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Poésie contemporaine
archibald : D'une insomnie
 Publié le 20/03/22  -  13 commentaires  -  1727 caractères  -  243 lectures    Autres textes du même auteur


D'une insomnie



Firmament de ma nuit blanche
s'épanche
Un instant d'éternité
Tu m'offres ce soir le thème
D'un poème
En forme d'obscurité

Elles ne sont pas funèbres
Ces ténèbres
Mais apaisent ma douleur
D'une teinte simple et sage
Dont Soulage
A su faire une couleur

Sa clarté fuligineuse
Lumineuse
Comme celle du tombeau
Incessamment me protège
De la neige
Sous ses ailes de corbeau

Dans ses moires d'anthracite
Qui suscitent
Quelque songe existentiel
Je m'abîme dans le rêve
Et m'élève
Au-delà de l'arc-en-ciel

J'imagine que l'on tienne
L'obsidienne
Pour le plus beau des bijoux
Sa luminescence sombre
Dont bon nombre
D'astres deviendraient jaloux

Je conçois enfin le monde
Moins immonde
Plongé dans le grand sommeil
D'une nuit trop éphémère
Et j'espère
Une éclipse de soleil

Si doit sonner à ma montre
La rencontre
De la Dame aux yeux de jais
Qu'un cercueil non pas de chêne
Mais d'ébène
Soit ma demeure à jamais

Qu'on le couvre d'une dalle
En opale
Au cimetière voisin
J'y signerai l'épitaphe
D'un paraphe
À la pointe du fusain


 
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   embellie   
11/3/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce long poème est entièrement dédié au NOIR. Le noir est présent dans chaque strophe. Ce n'est pas lassant grâce au style riche, notamment en oxymores, '' ma nuit blanche - sa clarté fuligineuse – sa luminescence sombre '' . L'auteur(e) semble-t-il, aime le noir, au point de le glorifier avec des évocations artistiques, le '' noir du peintre Soulages '', de pierres précieuses, '' l'obsidienne '', la '' dame aux yeux de jais '', au point de vouloir '' plonger le monde dans le grand sommeil '' et souhaiter une éclipse du soleil. On peut trouver cette obsession du noir outrancière, mais il faut reconnaître qu'elle a donné corps à un bel écrit, original, à partir '' d'une insomnie '', comme nous a indiqué le titre.

   socque   
11/3/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'apprécie le rythme rigoureusement heurté qui apporte aussitôt une dimension de dérision au propos et lui évite la facilité de sombrer dans le funèbre, le soin apporté aux rimes que je n'ai pas trouvé forcées (c'était pas gagné d'avance sur des vers courts). Je trouve également intéressant d'avoir rejeté toute ponctuation.

Mais quelque chose me gêne, j'ai du mal à dire quoi… Le rythme 7/3 tout du long peut-être bien, j'ai l'impression qu'un 7/4 serait plus approprié, moins en tension. En fait, avec le rythme que vous avez adopté, je me dis que la nuit blanche a été survoltée à la caféine. Il me semble que tout est trop clair, net, la pensée élaborant les mots trop acérée pour exprimer l'épuisement halluciné des petites heures de la nuit.
C'est certainement injuste d'avoir des réserves parce que le poème est trop bien écrit, mais qu'y puis-je ?

   Miguel   
20/3/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Mazette de l'ébène au lieu de chêne ! Il y en a qui ont des goûts de luxe. Mais comme écrit Chateaubriand : "Soignez votre tombeau car vous y resterez."
J'ai adoré ce schéma de strophe et le contenu de ce poème avec ses images superbes, ces trouvailles comme "la couleur de Soulage ".

   Mintaka   
20/3/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Archibald,
Je n'ai que peu de choses à ajouter aux trois analyses suffisamment éloquentes des commentaires précédents.
A part ceci que votre poème me fait penser à une phrase de René Char:"La poésie vit d'insomnie perpétuelle" qu'il écrit dans " Les dentelles de Montmirail", et d'autre part qu'il doit arriver à un certain nombre d'entre nous de profiter de ces moments "privilégiés" de veille pour écrire quelques vers inspirés par les effets mystérieux du noir. Je me demande d'ailleurs si c'est l'insomnie qui inspire où a contrario une inspiration latente qui nous réveille. A méditer..la nuit peut-être.
Merci pour ce poème

   papipoete   
20/3/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour archibald
" Noir ", parlez-moi de cette couleur en 50 vers ; vous avez une heure !
Ainsi put parler un prof de français à sa classe, le stylo au garde-à-vous.
Et l'élève Archibald, inspiré par le thème, fit courir sa plume par monts et par vaux, éclairé par une vision infra-rouge, dans l'obscur de vers lumineux...
NB sans aucune noirceur, on suit l'auteur dans se pérégrinations, d'une nuit blanche au pinceau de Soulage, des moires d'anthracite à cette Dame aux yeux de jais... jamais je broyai du noir avec autant de bonheur !
la dernière strophe est ma préférée, mais toutes ont une brillance remarquable !
l'agencement de vos vers en groupes de 7/3 pieds est fort original !
Savez-vous, qu'aux confins du ciel, on aurait découvert un " astre de diamants " constitué du fameux CARBONADO ?

   Pouet   
20/3/2022
 a aimé ce texte 
Bien
slt,

j'ai bien aimé suivre le fil de la métaphore, malgré quelques expressions que je n'ai pas trop goûté comme par exemple "instant d'éternité", "sa clarté (...) lumineuse", ou encore "Au-delà de l'arc-en-ciel".

Quant au "monde moins immonde" ... vraiment?... un peu femme infâme quoi, non c'est pas sérieux, on dirait du Pouet.

Mais j'ai bien aimé lire comme je l'ai dit, je trouve que le sujet est bien exploité, fouillé.

Il me semble percevoir si ce n'est de l'ironie, du moins une certaine prise de distance permettant de ne pas trop s'embourber dans un lyrisme poisseux.

La dernière strophe et je crois ma préférée.

PS: pourquoi ne pas avoir orthographié correctement le nom de Pierre Soulages? (mais pour le coup là je trouve bien vu le jeu de mollet dans la deuxième strophe avec apaiser la douleur)

   Lebarde   
21/3/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Archibald
“Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir”, oh que si, celui de découvrir encore très souvent des poésies de cette qualité qui savent ouvrir le sombre à la lumière.
Bravo vous avez magnifiquement, avec la non couleur, coloré des vers lumineux, éblouissants jusqu’au tombeau qui se pare d’ébène, d’opale et d’obsidienne pour affronter satan. ( remarque inspirée par l’actualité du jour…!)
Superbe poème tant dans le sujet que dans la forme, dans le choix des mots que la fluidité et la recherche de l’écriture.

Je suis enthousiasmé.
Lebarde

Ed: pour une faute qui faisait “tâche”.

   Ascar   
20/3/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très beau poème sur l’éloge du Noir, de la nuit où des rimes riches et accrocheuses illuminent les vers. J’aime ce paradoxe qui donne à votre ouvrage des airs d’oxymore. Je me suis donc laissé aspirer par la force de vos images comme piégé par la gravité céleste d’un trou noir.

Merci pour ce délicieux moment.

   GiL   
21/3/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
J’adore la structure de ce sixain qui date du XVIe siècle ! Son rythme sautillant ne se prend pas au sérieux ; il a un petit côté ludique qui vous met la joie au cœur.
Victor Hugo a repris cette strophe dans Sarah la Baigneuse :
Sara, belle d'indolence,
Se balance
Dans un hamac, au-dessus
Du bassin d'une fontaine,
Toute pleine
D'eau puisée à l'Ilissus.

Ici elle chantonne (la strophe) l’obscurité des nuits blanches, l’insomnie et ses cinquante nuances de noir, c’est paradoxal mais pas triste : « elles ne sont pas si funèbres ces ténèbres » ! La distanciation qu’affiche le narrateur lui permet de sauter d’une métaphore à l’autre, de digresser sur l’anthracite et l’obsidienne, de passer de l’insomnie au sommeil puis du sommeil à la mort tout en gardant un ton léger : une réussite !
Une réussite également sur le plan technique : le vers de trois syllabes court tout de suite à la rime et son emploi n’est pas donné à tout le monde !

Merci, Archibald, pour cette jolie fantaisie en noir.

   Cristale   
22/3/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Archibald,

Que l'impair est beau quand il martèle et résonne ses rimes comme un carillon sonne ses quarts et ses heures dans le noir d'une nuit d'insomnie.
La sombritude vêt ces vers de l'âpre crêpe du deuil, les plus longs en heptasyllabes étirent comme une traîne leur suaire de lin blanc, blanc comme l'éclat de cette lumière promise aux mourants, soutenus dans la respiration apnéique (un peu comme agonisant) des trissyllabes.

On sort essoufflé de ces petits tableaux en sizains cadencés où l'ombre et la lumière de la vie et de la mort semblent jouer avec les songes du dormeur éveillé.

Jolies déclinaisons de noirs en arc-en-ciel

Bravo et merci Archibald
Cristale

   Lariviere   
24/3/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Archibald,

Sur le fond j'ai aimé cette poésie symboliste et cette "brillante" apologie du noir, cet espace propice aux rêves et aux cauchemars dont se nourrit l'inconscient de nos songes et de nos utopies...

Sur la forme j'ai aimé votre schéma rythmique original et votre travail sur les rimes qui donnent de l'élan musical et une bonne fluidité à vos nombreux sizains...


Ma strophe préférée :

"Si doit sonner à ma montre
La rencontre
De la Dame aux yeux de jais
Qu'un cercueil non pas de chêne
Mais d'ébène
Soit ma demeure à jamais"

Merci pour cette lecture et bonne continuation !

   inconnu1   
26/3/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Merci j'aime beaucoup voire énormément le rythme balançant, chantant de votre poème et j'aime aussi beaucoup le contraste entre la noirceur du propos et le côté joyeux, musical de la forme. Une vraie réussite dans l'originalité.

Bien à vous

   pieralun   
26/3/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Un poème que je découvre sur le tard….

On sort des sentiers battus, tant par le thème axé sur le noir, que par sa forme de vers impairs en 7 et 3 syllabes.

J’avoue que je suis bluffé !!

Je ne sais pas quelle strophe retenir, mais tout est tellement différent de ce que j’écris ou lis, et malgré tout très poétique que j’applaudis à 4 mains.


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