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Poésie contemporaine
Calebh : Nature morte
 Publié le 24/09/11  -  6 commentaires  -  2144 caractères  -  148 lectures    Autres textes du même auteur

Ce poème est un voyage à travers les différents sentiments liés généralement à la vie amoureuse (ce propos n'engage que moi).
Ces sentiments sont humanisés et abordés comme des profils de personnalités féminines.
La dernière strophe, au rythme saccadé, vient agréger les thématiques abordées.


Nature morte



J’ai rencontré ce soir des femmes d’importance
Sur cette voie teintée de calme et d’élégance,
Dans cette forêt noire où se procréent les rêves ;
Ces bulles d’utopie que les blancs matins crèvent.

La première, sublime, affolante et affable,
Me susurra des mots tout droit nés d’une fable
Et laissa dans ses yeux rutiler l’avenir,
Comme un précieux joyau, brûlant tel un soupir.

L’émissaire en jupons, envoûtante, assassine,
Est un fruit défendu : prônez donc la méfiance,
Prenez garde au plaisir des caresses félines...
Et retenez ce nom délicieux : Inconscience !

La seconde, discrète, est plus pâle il me semble.
Elle erre dans ces bois avec pour seul dessein
De perdre les passants qui s’égarent et qui tremblent :
L’horizon disparu, seule reste sa main...

Mais où donc allons-nous ? Sur ces chemins de terre
Entremêlés de doutes (ces cercueils de la chance),
Isolés et reclus ? Où suis-je ? Et quand ? Hier ?!
Que m’importe ta voix tu te nommes Ignorance !

La suivante n’est point une amie de passage.
Quiconque l’a connue pour des années l’engage
Et son devoir fini elle prend ses secrets,
Puis s’en va mais sème toujours quelques regrets.

Elle a pour seul souci de se faire oublier
Mais reste là, tapie, dans les rides, les veines.
Sangsue ? Ainsi je crois on devrait la nommer
Mais elle est mieux connue sous l’autre nom de Peine.

La dernière surgit quand cesse enfin l’orage
Et vient peindre mon âme aux tons de l’arc-en-ciel :
Elle sait bien qu’hier j’ai goûté aux nuages
Et que demain ne peut plus être torrentiel.

Mère de la patience, elle est fille du Temps.
C’est elle qui enterre et masque les souffrances
Nécessaires à ces mots, telle une encre de sang.
Elle aimerait, dit-on, la raison : l’Espérance.

Inconscient je me veux, Ignorant je le sais,
La Peine est un fardeau inévitable et vrai ;
L’Espérance se tait mais la raison doit dire
Qu’un passé douloureux ne peut être à venir.


 
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   Charivari   
21/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Ce texte est très travaillé et très bien écrit, mais il ne m'a pas convaincu, ni dans la forme, ni sur le fond.

Au niveau de la forme, j'ai trouvé ça beaucoup trop ampoulé, alambiqué... Certaines expressions, comme "L’émissaire en jupons" me paraissent très artificielles. Certaines tournures sont forcées, histoire d'obtenir une rime, et certains vers sont très disgracieux, comme
"Puis s’en va mais sème toujours quelques regrets". (l'hémistiche sur "sèmeuh" n'est pas très heureux)

Mais surtout le problème, c'est que la forme est tellement byzantine qu'on a du mal à suivre l'idée principale du texte... Je suis un peu gêné par le message véhiculé par le texte : si j'ai bien compris, on a quatre personnalités féminines... Toutes sont "dévoreuses d'homme". La première est une allumeuse, la seconde, une espèce de Circé, la troisième une femme fidèle mais avec laquelle on s'emm..., et la quatrième, enfin, la femme que l'on aime passionnément. Je ne suis pas très sûr d'avoir compris, la cinquième et la dernière strophe, censées expliquer un peu la réflexion du narrateur m'ont parues très confuses ; mais ces "catégories" d'amantes, m'ont donné l'impression de quelque chose de très ambigü, à limite de la mysoginie...
Des images telles que :
" envoûtante, assassine,
Est un fruit défendu : prônez donc la méfiance"
ou

" Quiconque l’a connue pour des années l’engage"

m'ont plutôt gêné... j'ai l'immpression que l'auteur renoue avec la tradition historique de la femme-ensorceleuse, et que le message est "méfiez vous des femmes"... Ça me dérange. Mais ceci dit, peut-être que je me trompe, et que je n'ai pas du tout compris l'intention de l'auteur...

   Anonyme   
12/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
En ce qui me concerne, la lecture du préambule a légèrement compliqué les choses. Le choix de l'ignorance comme sentiment de la vie amoureuse est en effet discutable. Autrement, le poème ne manque pas d'ambitions. Ce genre d'allégorie est techniquement très difficile à réussir si l'on n'a pas l'exacte vision de ce que l'on veut dire et si les métaphores sont trop justes ou trop recherchées.
Dans ce cas on en trouve d'excellentes (Mère de la patience) qui côtoient d'autres un peu plus ardues (cercueils de la chance - sûrement très recherché mais sur lequel je n'adhère pas). On trouve aussi d'excellents vers, (Et vient peindre mon âme aux tons de l'arc-en-ciel) qui côtoient des rimes douteuses car faciles (affable/fable). Le travail ne manque pas et on sent bien l'effort qu'a demandé la composition, mais le résultat final laisse un sentiment mitigé. Le quatrain final m'a laissé une impression d'humilité exprimée par le narrateur alors que, concernant l'amour, je me serai attendu à plus de hauteur d'âme ou à des sentiments plus marqués. Peut mieux faire, sans nul doute.

   Lunar-K   
20/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Le danger d'un tel texte est de se montrer terriblement réducteur, du genre : "les femmes, il n'y en a que de quatre sortes, les voilà...". Sans compter qu'il faut aussi prendre en compte le risque bien réel de verser dans le simplisme (ce qui n'est pas la même chose que le réductionnisme) et, bien sûr, dans la misogynie...

Au vu de tels dangers, je crois qu'on peut dire que vous ne vous en sortez pas si mal que cela.

Réducteur, ça oui, je pense que vous n'y échappez pas. Ce qui, évidemment, me met plutôt mal à l'aise, d'autant plus que vous semblez présenter cette succession de femmes comme nécessaires. Un peu comme s'il fallait forcément avoir connu ces trois premières femmes (femmes "faciles", femmes inaccessibles et femmes "trop" sérieuses) avant de tomber, finalement, sur la femme idéale... Je ne crois pas (et l'espère encore moins !) que vous ayez vraiment voulu présenter les choses ainsi. Je comprends d'ailleurs assez bien que ce soit assez tentant : on veut d'abord "s'amuser" avant de penser à "se poser". Somme toute, un parcours assez commun mais, néanmoins, ça me gène. Peut-être aussi est-ce là votre parcours personnel et donc le reproche tomberais mais même... Ce n'est alors pas du tout une bonne idée de présenter les choses sous un angle aussi "théorique", se voulant universel au point de désigner chacune de ces figures par leur "caractéristique" principale (sorte d'appellation allégorique).

Au niveau du simplisme, par contre, vous vous en sortez un peu mieux, selon moi. Bien sûr, les différentes figures de femme que vous nous présentez ne sont pas très complexes n'étant présentées qu'à partir d'une seule et unique caractéristiques. Cependant, je trouve que vous êtes parvenu malgré cela à nous fournir quatre portraits plutôt fouillés, détaillés et même assez subtils. Ce qui n'était évidemment pas gagné d'avance avec le point d'attaque qui est le vôtre ici.

Concernant la misogynie (attention, je ne dis pas que vous êtes misogynie, juste que votre texte pourrait laisser cette impression, même sans que vous n'en ayez eu l'intention), c'est assez difficile à dire... D'un côté, vous livrez différents portraits plutôt flatteurs (y compris pour la femme fatale de la première figure). De l'autre, et bien... je crois qu'à partir du moment où on réduit les femmes à un nombre de catégories fini, on s'expose nécessairement à être taxé de misogynie (quand bien même votre intention n'était pas de dresser un tableau exhaustif de la féminité, c'est l'impression que ce texte me laisse)... Donc, je dirais qu'ici encore vous ne vous en sortez pas trop mal mais vous n'êtes pas non plus irréprochables sur ce point.

En ce qui concerne la forme, maintenant. Votre texte est plutôt bien écrit et surtout très travaillé. Je pense qu'il y avait fort à faire pour ainsi maintenir une certaine cohérence globale tout au long de ce texte fondamentalement "morcelé". Je trouve que c'est un des points forts de ce texte, vraiment.

Quelques très beaux vers ci et là, dans un ton suranné et romantique assez agréables, tout particulièrement dans la description de la femme inaccessible. J'avoue avoir un faible pour cette partie, à mon sens la mieux écrite (à part cette parenthèse un peu plus maladroite) et la plus subtile.

Le seul vers à m'avoir vraiment accroché : "Elle aimerait, dit-on, la raison : l’Espérance". Alors que les trois autres noms sont tous plutôt bien amenés, avec beaucoup de fluidité et de naturel, ici, c'est bien plus brusque, plus inattendu. D'autant que les deux points viennent hacher ce vers, sans parler de la succession sonore des articles qui me heurtent. Pour moi, il faudrait vraiment retravailler la chute de cette dernière description.

Au final, un texte vraiment bon formellement, si ce n'est cette légère anicroche. Malheureusement, le traitement de fond prête à confusion et me paraît hautement critiquable (et, ce faisant, préjudiciable).

   brabant   
25/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Calebh,


Beau texte.

Qui correspond à ce que je peux attendre d'une poésie. Entre autres. C'est-à-dire dans ce registre-là. Un certain hiératisme.

D'un quatrain abstrait vous passez à un quatrain concret, avec des mélanges, des imbrications, des variations voulues, calculées, maîtrisées, au moule de la pensée.

Telle est allégorique pour s'incarner ensuite : Inconscience, Ignorance, Peine, Espérance. Ou est carnée pour 's'allégoriser', et les deux à la fois. Mais c'est logique. Cela sourd. Il y a comme de l'immanence tirée de l'expérience. On parle ici d'Essence.

Toutes sont reprises dans le quatrain final.

Tout est pour moi très beau, égal, pesé, réfléchi.

Je me sens bien dans ce texte dont les jalons sont solides.

On ne parle pas pour ne rien dire. Tout est fruit de l'expérience, de l'observation.

On a une leçon de vie et une leçon de philosophie.

Confortant !


J'aime sans exception toutes les images dont aucune ne veut exister au détriment de l'autre, aussi n'en ressors-je aucune. Car elles sont toutes heureuses et égales dans leur formulation aboutie.

   Calebh   
29/9/2011
Commentaire modéré

   Anonyme   
29/9/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
A cette lecture, j’ai eu le sentiment que le poète avait ouvert le boîte de Pandore dont tous les maux étaient sortis pour envahir le monde, et qu’il avait trouvé, resté au fond de la boîte, le dernier des maux de l’humanité : l’Espérance.
C’est dire combien toute cette approche poétique m’a paru pessimiste. Misogyne ? Oui, bien sûr, on peut le voir ainsi. Mais y a-t-il des amours heureuses ? Je comprends fort bien le poète sur ce point.
Au sujet de la forme, par contre, je suis mitigé. Nous sommes en poésie contemporaine. On s’y autorise beaucoup de libertés par rapport à la forme strictement classique, d’accord. Mais pas trop, tout de même, je crois.
D’abord, il me semble qu’un effort aurait pu être fait pour proposer des rimes plus étoffées. Nous avons là beaucoup de rimes à peine suffisantes et même pauvres (avenir-soupir, dessein-main, terre-hier, oublier-nommer). De même, la licence sur les diérèses est irrégulière et j’ai trouvé des vers de treize syllabes :
- «…De perdre les passants qui s’égarent et qui tremblent ».
- « …Entremêlés de doutes (ces cercueils de la chance) »
- « …Que m’importe ta voix tu te nommes_ignorance. »
- « …Nécessaires_à ces mots, telle une encre de sang. »

L’on arguera « Poésie contemporaine », bien sûr. Mais cela autorise-t-il à prononcer :

- «…De perdre les passants qui s’égar’ et qui tremblent ».
- « …Entremêlés de dout’ (ces cercueils de la chance) »
- « …Que m’importe ta voix tu te nomme’ ignorance. »
- « …Nécessaire’à ces mots, telle une encre de sang. »

C’est possible, mais sur quarante vers de douze syllabes, ces quatre « dissidents » me choquent beaucoup.
C’est bien dommage car cela influe sur mon évaluation, un poème, à mes yeux, devant être un tout.

   David   
7/10/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Calebh,

Une poésie allongée qui ne tient pas si mal la longueur : "Inconscience", "Ignorance", "Peine", "Espérance" seront les quatre muses du poème, comme des déesses de la mythologie, extériorisant les sentiments du narrateur, jusqu'à ce que n'advienne une cinquième je crois, sans majuscule, la raison du vers avant dernier. La "nature morte" ne renvoie sans doute pas au genre pictural mais à une nature plus abstraite, et masculine.

Mais rendre belle la déception me la rendrait plus persistante, et les sentiments ne s'extériorisent que pour mieux pénétrer l'intimité qui les a vu naitre, ce sont bien des fantômes, ces muses, raison y compris. L'autre reste absent, absente et le "je" dispersé entre ses fantômes. Je préfèrerais plus d'indépendance, d'unité, au lieu des déesses leur préférer des Chercheuses de poux par exemple.


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