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Policier/Noir/Thriller
Thimul : Millionnaire
 Publié le 27/08/18  -  14 commentaires  -  13981 caractères  -  78 lectures    Autres textes du même auteur

Gagner beaucoup d'argent peut faire un bien fou, ou pas...


Millionnaire


6 décembre

Cher journal, c’est fantastique !

Après toutes ces journées de disette, de faim, c’est un miracle.

J’ai gagné !

Incroyable : la seule et unique fois que je joue.

Un million d’euros !

Finie la vie dans cet appartement insalubre. Finies les soirées sans chauffage recroquevillé au fond de mon lit. Finis les jours sans rien d’autre que du pain ou des pâtes, juste pour se remplir le ventre.

J’ai envie de hurler mon bonheur à tout le monde.


7 décembre

Ce matin, je me suis levé pour faire la liste de tout ce que j’allais pouvoir acheter. J’avais envie de rire en écrivant toutes ces imbécillités, mais ça m’a fait énormément de bien.

Je fais attention à ne pas trop montrer ma joie. Je sais que les gens sont jaloux. Je préfère qu’ils ne soient pas au courant. Il y a tant de voleurs et eux aussi sont si pauvres. Si cela venait à se savoir, je ne donne pas trente secondes avant qu’ils ne s’agglutinent tous devant ma porte.

Je ne suis pas allé travailler. Je n’ai même pas prévenu mon chef. À quoi bon ? Ils me paient une misère qui me permet tout juste de survivre. Dans quelques jours, je n’aurai plus besoin d’eux.

J’ai passé le reste de la journée à imaginer ma vie future.


8 décembre

Mal dormi cette nuit. Je n’arrêtais pas de me lever pour aller vérifier que mon ticket était toujours là.

Je l’ai changé vingt fois de place. Et si quelqu’un entrait chez moi pendant mon absence ?

Il vaut mieux que j’aille chercher mon argent très vite. Je ne vais pas pouvoir tenir avec l’angoisse de le perdre.

Cet après-midi, mon voisin de droite est venu frapper à ma porte pour me demander du sel. Je lui ai dit que je n’en avais plus. Il avait un regard bizarre qui ne m’inspirait pas confiance.


9 décembre

Pas dormi cette nuit.

Je suis allé au bureau de tabac en toute fin de journée, juste avant la fermeture. Il est près de mon usine, à l’autre bout de la ville. En sortant, j’ai croisé quatre jeunes de l’immeuble dans l’escalier. Je les ai trouvés différents dans leur attitude.

Un bonjour un peu trop appuyé, quelques chuchotements dans mon dos. Est-ce qu’ils savent ?

J’ai fait un tas de détours pour m’assurer que personne ne me suivait.

Je suis arrivé juste avant que le type ne baisse son rideau de fer. Quand je lui ai dit que j’étais celui qui avait gagné il est devenu surexcité. Je lui ai dit que je souhaitais absolument garder l’anonymat. Je remercie le ciel de ne pas avoir validé mon ticket près de chez moi. Sûr que la nouvelle se serait répandue comme une traînée de poudre.

Il a regardé le bulletin gagnant que j’avais dans mon portefeuille avec des yeux de convoitise malsains. Je suis parti illico.


10 décembre

Encore une nuit d’insomnie.

J’ai téléphoné à la Française des jeux ce matin. Il y a moyen de toucher ses gains sans passer par le buraliste : ouf !

Je ne lui fais pas du tout confiance. Quelque chose a changé depuis quelques jours. Les gens se comportent étrangement avec moi. Quelque chose ou quelqu’un aurait-il pu les alerter ?

J’ai beau me dire que c’est quasiment impossible, mon instinct en général ne me trompe pas.

Il va falloir que je fasse attention, très attention.


11 décembre

Dormi une heure.

Toute la nuit, j’ai tendu l’oreille. Il y a des bruits suspects. Mon voisin du dessus s’est levé au moins trois fois. Pourquoi ? Je me demande si lui aussi n’est pas en train de m’épier.

Le ticket est toujours à sa place, sous une latte de mon plancher, avec toi journal, quand j’ai fini de te parler. Je ne peux plus faire confiance qu’à toi.

Les heures sont longues, car je ne peux plus me permettre de sortir, en tout cas pas longtemps. Je n’ose pas prendre mon ticket avec moi. Il est probable que le buraliste a parlé et je risque de me faire agresser.

Mais quand je suis dehors, je laisse mon appartement vide, à la merci de mes voisins qui pourraient forcer ma porte, fouiller et finir par trouver mon trésor.

Alors je passe ces heures à imaginer ce que je ferai après, lorsque j’aurai mon argent.

En fin de journée, mon voisin de gauche est allé frapper à la porte de mon voisin de droite.

Comme par hasard.


12 décembre

Pas sommeil. Impossible de fermer les yeux.

Il faut que je reste vigilant.

Les gens de mon immeuble se disent bonjour d’une étrange façon. Comme un air de connivence qui ne m’a pas échappé. J’ai relevé tous les noms sur les boîtes aux lettres.

Quatre étages et le rez-de-chaussée, quatre appartements par étage.

J’habite au deuxième entouré de dix-neuf voleurs potentiels.

L’ascenseur est tombé en panne. Ils veulent me forcer à prendre l’escalier.

Je n’aurai plus à souffrir de tout ça quand j’aurai une maison.

Demain, je tenterai une sortie pour réclamer mon argent au centre de la Française des jeux.


13 décembre

Nuit compliquée.

Beaucoup de bruits. Les voisins du dessous ont reçu du monde et la musique était à fond. Idéal pour masquer une réunion en vue d’un mauvais coup.

Mais c’est trop tard pour eux. J’y suis allé !

Les types de la FDJ ont pris mon billet et un RIB. L’argent arrive bientôt sur mon compte.

Dans très peu de temps, adieu cet immeuble minable rempli de voleurs et de comploteurs.

Une seule chose m’inquiète encore : un des responsables de la société avait l’air un peu trop poli pour être honnête.

Reçu plusieurs coups de téléphone de mon travail. Je n’ai pas répondu.

Pas question que je tombe dans ce piège.


14 décembre

Toujours pas envie de dormir.

Mon cerveau fonctionne à fond. Je surveille ceux qui me surveillent. J’échafaude des plans pour éviter toutes les embuscades que certains pourraient me tendre.

Certes, ils ne peuvent plus me prendre mon ticket, mais ils peuvent encore me séquestrer et m’obliger à leur remettre tout mon argent. Mon million, ma porte de sortie de ma vie minable.

Jamais je ne pourrai supporter de perdre ce que j’ai enfin réussi à gagner. Ma seule chance dans toute une vie de labeur.


15 décembre

Mine affreuse. C’est le manque de sommeil.

Téléphoné à la banque ce matin, L’argent n’est pas encore arrivé.

Mon banquier est un homme obséquieux. Un peu trop à mon goût. Il est très ponctuel et semble véritablement obsédé par le temps qui passe. Je me demande ce que cela cache.

En prenant mon courage à deux mains, j’ai décidé d’explorer un peu les étages. Au quatrième il y a une famille avec quatre enfants. Je les entendais jouer, rire à plein poumons. Pour être aussi heureux, ils doivent savoir quelque chose. La promesse d’une vie meilleure, d’une grosse rentrée d’argent ? Un million d’euros pour Noël ?

Il faut vite que je parte d’ici.


16 décembre

Passé toute la nuit à penser à mon banquier.

Un million d’euros, c’est tentant. Qu’est-ce qui l’empêcherait de me voler ? Une simple transaction, un simple ordre informatique et hop ! Plus rien !

Bien sûr, j’aurais toujours la possibilité de porter plainte. Sauf que je n’aurais alors pas d’argent pour prendre un avocat et que la banque, elle, pourrait se payer les meilleurs. Ce serait le pot de fer contre le pot de terre. Pas certain que je gagne ou bien après de longues années.

Après avoir touché du doigt l’opulence, jamais je ne pourrais le supporter.

Je vais devoir prendre une décision.

C’est compliqué de garder sa fortune en lieu sûr.

Les gens sont tellement jaloux, tellement fourbes, tellement rusés quand il s’agit de s’emparer du bien d’autrui.


17 décembre

J’ai pu dormir deux heures après avoir décidé de ce que j’allais faire. Enfin.

Un bruit de portière dehors m’a réveillé. Ceux du rez-de-chaussée ont profité de mon sommeil pour sortir de chez eux. Ils pensaient peut-être être rentrés avant que je me réveille. Mais j’ai le sommeil léger. Heureusement, sinon adieu ma bonne fortune.

Ma collègue de l’usine a sonné à ma porte. Jamais elle n’était venue devant mon appartement. Qu’on ne me dise pas que c’est une coïncidence.

Ils commencent tous à me fatiguer.

Elle a tellement tambouriné que j’ai fini par lui ouvrir. Elle a eu l’air surprise en voyant ma tête. Visiblement, elle devait s’attendre à me trouver bien habillé, pas vêtu d’un survêtement crasseux, avec une barbe de plusieurs jours et les cheveux en bataille. Un millionnaire, c’est propre.

Je lui ai dit de me laisser tranquille et que je voyais clair dans son petit jeu. Elle m’a dit que je devrais consulter un médecin.

C’est là que j’ai compris le plan.

Me faire passer pour un cinglé et me piquer ma fortune.

Il faut que je parte loin d’ici.

J’ai regardé sur Internet le prix des maisons dans le centre de la France, en pleine campagne. C’est abordable. Enfin ça le deviendra quand j’aurai récupéré mon fric. Là-bas, je serai libre, seul et en sécurité.


18 décembre

Nouvelle insomnie totale.

Téléphoné à la banque, personne ne répond. Tout ce qu’ils savent faire c’est donner l’heure.

J’ai beau me dire que c’est dimanche, tout de même, c’est très louche.

Ils font durer, c’est certain.

Beaucoup de mouvements dans l’immeuble. Beaucoup trop. J’ai du mal à surveiller tout le monde.

Avec mon million, je vais pouvoir acheter un vrai système de surveillance digne de ce nom. Je n’aurai plus peur.

Mes voisins ne cachent plus leur mine hostile quand ils me croisent. Je vois leur expression dégoûtée. Mais c’est une ruse, une de plus.

Ils voudraient me faire croire que je les répugne pour que je baisse ma garde.

Pas question. Je ne suis pas né de la dernière pluie.


22 décembre

Pardon cher journal de ne pas t’avoir donné de nouvelles ces derniers jours, mais j’étais très occupé.

J’ai pris mes derniers sous de liquide et je suis allé acheter le nécessaire pour sécuriser mon appartement.

Sept verrous sur ma porte. C’était indispensable compte tenu de mes projets futurs.

J’ai également insonorisé les murs pour que plus personne ne puisse m’épier.

Les volets sont fermés et j’évite d’allumer la lumière.

Demain, j’irai chercher mon argent, enfin.

Hormis parler du temps qui passe, mon banquier n’est pas bon à grand-chose. Encore moins pour masquer son envie de me dérober mes sous.

Je n’ai fait que somnoler ces dernières nuits sans dormir vraiment. Je ne me rappelle plus avoir rêvé. C’était il y a longtemps.

Mais c’est tant mieux. Il faut se méfier des rêves. Ce sont des portes d’entrée pour voler les pensées et en mettre d’autres à la place.


23 décembre

J’ai mon argent !

J’ai tout retiré ce matin. La seule solution pour le préserver, c’est de l’avoir avec moi, tout le temps.

J’ai tout étalé sur la table, ça fait une sacrée quantité de billets. Puis, j’ai tout ramassé en un seul tas et j’ai réussi à tout mettre sous le plancher.

Je vais m’enfermer ici pendant les fêtes et après, je m’en irai.

Il faut seulement que je tienne quelques jours.

Ce ne sera pas facile. Mes voisins sont de plus en plus excités. Ce matin, je les ai entendus dire :

« Demain, c’est le grand soir ! »

Ils attaqueront demain, pendant le réveillon.

Mais je serai prêt !


24 décembre

Nuit passé à réfléchir.

La cachette ne me semble plus aussi sûre. Que faire ?

J’ai tourné et retourné tout ceci pendant des heures et ce n’est qu’au petit matin que j’ai trouvé la solution.

Depuis, je cache mes billets méthodiquement.

Jamais ils ne les trouveront.

Jamais.

Cette nuit sera probablement décisive.

Ça se passera ce soir.

Je manque de sommeil mais j’ai l’esprit clair.


Extrait du journal PARIS NORMANDIE du 26 décembre :

« Nuit d’horreur pendant le réveillon de Noël »

Dans la nuit de samedi à dimanche, un forcené a transformé la nuit de Noël en véritable cauchemar pour tous les habitants d’un vieil immeuble de Sotteville-Lès-Rouen.

L’auteur des faits, un certain Kevin Durieux, vingt-quatre ans, est sorti de son appartement vers vingt et une heures trente armé d’une hache et d’un couteau de cuisine. Après avoir cogné à la porte de son voisin de palier, il s’est précipité sur lui dès que ce dernier lui a ouvert, le frappant avec ses armes et le blessant mortellement au niveau du crâne. Entendant les hurlements de son épouse les personnes de l’immeuble ont accouru tandis que certaines téléphonaient à la police.

L’individu, hors de tout contrôle, s’est alors jeté sur les personnes présentes blessant gravement au moins quatre d’entre elles et les forçant à se réfugier vers les étages supérieurs jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre.

Sur place, les policiers ont trouvé l’homme qui essayait de forcer une porte du quatrième étage à la hache, vociférant des paroles à peine compréhensibles du style « vous ne l’aurez jamais ».

Devant l’hyper-agressivité de cet homme, un des agents n’a pas eu d’autre choix que de dégainer son arme en état de totale légitime défense, et d’abattre le forcené de plusieurs balles dans la poitrine.

Les victimes ont été transférées par les équipes du SAMU et des pompiers de Rouen vers le CHU où elles ont été prises en charge. Leurs jours ne sont plus en danger mais les séquelles physiques et psychologiques seront probablement très lourdes.

Dans l’appartement du tueur, le cadavre d’une jeune femme a été découvert. Assassinée il y a plusieurs jours il s’agirait d’une collègue qui s’inquiétait de l’absence inhabituelle de Kevin Durieux qui, jusque-là, n’avait jamais manqué un seul jour de travail. La recherche de ses derniers appels passés sur son portable a montré que celui-ci avait composé cinquante-trois fois le numéro de l’horloge parlante. Les murs de l’appartement étaient tapissés avec des boîtes d’œufs en carton.

La cellule psychologique a été déclenchée pour accompagner tous les habitants de l’immeuble, extrêmement choqués.

La thèse de l’attentat terroriste a été formellement écartée et l’autopsie du meurtrier semble confirmer la folie de son horrible comportement. Dans son estomac, ont été retrouvés des pages illisibles qui semblent être un journal que ce dernier aurait écrit quelques jours avant les faits et un nombre conséquent de billets de Monopoly pour un montant d’un million d’euros qu’il aurait ingérés quelques heures avant les faits.


 
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   Donaldo75   
27/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Thimul,

J'ai beaucoup aimé cette nouvelle, surtout que la chute m'a surpris et qu'elle est savoureuse.

La paranoïa, il n'y a que ça de vrai, disait le censeur de mon lycée, un petit bonhomme brun toujours habillé d'une veste en cuir et qui passait son temps à épier les élèves.

C'est exactement ce que j'ai eu en tête, quand j'ai lu ce journal, avec sa progression dans le délire, son réalisme, sa double lecture si le lecteur essaie de voir où le bât blesse.

Quel plaisir de te lire de nouveau.
Où étais-tu passé ?
Tu n'as quand même pas déjà dépensé ton million d'euros !

Donaldo

   Tailme   
27/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Thimul

Avec un résumé comme celui qui vous avez écrit, pour moi, l'intrigue de l'histoire et sa chute étaient courues d'avance.
J'ai commencé à lire, un peu déconcerté, en me disant que je savais pertinemment où la nouvelle m'amènerait. Et cela n'a pas manqué ! Quoiqu'un peu plus excessif que ce à quoi je m'attendais.

Pourtant, dès le deuxième paragraphe, j'ai senti l’anxiété monter et ma poitrine se comprimer. J'ai retenu mon souffle jusqu'au bout, c'était véritablement excitant. Sacré travail !
Je suis même aller vérifier sur internet le fait divers que vous décrivez tellement cette histoire est vraie, vivante.

Il doit y avoir un problème avec les espaces dans votre nouvelle, car des blancs apparaissent en fin de ligne. Ou alors j'ai manqué quelque chose ?

Bravo et bonne continuation

   izabouille   
27/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La paranoïa qui monte, qui monte...
J'ai bien aimé cette nouvelle, sa construction sous forme de journal puis la conclusion sous forme de faits divers. C'est bien ficelé, dès qu'on commence la lecture, on a envie de lire la suite, on a envie de savoir jusqu'où va monter la folie du personnage. J'ai surtout été marquée par sa solitude, ça m'a touchée qu'il soit si seul.
Juste une petite question : pourquoi y a-t-il des passages qui contiennent des doubles espaces?

Merci pour ce bon moment de lecture, j'ai vraiment bien aimé.

   PIZZICATO   
27/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Cette progression de la paranoïa engendrée par ce gros gain - on y croit - au loto m'a beaucoup amusé.

Je me suis laissé embarquer dans l'action en me demandant bien quelle allait être la chute...
Plus que de la paranoïa !!

Mon éclat de rire, en raison des billets de Monopoly ingérés, a clos cette histoire fort originale.

   plumette   
27/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Thimul

je suis un peu "partagée" à la lecture de cette nouvelle.

Pourtant ça fonctionne bien, la lectrice que je suis était pressée de lire la suite, après avoir dépassé le " Cher journal" un peu puéril et inutile à mon avis.


La forme utilisée est très vivante, elle donne corps à votre personnage et j'ai cru avec facilité à cette paranoïa provoquée par ce gain mirifique et inespéré.

La montée de la paranoïa m'a paru un peu inégale, parfois répétitive, pas facile sans doute dans cet univers assez étroit de faire monter la pression, il est un peu trop souvent question des voisins, mais c'est logique.

L'écriture est bien adaptée au propos.

Mon impression un peu en retrait avec ce que j'ai ressenti au début vient de la chute.

En fait j'ai été déçue! J'aurais préféré qu'on reste dans un vrai gain au loto, le coup des billets de monopoly m'a paru un peu " trop"! Vous obligez votre lecteur à changer complètement de perspective ( renversement complet car la cause de la paranoïa devient en fait une conséquence) avec ce délire et l'effet de réel excellent avec le buraliste, le banquier , la française des jeux tombe brutalement. j'ai l'impression d'avoir été bernée.
les chutes qui surprennent le lecteur sont un plus, à condition que rétrospectivement le texte reste cohérent.

Néanmoins contente de vous relire!

Plumette

   hersen   
27/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Thimul,

Ta nouvelle a une vivacité certaine, et en cela, je n'ai aucun mal à revivre la fameuse scène d'Harpagon !

Au voleur ! au voleur !

Sauf qu'Harpagon, lui, avait véritablement un magot. Et c'est là où le bât blesse pour moi : les billets de monopoly m'ont déçue. Parce qu'au final, je trouvais l'histoire très vraisemblable avec un gain réel.

J'ai vraiment aimé tout ce qui concerne les voisins," leur attitude qui change". Comme par hasard.

Détail : la formule finie la vie, finies les soirées, finis les jours : ne faut-il pas "fini", puisque sous entendu "c'est" ? c'est fini la vie etc

Merci de cette lecture !

   GillesP   
27/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonsoir Thimul,
Bon, une fois n'est pas coutume, je suis un peu partagé après avoir lu votre nouvelle.

J'ai aimé votre façon de faire monter l'angoisse. Vous avez un talent certain pour créer une progression et tenir en haleine votre lecteur. Il me semble d'ailleurs que nombre de vos nouvelles sont construites ainsi. Hormis quelques moments répétitifs, on voit bien, jour après jour, le narrateur s'enfermer de plus en plus dans la paranoïa. Le style est adapté à vos deux choix narratifs: une écriture simple, hachée, avec des phrases nominales, pour le journal intime; une écriture plus neutre, plus "classique" pour l'article à la fin. Dans le journal intime, ce passage m'a fait sourire: "En fin de journée, mon voisin de gauche est allé frapper à la porte de mon voisin de droite.
Comme par hasard."

Mais certains éléments manquent pour moi de cohérence:
- Tout d'abord, s'il s'inquiète autant au début, pourquoi ne va-t-il pas immédiatement au bureau de tabac pour faire valider son ticket? Il apprend qu'il a gagné le 6 et ne se rend au bureau de tabac que le 9 en fin d'après-midi. Pourquoi attend-il si longtemps?
- Le 9, il va donc chez le buraliste pour faire valider son ticket, ce qui est suggéré par la phrase "Je remercie le ciel de ne pas avoir validé mon ticket près de chez moi." S'il ne l'a pas validé près de chez lui, on en conclut qu'il l'a bien validé chez le buraliste qui se situe à l'autre bout de la ville. Or, on apprend le lendemain: "J’ai téléphoné à la Française des jeux ce matin. Il y a moyen de toucher ses gains sans passer par le buraliste : ouf !". Certes, on comprend à la fin que le narrateur est fou et qu'en fait il n'a rien gagné du tout. Mais au moment où on lit ce passage, on est heurté par l'incohérence. Or, ce qui est fort chez un paranoïaque, c'est que son délire est souvent cohérent, même si les prémisses sont fausses. Il parvient par un raisonnement à rendre le délire convaincant.
- La chute m'a certes surpris, mais elle ne me paraît pas cohérente avec le reste. On y apprend qu'en fait il n'a rien gagné, qu'il a tout inventé. Son téléphone portable révèle qu'il a appelé cinquante-trois fois l'horloge parlante. Mais dans le journal, le narrateur prétend qu'il a parlé à la française des jeux et à son banquier. Certes, il peut avoir imaginé tout cela, notamment à cause du manque de sommeil, mais c'est un peu tiré par les cheveux. A mon avis, la nouvelle aurait été encore plus forte s'il avait vraiment gagné au loto. En effet, on apprend que ce jeune homme était auparavant équilibré (il n'a jamais manqué une seule journée de travail). Qu'est-ce qui explique qu'il bascule tout à coup dans la paranoïa, s'il n'y a aucun élément déclencheur (en l'occurrence le fait d'avoir gagné une grosse somme)?


Au plaisir de vous relire.
GillesP

   Willis   
2/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
...

   Vanessa   
27/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
J'ai beaucoup aimé votre texte.
L'écriture est propre et nette. Vous allez à l'essentiel.
L'histoire est bien menée. Je ne m'attendais pas à ce que cet homme soit déjà atteint d'une maladie mentale.
Bravo.

   SQUEEN   
28/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Thimul,
j'ai beaucoup aimé cette lecture jusqu'à la chute qui m'a moi aussi dérangée. J'aurais préféré qu'il ait réellement gagné à la loterie ou bien introduire un doute (léger) avant, évoquer le jeu de monopoly ( ?)... L'histoire se tient mieux, à mon sens, s'il devient fou à la suite de ce gain, plutôt qu'il ne le devienne à cause... à cause de quoi?

Ceci étant, ce récit est très bien mené, le crescendo est impeccable l'écriture est bonne: j'ai vraiment apprécié cette lecture merci.

   matcauth   
28/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour,

si j'aime l'idée, qui n'est pas originale pour autant, j'avoue ne pas accrocher au niveau du développement. C'est très caricatural, mais surtout on sait dès la troisième ligne où tout cela va nous conduire, jusqu'au final, parfaitement attendu, la seule interrogation étant de savoir si, oui ou non, il a vraiment gagné son million d'euros.

Le côté journal ne me paraît pas approprié, il interrompt le déroulement.

Pour le reste, évidemment, cela reste structuré, écrit avec sérieux et sans fioritures, et cela est important.

Je ne vous connaît pas bien, mais j'ai le sentiment que vous écrivez de manière très vivante, à la manière d'un scénariste, que vous êtes ou désirez être, peut-être. J'aime cette démarche et je la trouve intéressante. Il y a là beaucoup de travail d'inventivité, d'imagination, et on ne se contente pas d'écrire pour écrire, il faut mettre en scène. C'est, je crois, ce qui manque ici.

Bien sûr, je peux me tromper sur tout ce que je viens d'évoquer.

Je crois avoir lu une histoire de jeu télévisé, je vais m'y replonger afin d'en savoir davantage sur vous.

   Anonyme   
28/8/2018
j'ai véritablement aimé ce texte.
le style y est trop simple ce qui facilite sa lecture.
en le lisant j'y suis allé trop vite parceque je voulais découvrir la fin de l'histoire; j'avais déja ma petite idée sur la fin.
et je dois avouer que jamais je n'ai eû autant de plaisir à lire une nouvelle que celle-çi sur le site !

jerusalem
merçi

   jhc   
29/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
C'est construit, l'écriture est efficace et la chute brutale et originale.
Je suis un peu gêné par la cohérence: une paranoïa soudaine apparue chez un honnête travailleur... toute cette réalité reconstruite, des faux appels téléphoniques et la réinterprétaion des comportement des autres: buraliste, collègue, banquier, fdj... jusqu'aux billets de Monopoly.
Je pense que cela aurait mieux fonctionné avec un héros fragilisé psychologiquement dans son travail et un gain plus important (10 miillions ?) mais réel qui reste caché sous le plancher.
Reste que votre histoire se lit bien, j'ai bien aimé la montée de la paranoïa et le contraste de style avec l'article de journal.
à bientôt de vous lire

   Alcirion   
30/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Thimul,

J'ai apprécié ce texte bien pensé. La forme du journal intime donne du dynamisme à la construction et permet un crescendo délirant tout à fait crédible.

La chute fonctionne bien mais est en décalage avec le fond. Le texte met en scène la progression dans la folie d'un homme perturbé par son gain et on découvre au final que la nouvelle est en fait l'élucubration d'un homme fou dés le départ. La première idée me paraissait plus intéressante.

C'est bien rythmé et sobre dans l'expression. L'ambiance est bien posée par le ton trouvé : c'est compliqué pour les courtes nouvelles en narration à la première personne et ici ça fonctionne bien.

Au plaisir d'une autre lecture !


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