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Poésie libre
CLouise : Je la déteste
 Publié le 20/07/21  -  11 commentaires  -  1054 caractères  -  259 lectures    Autres textes du même auteur

« Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises. »
Guillaume Apollinaire


Je la déteste



Je sais qu'il y a des fleurs
qui se cachent sous la robe émeraude
des forêts capricieuses

Et que sous les fichus
des femmes oubliées
s'agitent des rêves morts aussi pâles que leurs peaux

Que quand la nuit recouvre
de son manteau obscur
les toits des maisons ternes

C'est pour que l'enfant seul
se cherche des histoires
pour supporter le jour

Je sais que les amours
le vin, les nappes tachées
sont à mettre sous clés

Qu'ils sont pour les orages
quand l'automne fait mourir l'été

Je sais que les frissons
et les regards charnels
servent à chauffer le corps

Les jours où le soleil
éclaire d'un jet acide
les visages abattus

Je sais qu'il nous faut vivre
dans l'ombre des secondes
et que celle qui s'efface
est celle qui ne tue pas

Je sais
que j'apprends à mourir
quand le matin je l'aime

Je n'ai pas peur de la mort
mais je la déteste


 
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   socque   
2/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je pourrais trouver trop insistant le retour des "Je sais", chipoter sur un excès d'articulation grammaticale (je sais que... et que... que quand... c'est pour que...) qui alourdit peut-être, mais j'ai pas envie. Pour moi, votre poème est intense, expressif, j'irai jusqu'à puissant. Il arrache ! À mes yeux les trois premiers vers sont superbes. Une mention aussi pour
Les jours où le soleil
éclaire d'un jet acide
les visages abattus

J'apprécie également de ne pas avoir su, jusqu'à la mention des secondes, où vous m'emmeniez. Je me suis laissé mener d'image en image, comme un échantillonnage des saveurs de la vie...

   ANIMAL   
7/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un beau poème avec de superbes images. La première strophe à elle seule donne le ton avec tout son mystère et le reste est à l'avenant. Je ne suis pas sûre d'avoir tout compris mais j'ai aimé ces sentences évocatrices énoncées avec certitude.

Si j'avais à choisir une strophe préférée, j'aurais bien du mal. Autant dire que le texte entier me plait, hormis le titre qui ne m'a pas attirée de prime abord et ne rend pas justice au contenu.

S'il s'agit d'un poème évoquant la mort, il est original par sa façon d'aborder le sujet.

   Provencao   
10/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
" Je sais
que j'apprends à mourir
quand le matin je l'aime "


J'ai beaucoup aimé ces vers qui nous entraînent à puiser profond : à la source de ce matin ; à ce soleil qui éclaire, à ces fleurs qui s'échappent....

Apprendre à mourir dans votre poésie s’y révèle être un don qui vous envahit et vous renvoie à un mystère....

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Eskisse   
20/7/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour CLouise,

Superbe poème qui vous donne une claque par sa beauté.

Les deux premières strophes évoquent des choses cachées, des secrets à moitié révélés par la narratrice, et une protection bienvenue pour supporter les traumatismes enfouis :
"C'est pour que l'enfant seul
se cherche des histoires
pour supporter le jour"

La cinquième strophe, pour moi, dit une douleur muette.
Celle sur le temps est magnifique :
"et que celle qui s'efface
est celle qui ne tue pas"

Le leitmotiv " je sais" contient une appréhension aiguë de la vie.

En fait j'ai plus envie de lire ce poème et de le relire que de le commenter ( je crois que je ne trouve pas les mots ... )

   papipoete   
20/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Clouise
" je sais, je sais tant de choses qui me font aimer la vie ; je sais que les regards de celui-là, ne visent qu'à lui échauffer le corps et l'esprit ; l'ombre... celle qui s'efface est celle qui ne tue pas ! Mais la faucheuse qui me guette à l'affût, ne me fait pas peur ! "
NB " je la déteste, la mort... " et cependant l'on peut la supplier de venir, et nous prenant, abréger une agonie de chair et d'esprit.
endormi provisoire à l'opium, puis pour toujours sous poison létal, on part ailleurs sans blêmir, ni frémir.
savoir qu'entre les mains de l'Inquisition, on sera " tourmenté "...
Aussi, je partage votre réflexion, selon le quai duquel on plie bagage !
Des strophes inégales ; j'aime bien la 3e et 4e qui s'enchaînent... malgré le départ de ligne ( C'est pour... ) par une majuscule ?
Un bémol à la 3é strophe avec ce " quand/que "
Un texte intéressant pourtant, malgré l'absence de ponctuation, et mon avis en demi-teinte sur la question !

   Lariviere   
20/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"C'est pour que l'enfant seul
se cherche des histoires
pour supporter le jour"

Bonjour,

J'ai choisi cette strophe pour illustrer la beauté toute réflexive de ce poème mais j'aurais pu en choisir d'autre tant l'ensemble est de qualité et impactant... J'aime aussi beaucoup l'image de ces femmes aux fichus où s'agitent des rêves morts...

J'ai beaucoup aimé ce poème aux vers aussi beau que sentencieux. La fin est très bonne également.

Merci pour cette lecture et bonne continuation !

   Pouet   
20/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Slt,

rien de très pertinent à ajouter à ce qui a déjà été dit concernant la qualité des images de ce poème.

Pour moi ce sera la neuvième strophe sur le Temps qui aura ma préférence.

Une lecture fort agréable ma foi.

Menu détail et bien sûr selon mon avis fort subjectif, les deux vers finaux m'apparaissent superfétatoires.

Au plaisir.

   Davide   
20/7/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour CLouise,

C’est noir et lancinant, pour ne pas dire désespéré.

"Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises"

L’exergue, superbe, offre une première image allégorique de cette course du temps, image qui deviendra le fil rouge de ce poème litanique. Car du fond des ténèbres, comme une trame à peine affleurant, j’ai ressenti l’aveu mutilé d’une profonde plaie que rien ne peut guérir, pas même l’espoir.

Les images se relayent comme une pluie de larmes sèches, nues et tranchantes, elles se savent condamnées. L’écrin de beauté, au coin du cœur, a depuis longtemps jeté la clef dans l’eau salée de la rivière du temps. Et lorsque l’acidité des jours consume et la vie et la joie, l’ombre devient le seul repère/repaire, la seule sécurité, le seul réconfort.

"Je sais qu’il nous faut vivre
dans l’ombre des secondes
et que celle qui s’efface
est elle qui ne tue pas
"

"Je n’ai pas peur de la mort
mais je la déteste
"

Je trouve très expressive, et très expansive aussi, cette conclusion (les trois dernières strophes, en fait), qui tombe comme un couperet sur l’évidence. Comment percevoir l’infatigable procession du temps lorsqu’on se calfeutre "dans l’ombre des secondes" ? Comment avoir peur de la mort lorsqu’on n’espère plus de vivre, reclus dans sa "sombreur", au verso de l’existence ? Dans les bras de toutes ces métaphores en velours-poésie - la poésie est un baume -, face à l’épreuve de la vie, suinte une a-larme qui, elle seule, sait de quoi elle parle. Et on l'entend, et on l'écoute. Je l’avoue, un poème dont la sincérité et le chant désespéré m’ont ému, vraiment.

   Beaufond   
22/7/2021
C'est le plus beau poème que j'aie lu récemment, et il faut se baisser pour qu'il s'approche, comme aux timidités peureuses d'un chat aux prunelles d'aurore. C'est peut-être dans cette fragilité et cette discordance rythmique que le vers libre prend tout son sens, comme parfois chez Éluard, comme dans les mots de tous les jours. Je n'aurais moi-même pas évoqué la mort, qui me gâche un peu la chute — il n'y a pas besoin de chute à ces vertiges : ce n'est pas le mouvement mais le sentiment de mouvance — mais l'aurais laissée à son ombre, devinée, faire confiance au lecteur.
C'est touchant, sensible, évocateur, plein d'une maladresse fraîche féline adorablement.
Je ne sais si cette réussite est maîtrisée ou heureuse, mais le résultat est là : le poème est sublime.

Merci.

   Myo   
22/7/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une atmosphère toute en évanescence, en suggestions délicates, en touches légères.
Beaucoup de sensibilité dans ces mots là et un thème abordé avec beaucoup d'originalité.

Un grand bravo.

   sauvage   
27/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour CLouise,

globalement, de très beaux passages parcourent le poème. J'apprécie particulièrement les deux strophes de départ.

J'y ressens une recherche de symétrie dans la construction avec ce "je sais que" et la découpe presque obligée en tercet. Peut-être qu'un travail plus important sur la forme aurait fait gagner encore plus de force à ce poème ? Cela aurait évité le "que quand" du début de la troisième strophe, disgracieux par rapport au reste. C'est mon sentiment.

De la même manière, le poème aurait pu se terminer une strophe plus tôt par exemple, et le titre être changé et plus nuancé.

J'aime ce poème et j'y vois des possibilités formidables d'amélioration !

Au plaisir de vous lire à nouveau.

sauvage


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