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Poésie libre
Automnale : Lagatjar
 Publié le 02/06/15  -  22 commentaires  -  1343 caractères  -  345 lectures    Autres textes du même auteur

Mais je n'ai rien bâti et mes rêves s'enlisent...


Lagatjar



J'ai aimé Lagatjar, la chanson des menhirs
Que fredonnait le vent,
Passager de la lande,
Les tapis de bruyère aux reflets de saphir,
L'Iroise, dans la brume,
Dansant la sarabande.


J'ai aimé, sur la grève, les bouquets de goémon,
Les dunes de Pen Hat
Parsemées d'immortelles,
Le vieux manoir en ruines, ses tours en pâmoison,
Les œillets du poète
Aux mots de violoncelle.


Je voulais un penty aux teintes de rivière,
Tantôt bleue, tantôt parme,
Menthe ou opaline,
Un jardin d'hortensias aux chauds murets de pierre
Protégeant notre amour
Des griffes vipérines.


Je voulais, sur les quais, sans fin tenir ta main,
Tracer notre chemin
À l'ambre des sillons,
Poser, sur ton bonheur, des lampions, des refrains,
Ciseler l'astérie
À l'aubier du ponton.


Mais je n'ai rien bâti et mes rêves s'enlisent.
Le sable du destin
S’écoule sous mes pas.
Mais je n'ai rien bâti, juste une balise
Pour affronter en vain
Le grand coup de tabac.


J'ai aimé Lagatjar, la chanson des menhirs
Que fredonnait le vent,
Passager de la lande,
Les tapis de bruyère aux reflets de saphir,
L'Iroise, dans la brume,
Dansant la sarabande.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   bipol   
11/5/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je voulais un penty aux teintes de rivière,
Tantôt bleue, tantôt parme,
Menthe ou opaline,
Un jardin d'hortensias aux chauds murets de pierre
Protégeant notre amour
Des griffes vipérines.

et puis

J'ai aimé Lagatjar, la chanson des menhirs
Que fredonnait le vent,
Passager de la lande,
Les tapis de bruyère aux reflets de saphir,
L'Iroise, dans la brume,
Dansant la sarabande.

et pourquoi pas toutes les strophes

j'ai aimé comment est bâti votre texte

avec des fenêtres donnant sur les paysages, ruine, plantes etc...

avec sa musique qui jaillit sous les mots

votre texte est déjà une chanson

j'ai beaucoup aimé

   Marite   
2/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La régularité du rythme de toutes les strophes de ce poème en vers libres m'a séduite car il s'accorde parfaitement aux pas que nous ferions si nous étions "passager de cette lande" marine. Alexandrins, si je ne me trompe pas, entrecoupés de vers de six syllabes. L'ensemble est du plus bel effet.
Comment d'ailleurs ne pas se laisser conduire en longeant les menhirs de Lagatjar et en poursuivant sur le tapis de bruyères et ls dunes en humant les bouquets de goémon ...
Un souhait non réalisé ... et la consolation en écoutant le vent.
Je n'ai pas réussi à saisir la signification de "penty" ...

   troupi   
2/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est vrai que ce texte est déjà une chanson, je suis bien d'accord avec Bipol.
Quelle belle écriture fluide pour raconter une histoire un peu désabusée à laquelle nous sommes nombreux à ne pas échapper. Quand il est bien tard forcément une forme de nostalgie s'installe mais quand une belle poésie le raconte ça donne votre texte et c'est beau.
La construction avec souvent des rimes et parfois pas, cette alternance de vers longs et courts qui rythment le poème, me convient parfaitement.
Je serais allé jusqu'à supprimer totalement la ponctuation, mais c'est juste pour pousser un peu plus loin la liberté du lecteur et celle du texte.
La reprise du premier sizain à la fin est encore une bonne idée.

   Anonyme   
2/6/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Automnale ! Quand j'ai vu qu'il allait sortir un poème intitulé Lagatjar, j'ai cru que je rêvais... J'ai revu la colo des filles, les alignements de menhirs, Camaret bien sûr mais aussi Quélern, Le fret, Trez Rouz et j'en passe... Une pleine page de mon adolescence en quelque sorte !

Tout comme toi...

J'ai aimé Lagatjar, la chanson des menhirs
Que fredonnait le vent,
Passager de la lande,
Les tapis de bruyère aux reflets de saphir,
L'Iroise, dans la brume,
Dansant la sarabande.

Ces vers sont pour moi le plus beau des cadeaux !

Hormis ce qui représente pour moi un retour à une jeunesse heureuse, ce poème est de toute beauté quand bien même il se termine sur une note un peu sombre...

Mais je n'ai rien bâti et mes rêves s'enlisent.
Le sable du destin
S’écoule sous mes pas.
Mais je n'ai rien bâti, juste une balise
Pour affronter en vain
Le grand coup de tabac.

J'ignore ce que fut ce coup de tabac mais je sais qu'il t'a inspiré l'un des plus beaux poèmes qu'il m'ait été donné de lire ici... et que je garderai précieusement, ce qui m'arrive très rarement !

Mon appréciation est proportionnelle à l'émotion ressentie au cours de cette balade sur une presqu'île que j'ai beaucoup aimée ! Merci du fond du cœur...

   PIZZICATO   
2/6/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je ne connaissais pas l'existence de cet endroit ; le titre m'a amené à me documenter.
J'avais beaucoup apprécié votre poème précédent (frêles baldingères) et celui-ci m'enchante tout autant par la couleur de ses mots, la finesse de ses images, sa musicalité omniprésente.
<< J'ai aimé... Je voulais ... Je n'ai rien bâti.. >> Tour à tour l'enchantement, l'espoir puis la désillusion, superbement traduits.

   Francis   
2/6/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un tableau, une chanson, une histoire ! En quelques touches, la plume m'offre la Bretagne où j'aime me ressourcer chaque été: la lande, les bruyères, les longères vêtues d'hortensias et coiffées d'ardoises, les murets de pierre... Que de couleurs sur la palette ! Et puis, il y a la musique des vers ou celle suggérée par les mots : "que fredonnait le vent, violoncelle, refrains, la chanson des menhirs..." Enfin, il y a l'amour qui est né sur cette terre mais qui...?

   Anonyme   
2/6/2015
@Automnale
En breton, Lagad veut dire oeil
Avec ce poème en forme de complainte mélancolique vous nous en mettez plein les mirettes mais vous nous enchantez aussi les oreilles.

Le principe de la poésie, c'est de susciter une émotion chez le lecteur.
Avec moi, dès les premiers vers, vous avez réussi votre coup.
J'avoue que c'est moins votre déception que la description très imagée des lieux qui m'a emporté.
Mais j'ai mon terroir dans les tripes et dès la première strophe, je me suis senti dans mon jardin. Même s'il n'est pas dans la presqu'île mais un peu plus au Sud, il y a aussi des immortelles et des hortensias bleus.

Désolé Automnale. Si je compatis à votre déconvenue amoureuse, je me suis goinfré de ce poème qu'elle à suscité.

Superbement écrit, c'est à dire avec simplicité, sur le ton d'une conversation richement imagée (et un poil soutenue tout de même)

Merci Automnale et bravo

   Pimpette   
2/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Chère Automnale

Non seulement ton texte est vraiment beau mais je trouve, depuis des années que je te connais, que ta poésie est plus forte que jamais.

En gardant bien entendu charme et simplicité
Agla

   cervantes   
2/6/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Pour moi aussi poésie est synonyme d'émotion et vous savez si bien la susciter. Même si votre région ne m'évoque rien de personnel, vous avez su la rendre proche du coeur, des tapis de bruyères aux jardins d'hortensia. Votre sensibilité ne protège pas des coups de tabac (certes non) mais elle pemet de rencontrer des tas d'admirateurs dont je fais partie.
Merci pour cette ballade de la lande.

   leni   
2/6/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
J"ai été le passager de ces landes j'ai suivi les alignements et j'ai vu le film se dérouler C'est pure beauté C'est un tableau merveilleux et sobre à la fois

ai aimé Lagatjar, la chanson des menhirs
Que fredonnait le vent,
Passager de la lande,
Les tapis de bruyère aux reflets de saphir,
L'Iroise, dans la brume,
Dansant la sarabande.

QUEL est ce coup de tabac?

Mais je n'ai rien bâti et mes rêves s'enlisent.
Le sable du destin
S’écoule sous mes pas.
Mais je n'ai rien bâti, juste une balise
Pour affronter en vain
Le grand coup de tabac.


Merci pour ce texte superbe
Salut cordial Leni

   papipoete   
3/6/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonsoir Automnale; comme j'aurais aimé être celui dont vous souhaitiez " tenir la main sans fin ", et " tracer votre chemin à l'ambre des sillons ".
Cette découverte de Lagatjar, ce penty aux couleurs de rivière tantôt bleue, tantôt parme que vous rêviez pour y abriter votre amour.
Mais votre songe ne s'est pas réalisé, sur cette terre de Finistère, malgré le cadre idyllique et la chanson des menhirs! Continuez à aimer votre pays; il viendra le jour où, passager de la lande, un égaré vous demandera son chemin? Ce sera peut-être la voie de votre coeur?
Que la France est belle, et fait envie, quand elle a pour guide une poétesse, dont je n'ose citer un vers en particulier, tant l'ensemble est enchanteur!

   jfmoods   
3/6/2015
Derrière le mouvement de fermeture de la perspective (écho des première et dernière strophes, constat au passé composé et négation catégorique : « je n'ai rien bâti »), le jeu des modalisations, à l'imparfait (« Je voulais » x 2), au cœur du poème, matérialise ce cap fixé dont la trame s'est irrémédiablement perdue. Dans un réseau d'alexandrins et d'hexasyllabes, la présence de trois vers impairs (vers 7, 15, 28) suggère le boitement, le déséquilibre qui travaille le poème. Le paysage, grandiose jusque dans sa désolation (effet de gradation : « Le vieux manoir en ruines, ses tours en pâmoison »), épouse la projection fantasmatique d'une vie de couple harmonieuse (jeu des personnifications : « la chanson des menhirs / Que fredonnait le vent », « L'Iroise... / Dansant la sarabande »). Le champ lexical hospitalier du végétal (« tapis de bruyère », « parsemées d'immortelles », « les oeillets du poète », « un jardin d'hortensias / Protégeant notre amour », métaphore : « l'aubier du ponton »), une palette de couleurs vives, nommées ou suggérées (« saphir », « bleue », « parme », « Menthe »,
« opaline », « l'ambre », « astérie »), ainsi qu'une certaine prégnance des sens (odorat : « bouquets de goémon », ouïe : « mots de violoncelle », « refrains », toucher : « sans fin tenir ta main ») constituent autant de procédés avalisant les termes en apparence inaliénables d'une alliance amoureuse. Cependant, tout se joue ici à l'aune du double encalminage porté par l'avant-dernière strophe. Le désert, puis l'océan, figurent en effet l'engloutissement métaphorique de la locutrice, à l'image d'un temps amoureux devenu stérile, caduc, fondamentalement inapte à se renouveler, à se régénérer.

Merci pour ce partage !

   Janam   
3/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pourquoi j'ai aimé ce texte ?
Parce que j'en ai assez de la souffrance ou de l'hermétisme de bon ton qui feraient la beauté des poèmes !

Alors merci pour cette berceuse heureuse qui coule si bien.
Je me méfie toutefois des berceuses, car elles peuvent finir par endormir.

Mais là, c'est si doux, si bien tourné, aérien, que je suis consentant.

Merci Automnale.

   Anonyme   
3/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une vraie dentelle de mots, une ballade au texte riche, aux rimes opulentes et un peu sauvage : 'la chanson des menhirs' en somme, mais aussi la chanson des hommes de là-bas.

On sent le vent souffler, on voudrait appareiller pour Lagatjar.

Chapeau bas !

C.

   lala   
3/6/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est mélodieux, évocateur, et doux, si ce n'est la cinquième strophe, dont le coup de tabac retentit avec tumulte, comme pour nous sortir de la rêverie, qui finalement s'effondre.
Gros coup de coeur pour "l'ambre des sillons".

   Curwwod   
3/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quel magnifique poème aux accents de harpe celtique. C'est toute l'âme du pays de Camaret qui passe ici avec une simplicité toute de sincérité, toute la couleur en gris bleu des paysages et du ciel. La vieille région chantant depuis des temps immémoriaux vous doit là toute sa reconnaissance pour ce magnifique et musical hommage où transparaît avec pudeur et mélancolie votre grande sensibilité.

   Anonyme   
5/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Moi, j'ai beaucoup aimé et plus particulièrement ces passages : "L'Iroise, dans la brume,
Dansant la sarabande", "Un jardin d'hortensias aux chauds murets de pierre
Protégeant notre amour
Des griffes vipérines", "Mais je n'ai rien bâti et mes rêves s'enlisent.
Le sable du destin
S’écoule sous mes pas."... En bref, je pourrais mettre en avant tous les passages de ce poème car en fait j'aime tout.
Simplicité, clarté, les images sont colorées. Par vos mots, je suis devenu moi aussi un passager de la lande marchant dans le saphir des tapis de bruyère, avec au fond de l'esprit une petite ritournelle de Jean Michel Caradec.
Bravo à vous. A vous relire, avec plaisir.

   angelina   
5/6/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un merveilleux poème empreint de sensibilité et de charme .
La chanson des menhirs a fait battre mon coeur beaucoup plus vite , beaucoup plus fort .

   Cristale   
7/6/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Auriez-vous entendu le chant des muses qui habitent l'éther de la mer d'Iroise et déclament sur les ruines de Lagatjar les poèmes de Saint Pol Roux ?

Votre écriture m'a enchantée, vraiment ! Vous reproduisez fidèlement les images, les odeurs, les sons, les couleurs, le vent, la brume, les penty colorés, le ressac de l'océan, et ces pierres dont on entend battre le coeur, de cet endroit merveilleux de la Presqu'île.

Je ne suis pas douée comme vous pour écrire de la poésie libre ni même la commenter mais j'avoue que là, je suis bluffée et je me fais un plaisir de vous faire part de mon émerveillement à vous lire.

Un grand merci à vous Automnale, et un tonnerre d'applaudissements !

Cristale, une fille de Camaret.

   Pussicat   
10/6/2015
Un poème magnifique que j'ai lu d'une seule traite, à haute voix.
J'ai aimé "Lagatjar" et je l'ai relu, j'ai aimé ses couleurs, ses paysages, et ce vers anaphore et ses rêves de bonheur qui s'enlisent dans le sable du destin. C'est superbe, magnifique, un poème complainte qui se chante encore et encore aux sons du violoncelle...
à bientôt de vous lire,

   Anonyme   
11/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quel beau poème...

Je me suis laissé bercer par le rythme envoûtant des mots et des phrases...

J'ai aimé ; je voulais ; mais je n'ai rien bâti.

Au final, une vie qui se termine lentement avec un goût d'inachevé.

Nostalgique à souhait !

   melancolique   
27/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Automnale,

Plusieurs belles images dans ce poème au rythme musical. J'en retiens surtout:

"Les dunes de Pen Hat
Parsemées d'immortelles,
Le vieux manoir en ruines, ses tours en pâmoison,
Les œillets du poète
Aux mots de violoncelle."

et

"Un jardin d'hortensias aux chauds murets de pierre
Protégeant notre amour
Des griffes vipérines."

La fin me touche beaucoup:

"Mais je n'ai rien bâti et mes rêves s'enlisent.
Le sable du destin
S’écoule sous mes pas."

Un très beau texte que j'ai beaucoup aimé.
Merci.

Au plaisir de vous relire.


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