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Poésie contemporaine
Annick : À Sabine
 Publié le 10/07/19  -  22 commentaires  -  1351 caractères  -  270 lectures    Autres textes du même auteur

"Sabine Sicaud est une poétesse française née le 23 février 1913 à Villeneuve-sur-Lot et morte le 12 juillet 1928, alors atteinte d'ostéomyélite, appelée aussi la gangrène des os.
Ses Poèmes d'enfant, préfacés par Anna de Noailles, ont été publiés lorsqu'elle avait treize ans."


À Sabine



https://nsa40.casimages.com/img/2019/06/10/190610053228286034.jpg


La fièvre du printemps allume

Des étincelles dans ses yeux.

Une autre fièvre, une amertume,

Brûle ses os à petits feux.


Vite ! De l'eau sur son minois

Où perle une sueur glacée !

Elle aura quinze ans dans un mois,

Petite fée désenchantée.


Clouée sur son lit de souffrance,

Elle qui aimait composer,

Faire provision d'espérance,

S'émerveiller et puis rêver.


Rêver la fraîcheur en vert tendre

Sous les grands cèdres du jardin,

Là où elle adorait se rendre

Pour s'épancher en gai refrain.


Le papillon, la coccinelle,

Venaient se poser sur ses vers,

Le merle noir, la tourterelle,

Voletaient dans son univers.


Parfum de fruits tant désiré

Carnaval chamarré, musique...

Désormais l'armoire statique

Affiche son air désolé.


Une poupée de chiffon rose

Dont les jambes pendent un peu

Du lit où Sabine repose

Porte un rêve dans son œil bleu.


 
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   poldutor   
17/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Poésie sur la souffrance de cette adolescente poétesse, dont je découvre l’existence.
Belle poésie, mots simples qui frappent, jolis vers brefs qui marquent le temps qui file et qui raccourcit d'autant la vie de Sabine.
J'aime.

   Gabrielle   
20/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un hommage émouvant...

Merci à l'auteur(e) de nous rappeler au bon souvenir de cette enfant hors norme.


Bien à vous.

   papipoete   
22/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
contemporain
Elle aimait courir dans la nature, se noyer dans les couleurs des fleurs, et chanter son bonheur de courir...
Aujourd'hui, le mal au lit la cloue, et à son image sa poupée laisse pendre ses jambes du lit où sa maîtresse repose...
NB comme c'est beau, comme c'est touchant ; on pourrait pleurer mais pour ne pas ternir ce sourire qui gît ici, on sourit tendrement face à ces vers craquants !
la fièvre " qui brûle ses os " fait mal à en mourir, devant cette gamine...elle s'appelait Sabine.
Je vois un parfait " néo-classique " aux octosyllabes jolis, malgré les hiatus ( autorisés dans cette forme )
papipoète

   Robot   
10/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Vous m'avez fait découvrir une poétesse que je ne connaissais pas. Votre poème hommage nous parle avec tendresse et émotion de cette pré-adolescente décédée à 15 ans dont les poèmes que je viens de découvrir sont porteurs d'une force de vie et de grâce.

Votre texte nous restitue tout en nuance et avec beaucoup de poésie et de compassion l'image qu'elle vous a laissé au travers de ces compositions: Vassili, Diego, etc... Merci pour la découverte

   Lebarde   
10/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Annick

Merci pour ce joli poème en hommage à une enfant-poète au destin tragique dont je découvre l'existence.

Ce genre de sujet évoquant la maladie et la fin de vie d'êtres exceptionnels est assez récurrent mais fait toujours recette auprès des lecteurs dont la sensibilité, à fleur de peau ne demande qu'à s'épancher!
Dans le cas présent l'empathie est moindre puisque dès l'incipit on sait que l'auteur ne peut être directement et personnellement concerné par le propos.
En tous cas le sujet est finement et délicatement traité et traduit bien, avec des mots simples, l'univers juvénile qui devait entourer cette jeune personne hors norme.

Bravo j'ai beaucoup aimé.

Sur la forme, les octosyllabes sont fluides, plein de poésie, a priori sans grosses "malfaçons", de toute manière acceptées en contemporain, rendant la lecture plaisante et agréable.
J'ai moins aimé l'avant dernière strophe dans sa formulation:

"Parfum de fruits tant désiré
Carnaval chamarré, musique...
Désormais l'armoire statique (??)
Affiche son air désolé."

Sauf si elle renvoie à des références que je ne connais pas.

Du beau travail néanmoins que j'ai bien apprécié.

Merci et a bientôt pour des poésies de cette veine!

Lebarde

   PIZZICATO   
10/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci Annick de m'avoir - nous- fait découvrir cette fleur coupée à peine éclose.
J'ai lu quelques extraits de ses poèmes ; son écriture est étonnante de maturité.

" Une autre fièvre, une amertume,
Brûle ses os à petits feux."

" Rêver la fraîcheur en vert tendre
Sous les grands cèdres du jardin "

Un hommage tout en sobriété.

   Eclaircie   
10/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Annick,

Votre poème m'aura faite connaître cette auteure, merci pour ce premier point.
Je suis allée lire un de ses poèmes que j'ai trouvé très mature pour son jeune âge.

Votre mise en page dessert le texte, les sauts de lignes à chaque vers n'est pas vraiment harmonieux -je sais que les copiés/collés depuis nos traitements de textes nous jouent parfois des tours.

L'écriture est fraîche et agréable, bien en phase avec le sujet.
J'ai été surprise du vers "petite fée désenchantée", car au travers du poème découvert, ce n'est pas l'image qui vient à l'esprit.
Je fouinerai le net pour découvrir d'autres de ses œuvres.
Le côté nature qui me semble habiter ses poèmes est bien mis en avant.

Un bon ensemble.
Merci du partage,
Éclaircie

   TheDreamer   
10/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Douce idée. Je ne connaissais pas cette jeune poétesse.

Un petit poème simple, tout de délicatesse triste.

Sur votre dernière strophe, on pense en vous lisant immédiatement aux "Joujoux de la morte" de Théophile Gautier.

"Sur le tapis et sur la table
Traîne l’héritage enfantin.
Les bras ballants, l’air lamentable,
Tout affaissé, gît le pantin".

Merci.

   Zorino   
10/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Annick,

Découvrir une poétesse en poésie, what else ? :-)
J'ai de suite pensé à Anne Franck en vous lisant. J'ai beaucoup aimé la sensibilité qui se dégage de vos vers. Je l'avais déjà notée lors de vos interventions sur les différents fils.
Je ne sais pas si c'est voulu mais la mise en page m'a un peu gêné. Mais bon, ce n'est qu'un détail.

Merci pour votre partage et pour nous avoir témoignés votre attachement à cette jeune poétesse, bien trop tôt disparue et malheureusement inconnue du grand public. Je vais de ce pas m'y intéresser.

   Corto   
11/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très émouvant vu le contexte.

On a le sentiment que la jeune poétesse tient à distance sa maladie et son infirmité, qu'elle s'élève pour observer et exprimer un niveau supérieur.

Dès la première strophe on remarque que la fièvre qui "Brûle ses os à petits feux" est maîtrisée pour laisser sa juste place à "La fièvre du printemps allume des étincelles dans ses yeux". Manière de dire à la maladie 'tu me feras peut-être mourir mais tu ne m'auras pas empêché de voir le printemps, ni de rêver, ni de "Faire provision d'espérance".

L'avant-dernière strophe formule bien cette attitude qui pourrait se résumer en 'j'ai la vie aujourd'hui, tant pis si elle doit s'arrêter'.

Poème-leçon de vie ? oui pourquoi pas.
Energie face au destin, sûrement.

Merci à l'auteur de nous avoir fait découvrir ce beau texte.

   Davide   
10/7/2019
Bonjour Annick,

Je ne vous ai pas appelé Sabine, je fais attention maintenant ! ;)

Cet hommage me touche - vraiment - beaucoup, car c'est cette jeune poétesse qui m'a fait aimer la poésie lorsque j'étais adolescent.
J'ai lu tous ses poèmes d'innombrables fois, "La rose bleue" étant mon préféré. D'ailleurs, mon poème "Rose bleue", publié sur le site, lui est indirectement dédié.

Je retrouve dans ce poème la même fraîcheur qui baigne sa poésie, cette légèreté nimbée d'innocence, cette soif de vie, servie par une écriture qui semble s'envoler sur les ailes d'un oiseau bleu. Mais... la souffrance qui la ronge est déjà bien présente !
Des octosyllabes joliment musicaux, simples mais... poignants. Poignants pour moi, en tout cas !

Ce poème, Annick, on dirait "La Solitude" avec "Ah ! Laissez-moi crier" en toile de fond. Un résumé de sa courte vie, un condensé de sa belle plume.

Je ne vais pas mettre d'appréciation, je suis incapable d'être objectif lorsqu'on parle de Sabine Sicaud.

Merci !!!

Davide,
une petite larme au coin des yeux

   Anje   
10/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La vieille ville de Villeneuve-sur-Lot garde le souvenir de cette jeune poétesse et lui a rendu hommage en donnant le nom de Sabine Sicaud à une de ses rues. Anna de Noailles sut repérer son talent et lui offrir son soutien comme elle le fit plus tard avec les marraines de guerre.

Les vers courts de ce bel hommage ne s'apitoient point mais dépeignent avec beaucoup de justesse et de sensibilité cette jeune écrivaine (sans doute que la recherche préalable a été riche).

J'aime le changement de rime de l'avant-dernière strophe, seule à rimes embrassées, qui amène parfaitement la chute du poème tout en maintenant l'alternance féminine/masculine.

Un tout très émouvant et qui invite à faire connaissance avec ses recueils.

   senglar   
10/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Annick,


Beaucoup de sobriété dans cette poésie qui compose simplement avec une douleur inéluctable, une forme de candeur aussi avec une non-abdication et la complicité bienveillante devant tant d'injustice - après les "êtres" du dehors - des "choses" de l'intérieur : de l'armoire pas si statique que ça à la poupée de chiffon rose qui
"Porte un rêve dans son oeil bleu."

Touchant ! Telle une flèche désolée de sa course qui vole au coeur alors qu'elle se serait voulue de Guillaume Tell.

Le destin commet de ces erreurs...Je pense que Sabine enchanteresse l'aurait privé de confiture !


Senglar

   Cristale   
10/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci Annick de faire revivre un peu Sabine à travers vos mots si doux.
Elle écrivait sa maladie et son amour de la nature dans ses poèmes d'une candeur et d'une pureté qui n'appartient qu'à l'enfant qu'elle était, pourtant d'une grande maturité, consciente de son mal, de l’approche de la mort et malgré tout pétrie de tendresse et d'optimisme.

Merci pour elle qui écrivait :

"Tant de voyages, dis, de pays à connaître,
De choses qu'on rêvait, qui pourront être
Quand je serai guérie..."

Sabine Sicaud, morte à quinze ans.

   hersen   
10/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
c'est un poème très touchant dont le vocabulaire sied bien à une poétesse enfant.
C'est un poème triste, mais cependant frais et je te remercie de me faire connaître cet auteur.

Il est doublement touchant d'imaginer quel refuge la poésie a probablement été au milieu de la souffrance.

Très belle démarche !

Edit, je viens de lire quelques uns des poèmes de Sabine Sicaud : je suis bluffée ! Corrida de Muerte montre une très grande maîtrise et maturité !

   jfmoods   
10/7/2019
Ce poème est composé de 7 quatrains en octosyllabes, à rimes croisées et embrassées, pauvres, suffisantes et riches, égalitairement réparties entre féminines et masculines, vocaliques et consonantiques.

I) Une jeune poétesse inspirée

1) Une nature nourricière

"Sous les grands cèdres du jardin, / Là où elle adorait se rendre", "Le papillon, la coccinelle, / Venaient se poser sur ses vers / Le merle noir, la tourterelle, / Voletaient dans son univers"

2) La plénitude sensorielle

"La fièvre du printemps allume / Des étincelles dans ses yeux", "Rêver la fraîcheur en vert tendre", "s'épancher en gai refrain", "Parfum de fruits tant désiré / Carnaval chamarré, musique"

II) Le malheur pour partage

1) Une maladie qui vous ronge

"Une autre fièvre, une amertume, / Brûle ses os à petits feux", "Vite ! De l'eau sur son minois / Où perle une sueur glacée", "Petite fée désenchantée"

2) Chronique d'une mort annoncée

"Clouée sur son lit de souffrance", "l'armoire statique / Affiche son air désolé", "Une poupée de chiffon rose... [...] / Du lit où Sabine repose / Porte un rêve dans son œil bleu"

Merci pour ce partage !

   Vincente   
11/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Annick,

Je vous avouerais être entré dans votre poème par la petite porte, à contre-jour. Freiné par la crainte de me risquer dans un récit larmoyant où sont convoqués les ressorts "faciles" de la souffrance enfantine, je l'ai lu une première fois en appréciant que ce travers n'ait pas été emprunté. Votre poème est touchant par son sujet, mais aussi et surtout par sa sincérité, c'est elle qui m'a poussé à aller lire cette poétesse que je ne connaissais pas ; je me suis dit "si cette enfant a pu inspirer une si vive attention, c'est qu'il s'est passé quelque chose de particulier entre elle et vous".

Je l'ai lu, subjugué par la fraîcheur et la maturité conjuguée de cette personnalité hors du commun. Exceptionnelle. Hirondelle débordant de vie, presque exaltée, au regard et à l'écriture accomplie, d'une pudique grandeur pour "assumer" la souffrance, l'injustice. Étonnant.

C'est ainsi que j'ai pu comprendre que votre texte n'a ni cherché à raconter de façon "clinique", ni tenté de vous substituer à l'auteur. J'ai eu la réjouissante impression, en dernière lecture, de pouvoir apprécier votre choix qui me semble à mi-chemin entre ces deux voies. Ainsi j'ai aimé votre manière de vous fondre dans la poétique de Sabine Sicaud, toute en fraîcheur, en simplicité, dans la prégnance de la vie.

Une dernière petite chose concernant le choix du titre qui ne me semble pas idéal. En décidant d'employer le prénom de la poétesse, n'en étant pas une proche, vous la "réduisez" à son statu d'enfant. Mais elle est bien plus, tellement plus…

   STEPHANIE90   
11/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Annick,

vos biens jolis vers me font découvrir une poétesse que je ne connaissais pas et qui mérite vraiment d'être connu. Que de maturité chez cette si jeune fille. Vous lui rendez un bel hommage...
"Le papillon, la coccinelle,
Venaient se poser sur ses vers,
Le merle noir, la tourterelle,
Voletaient dans son univers."
"Porte un rêve dans son œil bleu" Le rêve d'un après meilleur, loin de la souffrance qu'elle combat chaque jour.
Merci !

Stéphanie

   Pouet   
11/7/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

un poème sans nul doute fort émouvant.

L'écriture, pas enfantine, mais laissant entrevoir une douce simplicité colle parfaitement au propos.

J'ai pour ma part un vrai coup de cœur pour les quatre vers finaux dont l'incontestable Poésie touche à l'âme, bouleverse.

Bel hommage.

   Castelmore   
11/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Annick,

Votre poème est touchant.
Par son sujet bien sûr. Qui reste insensible à la souffrance et à la mort d’une enfant de quinze ans ... qui plus est une « belle personne » ?

Est ce suffisant ? Pas toujours ... l’appel aux sentiments est trop souvent primaire et pesant ... emprisonnant l'émotion dans une sorte de réaction « obligatoire » ...

Rien de tout cela dans votre texte ... tout se construit par petites touches, dans l’univers à la fois léger de l'enfance du rêve de la nature aimable et celui de la souffrance et de la mort...

Le double interligne ajoute à cet effet de légèreté...

Merci pour ce partage

   Eccar   
13/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Annick,
Un très beau poème sur une jeunesse qui souffre et qui s'éteint. De très beaux passages pour cet hommage sans fioriture, digne de cet enfant poète.
Le dernier quatrain est une image tout simplement magnifique avec "ce rêve dans l’œil bleu de la poupée de chiffon" comme la petite chiffonnée par la maladie et qui part du bord de son lit vers le bleu du paradis.
Mille bravos à vous.

   Annick   
14/7/2019


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