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Chansons et Slams
Charivari : Ce rien qui nous fait peur
 Publié le 03/06/14  -  15 commentaires  -  1732 caractères  -  345 lectures    Autres textes du même auteur

...


Ce rien qui nous fait peur



Je ne crains pas la solitude
Ces alizés de lassitude
Qui me chavirent vers l’au-delà
Je n’ai pas peur, je sais déjà
Que je peux vire dans ma tête
Ancré dans le fond de mon lit
Braver la houle et les tempêtes
Et naviguer dans mon esprit
Sur des flots d’idées infinies

Je ne crains pas que la vieillesse
Tatoue sur ma peau la promesse
Que tout chemin mène au trépas
Je n’ai pas peur, je sais déjà
Que si le temps tue peu à peu
Tout ce que j’ai de plus précieux
C’est pour que mon dernier soupir
Libre d’amour et de désirs
Soit plus léger qu’un souvenir


Amour tu vois
Que je n’ai peur
Ni de la fin
Ni du chagrin
Amour tu vois
Que je n’ai peur
De rien
Mais c’est ce rien qui me fait peur



Je n’ai pas peur de la souffrance
Des déchirures et de ces transes
Qui clouent les espoirs et l’esprit
Aux oripeaux des corps meurtris
Je n’ai pas peur, je sais déjà
Qu’au cours de ce dernier combat
Chaque blessure me rendra fort
Pour renoncer aux vains efforts
Et m’accommoder de la mort

Je ne crains pas le jugement
De ce « bon Dieu » de châtiments
Je n’ai pas peur, je sais déjà
Qu’il n’y a d’autre ailleurs qu’ici-bas
Aussi, avant que je n’expire
Amour, je ne sais que te dire
Adieu ? Non, Dieu n’existe pas
Au revoir ? On ne se verra
Plus jamais, mais ne m’oublie pas


Amour tu vois
Que je n’ai peur
Ni de la fin
Ni du chagrin
Amour tu vois
Que je n’ai peur
De rien
Mais c’est ce rien qui me fait peur



 
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   Anonyme   
13/5/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Que se passe-t-il ? Vous écrivez ce que j'ai toujours voulu écrire à l'amour de ma vie. Et vous allez le chanter de surcroît.

Cela va faire une superbe chanson. Poème également mais avec musique et voix, je me régale déjà...

Quittez (peut-être) ces mots old fashionned, comme "alizés", "oripeaux" ... je ne sais pas...

Une note particulière pour : "Je ne crains pas que la vieillesse
Tatoue sur ma peau la promesse
Que tout chemin mène au trépas"

   Pimpette   
3/6/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très chouette!
Sur un sujet grave une grande simplicité, de clarté, du traitement.
Je pense en effet que chacun de nous peut adopter cette méditation sur la vie sans ronds de jambes,jargon ou galimatias

Bravo!

"Amour tu vois
Que je n’ai peur
De rien
Mais c’est ce rien qui me fait peur

On dirait un refrain du 16eme siècle.
J'ose pas dire Louise Labé....et tant pis...J'ose!

VIvement la musique!

   Anonyme   
3/6/2014
Bonjour Charivari

Ces paroles, "c'est du lourd".

On y retrouve tous les mots importants : solitude, peur, vieillesse, trépas, amour, désirs, souffrance, blessure, fort, mort, rien...

Les couplets suivent une progression.

Concis, allant droit à l'essentiel, le refrain est excellent

Je suis sûr qu'avec une bonne mélodie, cette chanson ferait un tabac auprès les marins-pêcheurs qui affrontent les eaux de l'atlantique-nord ou chez les gars (ou les filles) qui traquent les terroristes.
Plus généralement tous ceux (ou celles) qui risquent leur peau en faisant leur job.

"Amour tu vois
Que je n’ai peur
Ni de la fin
Ni du chagrin
Amour tu vois
Que je n’ai peur
De rien
Mais c’est ce rien qui me fait peur"

Tu mets en plein dans le mille.

Merci Charivari, et respect pour ce texte de haut niveau.

   Lulu   
3/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien aimé cette chanson qui se chantonne doucement, même sans musique. La musicalité des mots suffit.

J'ai plus apprécié la seconde partie que la première où j'ai trouvé quelque difficulté parfois, comme les premiers mots. Je n'ai notamment pas aimé "Ces alizés de lassitude". Je n'en ai pas aimé la sonorité : trop de sssss zzzz...

Pour le fond, j'ai aimé l'idée de chanter sur un tel thème.
J'ai beaucoup aimé la fin, plus légère et qui résume l'ensemble :
"Amour tu vois
Que je n’ai peur
Ni de la fin
Ni du chagrin
Amour tu vois
Que je n’ai peur
De rien
Mais c’est ce rien qui me fait peur"

Bravo pour ce texte.
A vous lire de nouveau.
Lulu

   chVlu   
3/6/2014
 a aimé ce texte 
Passionnément
évidemment que la mort c'est rien, comment avais je pu l'oublier ? Ici les mots coulent de source et je les ai bus avec délectation.

   Anonyme   
4/6/2014
Bonjour Charivari... Je ne porterai pas de jugement sur la reprise en slam ou chanson de ce thème mille fois rebattu... Si je me permets cette courte intervention c'est simplement pour signaler à l'auteur qu'il me semble que le vers 5 :

-Que je peux vire dans ma tête-

comporte une faute, disons de frappe, en ce qui concerne "vire" (ne serait-ce point "vivre" ?)... à moins que ce terme soit un néologisme qui m'échappe totalement...
Bonne journée.

   Cat   
4/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Charivari,

Tu versifies à souhait les méandres de mes pensées, je ne peux qu’être touchée par ton poème d’une fine justesse.
J’envie ceux qui n’ont pas peur de ce rien, et suis réconfortée de trouver d’autres « âmes » sujettes aux mêmes craintes.

« que je peux vire dans ma tête », ne faut-il pas lire « que je peux vivre dans ma tête » ?

Merci pour le partage

Cat

   leni   
4/6/2014
a Chari
Ce sujet a été traité parfois "en lourd" comme dans la version de Chari
c'est un choix personnel très respectable Ce texte mis en musique
donnera une chanson triste J'ai d'emblée pensé au pied de nez de Queneau qui est une autre façon de traiter le sujet Voici le texte Je ne minimise pas la valeur du texte proposé dont le refrain est une belle trouvaille



Je crains pas ça tellment la mort de mes entrailles
et la mort de mon nez et celle de mes os
Je crains pas ça tellment moi cette moustiquaille
qu’on baptisa Raymond d’un père dit Queneau

Je crains pas ça tellment où va la bouquinaille
les quais les cabinets la poussière et l’ennui
Je crains pas ça tellment moi qui tant écrivaille
et distille la mort en quelques poésies

Je crains pas ça tellment La nuit se coule douce
entre les bords teigneux des paupières des morts
Elle est douce la nuit caresse d’une rousse
le miel des méridiens des pôles sud et nord

Je crains pas cette nuit Je crains pas le sommeil
absolu Ça doit être aussi lourd que le plomb
aussi sec que la lave aussi noir que le ciel
aussi sourd qu’un mendiant bêlant au coin d’un pont

Je crains bien le malheur le deuil et la souffrance
et l’angoisse et la guigne et l’excès de l’absence
Je crains l’abîme obèse où gît la maladie
et le temps et l’espace et les torts de l’esprit

Mais je crains pas tellment ce lugubre imbécile
qui viendra me cueillir au bout de son curdent
lorsque vaincu j’aurai d’un œil vague et placide
cédé tout mon courage aux rongeurs du présent

Un jour je chanterai Ulysse ou bien Achille
Énée ou bien Didon Quichotte ou bien Pansa
Un jour je chanterai le bonheur des tranquilles
les plaisirs de la pêche ou la paix des villas

Aujourd’hui bien lassé par l’heure qui s’enroule
tournant comme un bourrin tout autour du cadran
permettez mille excuz à ce crâne — une boule —
de susurrer plaintif la chanson du néant



© Gallimard

Salut cordial Leni

   Anonyme   
4/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De très belles paroles. Vraiment.
Félicitations pour ce courant de mots.
Le sens, le rythme et l'imagination.... Tout y est.

Bonne continuation

   framato   
4/6/2014
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Chari,

J'ai beaucoup aimé (vraiment) de lire cette chanson (dramatique)...

J'ai failli arrêter ma lecture aux alizés voire à la fin de la première strophe : elle est à la fois too much et un rien bateau dans l'expression.

MAIS... les trois premiers vers de la deuxième strophe sont vraiment super réussis et au final la strophe entière est vraiment belle (deux bémols: trépas, un peu trop genre alizés et le tout qui insiste de façon beaucoup trop forte sur ce qui est précieux)

Refrain superbe !

Oripeaux, bof, déjà dit dans un autre commentaire, mais ça me semble très juste: thème rabattu, traitement juste et d'aujourd'hui, alors pourquoi mettre ces surranéïtés qui font un peu passe partout et cherche rythme ou cherche rime ?

Chaque blessure me rendra fort : touché coulé, c'est exactement ça !
Les deux vers suivants indiquent une très belle humanité... Renoncer à l'acharnement, laisser partir... Je suis très touché par ce passage.

Je n'ai pas aimé expire que j'ai trouvé introduit vraiment pour la rime et artificiel... par contre ce qui suit m'a aussi vraiment parlé.


Je vais résumer mon ressenti en quelques mots : le texte est fort, le thème est terrible, le traitement en rime l'affaibli un peu, mais au final, j'ai quand même les tripes qui se nouent.

   Condremon   
4/6/2014
Tout pareil que Leni, j'ai pensé à Queneau.
Quand à la mort et au néant, lire Montaigne (enfin je crois, vagues souvenirs de lycée).

   Louis   
5/6/2014
C'est chanté, c'est clamé haut et fort, comme pour s'en convaincre soi-même, comme remède à une incertitude : « je ne crains pas la solitude ». Non, pas peur. Par peur au large de perdre toute latitude ; pas peur de ces vents « alizés de lassitude » qui emportent à la dérive, et font « chavirer » vers d'insondables « au-delà » ; pas peur de « s'ancrer » au fond d'un lit, comme dans un port, où l'on brave « houles et tempêtes » qui agitent l'esprit.

Pas de crainte non plus de la vieillesse, pas de crainte du temps qui tue peu à peu tout ce qui est « le plus précieux ».
Peur de rien : c'est dit dans un refrain. C'est dit à un « Amour » absent, à un Amour perdu, c'est dit à soi-même, crié à la terre et au ciel, c'est dit à la face du monde comme un défi.
Mais la peur de rien n'est pas l'absence de toute peur. De rien, aucune crainte ; mais le rien, lui, le rien fait peur. La peur est sans objet ; elle ne peut trouver de menace et de danger sur lesquels s'appuyer, pour s'y installer, croître et se développer. Rien pour nourrir la crainte, en dehors du rien.
Quel est donc ce « rien » que l'on appréhende, ce rien que l'on redoute  ?

Pas la souffrance, elle appartient au rien ; mais elle n'est pas le rien. La souffrance, c'est quelque chose ; elle se combat, elle se surmonte.
Pas la mort, non plus. L'acceptation de la finitude, de notre condition mortelle, délivre de la crainte qu'elle suscite.
Serait-ce le néant ? Ce non-être dans lequel on sombre quand la vie prend fin ?
Le poème l'affirme : la mort n'est rien. La souffrance est quelque chose contre laquelle on lutte, mais la mort, comme l'écrivait déjà le poète-philosophe Lucrèce, « la mort n'est rien ». Mais parce qu'elle n'est rien, elle ne fait pas peur, elle n'est pas le rien.
Elle n'est pas quelque chose, elle n'est pas le temps du jugement divin, celui de ce « bon dieu de châtiments » auquel on ne croit pas ; elle n'est pas le séjour dans un « ailleurs » où l'âme survivrait, «  je sais déjà / qu'il n' y a d'autre ailleurs qu'ici-bas », le seul ailleurs est géographique, mais non métaphysique.
Sans le secours de la croyance religieuse, sans l'espoir religieux, celui de retrouver pour toujours l'être cher que l'on a perdu, celui d'une fin définitive de la séparation et de la solitude, quels mots de réconfort ? Que dire ? Le poème s'adresse à un Amour perdu, absent. Que lui dire ? Pas adieu, « Non, Dieu n'existe pas », pas au-revoir , « on ne se verra / plus jamais ». Que dire ?
Lui chanter ce poème, comme si cet Amour pouvait entendre encore, écouter encore ces paroles des vivants. Ce poème dans lequel on lui clame, et l'on s'écrie en refrain , que l'on n'a pas peur, ne t'inquiète pas, pas peur, seulement la peur du rien.
Quel est-il, mais quel est-il ce rien de l'angoisse ?
Les derniers mots, poignants, du poème : «  ne m'oublie pas » pourraient être une indication. On ne croit pas à la survie de l'âme après la mort, comment pourrait-il alors, cet Amour, oublier ou ne pas oublier ? Il ne peut oublier que si soi-même on l'oublie. Seuls, la mémoire et les sentiments le font encore exister. Le rien, c'est cet oubli réciproque, par lequel chacun n'est plus rien.
D'un autre point de vue, ce rien qui nous fait peur, quand la peur, elle, est sans objet, c'est ce qu'on appelle : l'angoisse. L'angoisse se distingue de la peur, en ce que justement elle n'a pas d'objet réel, ou pas d'objet bien déterminé, pas une menace, un danger, un risque précis. Cette 'angoisse qui nous ronge ( quand elle n'est pas pathologique ) semble liée à la difficulté de vivre, à la fragilité du vivre.

Un joli poème, une jolie chanson émouvante, poignante.

   LopoZo   
9/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Charivari.
Félicitation pour ce texte, j'aime sa délicatesse.
J'aime l'idée de faire face, l'idée que la seule chose effrayante pour lui est peut être le néant de ses émotions.
Le texte coule tranquillement, les mots résonnent et glissent aisément.
Malheureusement, pour ma part le rythme se casse avec le vers: "Qu’il n’y a d’autre ailleurs qu’ici-bas".
ce vers s'accroche dans ma bouche et rend à mon goût la strophe moins fluide.
Merci pour le travail et le résultat.

   Francis   
12/6/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très bien construit, fluide comme l'eau qui va rejoindre le delta ou l'estuaire puis se perdre dans l'océan ou... le néant. La tristesse se mêle à l'amour, la sérénité à l'interrogation. Ce texte me touche particulièrement car je partage les sentiments évoqués mais sans encore réussir à les écrire comme vous le faîtes.

   margueritec   
6/7/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci pour ce rien qui nous fait peur, tellement vrai auquel vous ajoutez de belles expressions ("Je ne crains pas que la vieillesse/
Tatoue sur ma peau la promesse", "Qui clouent les espoirs et l’esprit/
Aux oripeaux des corps meurtris etc.)
Bravo.


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