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Poésie néo-classique
archibald : L’enterrement de Perec
 Publié le 01/08/17  -  16 commentaires  -  722 caractères  -  253 lectures    Autres textes du même auteur

Écrit à l’occasion de la quinzaine de la Pléiade.

“Un rond pas tout à fait clos finissant par un trait horizontal” (La disparition)


L’enterrement de Perec



Gentlemen veste ébène et femmes en dentelles,
Nègres de best-sellers et cercle des lettrés,
Les esthètes des vers, les êtres pêle-mêle,
Mènent Perec en terre, exemple vénéré.

Les gens serpentent près des temples et des stèles
Et recherchent le sens, spectres désespérés,
De ses textes experts, emblèmes des rebelles.
Bescherelle élevé, le Verbe est célébré.

Frères de Bethléem, pères des belles-lettres,
Se perdent en pensers. Les sentences des prêtres
Émettent révérence et versent des regrets.

Le temps semble rêver. Le vent se lève et penche
Les genêts, l’herbe sèche et les frêles pervenches.
Perec, vers l’Éternel, emmène ses secrets.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   socque   
16/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Au-delà de la contrainte formelle des plus sérieuses (seule voyelle autorisée : "e", j'ignore comment cela se nomme autrement que lipogramme en "a", "i", "o", "u", "y"), en hommage bien sûr à l'éminent Oulipien, je trouve que ce poème a un effet poétique en soi, surtout dans le dernier tercet. Une belle image, aussi, ces gens qui "serpentent" ; voilà un chouette exemple de dépassement apporté par la contrainte !

C'est marrant, je trouve que la trajectoire du poème va régulièrement de l'assez plan-plan et attendu jusqu'au bouquet touchant de la fin, avec le temps qui semble rêver, le vent qui penche les genêts ; à croire que, là aussi, vous avez voulu suivre une contrainte ! Mais beaucoup plus subjective, bien sûr, peut-être valable seulement pour moi.

   papipoete   
1/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Archibald,
On enterre un " grand " qui s'en va rejoindre ce square toujours fleuri, où tout le monde redevient égal . Le verbe haut, on encense son départ et verse des regrets alors qu'au ras du sol se penchent les genets .
NB célébrités et esthètes des vers, " ils sont venus, ils sont tous là " pour des obsèques en grande pompe ; et puis ils s'en vont serpentant auprès des stèles à la recherche d'autres défunts célèbres .
Le tercet final clôt parfaitement cette cérémonie .

   Vincendix   
1/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je salue l’exploit réalisé, cette utilisation unique du E, en opposition au livre de Georges Perec est remarquable.
Une originalité que j’apprécie, j’imagine l’effort nécessaire pour obtenir un tel résultat.
Et même si la trame de ce poème n’est pas exceptionnelle, ma note est haute.
Vincent

   PIZZICATO   
1/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sur le plan de l'écriture, c'est certainement une perfomance que ce sonnet ne s'autorisant qu'une seule voyelle.
De plus, un dernier tercet très poétique.

Pour le fond, mais ce n'est sûrement pas l'intention de l'auteur, je vois dans cette ruée de l'élite (comme toujours dans ces cas là) une façon, pour certains, de se faire remarquer ; de même qu'une sorte de curiosité. " Les gens serpentent près des temples et des stèles " opinion qui n'engage que moi, bien sûr.

   Antinoos   
7/8/2017
Bonjour,

Je suis sincèrement admiratif du résultat obtenu : il y a du masochisme à s'infliger délibérément une contrainte pareille et un talent certain pour l'exploiter et la sublimer comme l'auteur le fait.

Toutefois, qu'on me permette de préférer (bien qu'adepte, en tant que lecteur, des jeux oulipiens) quand la poésie n'obéit pas à un exercice (auto)dicté (sauf les dimanche après-midi, entre gens désœuvrés de bon goût, autour du thé) et quand Archibald poétise autrement.

A.

   Alexandre   
2/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Archibald et bravo pour cet exercice façon Perec.

J'ai bien sûr un penchant pour le tercet final mais l'ensemble se tient et le pari est réussi.

Merci et pourquoi pas à une fois prochaine avec le "a", le "i" ou le "u" en vedette !

   Francois   
2/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je suis admiratif de l'exercice, un sonnet entier n'utilisant que la lettre e, joli monovocalisme (comme dans le roman Les Revenentes, moins connu que La Disparition), et surtout, poème ayant du sens, agréable à lire.
Le dernier tercet est magnifique.

Pourquoi pas, comme le suggère Alexandre, un sonnet en a, en o, en i ? Ceci dit, Pérec a écrit des textes surprenants, parfois assez longs, n'utilisant qu'une voyelle... Mais ce ne sont pas des poèmes en vers...

Bonne continuation !

   Cristale   
2/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Archibald,

Une seule plume est bien peu pour souligner le travail monumental que représente ce sonnet Oulipien. Tu es un tailleur de vers laborieux et je verrais bien le public-lecteur debout applaudissant à tout va cette création remarquable.
Un sonnet qui plus est dont je ne te ferai pas l'offense de critiquer la forme. Juste un peu pour le plaisir :
Si tes singuliers pluriels ne s'accordent pas dans chaque quatrain, ils s'accordent d'une strophe à l'autre, j'agrée, les tercets s'entendent bien entre eux sauf le vers 12 qui joue l'orphelin singulier. L'hémistiche de ton 5ème alexandrin est douteux :)
Un petit effort supplémentaire et le mot "classique" aurait été accordé. Je sens ta réticence comme à chacun de tes textes. Il manque toujours un nano-effort pour cette catégorie, comme le bon élève qui laisse volontairement quelques erreurs à son devoir pour éviter la "honte" de la meilleure note de la classe.

Visuellement, l'ensemble ressemble à un feuilleté de silex blanc argenté, tranchant. La lettre "e" étant une voyelle claire, dite aussi aiguë, confirme mes impressions. Les "è" qui fleurissent dans les vers représentent une lumière blanche ou ivoire très clair et sied fort à propos au thème du poème ; l'enterrement. Les "é" sont couleurs sépia, fanés, parcheminés et situent bien le contexte dans un passé récent.

Les auteurs qui travaillent leurs textes sérieusement et laborieusement je les aime et les admire car je sais les efforts et la persévérance que cela demande. Ma notation en tiendra compte, on me dira encore que je note haut mais quand ça me plait, ça me plait, sinon je passe mon chemin.

Je stipule quand même que je n'aime pas ce texte et sa technique "passionnément", le mot n'est pas adapté, à chaque fois cela me dérange mais je n'ai pas d'autre choix. Mon "passionnément" tu peux le traduire par "Excellent +" et je t'offre 3 plumes supplémentaires.

Voilà, je ferme cette page en gardant en mémoire ce bel ouvrage.
Bravo et merci !

Cristale

   luciole   
2/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Perec le revenEnt. C'est dément ! Qel thrène d'esthète !

Il me semblait avoir commenté ce poème, j'en avais reconnu l'auteur...
Bel exercice de virtuosité. Le dernier vers est top.

   Grange   
2/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

En dehors de la litanie de "Je me souviens" je n'ai rien lu de cet illustre personnage pas même la disparition qui est ici évoquée en creux.

Je salue l'exercice et cette tentative d'épuisement du "e" mais ça reste pour moi un peu trop Oulipien et j'avoue ne pas être séduit par ce mouvement pourtant réputé et par ailleurs toujours très vivant ( je pense que les jeudis de l'Oulipo existent toujours )

Ceci étant je ne vais pas apprécier votre travail sur l'opinion que j'ai de l'Oulipo.

Bravo !

   Arielle   
2/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je laisse aux spécialistes le soin de décortiquer chaque figure du ballet qui se déroule devant mes yeux éblouis. Moi qui n'ai ni la patience ni les capacités d'acquérir une telle technique je me contente d'applaudir avec ferveur en constatant que la rigueur peut s'allier à la légèreté ce qui est, pour moi, la vraie marque de l'artiste.
Bravo !

   Donaldo75   
2/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour archibald,

Rien à dire, c'est un bel hommage à la poésie en général. On sent le côté figé de la cérémonie funéraire, avec beaucoup d'apparat. La critique latente des deuxième et troisième vers aurait plu à Perec.

Les rimes sont belles et bien ciselées. Les références appuient le champ lexical utilisé. Le rythme lui même, à quelques césures près, convient à l'évènement.

Enterre-t-on la poésie avec Perec ?

Bravo !

Donaldo

   Ioledane   
3/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quel tour de force ! Une seule voyelle pour tout un sonnet, et c'est bien tourné, et ça a du sens ...
De plus cela donne un poème très sonore.
Le seul passage qui me gêne est "Emettent révérence", plus maladroit.
Pour tout le reste, bravo !

   jfmoods   
4/8/2017
Ce sonnet en alexandrins est à rimes croisées, suivies et embrassées, suffisantes et riches, exclusivement féminines.

Devant l'exigence particulière de ce lipogramme, on ne saurait tenir rigueur au poète des sept occurrences de la conjonction de coordination "et". Cependant, c'est bien dans la variété des phrases que se dessinent les limites du travail impressionnant mené à bien ici. Procéder par juxtaposition, coordination : cela tombait sous le sens. Il semblait toutefois possible d'avoir recours à la subordonnée participiale dans ce contexte précis. On mesure évidemment la difficulté d'une telle entreprise.

L'énumération qui s'étend sur les trois premiers vers du poème s'attarde sur une intelligentsia toujours avide de se montrer. La cérémonie funèbre d'une personnalité du monde des lettres en offre évidemment l'opportunité. L'expression "mènent en terre" pare ce beau linge d'une dignité de façade tandis que l'adjectif qualificatif "vénéré" met en exergue, par l'excès, une admiration factice, voire une indifférence envers le défunt.

Cette faune, moutonnière ("Les gens serpentent près des temples et des stèles"), se plaît à adopter la pose convenue en ce genre de circonstance (métaphore à visée ironique : "spectres désespérés"), prétendant soutenir, comme un titre de gloire (tournure laudative : "Bescherelle élevé", passif présent à visée élective agrémentée d'une majuscule : "le Verbe est célébré"), une forme de transgression du langage considérée comme insurrectionnelle ("le sens... / De ses textes experts, emblèmes des rebelles").

Bien établis dans leurs castes respectives ("Frères de Bethléem, pères des belles-lettres"), certains membres de l'assistance simulent pour leur part une profonde introspection (forme pronominale marquant l'exagération : "Se perdent en pensers"). Et la cérémonie religieuse s'achève, entre hommage particulièrement pompeux, grandiloquent ("Émettent révérence") et affliction non dépourvue de componction ("versent des regrets").

Cependant, le poète, jusque-là distant, étranger à l'affaire par l'ironie du regard, laisse entrevoir sa perception de l'écrivain et de son oeuvre. Au travers de deux personnifications, la seconde développant une énumération à rythme ternaire et ascendant ("Le temps semble rêver. Le vent se lève et penche / Les genêts, l’herbe sèche et les frêles pervenches"), s'ébauche alors l'image de la littérature comme jeu, léger, sans conséquence, explorant les possibilités du langage : exercice de style gratuit, virtuose, sur les limites du travail d'écriture. Quoi qu'il en soit, au-delà de toutes les conjectures, le sens profond de l'oeuvre nous restera à jamais inconnu ("Perec... emmène ses secrets").

Merci pour ce partage !

   emilia   
4/8/2017
Le sonnet a déjà ses contraintes pas si évidentes à respecter bien que certains en jouent avec facilité, mais vous avez choisi de placer la barre encore un peu plus haut en relevant brillamment votre défi éminemment littéraire en prouvant que les contraintes et prouesses formelles sont ludiques et stimulantes pour l’imagination… à travers l’hommage que vous rendez à cet auteur distingué devant une communauté rassemblant les Belles Lettres et sa fraternité religieuse, sa consécration par son entrée à la Pléiade chez Gallimard lors de sa célèbre quinzaine, sa célébration du Verbe sans nuire au sens et son côté « rebelle » très particulier qui tentait entre autre d’arracher le banal à son insignifiance… ; j’aime beaucoup l’idée du temps qui rêve au souffle du vent faisant pencher les pervenches (avec le rappel d’assonance du son « an »…), les genêts et même l’herbe sèche, comme pour une inclinaison respectueuse évoquant par analogie la révérence du premier tercet… : une démonstration assez magistrale de votre talent…

   ClorisMenset   
5/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très joli! Un épilogue aux "Revenentes", semble-t-il.


Oniris Copyright © 2007-2017