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Poésie en prose
Agueev : Visions
 Publié le 16/08/14  -  7 commentaires  -  2335 caractères  -  106 lectures    Autres textes du même auteur

Visions et dernières pensées au moment du trépas. Enfin je crois…


Visions



Les cris de mon ange résonnent dans mon cerveau, une voix silencieuse qui perce mes tympans comme la lame aiguisée d’une dague, un sacrifice pour la folie qui déchire mes sens.

Pas à pas, rue des rêves, je déambule, titubant de visions en images, les yeux vers ciels, suivant le faisceau aveugle de la lune et du soleil.
Inapte à l’amour, à la solitude, aux sourires, j’ai croisé l’ivresse absolue, cette muse immobile qui me fixe sans jugement ni tendresse, un goût sucré qui se nourrit de mon sang. Le choix de l’oubli.
Le matin lacère ma mémoire et la nuit est un futur lumineux, un orage aux éclairs perçants où j’entrevois l’espoir.
Des crânes soumis sous la rotonde, le vin piqué, la moisissure décore les assiettes. Le déjeuner des morts. Ici l’avenir n’est pas venu, il a laissé vivre le néant. Le temps se repose, il dort à l’ombre d’un buisson, dans l’herbe fraîche d’un éternel printemps.
Les génies meurent comme les idiots, la fin est une fosse commune où brillent les diamants de nos bijoux, notre orgueil en putréfaction. Les mots n’existent plus, le talent et la bêtise se confondent dans la banalité de leurs cendres.

Les cris de mon ange résonnent dans mon cerveau, une voix silencieuse qui me chuchote son ultime secret.

Nous ne luttons pas pour vivre mais pour mourir dignement. Pour un dernier regard, des sentiments, une passion qui nous apaise et qui cherchera dans le reflet figé de mes yeux qui sera là pour elle.
La mauvais humeur du ciel clôt cette nuit trop longue, l’humidité sans charme tache mes draps de ce souvenir bref, un parfum amer plane au-dessus des ombres matinales lorsque l’aube est encore liée aux étoiles.
La pâle nudité de mon corps dans le miroir me rappelle la fraîcheur de mon cadavre, sans âme et sans effroi, peu à peu liquéfié en une liqueur que vous pourrez boire.
En suspens entre deux ciels, j’imagine encore la chaleur des pierres, l’étoffe des feuilles, le grain de la terre et le son des hommes. Ils jouissent de mon absence après avoir épuisé leurs larmes. Leur présent devient mon passé.

Les cris de mon ange résonnent dans mon cerveau, une voix silencieuse qui me rassure. Où je suis, il n’y a plus d’or ni amour, seulement le repos infini, à la dérive entre les remords et les regrets d’une vie.


 
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   Hananke   
16/8/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Point de commentaires pour ce texte, il faut commencer.

Il parait que lors des nos derniers instants nous revoyons
notre vie en défilé.
Vu le sujet, le texte ne peut qu'être énigmatique.
Quelques belles tournures :
la nuit est un futur lumineux, un orage perçant où j'entrevois l'espoir.
les génies meurent comme les idiots.
notre orgueil en putréfaction.

J'aime bien ce texte finalement plus profond qu'il n'apparaît
au premier coup d'oeil.

   Anonyme   
16/8/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voici tout ce que je trouve très beau pour décrire une agonie, le passage et l'après...

"un sacrifice pour la folie qui déchire mes sens.
Pas à pas, rue des rêves, je déambule, titubant de visions en images, j’ai croisé l’ivresse absolue, cette muse immobile qui me fixe sans jugement ni tendresse, ...Le choix de l’oubli.
Le matin lacère ma mémoire et la nuit est un futur lumineux, ... où j’entrevois l’espoir.
Ici l’avenir n’est pas venu, il a laissé vivre le néant. Le temps se repose, il dort à l’ombre d’un buisson, dans l’herbe fraîche d’un éternel printemps. Les génies meurent comme les idiots, ... notre orgueil en putréfaction. Les mots n’existent plus, le talent et la bêtise se confondent dans la banalité de leurs cendres.
Les cris de mon ange résonnent dans mon cerveau, une voix silencieuse qui me chuchote son ultime secret.
Nous ne luttons pas pour vivre mais pour mourir dignement. Pour un dernier regard, des sentiments, une passion qui nous apaise et qui cherchera dans le reflet figé de mes yeux qui sera là pour elle.
un parfum amer plane au-dessus des ombres matinales lorsque l’aube est encore liée aux étoiles.
La pâle nudité de mon corps dans le miroir me rappelle la fraîcheur de mon cadavre, sans âme et sans effroi, ...
En suspens entre deux ciels, j’imagine encore la chaleur des pierres, l’étoffe des feuilles, le grain de la terre et le son des hommes. ...après avoir épuisé leurs larmes. Leur présent devient mon passé. Les cris de mon ange résonnent dans mon cerveau, une voix silencieuse qui me rassure. Où je suis, il n’y a plus d’or ni amour, seulement le repos infini, à la dérive entre les remords et les regrets d’une vie."

Je me serais "limité" à cela mais c'est totalement subjectif.
Texte impactant, sans fioritures, juste un peu emmêlé de plusieurs sensations et idées simultanées. Comme l'expression du "tout" qui devient dérisoire et les regrets de la vie passée. Il y a là de la matière à réflechir de son vivant. C'est voulu par l'auteur, certainement.
Et c'est vrai, sur quelle passion "qui sera là" jeter le dernier regard...?

   Anonyme   
16/8/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un texte de qualité, indéniablement, où l'évocation et la force des images prenne le pas sur le style. J'ai, en effet, été particulièrement touché par cet univers limbique des mutations finales, cette agonie des vanités, c'est entre deux ou viennent s'épuiser des élans vitaux.
Ce qu'en revanche je regrette, c'est un traitement stylistique un peu trop « poli » et convenu dans sa syntaxe et sa construction. J'aurais aimé ressentir quelque chose de l'ordre de l'inachèvement pré- chaotique. Le sujet se prêtait, précisément, à une recherche de cette nature.

   Robot   
16/8/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
En premier lieu, j'ai apprécié votre incipit. "Enfin, je crois..." merci pour ce doute qui nous dit que votre vision du trépas vous est toute personnelle et qu'elle ne saurait universellement être celle des autres.
Je relève de belles fulgurances entre espoir et acceptation de l'inéluctable.
J'ai lu et relu ce superbe passage.
"Des crânes soumis sous la rotonde, le vin piqué, la moisissure décore les assiettes. Le déjeuner des morts. Ici l’avenir n’est pas venu, il a laissé vivre le néant. Le temps se repose, il dort à l’ombre d’un buisson, dans l’herbe fraîche d’un éternel printemps."
Par contre je suis moins séduit par ce qui m'apparaît comme un poncif:
"Les génies meurent comme les idiots"
si vous voulez dire par là que, idiots ou génies, nous mourront tous, c'est une évidence. Par contre, autre interprétation que je contesterais, ce serait d'avoir voulu dire que les génies et les idiots meurent de la même manière. Je ne serais pas certain de ce propos car même si les manières de mourir se ressemblent, il en est de multiples façons et le moment du trépas n'est pas identiques pour tous. Un idiot peut mourir "de la même manière qu'un génie" mais il peut mourir aussi de manière différente. (et inversement)
C'est dans ce passage de votre vision personnelle du trépas à cette phrase généralisatrice que je ne me retrouve pas. Car elle contrevient justement à ce que je disais de votre incipit.
La rédaction de votre prose est excellente et vous lire a été un bon moment de culture.

   Ellon   
16/8/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci pour ce texte Agueev que j'ai par moment lu comme un poème. Original, belle manière quasi poétique de traduire ses sentiments de trépas.

Ellon

   Anonyme   
21/8/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
En lisant le texte, je me suis presque tendu.

Le deuxième paragraphe me plaît beaucoup, j'adore l'idée de l'avenir qui "n'est pas venu".

De l'originalité dans ce texte, mais si certaines expressions ("éternel printemps", l'idée que "les génies meurent comme les idiots") sont moins nouvelles.

Un détail, ceci dit, par rapport à ce qu'apporte le poème comme émotion.

   Anonyme   
14/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
De la poésie, pas vraiment. C'est plutôt une réflexion à vois haute que vous nous faites partager.

Vos écrits sont sombres, et ils reflètent tous le même ressenti,
comme un mal de vivre profond (Inapte à l’amour, à la solitude, aux sourires), une attirance pour la mort.

Nous irons tous vers cette fin, c'est certain, mais pour moi, il est
plus important de vivre chaque jour, de ces petits bonheurs
qui me sont donnés.

Il y aurait matière à débattre, car votre écrit ne manque pas
d'intérêt, mais cela serait bien trop compliqué ici.

J'ai mieux aimé ce texte-ci même si je déplore par moment
vos formulations un peu excessives.

Par contre celle-ci est surprenante :

" Ici l’avenir n’est pas venu, il a laissé vivre le néant. "

Subtilement écrit, cela interpelle.


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