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Humour/Détente
Xavier : Écran-trottoir
 Publié le 23/10/08  -  8 commentaires  -  5928 caractères  -  11 lectures    Autres textes du même auteur

Voilà maintenant quinze ans que Gilbert passait ses journées sur le pas de sa porte à observer la rue et ce qu’il s’y passait.


Écran-trottoir


Voilà maintenant quinze ans que Gilbert passait ses journées sur le pas de sa porte à observer la rue et ce qu’il s’y passait. Une activité qui semblait, à première vue, terne et ennuyante, mais qui s’avérait être un palliatif relativement efficace à la télévision qu’il ne regardait plus. Il suffisait juste de ne pas être trop difficile, d’accepter que le lundi ressemblait aux lundis des semaines passées, que lorsqu’il sortait les poubelles le mardi soir, le lendemain dans le programme matinal, il pouvait voir les éboueurs ramasser les sacs tout le long de la rue en sirotant son café. Cependant, il appréhendait les mercredis qui apportaient leur lot d’agacement aux environs de 12h30 : les gosses !


- Quelle crasse, toujours à courir dans la rue ! pestait Gilbert.


Le jeudi ressemblait au vendredi qui lui-même ressemblait à s’y méprendre aux autres jours de la semaine.


Pourquoi cet homme préférait-il contempler les allées et venues devant chez lui plutôt que de s’avachir confortablement devant la télévision ?

La raison était simple : il en avait peur. Il craignait que se reproduise le drame qui bouleversa sa vie, le 12 juin 1992. Lorsque le poste explosa en plein milieu de l'émission «Dix qu’on aime », vaporisant Alain Simons dans une brume cendrée et répandant un nuage acéré de morceaux de verre au beau milieu du salon. Un accident ménager classique aux conséquences souvent bénignes qui avait pris, chez ce couple de retraités, des allures de tragédie. L’explosion généra des dommages collatéraux dramatiques en emportant dans sa vague destructrice les deux êtres les plus chers au cœur de Gilbert : Engels et Marx, ses deux chats qui avaient pour habitude de dormir sur le napperon verdâtre recouvrant le téléviseur. De son côté Martine, la femme de Gilbert, ne fut que légèrement blessée. Celle-ci, s’étant malheureusement levée à l’instant fatidique afin de remplir la tasse de café de son époux, fut exposée à l’onde de la déflagration. La pauvre utilisa, bien que non intentionnellement, son corps comme un bouclier humain, protégeant ainsi son mari et le buffet en acajou hérité de ses parents. Malgré cet acte de bravoure fortuit, Gilbert en avait toujours voulu à sa femme d’avoir laissé Marx et Engels périr. Une rancune qui dissimulait la culpabilité de leur avoir survécu.

« Les parents devraient toujours partir avant leurs enfants », pensait-il souvent en contemplant le chat empaillé qui trônait fièrement à la place de la défunte télévision. Ce chat était un hybride constitué des restes de Marx et Engels, leurs dépouilles étant insuffisantes à un empaillage convenable. Le chat mi-siamois/mi-gouttière, mi-roux/mi-gris, mi-Marx/mi-Engels était le dernier souvenir de ses deux petits monstres, comme il aimait tendrement les appeler. Ça et aussi une touffe de poils incrustée dans le plafond que les rhumatismes communs au vieux couple empêchaient d’aller décoller.


Un beau jour aux alentours de midi, Gilbert observait, comme à chaque fois que l’occasion se présentait, le jeune drogué qui habitait en face de chez lui, parcourir le trottoir dans tous les sens en discutant tout seul. Gilbert supposait que le jeune drogué était vraiment drogué. Son apparence ne soulignait aucune dépendance aux narcotiques, ça accentuait juste le côté jeune du jeune drogué. C’était plutôt le comportement étrange de ce dernier qui pointait du doigt comme une évidence le côté drogué du jeune drogué. Comme sa démarche lunaire faite de longues et hautes enjambées aériennes que Gilbert comparait souvent avec celle d’un petit vietnamien qui irait rechercher son ballon malheureusement tombé dans un champ de mines antipersonnel. Mais c’était surtout la propension qu'il avait à parler tout seul ou à des objets inanimés qui avait mis la puce à l’oreille de Gilbert.


- Martine, appela Gilbert. Viens voir, il y a encore le gamin d’en face qui parle à une poubelle. Viens voir, je te dis !


Martine ne partageait pas l’engouement de son époux pour l’espionnage du voisinage. Elle préférait s’occuper de Joséphine, un magnifique géranium dont la couleur vive des fleurs commençait tout doucement à s’effacer.

Gilbert continua d’appeler sa femme pour qu’elle vienne voir le jeune drogué se tenant debout de manière très imprudente au milieu de la route, les bras tendus vers le ciel.


- Martine, djeu de nom de djeu, viens ici !


Un crissement de pneus refocalisa l’attention de Gilbert sur la rue. Une voiture arrivant à toute allure allait croiser la route du malheureux drogué trop amorphe pour réagir.

Gilbert n’en croyait pas ses yeux, il allait assister à l’événement qu’il attendait depuis quinze ans. Ce n’était rien de précis, il attendait juste que quelque chose se passe, comme à la télé ! Quinze années de contemplation morne allaient se voir enfin récompensées. Peu importe l’ampleur ou la gravité de ce qui allait suivre, Gilbert allait enfin assister à quelque chose. Un relief allait émerger dans la platitude de son quotidien.

Gilbert n’arrivait pas à décrocher son regard de la route.

Le bruit que fit l’entrechoquement des corps métallique et organique marqua un dépassement de la réalité sur la fiction.

Gilbert exultait littéralement.


- Martine, bon sang viens voir ! Tu rates tout ! Mais qu’est-ce que tu fais sapristi ?


La voiture avait déjà disparu au coin de la rue, mais si Martine se dépêchait un peu, elle pourrait encore voir le jeune drogué rampant difficilement jusqu’au trottoir, hurlant son agonie en traînant dans son sillage quatre mètres d’intestins grêles.


- Martine, c'est incroyable, il est coupé en deux, viens vite voir, je te dis ! VITE !


Mais sa femme ne vint pas, trop absorbée par le drame qu’annonçait la soudaine pâleur de sa plante chérie. Joséphine allait mourir et Martine ne le savait que trop bien. Elles allaient encore rester toutes les deux dans la cuisine, le temps que Gilbert se remette de ses émotions.


 
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   Anonyme   
23/10/2008
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Très franchement, je trouve ça très bien écrit (même si on soupçonne la fin), c'est plaisant à lire, mais je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de drôle....

Ou alors je n'ai aucun humour...

   Menvussa   
23/10/2008
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
L'introduction est trop longue à mon goût et la formulation maladroite, trop lourde. Deux histoires en une, c'est vrai on ne paye pas plus cher mais ça ne colle pas. J'adore l'humour noir, le coup du chat empaillé reconstitué à partir des deux félins m'a fait sourire. par contre la dernière partie, qui est il est vrai assez bien écrite n'a "d'humour noir" que le noir, pas trace d'humour, du cynisme, oui.
Si tu as voulu montrer l'aberration du comportement de ce couple de dingues, c'est réussi mais je pense qu'il n'était pas nécessaire d'aller aussi loin dans l'horreur pour arriver à tes fins, il y aurait eu un clin d'œil pour nous permettre de prendre cela au second degré... mais là, c'est raté. Enfin, c'est mon avis.
C'est sûr pour moi, le texte n'est pas dans la bonne catégorie.

Au plaisir de te lire mais de préférence sur un autre registre.

   widjet   
25/10/2008
 a aimé ce texte 
Pas
Oui...Et après ? La rue comme remplaçant de la télé, c'est ça le message, la critique ?

Je passe vite sur l'écriture très moyenne, les lourdeurs, les répétitions à outrance ( le jeune drogué ) et le caractère de la nouvelle (sensé être drôle ?) pour me poser une seule et unique question : Est-ce le même auteur du Cochon de Darwn ?

Empaillé ou pas, appelons "un chat un chat" : pour ma part, ce texte n'a aucun intêret.

Widjet

   Anonyme   
26/10/2008
 a aimé ce texte 
Pas
C'est très difficile à lire.
On en perd le fil de l'histoire.
Tu devrais faire des phrases plus courtes, éviter les commentaires (c'était déjà ce qui affaiblissait l'histoire de Maxime et Gégé)

Te relire à haute voix. Mieux, le faire relire par quelqu'un d'autre, et écouter. Tu verras tout de suite ce qui coince.

   belaid63   
26/10/2008
 a aimé ce texte 
Pas
bonsoir Xavier
je reste trés perplexe par rapport à ce texte, c'est quoi? une tranche de vie? l'histoire d'un mec? vraiment je n'arrive pas à situer la part d'humour du macabre dans ce texte........
je n'ai vraiment pas accroché
j'ai personnellement lu beaucoup mieux de toi
désolé
amitiés
belaid

   marogne   
26/10/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai lu ce texte car j'ai vu plusieurs fois "faible" sur la page d'accueil - poruquoi me suis-je dit une telle concurrence,

Je n'ai pas vraiment aimé les répétitions sans fin, en milieu de parcours, de "jeune" et de "drogué".

J'ai apprécié l'épisode des chats, même si je ne suis pas sur qu'une télévision "IMPlosant" puisse conduir à ces conséquences, mais n'empèche, c'était pas mal.

En fin quant à l'histoire, elle rejoint tellement ce que je pense parfois quand je me promène dans la rue, que je ne peux qu'applaudir!

Combien de fois n'a t-on vu des personnes, ayant enfants et animaux, et se rencontrant dans la rue, échanger des compliments sur leurs animaux et pas sur leurs enfants, combien de fois n'a t-on vu à quel point on peut faire porter sur des animaux, et des plantes, une affection que l'on devrait d'abord porter à des êtres humains. Oui, en ce sens ce texte c'est de l'humour, il montre à quel point de dégénerescence on peut arriver à force d'égoisme, tout en présevant un semblant d'humanité en le dévoyant vers la gent animale. Humour noir sans doute, car il se moque de nous, ou plutôt, nous montre à quel point nous devrions, parfois avoir honte.

Ce n'est sans doute pas une raison pour faire du mal à des animaux, que l'on ne se m'éprenne pas sur mon commentaire, mais raison il faut sans doute savoir garder.

En tout cas merci pour avoir oser cérire sur le sujet (et si ce n'était pas le sujet de l'auteur, qu'importe, car il a permis le commenatire...).

   Azurelle   
2/11/2008
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Oula un peu maladroit niveau de certaines formulations. Il s'agit d'un humour noir, je trouve qu'il aurait fallu donner encore plus cette mélancolie que ressent l'homme, là on ressent surtout la folie enfin peut être que c'était le but en même temps... Je vois plutôt ça dans film d'horreur, je ne saisis pas bien pourquoi il se trouve dans cette catégorie... L'homme qui se fait percuter, la description de ses intestins sur la route m'a fait bondir... ça détonne vraiment, mais pas dans le bon sens je dirai... Néanmoins si l'auteur retravaillait le sentiment de nostalgie, la tristesse du personnage, la folie du grand-père serait emplifiée et la critique de l'écran trottoir plus efficace, enfin ce n'est qu'un avis.

   Joseb   
4/11/2008
 a aimé ce texte 
Un peu
Humour? Je le cherche encore... Cela dit, je jette un regard sur les rubriques disponibles et je m'aperçois que je ne peux en trouver une pour ce texte. Peut-être l'apprentissage mais ce serait manquer de respect à l'auteur.

Sur le contenu, le récit aurait pu être intéressant. Le comportement complètement "décalé" des personnages par exemple. Le texte me paraît sans prétention et reste assez agréable.

Toutefois, le passage de l'histoire dans l'histoire m'a paru maladroitement amené, surgissant brutalement au milieu du récit à l'aide d'une question...

En bref, sans y voir une réelle portée (d'ailleurs, je rebondis sur ce qu'a écrit Widjet: un texte doit-il toujours avoir une portée? Ne peut-on écrire juste pour le plaisir d'écrire?), le texte manque d'un petit quelque chose m'aurait permis d'accrocher...


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