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Poésie libre
aldenor : Le mystère de la page blanche
 Publié le 19/11/20  -  10 commentaires  -  878 caractères  -  140 lectures    Autres textes du même auteur


Le mystère de la page blanche



Tant que la page est blanche
Tout est possible
Les mots dorment

C’est idiot je les convoque
Ils arrivent en procession
Paradant entre les lignes
Sur leurs chars de lettres
Bientôt ma page n’est plus
Qu’un carnaval de mots dits

Tant que la page est blanche
Les mots n’ont pas de langue
Ils sont réduits au silence

C’est idiot je les invoque
Ils tombent de la lune
Que leur veut cet homme
Qui prise la page blanche
Vite fait ils dévorent ma liberté
D’être poète sans écrire

Tant que la page est blanche
Les mots rêvent
De Nerval et d’Apollinaire

C’est idiot je les provoque
Ils viennent comme la marabunta
Sur les pattes des lettres
Saccager le campement
Bientôt il ne reste plus
De mon inspiration
Que le squelette


 
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   Eclaircie   
12/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Un poème sur un sujet tant et tant évoqué. Merci de l'avoir rendu agréable et assez original.
Hormis les "mots dits" que l'on lit si souvent, l'ensemble a son propre charme, sa propre personnalité et sa propre expression.
J'ai bien aimé les deux derniers vers, un bon final à mes yeux.
Aussi la progression des mots d'entame de chaque paragraphe. L'anaphore presque parfaite de ces entames.

Merci du partage,
Éclaircie

   Lebarde   
12/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
C'est simple d'écrire, il suffit d'utiliser les lettres de l'alphabet, de puiser dans les dictionnaires les mots existants et de mettre en forme les idées qui se bousculent dans nos têtes.
Rien de bien compliqué en somme.

C'est tout comme la pâtisserie, avec de la farine, du beurre, du sucre, du chocolat et quelques babioles et un peu d'eau aussi, on fait un gâteau.

"Tant que la page est blanche
Tout est possible
Les mots dorment"

A ce stade tout est possible en effet, c'est après que cela se complique n'est-ce pas ami poète?
C'est également ce que pense dans son laboratoire, le pâtissier après avoir posé les ingrédients sur la paillasse.!!!

J'ai bien aimé le style alerte, enjoué, le vocabulaire guilleret, la versification débridée dont le rythme, en l'absence de ponctuation est laissé à l'initiative du lecteur.

Généralement peu réceptif à la poésie libre, je me laisse ici séduire par cette agréable fantaisie.

En EL

Lebarde

   papipoete   
19/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour aldenor
peut-on vraiment parler de " mystère " de la page blanche ? je pense plutôt au " syndrome " pour qui ne parvient pas à remplir son espace, de phrases, de lignes, de mots et parfois même d'enluminure tant ce blanc occupé, peut reluire !
NB sur un thème récurrent, plutôt que éculé puisqu'il revient souvent sous quelque plume, l'auteur rassemble tout ce dont a besoin un scribe, et il illustre à ravir sa page blanche, comme feuille pourpre de l'automne.
Il lui suffit pour cela de songer aux mots :
" je les convoque, ils viennent !
je les invoque, ils s'animent !
j'ai envie de rêver, ils se distinguent "
et puis je panique...
" ils sont perdus ! "
L'auteur fait comme si c'était si simple : " c'est idiot, il suffit... "
Il ne nous reste donc plus qu'à l'imiter jusqu'à l'ultime strophe, quand un grain de sable vient tout gâcher !
j'aime bien ces petits tercets " entrefilets... "

   Arsinor   
19/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Poème humoristique sur la confection de poèmes. L'ambiance badine est bien réussie à travers notamment des couples convoque/arrivent invoque/tombent provoquent/comme la marabunta (migration massive et dangereuse de fourmis légionnaires ! dit le Wiktionnaire !). La troisième partie est bien vue : si nous utilisons trop de mots, nous finissons par oublier l'essentiel de ce que nous voulions dire ! Dans les trois cas ça finit mal... alors pourquoi ne pas essayer de les évoquer ? :-)

   Babefaon   
19/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai toujours eu une affection particulière pour les œuvres qui évoquent le processus créatif, quelles qu'elles soient. Je ne suis pas très "poésie" en règle générale, mais dans quelques cas particuliers comme celui-ci, j'entre très facilement dans le sujet car il me parle.

Si je devais retenir quelques vers, ce seraient ceux-ci :

"Tant que la page est blanche
Tout est possible
Les mots dorment

Tant que la page est blanche
Les mots n'ont pas de langue
Ils sont réduits au silence

Bientôt il ne reste plus
De mon inspiration
Que mon squelette"

C'est un peu ce que je ressens aussi lorsque j'écris. Il y a cette idée de départ, qui s'affine au fil des pensées, des mots, des phrases. Puis vient le temps d'apposer le point final et de se séparer de ces mots qui vont résonner de manière différente chez chacune et chacun. Une nouvelle vie commence de part et d'autre...

   Wencreeft   
19/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Lecture très agréable. Thème éculé certes, mais bien traité avec de belles trouvailles. J'aime bien ce côté "tout est possible", c'est paradoxalement très inspirant.
J'aime également cette personnification des lettres, vues ici comme une cohorte de petits soldats, voire de petites ouvrières, comme un essaim d'abeilles.
D'ordinaire, je ne suis guère friand de poésie libre, mais là vous m'avez conquis avec ces idées simples, légères et très jolies.
Quelques critiques :

Vite fait ils dévorent ma liberté -> le "vite fait" m'a paru cacophonique, c'est dommage
Que leur veut cet homme -> j'aime l'idée mais je trouve la formulation améliorable

Merci pour la lecture.

   Myo   
19/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Nous pensons être maître de nos mots mais bien souvent ils n'en font qu'à leur tête.

Une vision de cette inspiration que l'on tente d'attraper lorsqu'elle passe mais qui parfois nous échappe.

De très belles formules, qui ouvrent tous les possibles.

Je sais que la ponctuation n'est pas obligatoire en libre mais dans ce texte, je trouve qu'elle aurait eue sa place pour une lecture et une immersion plus aisée.

Merci du partage.
Myo

   Ombhre   
20/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Aldenor,

sur un thème qui a déjà fait couler tant d'encre et noirci tant de pages blanches ( :-) ), j'ai apprécié cette façon légère et si bien vue d'aborder ce sujet. Et je me sens très en accord avec cette strophe particulièrement:

Tant que la page est blanche
Tout est possible
Les mots dorment

et ce passage:

Vite fait ils dévorent ma liberté
D’être poète sans écrire

Vous avez su saisir, avec des mots très simples, le plaisir de la page blanche quand le poète est encore libre de sa rêverie. Bravo !

Une minuscule remarque dans la seconde strophe "sur leurs chars de lettres" dont le rythme vient, à mon sens, casser celui de l'ensemble. Et idem dans la quatrième strophe avec le vers "Vite fait ils dévorent ma liberté". Mais c'est une remarque bien mineure au vu de la qualité de l'ensemble.

Merci pour le partage.
Ombhre.

   Atom   
20/11/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Le fameux thème de la page blanche et/ou de la perte d'inspiration, une énième fois revisité.
Chacun le traite à sa manière, de façon plus où moins originale et souvent de manière très/trop sérieuse (souvent ennuyeuse) comme si l'on parlait d'un drame effroyable.
Ici, j'apprécie quand même l'autodérision et la fantasmagorie allant avec.
Même si étrangement, on n'échappe pas au célébrissime : mots dits.
Mais quelque chose me dit que c'est forcément fait exprès, au vu du ton général de ce (finalement) poème.

   Pia   
30/11/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Aldenor, poésie originale (dans le bon sens !) pour évoquer à la fois l'absence puis la frénésie des mots...et belle idée que de faire référence à ce film d'aventure qui m'a séduite à l'époque "Quand la marabunta gronde". Oui, les mots sont bel et bien des fourmis sur la page...Pia


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