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Poésie contemporaine
Brutu_de_Aea : Les virtualités
 Publié le 12/08/15  -  6 commentaires  -  1249 caractères  -  118 lectures    Autres textes du même auteur

Bonjour ; ce texte se veut une rêverie sur l'irréversibilité des choses, et les discours de la virtualité qui peuvent se développer au sujet de notre existence passée.


Les virtualités



J'ai gaiement sans le voir passé le pont de pierre
Les corolles d'hier ont fermé leurs hélices,
À l'eau qui fuit, l'écluse, son couperet qui glisse
Au cou de mes années. Pétale de rivière,
Un mort une rosace au sein porte sa tombe,
Mamelon couronné d'odeurs de catacombes ;
Comme je grimpai sûr, la colline suivante,
Un désir m'échappa moi qui suis désœuvré :
Il tomba au limon des projets stupéfiés
– Sculptures que nos choix font, tout au bord de ces pentes
Des attentes fanées. Dans la ville calice,
Le désir fit cette fleur qui eut la dignité
De l'ombre, la passante, ou l'abandonné lys,
Dont l'ombre stupéfiante, à l'écart des sentiers
Méconnaît sa beauté. Là depuis des années,
J'arrose le sépale où se niche féconde
La "possibilité", sorte de vagabonde
De femme libre ou d'onde d'un passé virtuel
Où qui boit le calice a le regret cruel.
J'ai roncé sur ma lèvre un bon millier de fois
Le goût de ce nectar ; et pourtant le passeur
Du petit pont de pierre s'étonne de voir choir
Toujours avec mes pleurs au fermoir cette fleur
De ma plus grande peine : le temps a fait sa loi,
Et ce qui est passé n'est plus objet de choix.


 
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   Bleuterre   
23/7/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Les images sont belles mais assez hermétiques pour moi, j'ai l'impression que ces images sont à la fois recherchées pour donner du sens mais aussi pour coller à la rime et à surtout à une tentative une métrique qui ne sied pas au vers libre.
Du coup, il y a quelque chose que je trouve artificiel dans ce texte. J'aime la poésie libre quand elle casse les carcans pour laisser s'exprimer les images, parler à l'imaginaire, et là, je ne m'y retrouve pas totalement.
Cependant le vocabulaire choisi avec soin, une quête de sens dans les vers et une progression dans la problématique ont contribué à ce que cette lecture me fasse réfléchir au sens comme le suggère l'incipit.

   Anonyme   
12/8/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

une belle écriture sur un sujet grave et une réussite par rapport à l'objectif que nous précise l'incipit.
Je relève ce qui me plaît le plus :

'Les corolles d'hier ont fermé leurs hélices,'

'À l'eau qui fuit, l'écluse, son couperet qui glisse
Au cou de mes années. Pétale de rivière'

'Comme je grimpai sûr, la colline suivante,
Un désir m'échappa moi qui suis désœuvré :
Il tomba au limon des projets stupéfiés
– Sculptures que nos choix font, tout au bord de ces pentes
Des attentes fanées. Dans la ville calice,
Le désir fit cette fleur qui eut la dignité
De l'ombre, la passante, ou l'abandonné lys,
Dont l'ombre stupéfiante, à l'écart des sentiers
Méconnaît sa beauté. Là depuis des années,
J'arrose le sépale où se niche féconde
La "possibilité", sorte de vagabonde'

Je ne comprends pas 'J'ai roncé ' .(?)

Je me demande ce qui se passerait si vous écriviez plus 'librement' en gardant la rigueur de votre pensée qui me semble très logique, et la précision de vos simples (par le choix des mots) mais très belles images.

À vous relire.

C.

   Robot   
12/8/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voilà du libre qui sait parfois à bon escient abandonner la rime et le rythme pour parvenir à un texte ou la poésie affleure, sans s'imposer mais bien présente.
Images et métaphores nous prennent sans que l'on s'en aperçoivent.
C'est écrit avec beaucoup de talent.

   Lulu   
12/8/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Ce texte est beaucoup trop hermétique pour moi, même si je parviens à dégager quelque chose qui me rapproche relativement à mon propre vécu. J'imagine une promenade où le narrateur laisserait aller ses propres pensées. Une promenade philosophique, plus que poétique.

Je ne comprends pas du tout ce que vous avez voulu dire ici :
"Il tomba au limon des projets stupéfiés"

"Le temps a fait sa loi" sonne comme un verdict, comme si tout était irréversible, mais n'a-t-on pas aussi une prise sur le temps, la possibilité de maintenir des liens qui s'inscrivent dans la durée, renouer contact avec des gens perdus de vue ? Peut-être que je m'éloigne du sujet, l'ensemble étant il est vrai plutôt flou à mes yeux.

   David   
12/8/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Brutu_de_aea

Je trouve l'expression un peu complexe, mais le sujet est touchant. C'est assez clair il me semble avec le premier et le dernier vers, j'ai un peu de mal à suivre la métaphore du "calice", "hélice", "pétale", sépale", je pioche un peu au hasard mais ces mots se faisaient écho à ma lecture, en rimant sans être à la rime. Il y a une question de forme, deux points pour tous ces vers, c'est un peu léger peut-être, je ne comprend pas le tiret qui survient, et qui décale en plus sur un vers qui ne me semble pas spécialement important, plus important qu'un autre, je veux dire, et pour tout dire ça m'a fait bizarre que l'incise soit ouverte sans être refermée à ce moment-là, ça m'a troublé la comprenette : "– Sculptures que nos choix font, tout au bord de ces pentes/Des attentes fanées." Après il y a des enjambements qui m'ont semblé plus heureux, comme des jeux de suspension. D'ailleurs en fait, je vient de trouver trois autres points à l'intérieur des vers, ça fait cinq phrases pour 25 vers, c'est peut-être ma vue un peu basse qui m'a rendu la lecture plus difficile. Il y a quand même des obstacle à une lecture fluide, dès le début, une virgule s'imposerait pour clore le premier vers, comme pour l'énumération de "Un mort une rosace", ça pourrait être un choix visuel ou rythmique mais je n'ai pas réussi à bien l'attraper justement, par ailleurs des passages sont plus marqués, les incises, complètes ou pas, les passages introduit par deux points, tous ça n'est pas très fluide au demeurant même si ça peut participer d'une harmonie plus large... je reste assez incomplet, j'aime bien quand même ce petit chaos pour ce thème, il doit se rapprocher de la nostalgie mais dans une teinte particulière.

   Anonyme   
3/8/2016
 a aimé ce texte 
Pas ↑
J'ai pris du temps, j'ai lu et relu, mais ce texte n'arrive pas à m'emporter, d'abord parce que je le trouve trop hermétique et puis il n'est pas vraiment plaisant à lire, trop de "qui, que, ou, où, au", un horrible "où qui".

Je ne vois là, dans ce poème, des mots les uns à suite des autres, n'ayant pas de fil conducteur à proprement dit. Je le trouve brouillon, confus, il manque par endroit de la ponctuation. Il est difficile d'avoir un ressenti. C'est un écrit froid, sans ambiance. Il est ennuyeux.

La forme est comme le fond, sans "caractère", l'ensemble n'arrive à retenir l'attention.


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