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Poésie contemporaine
Camlai : Le vieil orage
 Publié le 23/12/15  -  10 commentaires  -  1492 caractères  -  155 lectures    Autres textes du même auteur

Poème à un ami.


Le vieil orage



L’hiver, mélancolique, il fumaillait sous l’âtre,
Soûlard, ivre et grincheux ; « Ma vie est un désastre »,
Ainsi avouait-il à ce foyer rougeâtre ;
Et l’été, chaque nuit, il dormait sous les astres…
Solitaire, opprimé, sous le plafond d’albâtre,
De ces murs écorchés il arrachait le plâtre,
Et pleurait, et pleurait, comme un chien qu’on veut battre.

Dimanche, le midi, à l’ombre des charmilles,
Déjeunaient les vieillards de toute la famille,
Qui bavaient de laïus et des cafés vanille ;
Et lui, devant sa mère, encor solide fille,
Se traînait mollement, tout vêtu de guenilles,
Mal rasé, il jeûnait, piétinait ses jonquilles
Pour récolter des pleurs du fond de sa pupille.

Sans doute pleurait-il, lui aussi, face au mur
Mêlant au plâtre mort ses propres écorchures
Et du haut du vieux toit, sur un lit de rouillure,
Il envoyait au ciel de ces odieux murmures !
Fallait-il à nouveau que la lune aille sur
Les écarlates lacs que formaient ses blessures
Pour y poser sa lèvre en guise de morsure ?

Un soir bleu de Décembre il se mit à l’ouvrage,
Mais son cœur en sanglot et ses relents de rage,
En bousculant sa main, altéraient son lettrage
Et fourvoyaient son vers en d’étranges virages.
Il avait toujours fui, sans joie et sans courage,
Alors que les enfants partaient jouer sous l’ombrage.
Depuis il vagabonde, ainsi qu’un vieil orage.


 
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   Anonyme   
5/12/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Magifique !
Il y a tout ici. La forme et le fond...tout est bon.
Je n'entre pas dans les détails , ne cherche pas de failles car ce ne serait que petits rien qui ombrerait le plaisir que j'ai eu à vous lire.
Merci.

   Lulu   
10/12/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Le dernier vers rassure en nous précisant que ce personnage dont vous faites le portrait est toujours en vie. J'en avais douté de par le fait que votre récit est rédigé à l'imparfait.

Ce que j'ai aimé dans ce poème, c'est de découvrir une personnalité au fil des strophes. De ce point de vue, c'est plutôt réussi. Je trouve que votre personnage a quelque épaisseur.

Ce que j'ai moins aimé, c'est la présence récurrente des rimes dont il me semble qu'elles n'étaient pas obligatoires. Elles me semblent forcées, inutiles. Mais ce n'est là que mon point de vue. Je sais qu'elles s'intègrent complètement dans votre démarche d'écriture...

En définitive, je trouve qu'il s'agit là d'un poème encourageant. Au-delà des rimes, il y a le contenu qui parle, et c'est là l'essentiel.

Bonne continuation !

   Anonyme   
23/12/2015
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Je trouve ce texte bien trop "larmoyant", il m'a rendu le portrait de cet homme antipathique, peut-être, est-ce , ce plein de misère étalée, dans tous les recoins de l'écrit, allant du décor intérieur, à celui extérieur, en passant par les émotions dépeintes excessivement sombres, c'est ce qui a fait mon ressenti.

   Robot   
23/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Partant sur le chemin poétique proposé en acceptant sans à priori la succession de rimes assonantes à chaque paragraphe et séduit par le déroulement et l'écriture je m'étais mis au rythme des vers lus comme des alexandrins... et paf, quel dommage, vous gâcher la fin de ma lecture par ce malencontreux avant dernier vers qui ne peut pas se lire autrement qu'en treize pieds.
Là ça me chagrine au point que par dépit je vous adjoint une flèche descendante pour avoir mal achevé ce bon poème.

   cervantes   
23/12/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce n'est pas bien de faire du copier-collé, mais j'aurais écrit le même commentaire que Robot (foutu avant-dernier vers!).
J'ai beaucoup aimé la dimension psychologique du personnage et sa description qui pour moi est très poétique. Le deuxième strophe est superbe de ce point de vue.
La question n'est pas le ressenti moral du lecteur en l’occurrence, mais le traitement poétique que vous faites de la détresse d'un être humain. Et j'admire votre talent... Merci pour ce partage.

   Pussicat   
23/12/2015
je mets à votre crédit le portrait du personnage, mais le choix de la rime unique alourdit le texte...

Et puis vous passez de l'hiver à l'été en quatre vers, c'est un peu court.

"Et, et et" : répétition...

et ces deux vers construits sur la même forme dans la même strophe, pour la rime je pense :

"Et l’été, chaque nuit, il dormait sous les astres…
De ces murs écorchés il arrachait le plâtre,"

Je pense que la recherche de la rime dessert l'écriture,

à bientôt de vous lire,

   Anonyme   
23/12/2015
ce texte n'est pas parvenu à me faire ressentir une empathie pour ce " vieil orage ". Je dirais même que j'y ai vu la déchéance d'un être qui semble s'y laisser aller.
Le ton est, à mon sens, beaucoup trop sombre pour que j'y adhère.

   Anonyme   
24/12/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Je n'arrive pas trop à "accrocher" avec votre poème, un peu larmoyant il est vrai.

Un peu de facilité aussi (ex: la répétition "Et pleurait, et pleurait" pour atteindre le bon nombre de syllabes dans le premier hémistiche dans le dernier vers de la première strophe).

"Fallait-il à nouveau que la lune aille sur
Les écarlates lacs que formaient ses blessures"

Terminer par la prépostition "sur", en plein milieu d'une phrase, ne me plait guère et "casse" le rythme de la dernière partie de la troisième strophe.

Le fond du sujet est assez "dur", pourtant je n'arrive pas ressentir une réelle compassion pour le personnage, sans savoir réellement pourquoi.

Ce commentaire a pour but d'être objectif et reflète uniquement ma pensée, n'y voyez donc aucune méchanceté.

Bon travail tout de même.

Bien à vous,

Wall-E

   Pouet   
28/12/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai ressenti une vraie émotion dans ces vers.

Un poème bien écrit, évocateur sans être trop explicite.

Les rimes sans alternance ne servent pas trop le rythme à mon sens mais ce n'est que mon goût.

Mais encore une fois je trouve ici une belle écriture et une indéniable force évocatrice.

Bonne continuation.

   Anonyme   
22/1/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Votre poème a la force noueuse des vieux ceps de vigne. Une belle atmosphère comme avec "Mêlant au plâtre mort ses propres écorchures" ou comment mêler abstrait et concret. Ou encore "Fallait-il à nouveau que la lune aille sur
Les écarlates lacs que formaient ses blessures". C'est vraiment très prenant à lire. Bravo.


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