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Poésie contemporaine
Annick : Dans un livre d'images
 Publié le 19/03/20  -  19 commentaires  -  1654 caractères  -  274 lectures    Autres textes du même auteur

« Les inséparables » sont des oiseaux qui demeurent généralement en couples extrêmement liés.


Dans un livre d'images



J'ai ouvert un vieux livre enluminé d'images :
Un parfum de bleuets s'est exhalé des pages.
Il me parvient déjà comme un frissonnement,
Un rêve qu'on effleure et un doux froissement.

Un cri sous la ramille, une empreinte effacée,
C'est le bois qui frémit de toute sa nichée :
Le chevreuil, le furet, la grive et le lapin
Osent un front craintif dans le petit matin.

Le papillon rêveur au paisible froufrou
Dépose une caresse, un baiser d'amadou
Sur la blanche jonquille et la blonde immortelle.
Dans un rai de soleil s'envole une hirondelle.

Une frêle clochette égrène au gré du vent
Son carillon léger, fragile, diligent.
On entend gazouiller, par-dessus la colline,
Quelques moineaux frileux que la brise câline.

Comme un hère dansant au son de son pipeau,
Le merle messager apporte un fin rameau.
Sous l'ombrage d'un pin, joliment, il babille
Avant de laisser choir, de son bec, la brindille.

Il chante avec ardeur les élans ineffables
Des couples d'amoureux, de ces inséparables :
Si l'un des deux s'éteint, l'autre se meurt aussi.
À quoi bon résister lorsque l'être est meurtri ?

Un chœur de passereaux entonne la complainte ;
Au plus profond des bois, on perçoit une plainte
Qui grandit dans les airs et se perd dans les eaux :
Écoutez ce soupir, c'est l'âme des oiseaux !

J'ai refermé le livre aux tendres paysages
Me rappelant ta voix gravée sur les nuages.
Il me reste mon cœur, ce vivant médaillon
Où j'ai emprisonné ton amour papillon.


 
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   Corto   
19/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce beau poème révèle une remarquable capacité de l'auteur à s'immerger dans la nature, pour l'observer et se laisser envahir par l'émotion, en connivence avec les habitants de ces lieux.
Rien que pour cela je dis: Merci.

Les descriptions sont très évocatrices: "Le chevreuil, le furet, la grive et le lapin Osent un front craintif dans le petit matin".

J'aime bien aussi "Comme un hère dansant au son de son pipeau,
Le merle messager apporte un fin rameau", même si au vers suivant le merle "babille" alors que chez moi il 'siffle' plutôt...

La dernière strophe qui fait écho à la première nous ramène au réel, et même plus, à la gravité:
"Me rappelant ta voix gravée sur les nuages.
Il me reste mon cœur, ce vivant médaillon
Où j'ai emprisonné ton amour papillon."

Amour, souvenirs tendres, complicité émerveillée avec la nature, le tableau est vibrant. Les émotions se répondent en formant un bel écho.

Grand bravo à l'auteur.

   sympa   
19/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Annick,

Même si le fond de votre poésie est triste, j'ai beaucoup aimé votre description de la nature au travers de ce livre d'images.
Et oui, des images, j'en découvre à foison, elles sont belles tout autant que vos vers.
C'est vrai, quand un des inséparables meurt, l'autre le suit ne pouvant vivre sans lui

"J'ai refermé le livre aux tendres paysages
Me rappelant ta voix gravée sur les nuages.
Il me reste mon cœur, ce vivant médaillon
Où j'ai emprisonné ton amour papillon".

MAGNIFIQUE dernier quatrain où tout est dit et si joliment dit.
L'aimé n'est plus, le coeur de sa moitié bat toujours mais intérieurement, il a cessé de battre.

C'est triste mais beau.

BRAVO et MERCI

   Castelmore   
19/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Dans un livre d’images ...

Le titre évite l’égarement du lecteur...

Non le narrateur ne va pas nous inviter à le suivre dans une promenade au sein de la nature, la vraie...

Il va nous conter les images retenues dans un vieux livre, (que l’on a tous eu entre les mains je suppose) , avec ses illustrations naturalistes, leurs couleurs pastel un peu fanées, leurs traits précis mais légers dans une vision « Rousseauiste » de notre monde... peut-être un livre pour enfants...

Tout y est tendre, fragile, léger, sans danger ( pas d’animaux sauvages, pas de froid, de pluie ...), la famille protège...

L’homme est absent, l’harmonie règne et l’amour est éternel...

Mais le livre se referme ...

La dernière strophe nous dit la séparation... l’absence ... mais, semble-t-il, l’éternité de l’amour vivant, indestructible, dans le cœur du narrateur et potentiellement ainsi au cœur de chaque humain

Un très beau texte dont la musicalité et la délicatesse nous touchent dès le premier vers pour ne plus nous quitter ...

Merci pour le partage
Castelmore

   papipoete   
19/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour Annick
" j'ai ouvert un livre d'images, rempli de chants, embaumant de mille senteurs, resplendissant de tous les tons d'une palette "
J'ai régalé tous mes sens, au point d'être enivrée d'espace, de paix et sérénité, je me suis évadée...de mon confinement !
Et avec l'auteure, nous avons feuilleté avec bonheur, ce livre d'or aux dessins enluminés, et l'on se rappelle d'un herbier patiemment enrichi ; de la joie de découvrir ces clochettes blanches de mai ; et l'on se voit immobile soudain quand un animal parut...
Mais ce merveilleux album débordant de joie, est celui où est enfermé un être cher, qui ne le feuillettera plus jamais...
NB ce livre est comme un diaporama, il projette des souvenirs visuels, sonores du monde que l'on voudrait à son image...pas de pleurs, pas d'horreurs, pas d'armes brandies mais un film sur la terre qui vit autrement que sur les infos à la télé !
je trouve parfois que certains poèmes lassent le lecteur, par leur longueur, par l'intellect de ses phrases ; ici rien de tout cela, et maintes strophes cousines purent se joindre à la famille !
Des passages en particulier ? le 4e quatrain par exemple, si délicat ! Et le moment des inséparables aussi, en songeant au couple de cygnes, qui lui aussi ne se reformera jamais sans l'autre disparu.
La conclusion laisse songer cette idée, que l'auteure est elle aussi, l'une de ces inséparables...
Quel bonheur, et honneur de tourner avec Vous ce magnifique livre !
techniquement, je vois de parfaits dodécasyllabes " néo-classiques "
où est la faute les versant dans la forme " contemporaine ? "

   apierre   
19/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très beau poème.Dès le premier vers ,on est emporté dans ce voyage d'images ,de sons et de parfums.Une douce et tendre musicalité enrobe chaque vers.Magnifique dernier quatrain.
Merci et bravo à l'auteur !

   Pouet   
19/3/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bjr,

un joli poème tout doux, très bucolique, une pointe de nostalgie en plus. Il y a les fleurs, les oiseaux, les papillons, l'amour.. Bon peut-être un petit goût de "trop" pour moi, mais je reconnais une belle écriture.

Beaucoup aimé par exemple: "Écoutez ce soupir, c'est l'âme des oiseaux !"

Quelques menus détails:

- au vers 4, j'aurais plus vu "Un rêve qu'on efflleure EN un doux froissement" à la place du "ET". Il me semble, mais c'est personnel, que le vers y gagnerait en puissance.

- strophe 4, "frêle", "léger", fragile"... On insiste beaucoup je trouve.

- la rime "complainte/plainte" de la septième stophe.

- quelques répétitions aussi; "rêve/rêveur", "meurt/meurtri" très rapprochés, "livre" (même si plus justifiable pour le coup)...

De la même façon, j'ai beaucoup aimé le dernier vers et son "amour papillon", mais je l'aurais d'autant plus apprécié si je n'avais pas déjà croisé le papillon au vers 9, la "surprise" en aurait été que plus belle.


Voilà, j'ai fini de faire mon grincheux et au final j'ai bien aimé hein! :)

   hersen   
19/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est un très beau texte, Annick, que tu nous proposes aujourd'hui.
Parce qu'il est bien écrit, il est simplement écrit.
Et cette simplicité nous laisse loin d'un pathos qui aurait été plombant.
On vit réellement ces instants passés, ces moments merveilleux de la découverte d'un livre, puis de le regarder, le commenter, encore et encore.
Dis maman ( ou papa) pourquoi le papillon se pose sur les fleurs ? Dis papa (ou maman)...

Je me demande, Annick, combien de temps il faut pour rouvrir le livre.

Merci de ce texte très touchant et lumineux.

   Vincente   
19/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un couple éternel à l'âme de ces oiseaux "inséparables" souffle les mots doux de ce poème. Un livre d'images bucolique va offrir son décor à la visitation heureuse, retrouvaille éphémère qui défie le temps. Car si l'un des deux a sa "voix gravée dans les nuages", elle ne prive pourtant pas l'autre de ses résonances "aux tendres paysages". Et puis comment ne pas tomber sous le charme de ce "cœur, ce vivant médaillon où" se garde jalousement cet "amour papillon".

Cette dernière strophe est très belle et si touchante. Elle donne à tout le récit, une perspective inattendue, puisque le joli tableau naturaliste prend par elle la dimension extatique d'un amour inconditionnel ; par delà la mort, les "inséparables" demeurent amoureux. L'on comprend alors que le "frissonnement" du début, " Un rêve qu'on effleure et un doux froissement ", est à la fois un rêve par sa plongée onirique, mais aussi par le prolongement de l'amour infini qu'il suggère.

La démarche narrative est originale, bien menée. En tant que lecteur, je lui aurais bien enlevé une strophe (difficile pourtant d'en choisir une n'ayant pas d'attrait). Mais je comprends que pour l'auteur, le plaisir, l'envie, de prolonger les instants de retrouvailles aient pu guider la plume, alors non ne changez rien. Chaque nouvelle lecture nous offre la tendresse à l'état pur de la nature du couple "inséparé".

   Lebarde   
22/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Annick

Quel magnifique poème bucolique d'une grande pureté et simplicité, mis en valeur par une mise en scène originale:
Ce livre d'images qui s'ouvre et se referme sur une nature vivante, odorante, douce, calme, reposante, superbement, précisément et patiemment décrite avec des longueurs qui n'en sont pas et qu'on ne ressent surtout pas à la lecture et qu'au bout du compte on regrette qu'elles soient aussi courtes!!!! (Ed: çà me faisait plaisir de rajouter çà ! sans raison sinon celle du confinement )

Magnifique poème, vous dis-je avec une foule d'images toutes aussi superbes les unes que les autres qui exhalent, colorent, animent, frémissent et font frissonner:

" Un parfum de bleuets s'est exhalé des pages.
Il me parvient déjà comme un frissonnement
Un rêve qu'on effleure et un doux froissement".

Ou bien:

"C'est le bois qui frémit de toute sa nichée"

Ou encore:

"Comme un hère dansant au son de son pipeau".

Ce poème a la saveur d'un beau poème classique ( alexandrins bien rythmés et fluides). Je m'étonne de le trouver sur le rayonnage contemporain et je cherche encore les raisons de cette "disgrâce": peut être cette toute petite faute de rimes ("aussi/ meurtri")

ou bien quelques erreurs majeures qui m'auraient échappées,
ou bien encore une volonté délibérée de votre part de ne briguer que cette catégorie?

Si si j'ai vérifié: tous vos écrits sont sur l'étagère "contemporain", alors que dans la plupart d'entre eux, vous faites preuve de qualités et d'une maîtrise classiques remarquables.

Quand on connait la difficulté qu'il y a à décrire simplement et en sortant des platitudes, les scènes de la nature, je dis bravo.

Vous l'avez fait avec un brio, une sobriété et une élégance que je vous envie.

Merci pour ce poème tellement près du classique qui m'a comblé.

Lebarde admiratif

   Melusine   
19/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très beau poème qui chante la nature, et enchante la lecture
"le papillon rêveur en paisible froufrou
dépose une caresse, un baiser d'amadou"

il fait revivre un monde tout droit sorti d'un conte
toutes les strophes et la délicatesse des mots minutieusement choisis en illustrent le propos.

J'ai moins aimé :
"A quoi bon résister lorsque l'être est meurtri ?"
peut-être pour le mot meurtri ou pour la tristesse qui s'en dégage

mais la strophe finale est époustouflante et me renverse d'émotion.

Parfois la poésie doit se lire assis au milieu des coussins !!!

Merci Annick pour cette belle lecture

   emilia   
19/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Au plaisir de la lecture se joint le charme de la nature nous faisant respirer « un parfum de bleuets », à l’écoute d’un « cri sous la ramille » et du gazouillis des oiseaux, nous émerveillant d’un « papillon rêveur » distribuant sa tendresse aux fleurs, tandis que le merle fait son nid aidé de sa compagne « inséparable » et que s’entonne le chœur où rayonne « l’âme des oiseaux »… et, déjà, le livre se referme sur un dernier soupir nostalgique évoquant de façon si émouvante un amour disparu dont la narratrice se rappelle avec tendresse et qu’elle protège comme un trésor contre son cœur, en « vivant médaillon »… ; merci à vous pour ce partage sensible…

   Cristale   
19/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
L'écriture d'Annick, c'est un souffle de brise qui caresse la joue, une goutte de rosée au coin des yeux, un nuage de ouate sur le bord des lèvres, la musique d'une harpe dans le sillage des anges, et c'est une plume qui ouvre les pages d'un livre que j'aimerais découvrir chaque matin.

Mais du livre le plus adoré des oiseaux s'est envolé.

"Il me reste mon cœur, ce vivant médaillon
Où j'ai emprisonné ton amour papillon."

Ces deux superbes vers viennent clore les quatrains mélodieux.


Douceur, tristesse, tendresse, ce poème ne peut que me plaire.

Bravo et merci Annick.
Cristale

   Mokhtar   
20/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’aimerais bien savoir pourquoi l’auteur a choisi ici les rimes plates, qui aident à déclamer, à être péremptoire, pour ce texte dont l’essentiel décrit des scènes naturelles assez allègres.

J’ai beaucoup aimé le changement de ton des trois dernières strophes. On passe des scènes naturelles et bucoliques à une expression un peu spirituelle (l’âme des oiseaux) ou sentimentale (le médaillon souvenir, les inséparables).

Ce joli texte respire la poésie à chaque vers, c’est là son principal mérite. Je souscris toutefois aux remarques formulées par Pouet (avec tact) sur les améliorations de forme qui pourraient fignoler l’ensemble.

Mais j’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce texte rafraichissant et émouvant.

   Marite   
20/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Précieux livre que j'ai feuilleté avec ravissement ce matin. Le naturel de l'expression poétique et l'abondance des images évoquées nous mènent sereinement à la dernière strophe que je trouve particulièrement belle :
"J'ai refermé le livre aux tendres paysages
Me rappelant ta voix gravée sur les nuages.
Il me reste mon cœur, ce vivant médaillon
Où j'ai emprisonné ton amour papillon."

   Donaldo75   
20/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Annick,

Comment dire ? J’aime vraiment ce poème dont je trouve la tonalité réelle et affirmée ; de plus, le quatrain de fin est très réussi. Tu es parvenue à me donner envie de lire une poésie dans un genre que je n’affectionne pas d’ordinaire, puis à la relire pour en imprégner mes neurones. J’applaudis des deux mains car c’est déjà assez rare dans mon cas.

Bravo !

Donaldo

   Michel64   
20/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Magnifique poème plein de tendresse, de sensibilité envers la beauté de la nature et rempli de cet amour disparu que nous révèle le dernier quatrain, magnifique :

"J'ai refermé le livre aux tendres paysages
Me rappelant ta voix gravée sur les nuages.
Il me reste mon cœur, ce vivant médaillon
Où j'ai emprisonné ton amour papillon."

Merci Annick pour ce très beau poème. J'ai hâte de lire tes prochains.

   Recanatese   
20/3/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Annick,

moi qui ne suis pas fan des poèmes bucoliques, je dois dire que vous m'avez eu. Vos vers sont vivants, délicats et remarquablement ciselés.
Le dernier quatrain est superbe et intelligemment amené. Tout en pudeur, sans effets de manche. La révélation finale n'en est que plus belle.
Bref, un bien agréable moment de lecture.

Au plaisir

Recanatese

   Curwwod   
22/3/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Un poème remarquable tant par les images idylliques qu'il déploie avec délicatesse, douceur et bienveillance. Tout ici souligne avec ferveur la joie ressentie à la contemplations de tous les miracles quotidiens de la nature. Un texte très sensuel où la vue, l'ouie, et les autres sens participent à une forme d'état de grace. Jusqu'au dernier quatrain cependant qui exprime avec délicatesse le chagrin de l'amour perdu, la mélancolie à la fois douce et douloureuse de ce qui a été, avec cette sublime image
"Il me reste mon cœur, ce vivant médaillon
Où j'ai emprisonné ton amour papillon."
Un grand coup de chapeau à l'auteur de cette petite merveille de grâce et de sensibilité.

   Annick   
25/3/2020


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