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Poésie en prose
Alcirion : Fragment de la fin d’un hiver trop long
 Publié le 26/06/18  -  10 commentaires  -  1115 caractères  -  137 lectures    Autres textes du même auteur

Avril.


Fragment de la fin d’un hiver trop long



Ensemble avancer encore puisqu’il n’est pas d’autre coda, le ravin derrière nous engloutit chacune de nos passions mortes.

D’où vient ce sentiment de n’avoir jamais connu de vie que de ta source ? Il n’est pas de rêve singulier ou d’imagination particulière, de secret inconnu de ton âme. Le temps est passé sur nous, obscur et bruissant de reproches.

Et en conséquence nous gisons dans la noirceur toi immobile et moi démembré par la perplexité, la peur de ne pas te trouver là où il faudrait, là où je sais encore ton halo, faible comme un matin d’hiver, là où les joies tendres, sincères, ne sont pas encore pendues toutes.

Passer au travers de l’un de l’autre, s’enduire à nouveau d’un peu de ce mystère, ce mystère que tu aimais, réunir en bouquet la désunion de nos pas.

Parvenir à la clairière est chaque jour plus difficile, les mauvais limons débordent des torrents pour couper ma route, chaque parole m’épuise, toute action est une peine, le souffle du vent même pourrait m’emporter.

Je doute chaque jour un peu plus de la sincérité du soleil.


 
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   papipoete   
13/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien
prose
chaque pas que nous faisons vers la clairière, devient jour après jour de plus en plus lourd, des limons de ronces entravent notre chemin ; je ne sais plus si nous ferons encore route ensemble, demain ...
Avril est l'instant qui cède la place à joli mois de Mai, or ce temps de renouveau ne semble plus qu'une chimère .
papipoète

   Lulu   
16/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

J'ai bien aimé ce poème dans lequel le narrateur rend compte d'une relation à l'autre, riche de vécu "le ravin derrière nous engloutit chacune de nos passions mortes." ou "Le temps est passé sur nous, obscur, et bruissant de reproches".

Dans cette approche, le narrateur semble douter "Je doute chaque jour un peu plus de la sincérité du soleil", mais l'autre ce "tu" auquel il s'adresse, "ta source", "ton âme", n'en demeure pas moins au coeur d'un questionnement ouvert sur le dialogue. Pour moi, l'écriture en témoigne. Puis, avec cette question oratoire : "D'où vient ce sentiment de n'avoir jamais connu de vie que de ta source ?"... Cette question, douce, sans lourdeur, amène à mettre en lumière une forme de relation où l'un ne fut pas sans l'autre jusqu'à l'obscurité.

J'aime assez ce jeu de lumières, mis en avant "obscur et bruissant de reproches" ; "la noirceur" ; "ton halo, faible comme un matin d'hiver"...

Les verbes à l'infinitif "Passer au travers de l'un de l'autre…" ; "s'enduire" ; "réunir" ; "Parvenir" témoignent d'une dynamique qui va dans le sens contraire à la résignation, même si les mots disent la difficulté de voir une vraie sincérité de la lumière (le soleil) : "les mauvais limons débordent des torrents pour couper ma route, chaque parole m'épuise…" Puis, le mot "doute" synthétise cette vague impression de beauté vécue, mais complexe et relative.

Ainsi ai-je lu ce texte qui m'a touchée, jusqu'au titre que j'ai trouvé beau. Ma lecture n'est pas forcément fidèle à cent pour cent au poème, mais j'y reviendrai, car l'esprit y est dense, intéressant et tout à fait poétique.

Cordialement.

   eskisse   
26/6/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le titre avait déjà attiré ma curiosité. Le poème ne m'a pas déçue.

J'ai vraiment aimé l'entremêlement des éléments de la nature: " ravin", "source" , "hiver", "bouquet" , "vent" avec cette déréliction du couple.
Les personnifications du temps :" bruissant de reproches" , du soleil " je doute chaque jour un peu plus de la sincérité du soleil" sont très belles...
Le troisième passage, celui du halo, est très émouvant qui présente un couple perdu dans l'incompréhension mais détenteur d'un beau savoir, celui des traces laissées par l'union.
La répétition de "là où" me semble essentielle puisqu'elle définit le lieu de ce savoir comme celui d'un paradis presque perdu mais pas tout à fait : " là où je sais encore ton halo, faible comme un matin d'hiver ( trop beau ! ) .
Bref, j'ai tout aimé depuis l'espoir du " réunir en bouquet la désunion de nos pas" à ce doute final face à ce soleil menteur qui n'éclaire plus que la solitude du " je" qui a perdu son "tu" en quelques lignes.

Merci beaucoup pour ce partage

   PIZZICATO   
26/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une autre façon, intéressante, d'analyser le déclin de la vie à deux.
Peut-on espérer encore une renaissance de l'amour après " un hiver trop long " ?
" Parvenir à la clairière est chaque jour plus difficile "

" Passer au travers de l’un de l’autre, s’enduire à nouveau d’un peu de ce mystère, ce mystère que tu aimais, réunir en bouquet la désunion de nos pas."
De même qu'en musique, la vie ne comporte qu'une " coda ". A moins de tenter un da capo...
De bonnes images dans ce texte.

" Et en conséquence " l'hiatus pourrait être évité.

   Queribus   
27/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

De la poésie en prose comme je l'aime avec des phrases simples, des paragraphes très courts, le tout avec de belles images poétiques et une réflexion profonde sur la vie, le temps qui passe et les beaux jours qui s'en vont.

Je ne trouve que du bon dans cet écrit et j'aimerais beaucoup en retrouver bientôt un autre sous votre plume de ce tonneau-là.

Bien à vous.

   jfmoods   
27/6/2018
Le prolongement de la saison froide (titre : "Fragment de la fin d’un hiver trop long", entête : "Avril") apparaît comme la métaphore du vieillissement d'un couple.

Un cycle harmonieux s'est interrompu. Le jeu des antithèses ("obscur", "noirceur" / "halo", "clairière", "soleil") met en exergue l'émergence des ténèbres, la lumière, devenue inaccessible, d'un nouveau printemps du coeur.

L'usure s'est installée, gagnant sans cesse du terrain (animalisation : "le ravin derrière nous engloutit chacune de nos passions mortes", dichotomie du couple : "toi immobile et moi démembré par la perplexité", image prégnante d'une mort annoncée : "nous gisons", hyperboles : "chaque parole m’épuise, toute action est une peine", gradation : "chaque jour plus difficile", "chaque jour un peu plus").

L'Autre existe dans la pure transparence d'un regard ("Il n’est pas de rêve singulier ou d’imagination particulière, de secret inconnu de ton âme") quand la part de questionnement demeure le seul gage de l'harmonie durable d'une vie à deux (démonstratif en anaphore : "ce mystère, ce mystère"). L'allégorie ("Le temps est passé [...] bruissant de reproches") pointe l'incapacité à nourrir cet enchantement.

Certes, il doit bien rester quelques cartouches à brûler ("les joies tendres, sincères, ne sont pas encore pendues toutes"), mais les jalons du relèvement, posés par le locuteur (formes infinitives : "avancer", "Passer au travers", "s’enduire", "Parvenir"), apparaissent comme autant de clauses de style face au défi presque insurmontable qui se présente au couple (paradoxe : "réunir en bouquet la désunion de nos pas").

Merci pour ce partage !

   Donaldo75   
27/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Alcirion,

J'ai beaucoup aimé ce poème en prose.

Une relation profonde, ce n'est jamais simple à exprimer en poésie; pourtant, ce vers réussit à emporter le lecteur que je suis:
"D’où vient ce sentiment de n’avoir jamais connu de vie que de ta source ?"

Et une fois embarqué, je n'ai pu que plonger dans l'émotion, la tristesse de ton poème.

"Je doute chaque jour un peu plus de la sincérité du soleil."
C'est si vrai et si beau.

Bravo !

Donaldo

   Robot   
29/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une prose claire, sans effet de manche, sans scories.
Tout le récit est évocateur de la lassitude induite par l'habitude. La dernière phrase exprime sans pathos un désenchantement.

Un beau texte.

   Lariviere   
30/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
"La lucidité est la blessure la plus proche du soleil"

Bonjour Alcirion,

J'ai beaucoup aimé ce poème.

La précision des mots rend limpide une situation, un sentiment complexe, assez "banal" en superficiel dans le sens qu'il fait parti du vécu de chacun, mais ici la réalisation technique rend justement le propos universel en évitant l'hermétisme qui guette ce genre de style.

La force de ce texte est pour moi la justesse des images. Les métaphores naturalistes ne font pas empaillage de sensations, mais servent avec maîtrise le cheminement du propos et le rendu des "émotions", elles "animent" et donne un souffle de vie au thème et au texte. Ajouté à un rythme de prose maîtrisé qui apporte la fluidité nécessaire, mais aussi ses râpes indispensables, l'impact de lecture est présent.

L'entame est réussie, avec ce "coda" audacieux et l'image qu'il ouvre, comme un prélude réussi à cet abysse métaphysique rempli de noirceur.

Mes passages préférés :

"Le temps est passé sur nous, obscur et bruissant de reproches."
"là où je sais encore ton halo, faible comme un matin d’hiver,"

j'aime bien l'image suivante :

"là où les joies tendres, sincères, ne sont pas encore pendues toutes."

Mais pour le rythme et la musicalité, j'aurais supprimé "toutes" et fini sur "pendues"

Petit bémol peut être sur : "de secret inconnu de ton âme" et "s’enduire à nouveau d’un peu de ce mystère" ; assez convenu, qui pour moi ne sont pas à la hauteur de la qualité d'ensemble.

Bref, c'est toujours délicat d'extraire des passages, car chaque image "percutante" est amenée par des métaphores plus prosaïques mais tout aussi belles et abouties ("D’où vient ce sentiment de n’avoir jamais connu de vie que de ta source ?"/"toi immobile et moi démembré par la perplexité"/"réunir en bouquet la désunion de nos pas")

L'avant dernier "vers" prépare le final :

"Parvenir à la clairière est chaque jour plus difficile, les mauvais limons débordent des torrents pour couper ma route, chaque parole m’épuise, toute action est une peine, le souffle du vent même pourrait m’emporter."

Je trouve ca très bien rendu.

L'aphorisme charien de fin, clôt magnifiquement le poème et son thème...

Merci pour ce très bon moment de lecture et bonne continuation dans ta démarche d'écriture !

   fried   
1/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Même si j'imagine la lecture d'une voie triste, comme dans les saisons qui nous ramène le printemps il y a de l'espoir.
j'aime la simplicité de ce texte et les petites incertitudes.


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