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Policier/Noir/Thriller
TITEFEE : Le village au sept péchés - suite 2
 Publié le 31/07/07  -  12 commentaires  -  5616 caractères  -  14 lectures    Autres textes du même auteur

L'arrivée dans un petit village berrichon, bien tranquille... mais il va révéler bien des mystères.


Le village au sept péchés - suite 2


Peu de mots s’échangèrent pendant les quelques centaines de mètres qui nous séparaient de la petite école. Monsieur Tardoul s’essuyait constamment, car une sueur grasse lui coulait sur le visage et dans le cou... Ses jambes étaient largement écartées et sur ses cuisses reposait sa bedaine proéminente. Il soufflait bruyamment et sa respiration ressemblait à celle d’un soufflet de forge.


- Tournez ici et garez-vous sous le tilleul à droite, nous voici arrivés.

- Puis-je entrer la voiture dans la cour pour décharger mon coffre qui est plein comme un œuf ? dis-je à monsieur le maire, qui s’extirpait avec difficulté de ma voiture.

- Oui, mais après il vous faudra la remettre sous le tilleul, car comme vous le voyez la cour n’est pas un parking.


Je descendis donc à sa suite et il me donna tout un trousseau de clés qu’il extirpa difficilement de sa poche. Je repérai la plus grosse clé et, en effet, elle me fut utile pour ouvrir la porte d’entrée surmontée d’une cloche pendue à une ferronnerie.


La pièce dans laquelle je pénétrai était grande, avec des bancs tachés d’encre et pour certains griffés au couteau. L’estrade était soutenue à une extrémité par un vieux livre. Sans doute était-elle bancale ! Un placard de bois plein était adossé dans un coin de la pièce...


Seul flambant neuf, le tableau « vert » occupait une place de choix et un rayon de soleil venait caresser les carreaux de son panneau amovible de droite...


Au pied de l’estrade, à l’aplomb du bureau, étaient rangées des piles de livres.


« Voilà, mademoiselle Sansal, cette année notre conseil municipal a voté pour des fournitures scolaires neuves, mais nous les attendons encore ! Vous savez ce que c’est dans les petites communes, on n’a pas toujours la bonne étiquette pour le département et alors on nous sucre des subventions... Nous avions le choix entre empierrer le chemin communal qui mène au cimetière ou distribuer des fournitures aux enfants... Je ne vous dis pas l’ambiance du conseil municipal ce jour-là !!! En fait c’est le chemin qui a gagné. Avant on était obligés de porter les cercueils à dos d’homme sur un chemin où il y avait plus de nids de poule que de pavés.

Au fait, mademoiselle ! Je viendrai couper tous les jours le compteur vers 10 heures du soir car on est en période d’économies. Vous prendrez vos précautions et vous allez voir, il y a des bougies dans la cuisine. Votre prédécesseur s’en était bien accommodé ! Ce n’est finalement qu’une bonne habitude à prendre ! »


Sur ce il tourna les talons et repartit à pied en s’essuyant le front, me faisant en guise d’au revoir, un geste de la main, ressemblant à un salut...


Pas très chaude cette entrée en matière ! Et je me sentis lasse tout à coup... J’avais encore à déménager tout mon coffre et j’évitai de rentrer la voiture dans la cour...


Je grimpai au premier étage par un escalier de bois qui n’avait pas dû voir une couche de vernis depuis des lustres.


Deux portes sur le palier étaient peintes de façons différentes. J’ouvris la première et y découvris un WC à la turque, avec sa chaîne en fer et sa cuvette dont la rouille avait laissé des traces. Au mur, un clou sur lequel étaient accrochés des carrés de journaux !!! Une balayette en crin bien usagée dans un vieux pot de confiture, trempait dans ce qui devait être sans doute de l’eau javellisée... L’endroit sentait le grésil, mais une petite fenêtre s’ouvrait sur le feuillage d’un marronnier de la cour et des tilleuls qui avaient passé fleurs.


Dans la pièce principale lorsque j’y entrai, je découvris, plié contre le mur, un lit cage avec ses couvertures militaires en pile et deux draps, deux serviettes de toilette et deux gants. Surmontant une cuisinière à bois, un bandeau de cheminée était garni de petits pots où étaient inscrits café, thé, sucre, etc.


Le mobilier était très sommaire mais le tout était propre. J’allai donc chercher dans ma voiture ce que j’avais amené de chez moi et m’empressai d’égayer la pièce avec des posters, ceux-là même qui étaient épinglés dans ma petite chambre d’étudiante à Paris.


Je disposai sur la petite table, supportant cuvette et broc pour la toilette, tous mes trésors : crayons, cahiers... Les livres trouvèrent une place sur une étagère surmontée d’une croix et d’un brin de buis tout desséché.


Je me sentis soudain envahie d’un sentiment de tristesse sourde et me mis à pleurer à petit bruit, tout en finissant de ranger mes affaires personnelles ; un grand sentiment de solitude venait de noyer ma joie d’avoir enfin un poste.


Et ça ne faisait que commencer !


Je découvris, dans le tiroir de la table, des bougies dont la plupart avaient déjà servi et deux grosses boîtes d’allumettes. Je pris quelques bûches serrées sous la cuisinière dans une niche et m’empressai de faire un peu de feu afin de mettre de l’eau à bouillir pour un potage instantané... Tant pis, ce soir je me contenterai de cela... De toute façon je n’avais pas faim et je voyais le ciel s’obscurcir... La nuit tombait plus vite à cette approche d’automne mais l’air était encore doux et estival, si bien que très vite la chaleur de la cuisinière devenait insupportable.


Mon potage avalé, je descendis pour aller voir un peu le village, et j’en fis rapidement le tour.


Point de lumières dans les rues, et la nuit approchait !


J’avais l’impression que les habitants s’étaient barricadés chez eux...

Rentrée dans la petite école, je me mis au lit et commençais à lire lorsque la lumière s’éteignit... dix heures ! Déjà ! Extinction des feux comme chez les militaires ! Cela me fit même sourire un instant.



 
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   guanaco   
1/8/2007
Le maniement des contrastes est assez intéressant entre les 2 volets. Que ce soit lumière/obscurité ou extérieur/intérieur ou encore joie éprouvée pour le poste /tristesse et solitude dans le poste.

Un vrai chemin de croix pour notre pauvre institutrice...mais au moins il a été pavé ;)

Et la suite?

   macada   
1/8/2007
 a aimé ce texte 
Bien
la suite!!

   Fattorius   
2/8/2007
 a aimé ce texte 
Bien
... en effet, il manque une suite. Quel feuilleton! Reste que la langue est bien travaillée, ça tient la route. Quelques images, un ressenti mieux creusé du personnage principal et de son comparse (ambiance lourde? je ne l'ai guère ressenti) ajouteraient davantage de couleurs aux deux textes.

   TITEFEE   
2/8/2007
je préfère vous faire languir... ce n'est pas une nouvelle, mais presqu'une suite de nouvelles.....patience..

   farfadet   
2/8/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je suis patient , sûr !
Vite petite fée continue vite !!!!

   Fattorius   
2/8/2007
... à moins que ce ne soit plutôt un feuilleton? Chaque élément ne se suffit pas à lui-même, contrairement à la nouvelle, mais relance l'intérêt.

   TITEFEE   
3/8/2007
disons que les mots m'échappant et l'histoire vivant sa vie propre à chaque cliquetis du clavier, cela va de plus en plus vers le roman à tiroir...j'espère de tout coeur qu'elle ne m'échappera pas... je découvre peu à peu les personnages..

mon idée initiale est bien dépassée maintenant, mais tous ceux qui écrivent connaissent ça.... on court après les mots et ce sont eux en définitive qui font la loi.

   Jeser   
11/8/2007
L'art de la relance appliqué après une description des lieux et de l'ambiance. on attend donc la suite

   Bidis   
10/9/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup
-des tilleuls qui avaient passés fleurs : expression que je n'ai jamais entendue et qui m'a parue bizarre...
-bandeau: large moulure plate et bombée. Je crois que pour la cheminée, manteau conviendrait mieux, surtout pour y placer des objets.

Evidemment, ces petits détails n'ont rien à faire avec l'excellence toujours présente du style ni bien sûr l'intérêt toujours vif que je garde pour la suite de l'intrigue.

   Maëlle   
30/11/2007
 a aimé ce texte 
Bien
Note qui vaut pour les deux premiers épisodes (qui auraient pu être regroupé).

L'ambiance est posée, l'héroïne aussi. A pu qu'a commencer.

   Anonyme   
17/12/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↓
j'ai préféré le premier chapitre. L'écriture était plus agréable plus fluide qu'ici

   xuanvincent   
25/9/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Malgré la beauté paisible de la campagne berrichonne, la jeune institutrice commence à déchanter sérieusement, on dirait...

A la fin du récit, de nouveau, une pointe de mystère revient. Pourquoi les habitants de ce village berrichon se seraient-ils barricadés, craindraient-ils quelque chose ?

Cet épisode m'a paru bien écrit comme le précédent et m'a plu.

« à petit bruit » : une jolie expression, j'ai trouvé, si elle employée dans le sens de "secrètement, sans faire d’éclat".

. pas mal , l’image du « tableau vert », vert et non pas noir !

. Je pris quelques bûches serrées sous la cuisinière (…) ... Tant pis, ce soir je me contenterai de cela... : j’ai apprécié l’insertion de ce dialogue dans le récit.


Détails :
. « le tableau « vert » (…) un rayon de soleil venait caresser les carreaux de son panneau amovible de droite... : l’emploi de « carreaux » pour décrire ce tableau m’a un peu étonnée.
. « on était obligés » : je comprends qu’à l’oral, le personnage s’exprime ainsi. Mais à l’écrit ; grammaticalement, l’emploi de « on » implique l’accord au singulier, sinon on pourrait avoir « nous étions obliqés ».
. « ceux-là même » : j’aurais plutôt accordé « même » avec « ceux-là »et écrit « ceux-là mêmes ».
. « carrés de journaux » : cet emploi de « carrés »m’a un peu étonnée, même si je vois l’image.
. « descendis pour aller voir un peu le village » : la formulation (par l’emploi de « un peu ») m’a paru un peu vague.


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