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Chansons et Slams
Charivari : C'est la faute au soleil
 Publié le 19/08/12  -  14 commentaires  -  2154 caractères  -  284 lectures    Autres textes du même auteur


C'est la faute au soleil



Il est trois heures de l'été
Et dans les rues pas un chat,
Ou alors un chat crevé,
Bouffé par les cancrelats
Qui crépitent dans les poubelles
Le long des rues avachies
Et grignotent dans ma cervelle
Mes ardeurs et mes envies.

Il est trois heures de rien,
La chaleur mord dans les chiens
Et des cohortes de mouches
Me piquent les mots de la bouche ;
Le soleil darde des flèches
Qui fauchent mes rêves en plein vol,
Les éparpillent en flammèches
Et les clouent contre le sol.

Et si j'ai l'air fatigué,
Si j'ai l'cœur aride et ridé,
Si mes caresses sont devenues rêches,
Que je pleure des larmes sèches,
Si mon amour s'ensommeille,
C'est pas ma faute,
C'est la faute au soleil.

Cela fait depuis toujours
Que je ne dors plus mon amour,
Et depuis très exactement
Trois heures, trois jours, trois ans,
J'entends
Un putain d'orage éclater,
Mon amour, en plein cœur de l'été.


Il est trois heures du mois d'août,
Crucifié par le soleil,
Happé par l'ombre du doute,
Je sais déjà qu'au réveil,
Je devrai abandonner
Ma vieille peau qui m'asphyxie,
Pour continuer écorché
Mon long chemin dans la nuit…

Et quand j'aurai quitté ma peau,
J'épancherai à la fontaine
Le sang qui bout dans mes veines
À grandes rasades de diamants d'eau ;
Puis tout là-haut sur la colline,
J'irai porter mon corps en terre,
Dans l'ombre fraîche et longiligne
D'un des cyprès du cimetière.

Et si j'ai l'air ombrageux,
Bouffi, tari, cafardeux,
Si mon âme est à l'orage,
Si j'écume des mots de rage,
Si dans ma tête bourdonnent les abeilles,
C'est pas ma faute
C'est la faute au soleil.

Cela fait depuis toujours
Que je veux partir d'ici,
Que je deviens fou, mon amour,
Que je cours au ralenti,
Que le temps s'est arrêté
Il y a très exactement
Trois heures, trois jours, trois ans,
Dans le plein cœur de l'été.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Pimpette   
19/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime tout!
je chantonne en lisant!
ET cette idée du soleil responsable en gaieté d'ailleurs de tous nos maux me semble épatante!...sauf une finale qui me semble un flashback vers un évènement douloureux. Le sens du texte est probablement plus complexe que je le dis...peu importe...on est en plein cagnard avec les plaisirs et les douleurs que ça comporte...le rythme, pour moi,l'emporte carrément sur la tristounette des mots...je suis incorrigible!

   placebo   
23/7/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Canicule, quand tu nous tiens…
Après avoir fustigé les insectes, le narrateur finit par rejoindre les vers de terre ^^

Bon rythme, bonnes images. Je pense qu'en chanson, j'aurais du mal à comprendre certains passages "a-rid-et-ri-dé" ça fait hariba ^^ ou "d'un des cyprès".

Seul reproche, malgré les passages en italique, pas de vrai refrain, et j'ai appris que ça peut manquer pour fredonner :)

Bonne continuation au soleil,
placebo

   leni   
19/8/2012
Je ne suis pas emballé par ce texte qui respire la tristesse Maintenenant que j'ai vu les photos des blattes qui infestent tout un quartier où séjourne Chari j'accède à sa description Et je comprends :C'est la faute au soleil! Néanmois..le chat crevé bouffé par les canrelas ....pour moi ça passe difficilement De même que les cohortes de mouches...Le texte en luimême est cohérent C'estun tableau réaliste J'aime l'expression crucifié par le soleil! La fin du texte est aussi triste:j'irai porter mon corps en terre!La question que je me pose est:ce texte est-il une chanson Sans refrain? j'ai des doutes Peut-être un texte à clamer comme un criOn verra ce qu'en fera l'auteur Salut cordial Chari

   pieralun   
19/8/2012
 a aimé ce texte 
Passionnément
Mettre une bonne partie de son cœur dans un texte: est-ce une façon d'émouvoir le lecteur?
Je pense que c'est à double tranchant. Faire passer avec force sa propre émotion n'est pas chose simple. Je n'ai, personnellement, que très peu d'expérience en se domaine, préférant souvent des sujets où je ne suis pas impliqué.
Dans ce texte de Charivari, la souffrance est palpable, mais elle n'éclabousse pas la totalité du poème. Elle est là, présente parfois dans le dépit, le dégout, la colère qui peut très vite faire place à l'abandon. Puis quelques mots d'amour qui se baladent ça et là pour nous permettre de respirer dans cette fournaise, peut-être de permettre à l'auteur de respirer aussi.

Techniquement, le texte n'est pas parfait:
- "Ma vieille peau qui m'asphyxie,
Pour continuer écorché
Mon long chemin dans la nuit…" le "m" est trop présent il me semble, "la vieille peau aurait suffi dans le contexte de la phrase.

De très très belles choses:

- "Cela fait depuis toujours
Que je ne dors plus mon amour,
Et depuis très exactement
Trois heures, trois jours, trois ans,
J'entends
Un putain d'orage éclater,
Mon amour, en plein cœur de l'été. " Splendide, splendide, splendide !


- "Puis tout là-haut sur la colline,
J'irai porter mon corps en terre,
Dans l'ombre fraîche et longiligne
D'un des cyprès du cimetière." idem, bien que j'eus préféré "rectiligne" à "longiligne"

Bon voilà......il reste beaucoup de choses à dire..... mais j'ai été terriblement ému par ce poème qui n'a besoin d'aucune musique.
C'est très beau !

   Charivari   
19/8/2012
Lien pour l'illustration du texte, sur le diaponiris :
http://www.oniris.be/modules/myalbum/photo.php?lid=726

La chanson, enregistrée cet été (sur une base rumba), n'est pas encore prête, je mettrai le lien ici même dès que les arrangements seront finis.

   Luz   
19/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai beaucoup aimé : le rythme, le thème, l'atmosphère triste et poétique dans l'apathie de l'été.
Mon passage préféré, vraiment génial :
"Il est trois heures de rien,
La chaleur mord dans les chiens
Et des cohortes de mouches
Me piquent les mots de la bouche"
Merci.
Luz

   Arielle   
19/8/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce ballet des mouches, des cancrelats et du cafard qui aurait pour chorégraphe le soleil je n'y crois guère. C'est un peu comme si le narrateur tentait de trouver un bouc émissaire à son chagrin. "Le soleil noir de la mélancolie" semble faire son affaire : c'est lui qui fauche ses rêves en plein vol, qui le crucifie, qui fait bouillir son sang dans ses veines ...
Cet écorché a encore un long chemin à accomplir dans sa nuit avant de trouver "l'ombre fraîche et longiligne
D'un des cyprès du cimetière." Il le sait et sa plainte est toute de pudeur et de retenue.

J'ai été touchée par ces mots, Charivari, que je vois mal mis en chanson mais j'attends avec impatience d'entendre ce que tu peux faire dire de plus à la musique.

   Renaud   
19/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bravo, enfin un poème que j'apprécie sur Oniris. Il faut dire que j'en ai lus moins que d'autres, découragé par la piètre qualité de ceux dont j'avais déjà pris connaissance, mais tout de même. Un poème qui plus est de circonstance, car je meurs de chaud au moment où j'écris, et en effet, la chaleur excessive a tendance à atteindre l'organisme, le cerveau et l'esprit.

Cela se lit facilement, on comprend les deux niveaux du texte, le premier servant de métaphore au second. Le soleil métaphorique est le désir de l'amoureux "transi", brûlé, consummé, responsable de la souffrance du poète, qui ne trouve délivrance que dans l'idéation de la mort.

Quant à l'illustration, je suis sincèrement épaté, quel talent !

   Miguel   
19/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très beau poème, publié dans un contexte caniculaire qui lui va à ravir mais qu'il dépasse largement. Quelque chose rappelle Camus dans cette évocation du néant de l'été, décor parfait pour ce sombre lyrisme et ce chant désespéré. Belle trouvaille, entre autres, que cette polysémie du verbe "piquer". Les reprises donnent à cette rumination du malheur un air de chanson qui ajoute à sa dimension tragique, par le décalage entre la légèreté du genre et le caractère funèbre du contenu.
Ces belles "trois heures de l'été" me rappellent cruellement le rendez-vous avec la mort du célèbre "A las cinco de la tarde, a las cinco de la tarde, a las cinco en punto de la tarde" de Garcia Lorca.
Quant à l'illustration ... elle me laisse sans voix. C'est un chef d'oeuvre. A la rentrée je la montrerai à mon collègue des Arts Plastiques.

   aldenor   
19/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une première strophe parfaite dans sa construction, ses enchainements : des rues au chat crevé aux cancrelats a la cervelle de l’auteur. En somme c’est : L’été grignote mes ardeurs et mes envies, par une voie détournée, qui en fait tout le charme.
La suite est rythmée et se lit agréablement, mais je ne trouve plus le même niveau d’inspiration.
« Trois heures de l’été » : audacieux, belle trouvaille, dépaysement temporel. Dommage ensuite de gâcher cette impression en voulant exploiter des variations sur le thème : mieux valait je crois répéter la même formule.
« …des mouches/ me piquent les mots de la bouche » : un jeu de mots fin et bien placé.

   melancolique   
19/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Charivari,

C'est une très belle chanson, j'ai adoré. C'est musical et les images établissent une vraie ambiance. Je les aime toutes et surtout :

"Le soleil darde des flèches
Qui fauchent mes rêves en plein vol,
Les éparpillent en flammèches
Et les clouent contre le sol."

Et j'aime encore plus les refrains, précisément:
"Et si j'ai l'air fatigué,
Si j'ai l'cœur aride et ridé,
Si mes caresses sont devenues rêches,
Que je pleure des larmes sèches,
Si mon amour s'ensommeille,
C'est pas ma faute,
C'est la faute au soleil."

Merci beaucoup pour cet instant poétique.
Au plaisir de te relire.

   LeopoldPartisan   
21/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Cher Charivari,

Nous Belges de Belgique, pouvons vous accorder l'asile climatique, car ici celui qui vous mine à ce point nous ne le tolérons que de façon très mesurée puisque climatiquement nous comptons une moyenne annuelle de 199 jours de précipitations .

Ceci pour vous dire que de prime abord, râler comme vous le faites sur cet astre auquel personnellement, j'aspire de plus en plus à fil des années passant, c'est presque qu'un crime de lèse majesté.

Et puis le mimétisme de ces mots forts, si fort agissant, je me suis pris au jeu et je suis allé regarder, votre tableau. Deuxième choc... Vous rendez très exactement ce démon qui déboussola ce peintre venu du nord (hollande) et qui failli bien mourir en Arles avant de se retirer dans l'Oise, le laissant tellement meutri, grillé à jamais et une oreille en moins, qu'il finit par se donner la mort.

Bravo vous m'avez bluffé.

   Tankipass   
10/9/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très beau texte dont le sens pour moi reste assez nébuleux (c'est uniquement sur la canicule?) mais qui me touche pourtant. Rythmique parfaite est très poétique. Bémol pour les facilités du genre:

"Si j'ai l'cœur aride et ridé" Chanté ça pourrait passer, ou pour un dialogue, mais sinon par rapport au reste c'est pas jojo... (Je parle bien sur du "l'") Pareil pour "un putain d'orage"... (ça passe, mais c'est surtout par rapport au reste...)

Par contre bravo l'artiste:

"Le soleil darde des flèches
Qui fauchent mes rêves en plein vol,
Les éparpillent en flammèches
Et les clouent contre le sol."

Magnifique.

   Anonyme   
15/3/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
merci pour le frisson, du diamant brut ton poème, à fleur de peau, écorché, tu m'as raconté une belle histoire, j'ai été happée, je suis en plein dedans. les mots sont beaux, une grande sensibilité s'y dégage et surtout les impressions visuelles: je vois le décor, la rue, lui, lui et sa fragilité. quand à la forme et bien, je me suis laissée porter.


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