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Récit poétique
BlaseSaintLuc : Balade pour un fou (de passant)
 Publié le 04/07/20  -  10 commentaires  -  2712 caractères  -  109 lectures    Autres textes du même auteur

La vie, c'est un voyage, ceux que l'on fait laissent des souvenirs. On la passe comme un fou, quand on rêve en même temps !


Balade pour un fou (de passant)



1966, je suis né juste à temps pour le dernier concert des Beatles à San Francisco.
Voilà, c'est fini, nous sommes 3 milliards 1/2 sur la terre à perdre cela.
C'est beau San Francisco, sa brume sur la baie, ses phoques sur les quais…
J'y suis allé un jour, bien plus tard, la musique n'était plus la même.

C'est que j'aime les voyages, les rues de San Francisco ou celles de Harlem !
Tiens justement Harlem, c'est près de central Park, il y a à l'entrée une céramique où il est écrit : "IMAGINE."

Moi, je continue le voyage, ça chante dans ma tête, le vent qui me traverse sans doute et me porte et me porte, fumée de cigare, mambo, salsa.
Je suis à Cuba avant tout le monde, je traverse l'île, la Sierra, brûlante de jour, me glace le sang la nuit venue.
Qu'importe, je fraternise avec le peuple. Pas sur le bitume touristique, non !
Je suis sur les routes chaotiques du cœur de l'île, je suis un parfum, un alcool de canne, je m'enivre…
Sur une place de La Havane il y a des gens qui vendent des livres.
Je rentre, partir, c'est revenir aussi.

Combien sommes-nous aujourd'hui ? 7 milliards, effet McDo ? On a doublé de volume.
Le monde ne se voit plus pisser sur ces pompes funèbres.

Je fume une feuille d'érable sur un rempart de Québec, je vais prendre le canoë de minuit pour glisser sur un lac histoire d'aller voir la dame.
Allons chercher le Graal, compagnon de cette table ronde, elle est bleu pétrole, comme une orange amère.

Voilà, le capitaine Haddock me tousse dans le dos, le masque de travers la barbe prête pour la bataille.
Un juron me passe tout près du crâne.

Tu vois, je suis planté, planté, au cœur de ce calvaire au fond de cet estuaire, où viennent les pétroliers.
Je fais de l'œil à une vieille chanson, quand, au fond de la rade, je ne peux plus ramer.
Nous coulerons ensemble, mon amour, mon aimée.
Mais pas tout de suite, pas maintenant.
Il y a des îles que je n'ai pas vues, des gouffres moins amers, des vallées pas perdues.
Je veux gagner mon pain de voyageur.
Les images du monde me rempliront les yeux, de couleurs et d'émeraudes aux pigments de la pluie. Des chansons aux refrains, des caillasses dans les poches et des trous dans le cœur, faits par des plus beaux sous des cieux de poussières,

Atmosphère, Atmosphère, ça t'a une de ces gueules !
Le samedi soir sur la terre, ça fornique au fond des bagnoles.
Le même cirque partout : c'est barnum au balcon, on étouffe les cris, on tond ras le gazon,
De gros nuages noirs veulent barrer l'horizon, cacher l'arc-en-ciel et noyer le poisson.


 
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   Eclaircie   
21/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

J'ai aimé cette lecture.
Le titre déjà : "Ballade" qui mêle les époques et "fou (de passant)" , à voyage j'associe par ces mots, l'oiseau.

Le récit, d'une vie, ancré dans le monde et la musique, mais aussi la littérature (de moindre manière).
L'écriture est agréable, on croise des allitérations, de bonnes images.

Il me semble que le dernier paragraphe (en vers et en rimes) est un peu trop décalé, par le sens, éloigné du voyage incessant de ce narrateur, celui réel où il mêle le réel avec ses connaissances et celui ou ceux qu'ils rêvent de faire.

la présentation propre à Oniris (page très large et nombre de caractères par ligne bien plus important qu'au format livre) ne laisse pas voir la mise en forme initiale de ce texte.
En transférant dans un fichier bureautique, je vois une alternance de vers et de paragraphes, plus adaptée au texte même.

Certaines phrases me paraissent moins indispensables :
" Pas sur le bitume touristique, non !", par exemple.

Un voyage non organisé mais riche.

Merci du partage,
Éclaircie

   Harvester   
22/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Un bien joli bazar foutraque.
Le ton est donné dès le titre avec le jeu de mots sur ces oiseaux qui percutent l'eau avec des à-pic vertigineux.
Ici, on percute les idées de la même manière avec des approximations choisies et des références chansonnesques mises là pour "le fun".
Les Beatles voisinent Julien Clerc et les pétroliers de Jean-Claude Vannier.
Baudelaire est convoqué d'urgence lui aussi pour animer ce voyage de fou et ça reste drôle, si peu convenu tant on sent que l'auteur/trice a voulu se jouer des convenances. J'aime que l'on ose et ici on a osé, c'est parfait !

Premier commentaire en E.L : Harvester

   Donaldo75   
23/6/2020
 a aimé ce texte 
Bien
La première fois que j'ai vu ce poème, j'ai trouvé le titre marrant. Et ma lecture a confirmé cette impression, lui ajoutant la justesse de la promesse implicite: ce texte est réellement fou et passant. Il part un peu dans tous les sens, mélange des images, des références diverses où vogue le lecteur s'il rentre dans ce délire. Pour ma part, je suis entré dans cette ballade et j'en apprécie encore plus a posteriori la richesse.

Le récit poétique permet de se lâcher et de le faire sur du long. Vous en avez tenté l'aventure et le résultat tient ses promesses.

Bravo !

   Corto   
4/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour BlaseSaintLuc,

On sent dans ces lignes l'impulsion du dévoreur de la vie. Celui qui veut tout sentir, tout découvrir, pour qui la terre est un peu petite.
Chaque étape en appelle une autre car il faut s'imprégner mais aussi filer vite un peu plus loin, là où d'autres impressions, d'autres visions enrichiront de sentiments, de connaissances, de souvenirs, ceux qui font le bagage et l'énergie du découvreur.

Le texte est truffé d'expressions imagées bien choisies,
parfois riches d'émotion "C'est beau San Francisco, sa brume sur la baie, ses phoques sur les quais…"
parfois provocatrices "7 milliards, effet McDo ? On a doublé de volume. Le monde ne se voit plus pisser sur ces pompes funèbres."

En fait le découvreur nous emmène dans un tourbillon voyageur en même temps qu'il nous raconte tout ce qu'il y a à voir. Un peu comme on raconte à des copains ses émerveillements, ses audaces, ses envies d'y retourner encore.

Le narrateur n'est pas niais, il sait aussi voir ce qui l'inquiète "on étouffe les cris, on tond ras le gazon, De gros nuages noirs veulent barrer l'horizon, cacher l'arc-en-ciel et noyer le poisson."

La multitude d'images et d'envolées donne à ce récit poétique une allure de tourbillon, de vitesse et d'immédiateté un peu enivrante.

Grand bravo et bonne route.

   papipoete   
4/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour BlaseSaintLuc
Dès le titre, on sait que ça va swinguer ! chalouper sur des musiques entremêlées ; faire de la montagne russe sur des clins d'oeil au cinéma ou autres chansons que le monde entier fredonna !
Et tel funambule des mots, l'auteur nous entraine sur ce fil, que tend sa voix jusqu'à sa plume...
NB on passe du temps des sixties à celui du Covid ( la phrase sur le capitaine Haddock ), la tête dans les nues après avoir fumé une feuille d'érable...
Tout est fort imagé ( malgré l'atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? ) et l'on sourit, l'on s'émeut, l'on voyage...
j'aime bien le moment de " faire pipi... " et à la fin " le samedi-soir sur la terre..."
Une aventure dont l'on sort bousculé, tant ça défile dans la tête, tant ça tangue au bastingage, tant l'auteur virevolte !

   Lariviere   
4/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai beaucoup aimé cet texte ; la fantaisie de l'écriture de l'auteur mélange avec plaisir les ingrédients et en supplément pour moi... avec subtilité, il joue avec brio sur le registre de ce "fou de passant" (titre et thème déjà trouvés avec ingéniosité) ; et on découvre en fait, une trame philosophique en filigrane sous ses premiers airs superficiels ; cruellement ici on oppose nos petits plaisirs terrestres avec nos désirs océans...

"Atmosphère, Atmosphère, ça t'a une de ces gueules !
Le samedi soir sur la terre, ça fornique au fond des bagnoles.
Le même cirque partout : c'est barnum au balcon, on étouffe les cris, on tond ras le gazon,
De gros nuages noirs veulent barrer l'horizon, cacher l'arc-en-ciel et noyer le poisson."


J'aime bien quand même ce contraste des plaisirs harmoniques mais mécaniques du poisson, car il est vraiment bien mis en parallèle avec nos propres désirs harmoniques, c'est à peu près le même, même si nous ne sommes pas des poissons, enfin plus maintenant...

   Cat   
4/7/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
A l'heure où la poésie ''simple'' me laisse un peu froide de marbre, j'applaudis des deux mains cette superbe initiative d'Oniris, d'avoir créé ''le récit poétique''.

Une fois encore, ici, c'est un récit qui m'embarque vers le merveilleux et m'enroule dans une prose divinement imagée, où je trouve ma place aux premières loges du spectacle qui m'est offert.

J'aime tout. Que dis-je, j'adore tout, l'ambiance, la ballade qui me prend par la main pour un voyage hors norme dans l'imaginaire drôlement bien inspiré d'un auteur plein de grâce.

Cet extrait résume haut-la-main mes impressions :
« Les images du monde me rempliront les yeux, de couleurs et d'émeraudes aux pigments de la pluie »

Le réalisme du « Barnum au balcon » me fait rire un peu jaune... Qu'en est-il aujourd'hui ?

Sinon, c'est un grand merci BSL, pour cette envolée pleine de cœur, de fantaisie et de poésie dans un cocktail comme je l'aime.


Cat

   chVlu   
4/7/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Aprés ma lecture je pouvais passer sans laisser mon commentaire! Ce meli mélo du monde d'avant mis en musique m'a amusé j'en apprécié le ton léger qui "en même temps" ;) envoit des piques.
Mon esprit torturé et joueur a classé en pépites :
D'abord le titre, "le fou de passant ", que je lis de passage installe de suite le ton.
"Le monde ne se voit plus pisser sur ces pompes funèbres."
"Voilà, le capitaine Haddock me tousse dans le dos, le masque de travers la barbe prête pour la bataille."
"elle est bleu pétrole, comme une orange amère."
"Le samedi soir sur la terre, ça fornique au fond des bagnoles."
Entre regard mordant et

   Angieblue   
4/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Hello,

Moi aussi je suis fan de rock des années 60 et 70.

Un récit où se mêle nostalgie, désenchantement, et soif d'aventures. Un empressement, une envie d'aller plus vite que le temps dans cette quête de voyage, de saisir les instants magiques.
J'ai vraiment aimé ce rythme spontané, cette douce folie dans le désir de conquérir, d'être un aventurier. Cette phrase l'illustre bien:
je vais prendre le canoë de minuit pour glisser sur un lac histoire d'aller voir la dame.
Allons chercher le Graal, compagnon de cette table ronde, elle est bleu pétrole, comme une orange amère."
La fin de la phrase est très poétique, joli clin d’œil à Eluard.

J'ai aussi aimé:
"je suis un parfum, un alcool de canne"
"Les images du monde me rempliront les yeux, de couleurs et d'émeraudes aux pigments de la pluie"
(Par contre, pourquoi cette virgule après "yeux"?)

J'ai aussi beaucoup aimé la chute avec son retour à la dure réalité:
"De gros nuages noirs veulent barrer l'horizon, cacher l'arc-en-ciel et noyer le poisson"
Oui, il y a des obstacles qui nous empêchent de réaliser nos rêves, d'être pleinement libre...

Seul bémol:
"Des chansons aux refrains"
Il me manque un adjectif...
"des trous dans le cœur, faits par des plus beaux sous des cieux de poussières,"
Des plus beaux quoi?

Merci pour la balade, le voyage...Bel hymne aussi au pouvoir de l'imagination, "IMAGINE"...

   Dolybela   
6/7/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Tres beau texte. Le monde contemporain surgit, l'espace prend forme. Un poète dans la mondialisation ? Le texte danse, les chiffres écrits en chiffres accentuent l'effet exposé de la situation mondial au travers duquel se glisse le lyrisme, le "je" poétique qui semble danser, avec humour, élégance, épanchement amoureux. Un beau mélange des tons qui forme un récit du moi complexe et appréciable dans ses rebondissements.


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