Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
CLieb : Anamorphose de l'enfance
 Publié le 24/05/11  -  7 commentaires  -  2536 caractères  -  66 lectures    Autres textes du même auteur

L'enfance est le lieu de tous les possibles...


Anamorphose de l'enfance



Rouge est le sang des guerriers maures
Se mêlant à l’ivraie des fontaines,
Rouge est le sang des guerriers maures
Imbibant les pierres « lichenesques »...
L’enfant se mire et les sirènes
L’attirent de leurs voix arabesques
Puis il se penche et calmement
Remue les algues fulgurantes !
Ce chant est un susurrement,
La voix des peuplades indiennes,
Des traditions avilissantes,
Pourtant c’est beau, c’est émouvant.
Autour de lui, le vent déplace
Photons de sable et boîtes crâniennes,
Tout cela va à vau-l’espace
Et c’est l’effet d’un galet rond !
Une cascade de sécheresse attise le brasier de sa soif :
C’est que le rêve devient félon ! Ses os rosissent
S’irisent et crissent !
Alezan au mauve iris et au sabot serti de nacre !
Tu voles, cours, nages, t’ouvres en calice !
Levain, galop de tambourins...
Aux voiles de ta couche-fiacre
Dansent les sexes des eunuques
Enduits d’un onguent, parfum de musc
Qui imprègne ton baldaquin.
Cette chaleur, cette moiteur
Lourdes et confuses
Sont des prémices de perdition,
En quelques tours des cabalistes
Pavoisent sur ton extinction !
Si belle elle est ta Salomé !
De sa marée s’élance ta sève !
Dedans les cachots du palais
Une tête tombe, s’abat le rêve !
Ses doigts perclus de métal froid
Percolent ta colonne vertébrée :
Il n’est plus temps d’avoir la foi,
Le Christ ne peut plus te sauver.
Des licornes couleur d’absinthe
Trébuchent en tes veines torsadées,
Tu es au-delà de la crainte,
Au-delà des âmes constellées...
Les mille torches des Levantines
Sont des lueurs si désuètes
Que les pirogues encrées de Chine
Se rient de ces phares obsolètes.
Dans un flocon ceint de résine
Qu’irise la chaleur du foyer,
Maman, de sa voix alcaline,
Apaise ton corps désaffecté.
Point ne s’apaisent les fulgurances,
Ta maladie est enchantée :
Anamorphose de l’errance,
Ainsi soit-elle ta vérité !
Ton corps, à présent possédé,
Périclite par tous les pores,
Le métal fut assaisonné
De la chair fraîche de l’hellébore.
Ta rotation est planétaire :
Des fleuves de tôles torturées
À l’épicentre de lumière,
Ton âme compose, seule, aérée...
Enfin, debout et primitif,
Nu et huilé dans le Bengale,
Tu meurs dans le sang d’un chacal
Dont la peau flotte
Sur les récifs.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   socque   
30/4/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Détrompée par le titre, je ne m'attendais pas à une si riche imagerie et à une fin si tragique ! Le rythme est un peu monotone à mon goût sur la plus grande partie du poème (sauf "Une cascade de sécheresse (...) t’ouvres en calice !"), et je me dis que le poème gagnerait peut-être à des vers plus irréguliers et pas forcément introduits par une majuscule, bref à une forme plus libre.
La force du texte, pour moi, réside dans ses images, sa faiblesse dans un manque d'audace de la forme.

   Lunar-K   
14/5/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je dois dire, tout d'abord, qu'il faudrait absolument aéré la mise en page de ce texte. Comme cela, on se retrouve devant un bloc plutôt repoussant, surtout lorsqu'il s'agit de lire sur un écran. Cela permettrait sans doute aussi de mieux signaler ce changement soudain entre la troisième et la deuxième personne du singulier. Par rapport à ce changement de personne, une autre remarque. L'utilisation de "Maman" laisse entendre un autre changement, vers la première personne cette fois. J'ai trouvé ça assez étrange, le "tu" employé avec ce mot...

En ce qui concerne le texte en lui-même, j'ai trouvé la fièvre (?) de l'enfant malade assez bien rendue. Cette enchaînement d'images brèves et fulgurantes traduit particulièrement bien le délire du malade. Un (long) passage très prenant.

Malheureusement, l'écriture pêche parfois par quelques lourdeurs comme ces néologismes : "lichenesque" et vau-l'espace. Quelques soucis au niveau du rythme aussi, avec quelques vers qui m'ont paru bien long :

"C’est que le rêve devient félon ! Ses os rosissent" : J'aurai fusionné la fin de ce vers, "Ses os rossissent", avec le vers suivant...

Au final, un texte assez prenant, mais dont le souci majeur est sa présentation trop peu aérée et quelques problème de rythme et de lourdeur ici et là.

   Meleagre   
15/5/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Un ressenti assez mitigé à la lecture de ce poème.
J'aime beaucoup le sujet, défini dans la présentation ("l'enfance est le lieu de tous les possibles"), et l'idée qui sert de fil conducteur au poème : une évocation de tous les personnages qui traversent l'esprit d'un enfant, auxquels l'enfant s'identifie, dont il rêve, ou qu'il rêve d'être. Là, je m'interroge déjà sur le titre. Pourquoi "Anamorphose de l'enfance", et pas "Métamorphose de l'enfance", qui correspondrait plus à ce procédé ?

Ensuite, l'effet liste fonctionne parfois, on se laisse entraîner dans les imaginations de l'enfant, grâce à des personnages qui ont peuplé notre imaginaire à tous : les guerriers maures, les sirènes, les eunuques... Quelques belles évocations :
- "Rouge est le sang des guerriers Maures
Se mêlant à l’ivraie des fontaines"
- "L’enfant se mire et les sirènes
L’attirent de leurs voix arabesques"
- "C’est que le rêve devient félon ! "
- "Tu voles, cours, nages" : Belle adaptation de Corneille ("Va, cours, vole, et nous venge !"
- la décollation de Jean-Baptiste
"Si belle elle est ta Salomé !
De sa marée s’élance ta sève !
Dedans les cachots du palais
Une tête tombe, s’abat le rêve !"

Mais au bout d'un moment, j'ai l'impression que la machine tourne un peu à vide ; d'autres images n'ont plus la même puissance d'évocation. J'ai parfois du mal à me représenter la scène décrite, qui ne me parle pas.
- Ce chant est un susurrement,
La voix des peuplades indiennes,
Des traditions avilissantes
(Je ne comprends pas le passage des sirènes aux indiens dans la même phrase)
- Ses doigts perclus de métal froid
Percolent ta colonne vertébrée
(les doigts de qui ? que veut dire percoler ?)
- Ta rotation est planétaire :
Des fleuves de tôles torturées
À l’épicentre de lumière,
Ton âme compose, seule, aérée...
(Je comprends plus du tout)

Quelques expressions que je trouve maladroites :
- les pierres « lichenesques »...
- algues fulgurantes
- Pourtant c'est beau, c'est émouvant (un peu plat)
- Tout cela va à vau - l’espace
Et c'est l'effet d'un galet rond
- ton corps désaffecté.

Et je trouve le rythme parfois bancal. Cette suite d'octosyllabes donne au poème une vivacité qui convient bien à cette évocation rapide de personnages imaginaires. Mais pour obtenir des octosyllabes, il faut parfois élider les "e" muets avant des consonnes, d'autres fois les prononcer. Ces irrégularités freinent la lecture et l'effet n'est pas atteint.

Bref, un essai déjà partiellement réussi, mais qui mérite d'être retravaillé, pour donner plus de régularité dans le rythme et plus de force d'évocation à certaines images.

Bonne continuation.

   Lunastrelle   
15/5/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Dommage que la présentation ne soit pas davantage aérée, cette disposition en monobloc fait un peu pêcher le rythme, pour ma part... Sinon j'avoue avoir lu avec plaisir ce texte, que le titre ne laissait pas présager... Du moins, pas comme ça. L'anamorphose a tendance, pour moi, à caricaturer les choses en ne les rendant pas forcément belles(cf cartes en géographie, par exemple), mais là, j'ai été agréablement surprise.
Bon, y a quand même beaucoup de "de", "du", etc. (je n'ai pas compté combien), et quelques accrocs à la lecture.

   chachnikov   
24/5/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Il y a une bonne énergie dans cette poésie, beaucoup d'images. Mais pour ma part je le trouve trop long et pas assez aéré.

Je n'ai pas aimé le passage à la seconde personne.

J'aime beaucoup ces vers:

"Photons de sable et boîtes crâniennes"
"Dansent les sexes des eunuques"
"Ta rotation est planétaire"

Par contre celui-ci:

"Tu meurs dans le sang d’un chacal"

n'est pas à la hauteur du reste à mon goût.

Bonne continuation.

   David   
28/5/2011
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour CLieb,

La première impression, c'est un tour du monde, pas très circulaire mais il y a des "maures", des "peuplades indiennes", une "Salomé", des "pirogues encrées de chine", un "Bengale". C'est difficile de retrouver un plan d'ensemble, c'est plus oniriques au début, l'enfance et la maladie m'ont semblé planer ensembles vers la fin, comme un mélange de merveilleux et de terrible.

Ce que je comprend du titre, c'est un changement dans la continuité, un passage du temps qui n'enlèverait pas une peine plus profonde, et le texte lui-même ne le dément pas, pas forcement pour le meilleur : les mots changent mais rien ne se précisent, ne semblent aboutir dans les propos.

Le problème pourrait venir de la forme, le vers sert à la musique, à "seriner" une idée ou une image, les rimes ramènent constamment aux même sons précédents, elles peuvent gêner l'immersion, la compréhension d'une lecture. La prose poétique, un texte à base de paragraphe, peut jouer sur les sons de loin en loin, ça ouvre une autre construction d'ensemble, le texte serait plus "petit", plus facile à embrasser du regard si les vers étaient mis bout à bout. Une réécriture serait sans doute plus préférable qu'une simple remise en page.

   Anonyme   
12/10/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Je vous ai lu et relu, véritablement le texte m'a paru trop long et ennuyeux. Des mots agglutinés les uns aux autres, qui n'expriment aucune émotion. Je ne ressens cette enfance dans tout ce "foutra", car ce texte manque de légèreté et de fraîcheur, les mots sont bien trop pompeux. Je sens là davantage un discours d'adulte qui sait narrer, mais rien de plus.

J'aurais aimé quelque chose de plus vrai, surtout de plus authentique de moins tarabiscoté. Le monde de l'enfance est fait de simplicité même dans ces aventures les plus rocambolesques. Dans ce texte vous avez complétement oublié votre âme d'enfant.

Ni le fond, ni la forme ne m'ont séduit.


Oniris Copyright © 2007-2019