Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
macaron : Jours en ressemblance
 Publié le 18/08/12  -  11 commentaires  -  711 caractères  -  203 lectures    Autres textes du même auteur

Reflets, violences, disparitions, et le même geste machinal...


Jours en ressemblance



Les pavés luisaient après la pluie récemment tombée.
Je me souviens de ce jeune soleil têtu,
Qui perçait de ses rayons obliques
Le voile de brume qui n’osait protester.
Quelques secondes encore, et l’eau de la rue s’est évaporée.
J’ai sorti de ma poche un mouchoir,
Par tamponnements sur mon front,
Je me suis épongé.



Le parquet ciré brillait comme à l’accoutumée.
Je me souviens de cette porte enfoncée,
À coups d’épaule répétés.
Elle ne disait rien, respirait avec difficulté.
Elle a fermé les yeux, et toute vie s’en est allée.
J’ai sorti de ma poche un mouchoir,
Par tamponnements sur mon front,
Je me suis épongé.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Pimpette   
21/7/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Touchée!
C'est à la fois simple, efficace, pudique.
Deux strophes et tout est dit et j'ai la conviction que ce poème est né d'un épisode de la vie réelle et que rien n'a été ajouté.

'Un voile de brume qui n'osait protester'...joli!

   Anonyme   
21/7/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Une grande pudeur dans cette mise en parallèle de deux expériences, deux situations, l'une dramatique et touchant au plus profond l'affect, l'autre anodine, sans résonance autre qu'une fraîche légèreté. Pourtant toute l'intensité de la seconde "strophe" se révèle grâce à la première.
"Les pavés luisaient après la pluie récemment tombée...
Le parquet ciré brillait comme à l’accoutumée..."
"Quelques secondes encore, et l’eau de la rue s’est évaporée...
Elle a fermé les yeux, et toute vie s’en est allée...
Les similitude de ces deux univers différents rend le drame humain plus sensible, par l'aspect anodin du geste évoqué. Tout est consommé, rien ne sert plus à rien. Je sens du fatalisme et un insondable sentiment d'irrémédiable dans ce :
"J’ai sorti de ma poche un mouchoir,
Par tamponnements sur mon front,
Je me suis épongé."
Que faire d'autre ?

   Anonyme   
18/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime ce genre de texte "guide" qui laisse la place à l'imagination du lecteur. Il n'y a pas de profondeur inutile dans cette opposition frontale (pardon), avec ces deux scènes qui ressemblent à deux petits tableaux au mur, à peine décalés (et de même format).
Je trouve que c'est le ton neutre sur la description du geste qui donne toute sa puissance au texte. Quasi mécanique, si ce geste est décrit de la même façon pour les deux cas, il ne m'est sûrement pas dans son exécution et dans la physionomie du narrateur, et c'est sans doute là que veut nous amener l'auteur (avec d'autres réflexions sur l'aspect instinctif des émotions, ou l'empire des réflexes sur notre réflexion).
En ce qui me concerne, je trouve cela inventif, et je pense que l'idée pourrait être exploitée pour d'autres situations.

   Marite   
18/8/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
A plusieurs reprises j'ai lu ce poème en espace-lecture : il me plaisait mais je restais sans mot Je visualisais les deux scènes distinctement. Peut-être est-ce l'intensité du choc de la seconde qui m'a laissée sans voix. J'ai aimé le parallèle entre les deux situations:

"Les pavés luisaient" et "Le parquet ciré brillait"
"la porte enfoncée" et "le soleil têtu"
"Le voile de brume qui n’osait protester." et "Elle ne disait rien, respirait avec difficulté."
'... l'eau de la rue s'est évaporée" et "... toute vie s'en est allée"

Aussi le refuge dans la banalité du geste des trois derniers vers de chaque strophe.

   TheDreamer   
18/8/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Jolie et sensible prose où un soleil se couche quand un autre s'éteint.

Tout ici est dans la suggestion et c'est beau.

   brabant   
18/8/2012
Bonjour Macaron,


Comme quoi les mêmes effets ne sont pas toujours produits par les mêmes causes.

Ceci dit, votre incipit : "... violences, disparitions..." m'avait d'abord conduit à une lecture erronée de votre poésie. J'avais en effet interprété les deux mots comme crapuleux et j'avais pensé me trouver sur une scène de crime dans la deuxième strophe (suis un fan des séries américaines moi... et autres, anglaises, argentines, espagnoles, allemandes, hollandaises, suédoises, norvégiennes et mêmes françaises. lol !).

La lecture des autres "com" m'a judicieusement détrompé.

Pourquoi cependant avoir dû défoncer la porte ? N'aviez-vous pas une clef en habitué des lieux ("à l'accoutumée"). Je ne pousse pas plus avant mon analyse (hélas et/ou malencontreusement contradictoire) craignant, toujours après lecture des autres avis que ceci ne soit un vécu personnel. Si c'était le cas j'espère que vous excuserez mon évaluation relativement sévère (Moyen) que d'ailleurs j'enlève.

   melancolique   
19/8/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonsoir Macaron,

J'aime bien le rapprochement entre ces deux scènes, les images sont assez simples, mais suffisent pour établir une ambiance et pour souligner la ressemblance entre ces jours.

J'ai aimé;
"Le voile de brume qui n’osait protester."

Au plaisir de vous relire.

   Miguel   
19/8/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Dans la première strophe, la lumière revient, l'eau s'évapore; chaleur, sueur. Choses de la vie, geste automatique.
Dans la deuxième, la lumière s'en va, la vie s'évapore; froideur, sueur glacée. Mort d'un être connu, (comme à l'accoutumée), peut-être aimé. Choses de la vie, même geste machinal, comme pour associer dans leur banalité deux événements pourtant antithétiques, deux atmosphères opposées, la joie et la tristesse. Quelques belles expressions, déjà relevées ; texte fort, sous un vocabulaire ordinaire très idoine à exprimer l'insignifiance des choses.

   Anonyme   
23/8/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Bien Macaron !

Bien parce que les deux derniers vers, de par leur forme, sont vraiment pas faciles à se faire accepter, ! Et là, ils prennent une ampleur et une résonance magnifique !

   David   
3/9/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Macaron,

Les pavés, le parquet, même têtu et enfoncée, ne disait rien, n'osait protester et les autres mots en refrain tels quels, ça laisse très peu de place pour l'expression proprement dite et pourtant c'est très sensible.

   Lulu   
23/3/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Macaron,

je découvre ce texte au hasard de mes lectures sur le site... C'est un très beau poème, je trouve. J'ai d'abord aimé "ce jeune soleil têtu" et "Le voile de brume qui n'osait protester"... Cela annonce merveilleusement la suite du poème. L'atmosphère est posée.

La seconde strophe est rédigée dans une veine toute délicate. La répétition de "Par tamponnements sur mon front, / Je me suis épongé." aurait pu être mal venue, mais elle prend une toute autre résonance avec la charge de la disparition.


Oniris Copyright © 2007-2019