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Complètement happée par la vie médiocre de ton génie incompris... Waw ! Quel rythme mes aïeux ! Un rythme d'ailleurs curieusement servi par les caracatéristiques "clichés" des personnages (le cadre dynamique et bronzé, la concierge aigrie, le BoBo qui aime s'écouter parler...). On les reconnait facilement, on les hait tous un peu...

J'adore ton ton grinçant : tout le monde en prend pour son grade. Ayant une petite faiblesse naturelle pour le comique de répétition, l'image de l'auteur relisant narcissiquement sa nouvelle après annonce de la publication m'a particulièrement séduite.

Et le style, que dire du style ? Il y a des trouvailles délicieuses comme : "Quelques secondes solitaires se regroupèrent pour former un blanc lourd et perturbant." C'est fluide, drôle, jouissif.

En bref, bravo et merci !

   nico84   
29/11/2007
 a aimé ce texte 
Passionnément
Que dire de plus aprés tout ce flot d'éloges ? Ta nouvelle est tout simplement geniale, drôle et intrigante du début à la fin. C'est un réel plaisir de te lire, superbe qualité de fond présenté par une forme parfaite. Bravo et respect.

   Fattorius   
29/11/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une affaire qui roule, en effet, avec du rythme et un certain talent pour l'image et la comparaison originales (ça marche, souvent; c'est parfois un peu cliché). Un bon moment de lecture, donc - même si à un certain moment, on s'attend à une telle chute. Quant à l'aspect "sur-mesure pour Oniris", pourquoi pas?

   calouet   
11/2/2008
 a aimé ce texte 
Passionnément
Hier sur le chat, j'ai causé avec deux gugusses (salut à eux ;)) qui me disaient que je DEVAIS lire du Tchollos. Ces gars te prennent ni plus ni moins que pour le meilleur nouvelliste qui traîne ses guêtres ici, ils te vouent un quasi-culte. Vu le niveau affiché par certains ici, crois bien que ça m'a impressionné, et intrigué...

Mais il était tard, j'étais fatigué etc. J'ai dit alors que pour etre un bon lecteur, il ne faut pas être trop fatigué, qu'il faut se sentir "prêt" (j'étais content de mon coup, d'ailleurs)... En furetant sur ton profil j'avais vu que tes textes pesaient souvent autour de 30000 cc, ce qui est finalement beaucoup, tard le soir, sur écran... Bref je me suis dégonflé, même si un des deux gugusses (le plus virulent) m'a lâché "CA SE LIT SUPER VITE" (c'était un compliment, hein)

Et aujourd'hui, un peu moins fatigué, un peu plus courageux, encore plus intrigué, je me lance : C'est énorme!!! Et c'est vrai que ça se lit super vite. Non parce qu'on bâcle la lecture, mais bien parce que ton rythme de malade nous emmène à grande vitesse, qu'on a hâte de savoir, tout en se vautrant dans le plaisir d'accompagner ton héros dans ses sombres délires...

C'est vraiment du lourd, je pèse mes mots (oh oh joli coup M'sieur le Baron), tout y est : les images percutantes, l'intrigue bien ficelée, la psychologie du héros (la scène de lutte intérieure est très bien foutue), les seconds rôles certes clichés mais ô combien visualisables... Mine de rien, je crois que tu dois sacrément travailler tes textes, car à bien y faire attention, j'ai l'impression que tu t'es appliqué sur chaque mot, chaque virgule, chaque tournure. Tu ne lâches rien. C'est vraiment énorme.

Et puis en plus, c'est super vendeur car tu as trouvé une intrigue qui nous parle à tous, puisque liée au Oniris.

Bravo! Et merci pour la lecture!

   widjet   
15/3/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Si ce clin d'oeil (original, bien écrit et avec un suspens assez bien dosé pour mantenir le lecteur en haleine) n'est pas la plus grande réussite de son auteur, ça vaut quand même largement le détour. Une petite récréation qui fait sourire et qui doit interpeller chacun de nous. Le final n'est pas des plus renversants mais qu'importe, l'ensemble est de bonne qualité. Comme toujours.

Il va sans dire que pour ma part, j'attends la prochaine histoire de Tchollos (dans 24H yes !!) comme mon peuple attend la venue du messie ! :-))

Widjet

   Anonyme   
15/3/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un brin d'irrévérence, un large soupçon d'immoralité, et voilà le thème de l'écrivain talentueux accro à la notoriété revisité admirablement ! (on dirais presque du Philippe Djian). En plus, une illustration assez convaincante de la théorie du chaos.

Sommes-nous tous comme cela à Oniris ? Ça fait froid dans le dos...

   Anonyme   
29/6/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une pointe d'Ultime Souper, dans le "je tue le parasite, enfin ce que je crois être un parasite!"... j'ai beaucoup aimé.
Pire, ou mieux?, je me suis reconnue dans l'auteur mégalo-égotiste aux fantasmes morbides.

Bref je me suis identifiée au personnage, j'ai rigolé à sa peur (qui me fait penser à une de mes nouvelles, "le syndrome de la page blanche" que j'enverrai un jour peut-être) d'être responsable de la mort par procuration...

Adhésion totale, une fois de plus me direz vous...
Tournures de phrases bien pensées, bonne analyse de la paranoia et fin comme je les aime!

Merci beaucoup!

   Maëlle   
19/7/2008
 a aimé ce texte 
Bien
C'est rigolo comme idée. Et bien défendu.

   Anonyme   
24/8/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ouf ! C'était long. mais haletant. Les verbes ont plein de charmes, j'en suis convaincue. Ils détiennent aussi le pouvoir de tuer, de cela aussi je suis convaincue. Cette conviction est bien antérieure à ma lecture. Dès lors qu'ils sont employés, offerts en cadeau (empoisonné ?) à un lectorat, potentielle victime, et dès lors qu'il sont lus. On peut inconsciemment aller à la rencontre du hasard après avoir lu Cioran, écouté Antonin Artaud dans ses sublimes délires ante posthumes, Pierre Desproges ou Raymond Devos.
On peut péter un câble en écrivant, sentir soudain en soi une révélation littéraire doublée d'un génie assassin usant et abusant d'une puissance que l'on croit surnaturelle ... Se croire à la fois Dieu, maître du monde, attribuer à soi les options assassines du destin hasardeux qui frappe aveuglément. on peut tout ça, et on devient fou, à l'instar de David, arrêté brutalement dans sa tuerie par un retours du boomerang appelé coïncidence. Fou à lier, dangereux, à enfermer.
Ce qu'il y a de fantastique à observer, ou même à vivre, c'est cette démence, cette psychose.
Ta nouvelle, tchollos, s'est trompée de catégorie, c'est le seul reproche que je lui fais. Elle aurait du frapper à la porte du réalisme, c'est frappé au coin du bon sens ^^

   Flupke   
6/10/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'idée est intéressante et je trouve, bien exploitée.
Des expressions vraiment savoureuses. J'ai bien aimé:
Seul son dentier s'en sorti indemne.
Un anus dans la nuque
Si c'est un Jéhovah je lui fais avaler sa brochure.
En dégringolant trois palier. Record officiel du quartier.
Très agréable à lire. Merci Tchollos.

   marogne   
24/10/2008
 a aimé ce texte 
Bien
Je me suis bien amusé à la lecture de cette histoire, sans doute en grande partie du fait qu'elle soit publiée sur oniris; c'est peut être celà, si il fallait rouver un défaut, son défaut: un peu "private joke" qui déclenche les appréciations^positives dans le cercle des initiés.

Je me suis demandé alors ce que j'en penserais si je ne connaissais pas oniris, et si il n'y avait aucune chance de s'identifier au héros. Et alors ma perspective a changé. Oui le style est maîtrisé, le rythme est bon, plaisant, il y a de très bons "mots" (excellents), oui, oui mais après? L'histoire vue ainsi est un peu cousue de fil blanc, on sait la fin très vite, et on revient sur l'idée de base un peu trop de fois, sans que chaque épisode n'approte vraiment quelque chose de plus par rapport à l'épisode précédent.

très bien pour l'écriture, moyen pour le thème.

   Menvussa   
11/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très très bon. De l'humour... à moins que cela ne soit vrai... Là, ça change tout, je vais peut-être demander une enquête.

   liryc   
17/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai beaucoup apprécié cette nouvelle par son rythme haletant et son ironie omniprésente. Ce pouvoir mis à profit pour régler ses comptes
est un super fil conducteur. On ne le quitte plus. La chute ne fait pas grand bruit, c'est vrai. Mais bon, l'ensemble, conduit par une plume de maître, mérite au moins un Très bien+

   RLatent   
20/7/2010
Commentaire modéré

   Selenim   
29/5/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une histoire sympa, qui à mon sens peut se destiner à d'autres lecteurs que les simples oniriens pour être appréciée.

L'écriture est d'une rare fluidité, claire, précise. Je la trouve parfois un brin gentillette, naïve, comme une extension de David. Il est évident que l'auteur ne cherche pas à travailler son style, mais bien son histoire. Cette écriture est entièrement au service de l'intrigue, s'adapte à la perfection au déroulé de l'histoire. C'est là le signe d'une belle maitrise littéraire.

L'humour est un peu trop basique à mon goût. Il a l'avantage par contre de donner un ton décalé au récit. Pas plus.

Les personnages secondaires sont très caricaturaux, un peu à l'image de l'histoire qui ne réserve que peu de surprises.

Un moment plaisant, divertissant.

Selenim

   David   
19/1/2011
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Tchollos,

Ce truc c'est bon comme un Woodstock, ou comme un Waterloo dirait peut-être un belge... c'est peut-être aussi Arctic Monkeys - Fake Tales Of San Francisco en fond sonore qui révèle le côté rock'n roll de cette nouvelle... endémique ? Pas si sûr, ça clignotait déjà comme un drugstore dans le jura lorsque je la lus, jadis, et j'y reconnaissais tantôt la proie que devenait mes élans d'écr... de poè... enfin de... pour la folie ordinaire, quand j'y pensais un peu trop, ce vertige absolu dont le titre restera pour moi la meilleure transcription, définitivement.

C'est génial parce que c'est méchant, cette drôle d'histoire de sérial killer, parce que c'est plein de digressions délirantes, parce que ça donne envie de suivre une idée un peu con qu'on pourra vendre à personne, parce qu'en plongeant dans le plus profond nombrilisme d'écrivain, l'envie d'être lu, ça semble faire émerger un bout de quelque chose d'universel, la satisfaction d'une quête du graal assouvie, une tentation de Faust qui aurait pu tourner moins court si le personnage avaient tenté d'écrire sa biographie avec d'infini "à suivre" à chaque épisode... mais ce n'était pas son truc la vie éternelle apparemment, interrompre celle de quelques gêneurs lui donne néanmoins une vie de personnage bien rempli, bravo.

   Anonyme   
29/5/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai adoré ce petit récit. Rien à redire sur le fond et la forme, si ce n'est qu'un instant, je me suis imaginé à la place du protagoniste qui à la place du clavier aurait eu un flingue.

Les comparaisons sont simples, mais percutantes. Les zestes d'humour sont savamment éparpillés, et efficaces.

J'ai passé un bon moment en vous lisant, merci.

   monlokiana   
1/7/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Épatante nouvelle!
L'idée de départ est bonne, le récit coule bien dans mes oreilles, rien à dire rien à dire sur ca
j'ai adoré ce dialogue, ca ma beaucoup fait rire
"- Tu n’as qu’à essayer, dit Paul les yeux rivés sur les cigarettes.
- Essayer ?
- Écris un truc, et on verra si quelqu’un d’autre meurt.
- Je ne peux pas faire ça.
- Pourquoi ?
- Et si ça marche ?
- Tu seras fixé.
- C’est horrible, complètement immoral.
- J’aime bien l’idée, moi."
l'idée est originale, mais aussi je pense que la manière dont David s'est rendu compte qu'il tuait en publiant est mal amené. C'est trop brusque
Toutefois j'ai aimé, je me suis pas ennuyée...
Monlo

   Meleagre   
25/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une nouvelle assez originale ! J'aime bien ces références à Oniris, avec l'auteur qui poste ses textes, et les relit pour les savourer quand ils sont acceptés... On s'y croirait !
Le scénario est complètement farfelu : publier sur Oniris pour tuer ; le crime parfait... Hypothèse qui est déjà portée dans la parenthèse du titre, si je la comprends bien : Honni rien que des hommes...
Le style est assez simple, avec un langage courant, sans fioritures. Les dialogues sont parfois un peu trop longs, je trouve ; et le récit pourrait accorder plus d'importance à la construction du personnage de David, à sa psychologie, ses émotions (qui pourraient être extrêmes dans ce genre de situation).
Les victimes sont des personnages tout à fait ordinaires, comme on peut en voir à tous les coins de rue : le patron crapuleux, la voisine envahissante, le manager méprisant... Les scènes sont tout à fait crédibles, et on dirait que ce David est n'importe qui, que son histoire peut arriver à tout le monde.
Certaines pointes d'humour sont bien vues :
"Si c’est un Jéhovah, je lui fais avaler sa brochure."
"la réunion hebdomadaire de management, aussi appelée « lèche-cul party »"
le manager "était « main area chief adviser », ce qui signifiait selon la traduction officielle : « responsable régional des ventes » et, selon la traduction officieuse : « trouduc en chef chargé de taper sur les doigts »"...

Et puis, petit à petit, la découverte de cet étrange pouvoir. C'est raconté rapidement, mais efficacement, je trouve. Quand même, j'aurais bien aimé qu'il hésite un peu plus avant de l'utiliser à nouveau... Et c'est peut-être cette jubilation, cette envie de tuer pour éliminer les parasites et accomplir le destin, qui provoque sa perte.
Finalement, la boucle est bouclée : le bus Renault de la ligne 32, qui a tué le patron, est le même ("récemment rénové") qui a renversé aussi David.

Bon, original, comme idée. Mais on tombe parfois dans les clichés, et l'histoire mériterait plus d'attention à la psychologie, pour construire de façon plus aboutie le personnage de David.

   Marite   
26/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une nouvelle que je découvre. Publiée en 2007, je ne serais jamais allée la chercher pour la lire et pourtant : un vrai bon moment de lecture. Tout d'abord l'écriture, elle se fait oublier pour porter les personnages et surtout cet étrange pouvoir : un souhait de destruction à peine émis par le héros David. Il lui suffit d'écrire et de proposer une nouvelle pour le faire vivre et se réaliser dès elle est publiée.
J'ai terminé quand même avec une question en suspens : pourquoi le dernier souhait ne s'est-il pas réalisé comme l'espérait David ? Où est le grain de sable ? Car il y en a bien eu un ... Il y a sûrement une règle qui n'a pas été respectée par David car ce genre de "pouvoir" est toujours tributaire de contraintes impossible à contourner sous peine de subir la sanction.
" Fantastique et merveilleux " c'est la catégorie dans laquelle est publiée ce texte mais je reste perplexe ...
Merci à Tchollos !

Ah ! J'oubliais ! Le titre n'incite pas du tout à la lecture ... et il est très peu "Fantastique ou merveilleux" il m'apparaît trop sérieux, du genre où l'on pense ne trouver qu'un exposé profondément ennuyeux. Cette remarque est, bien entendu, très subjective.


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