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Poésie néo-classique
Anje : Ce matin une plume
 Publié le 06/10/19  -  13 commentaires  -  1042 caractères  -  241 lectures    Autres textes du même auteur

Promenade matinale près du marais.


Ce matin une plume



J'ai vu, tôt ce matin, une queue-de-renard.
Elle ouvrait son plumeau pour chatouiller l'aurore
Et lever le soleil dans le ciel campagnard
Où la brumaille, ombre indécise, errait encore.

Froufrou furtif et flou, la fouine en tapinois
Abandonnait alors la scène de son crime
Puis montait dans un hêtre enterrer son minois,
Espérant que la nuit jamais ne se périme.

Découvrant le carnage en quittant son perchoir,
De sa puissante voix, il donnait les alarmes.
Le coq avait dormi des deux yeux, comme un loir,
Et dans son cri coulait sa cascade de larmes.

Sur le bord du marais où la brune pâlit,
J'ai clairement ouï claironner la grenouille
Invitant les poissons à sortir de leur lit,
Puis faire un plouf auprès du calame en quenouille.

J'ai cueilli dans le champ des rouges papavers
Une plume arrachée aux couleurs de mésange.
Elle écrit depuis lors mes flâneries en vers.
La penne ramassée était celle d'un ange.


 
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   Miguel   
22/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème plein de belles images, de trouvailles, dont "dormi des deux yeux" n'est pas la moindre, ou les poissons invités à sortir de leur lit. Les allitérations, comme au vers 5, créent une harmonie imitative bienvenue. Le mot "flâneries" me semble devoir renvoyer ce texte à la section néo classique, ce qui ne lui ôte aucunement son mérite.

   papipoete   
23/9/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
classique
Ce matin, auprès du marais, sans faire de bruit j'ai regardé la nature qui fermait la chambre des animaux qui allaient dormir, et ouvrait les volets de ceux qui s'éveillaient...
Goupil, dont la queue en panache battait le vent ; la fouine se cachant dans un arbre après ses méfaits...et la douce mésange à la plume délicate.
NB pas d'appareil photo, mais une vision fort poétique d'un jour qui commence...
au 3e quatrain, le sujet ( le coq ) me semble éloigné de son ver ?
Jolie toile !papipoète

   Lebarde   
6/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Jolies scènes mi bucoliques mi animalières à l’aurore naissante.
C’est subtilement écrit avec des mots et images couleur pastel qui réjouissent le lecteur.

Je note quelques mots inusités ou désuets qui obligent à consulter le dictionnaire ( brumaille, brune, calame, papavers) parfois en vain et des onomatopées ( froufrou, plouf) qui donnent de l’épaisseur et animent le propos.

La forme neo-classique m’est apparue sans faille.

Merci pour la lecture.

   Vincendix   
6/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Anje
Un poème bucolique à souhait, la flore et la faune en scène pour un spectacle tellement naturel.
Une plume alerte et fantasque, c'est effet celle d'un Anje.
Vincent

   PIZZICATO   
6/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Anje
J'ai pris plaisir à vous emboîter le pas pour cette promenade matinale.

De belles images font vivre la flore et la faune.
" Elle ouvrait son plumeau pour chatouiller l'aurore "
" J'ai cueilli dans le champ des rouges papavers "
" Sur le bord du marais où la brune pâlit " ...

Une lecture fort plaisante.

   Cristale   
6/10/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Et voilà où mènent les "flâneries" du poète, et du poète en général qui, comme chacun le sait est d'un naturel étourdi au point que les contemplations lui font rater la petite marche qui mène à la demeure du classique onirien.
Mais je comprends aussi que, subjugué par tant de beautés matinales, son regard soit détourné des basses préoccupations matérielles que sont la chasse aux "e" muets, et puis il n'y en a qu'un dans son panier...

Un joli trimètre au quatrième vers du premier quatrain, des allitérations, de ci de là donnent du relief et de la musicalité...je ne relève pas tout car l'auteur saura très bien plaider coupable de les avoir commises, avec parcimonie comme il sait si bien le faire, je le souligne pour sa défense dont je le soupçonne de vouloir se passer :)

C'est un réel plaisir de suivre un auteur dont le talent s'affirme à chaque nouvelle publication et, entre nous, je suivrais bien ses pas en silence autour de son marais lorsque la brune pâlit pour laisser place à l'aurore, et le regarder cueillir une plume d'ange.

Anje, vous êtes un poète et un orfèvre car de la trame de votre ouvrage ne paraît que la beauté de vos couleurs.

Cristale

   veldar   
7/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Anje

Merci. Des comme ça j'aimerais en lire tant et plus. C'est un moment parfait. Et la fin… j'adore la fin. Je me découvre fleur bleu ce matin. C'est la faute à votre plume. Quelle chance vous avez d'en posséder une pareille !
Merci encore. C'est ravissant.

   sympa   
7/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Une" promenade près du marais" très agréable.
De belles images et de beaux vers maîtrisés.
Je ne comprends toujours pas pourquoi " flâneries " empêche la catégorie classique puisque ce mot est suivi d'une voyelle.
Peut-être que vous-même ou des experts m'expliqueront pourquoi !

"J'ai cueilli dans le champ des rouges papavers
Une plume arrachée aux couleurs de mésange.
Elle écrit depuis lors mes flâneries en vers.
La penne ramassée était celle d'un ange."

Ce quatrain est mon préféré, magnifique .

   Coeurdeloup   
7/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La plume est légère et m'emmène flâner dès l'aube dans cette campagne "Sur le bord du marais où la brune pâlit".

Et j'aime beaucoup le dernier quatrain où "Elle écrit depuis lors mes flâneries en vers." a privé cette jolie plume de figurer en classique.

Alors Anje ne perdez pas cette plume que
(vous avez) "cueilli 'dans le champ des rouges papavers
Une plume arrachée aux couleurs de mésange.
Elle écrit depuis lors mes flâneries en vers.
La penne ramassée était celle d'un ange."

Car en effet je tends à croire que c'est celle d'un Ange.

   Davide   
7/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Anje,

Ce matin, une plume est venue chatouiller la créativité de l'auteur. Point de lapin, ni de chasseur ici... juste un paysage auroral, qui s'offre à notre contemplation, comme à celle du narrateur. Une métaphore de l'inspiration ? Une mise en abyme ? Peut-être.

L'ensemble est de belle facture, musical à souhait, subtilement "travaillé", avec un beau trimètre, des jeux d'allitérations et des rimes souvent peu communes.

En revanche, j'ai un peu de mal avec l'emploi de certains mots ou expressions, comme "périme" (v.8), "des deux yeux" (v.11) et surtout ce "ouï" (v.14) que je trouve particulièrement disgracieux, malgré le joli "clairement (...) claironner".

Ce mélange de registres de langue (soutenu / courant / familier) donne une couleur "vive" à l'ensemble, un relief ; et lorsque "campagnard" et "brumaille" côtoient le plumeau qui vient "chatouiller l'aurore", je suis aux anjes (!)
De même que ce vers 16, où l'auteur a su magnifiquement rapprocher "plouf" et "calame en quenouille".

Petit remarque : la "brune" (v.13) désigne habituellement - enfin, à ma connaissance - le crépuscule du soir ; son emploi m'interroge.

En somme, un très joli presque-classique.

Merci Anje,

Davide

   MonsieurNon   
8/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une très agréable promenade bucolique, chargée d'images pertinentes et dont je salue tout particulièrement le travail de rythme et de sonorités, notamment grâce à de très belles allitérations.

   jfmoods   
9/10/2019
Ce poème est composé de 5 quatrains en alexandrins, à rimes croisées, suffisantes et riches, alternativement masculines et féminines, majoritairement consonantiques.

Le rythme ascendant du premier vers (2/4/6) met en exergue la fleur qui occupe le second hémistiche. La personnification qui se déploie sur les vers 2 et 3 ne fera qu'amplifier cette idée d'ascension, de couronnement à venir du jour. La subordonnée relative du vers 4, à l'imparfait, assortie d'une seconde personnification, semble mimer, par sa construction en trimètres (4/4/4), l'incertitude encore vive du moment. Ce premier quatrain prépare le point de basculement attendu entre obscurité et clarté.

Le jeu allitératif en f du vers 5 épouse le glissement silencieux et discret de la fouine ("en tapinois"), elle-même assimilée à la nuit et à son imagerie macabre au fil des vers 6, 7 et 8 ("la scène de son crime", "enterrer", "Espérant que la nuit jamais ne se périme").

Le point de focalisation du réveil (pronom cataphorique : "il", "Le coq") se nourrit encore d'une tonalité inquiétante, morbide ("il donnait les alarmes", "carnage", "cascade de larmes"). Les allitérations en k jouent l'harmonie imitative du cocorico.

Ce n'est qu'à la quatrième strophe que s'établit le point de rupture. La luminosité naissante ("la brune pâlit") voit les forces vives du jour s'imposer ("clairement ouï claironner la grenouille", "sortir de leur lit", "faire un plouf").

À ce moment charnière du temps, comme émergeant des ténèbres, le champ de l'écriture se trouve pleinement investi (titre : "Ce matin une plume", "j'ai cueilli", "calame", "plume", "vers", "penne").

Merci pour ce partage !

   BernardG   
9/10/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Difficile de mettre une appréciation inférieure à "beaucoup" sur cette enchanteresse promenade matinale.

Tout s'enchaîne parfaitement.....De belles allitérations....Le 3ème quatrain est formidable.

Pour ma part, j'aurai mis un point d'interrogation sur le derniers vers.

Merci pour ce beau poème


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