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Poésie classique
Boutet : La culture de la peur
 Publié le 08/02/26  -  7 commentaires  -  821 caractères  -  36 lectures    Autres textes du même auteur

« Le contrôle des esprits humains est le but ultime de la tyrannie. » – George Orwell


La culture de la peur



Sur un ton rassurant teinté de certitudes
Il règne sans combattre et se dit le sauveur
D'un troupeau somnolent, pacifique et rêveur
Concédant à changer ses propres habitudes.

Au nom de la vertu dont il est le gardien,
En criant au danger les rassemble ou divise,
L'angoisse est son outil, le charme sa devise :
« L'abîme est à nos pieds ! Luttons pour votre bien ! »

Croyant bannir le mal il forge la tempête
Et les calamités dont il a fait nos lits,
Mensonge et défiance exportent les conflits :
Au lieu de divertir il nous gâche la fête.

Bêlez, gentils moutons ainsi déconcertés,
Les paroles du loup sur les âmes fragiles
Sèment l'effroi, le doute et touchent les dociles :
La crainte est le vecteur des fausses vérités.


 
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   Lebarde   
27/1/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Un sujet d'actualité qu'il n'est guère difficile d'identifier et impossible d'ignorer, de la situation géopolitique mondiale actuelle assujettie à des esprits dérangés, orgueilleux et dominateurs qui imposent par la puissance dissuasive, la peur entretenue, les mensonges trompeurs, leurs ambitions impérialistes et leurs lois aux règles universelles bafouées, à un "troupeau somnolent, pacifique et rêveur/Concédant à changer ses propres habitudes." (Chacun de nous se reconnaitra!)

"Bêlez gentils moutons", mais n'acceptez plus que "Les paroles du loup sur les âmes fragiles/ Sèment l'effroi, le doute et touchent les dociles ."

Ce poème courageux de mises en garde et d'alertes sur un sujet majeur qui ne supporte ni faiblesse ni concession, ne manque pourtant pas de poésie: une manière courtoise, mesurée mais efficace de dire les choses et de sensibiliser les esprits.

Bravo, votre poème est super tant sur le fond que sur la forme classique irréprochable.

Merci de l'avoir écrit, j'applaudis sans réserve.

En EL

   ANIMAL   
30/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Voici un poème particulièrement réaliste, dommage qu'il ne soit pas qu'une fiction. Il pourrait s'appliquer de nos jours un peu partout mais est de toutes les époques. Car, encore et toujours, certains veulent dominer les autres en jouant sur les peurs, la complaisance, le besoin de laisser penser à sa place qui pousse à tout déléguer.

"Bêlez gentils moutons "

Sur la forme, rien à dire de particulier. Le texte est bien rythmé, se lit aisément. La chute est telle qu'attendue. Je ne saurai juger la catégorie classique, je laisse pour cela la parole aux spécialistes.

   Donaldo75   
31/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Eh bien, le commentateur à grosses lunettes d’écailles arrive à son train de sénateur, je lui fais un croche-pieds et lui pique sa place dans la file de l’Espace Lecture. Et voilà ! Du coup, je commente ce poème que je trouve solidement construit, classique dans sa forme, maîtrisé dans son rythme, et clair dans son intention. Et oui, ça c’est de la synthèse les amis, pas besoin de disserter des plombes dans le monde de Donaldo ! J’ai ainsi lu un ensemble qui à mon goût tient de la fable politique moderne, où le loup et les moutons servent de métaphore pour un pouvoir manipulateur. C’est efficace et cohérent, à la portée de tous les lectorats, même si parfois le poème s’avère un peu trop explicite, alors que de la bonne vieille métaphore de derrière les fagots permettrait de gagner en subtilité ou en tension poétique.

   Ornicar   
31/1/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
J'apprécie l'intention, plus que jamais nécessaire de nos jours. Pourtant, je peine à être emballé, le résultat me semble assez fade au regard de la référence à Orwell.
Sur le fond, il me semble lire pas mal d'évidences et de lieux communs. Sur la forme, l'utilisation de nombreux concepts ("certitudes, vertu, danger, le bien, le mal, défiance, les vérités") rend ce poème assez abstrait. Il y a peu d'images hormis celles, convenues, du troupeau, des moutons et du loup. Encore ne sont-elles que mentionnées sans être véritablement exploitées. Le titre, à la tonalité didactique ("La culture de la peur") n'a rien de poétique.
L'expression me semble ici phagocytée non pas par les nécessités de la rime mais par la gravité de son sujet. Dommage. J'aurais tant voulu montrer plus d'enthousisme.

   papipoete   
8/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
bonjour Boutet
Le Roi va parler :
- tremblez gens de peu de foi, moutons de toute laine, ouailles d'une mauvaise chapelle...
- ça va barder, et le ciel m'en est témoin, vous risquez de ne plus être demain... à moins qu'en moi ayant toute confiance, vous vous soumettiez et filez droit !
De qui parle-t-on ? d'un blond au charisme exacerbé ; d'un mollah fatigué ; d'un coréen ventru ?
je vous laisse réfléchir !
" oh les vilains immigrés qui mangent nos chiens ! "
NB à part le Pape qui ne craint rien en sa basilique, ou le gardien d'un coffre d'or en pays neutre, nous tremblons tous un peu en songeant, que notre belle France plus vite que l'éclair, peut sous ces menaces, s'écrouler...
dans la 3e strophe qui est ma préférée, j'aurais davantage vu " jurant " à la place de " croyant "
des alexandrins sans faute, comme nous a habitués l'auteur!

   Passant75   
8/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
À qui s’adresse ce message sinon à ceux qui ne voient, sur le mur du fond, que les ombres de ceux qui passent devant l’entrée. Peur du soleil, peur de la lumière, peur de la vérité, peur qui fait accepter les chaînes !
Une actualité de tout temps, bien dessinée en ce lieu, par ailleurs bien versifiée, ce qui ne gâte rien.

La tyrannie fait encore plus peur quand le tyran est persuadé de son bon droit. Cette peur n’a pas d’âge, L’Inquisition hier, autant que les mollahs d’aujourd’hui, n’a jamais douté qu’elle était dans le camp du Bien. Et déjà bien avant, le « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens » du légat du Pape à Montségur résumait bien ce propos !

Au final, un texte dont j’ai apprécié le fond comme la forme. Mais plus encore le fond que la forme !

   Provencao   
8/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Boutet,

"Croyant bannir le mal il forge la tempête
Et les calamités dont il a fait nos lits,
Mensonge et défiance exportent les conflits :
Au lieu de divertir il nous gâche la fête."

Ce quatrain, à mon sens reflète tout à fait ces manoeuvres et subterfuges présumés nous calmer et apaiser de cette peur mais qui nous abandonneront aussi dépouillés devant la mort qu’on l’a été en naissant.

Esr-ce cette valeur de lucidité, qui fait entrevoir la révolte, la fureur et l'agressivité partout, à la base, au terme et dans les manoeuvres élaborées pour la badigeonner ou s’en appuyer?

Au plaisir de vous lire,
Cordialement


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