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Poésie classique
Concours : Ce matin [concours]
 Publié le 01/10/20  -  13 commentaires  -  1355 caractères  -  225 lectures    Autres textes du même auteur

Thème : Demande à la poussière.


Ce matin [concours]



Ce texte est une participation au concours n°29 : Histoire de tombes et poésie de poussière...
(informations sur ce concours).





Le liquide fumant embaume le silence.
Lentement, la chaleur réveille mes doigts gourds
Mais mon esprit est loin, près des nuages lourds,
Et la vapeur du thé sur la vitre condense.

À présent le ciel pleut, de tout son soûl, sans fin.
Sans doute la poussière à la terre se mêle,
Dans cette ultime offrande où la mort se révèle,
Semence d’avenir dans l’eau de ce chagrin.

Je le sais, tout est dit quand se ferme le livre
Qui signe ton histoire en un dernier regard.
Seule, je reste là, le cœur soudain hagard
Comme l’est l’orphelin que plus rien ne délivre.

Chaque pas coûte tant sur ce nouveau chemin
Où manquent ton sourire et ta main généreuse.
Je l’emprunte, hésitante, à l’heure douloureuse,
Cueillant d’un souvenir la force pour demain.

Et pourtant, ce matin, la lumière était tendre.
Le vent prenait son temps dans les bleus muscaris.
Un oiseau s’est posé sur la croix vert-de-gris,
Lorsque l’homme a vidé le petit tas de cendre.


 
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   Angieblue   
8/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est vraiment magnifique!

Superbe l'allitération en "l" dans les 3 premiers vers.
Par contre, le 4ème est un peu moins à la hauteur.

Excellent aussi les 3 premiers vers du 2ème quatrain où le thème est subtilement amené. Mais, encore une fois, le quatrième fait un peu retomber le niveau. Le "ce" devant chagrin est un peu maladroit et ça ne sonne pas très bien.

Mais quelle merveille ces 3 vers:
"À présent le ciel pleut, de tout son soûl, sans fin.
Sans doute la poussière à la terre se mêle,
Dans cette ultime offrande où la mort se révèle,"


Jolies les rimes riches du 3ème quatrain, cependant le contenu est un peu moins transcendant que ce qui précède.

Belle et émouvante la strophe 5.

Et enfin, sublime la dernière strophe avec l'oiseau, les bleus muscaris et la croix vert-de-gris. C'est visuel et délicieusement poétique. Parfait aussi le dernier vers qui renvoie au thème.

C'est du très haut niveau! Bravo pour cette belle inspiration et cette parfaite maîtrise de la prosodie classique.

   socque   
9/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je trouve que ces quatrains pudiques disent bien la perte, commençant sur une scène domestique anodine pour finir sur le poignant des funérailles. Les deux derniers vers sont mes préférés. Le rythme me paraît fluide, l'expression directe.

Une réserve cependant sur
le cœur soudain hagard
qui, à mes yeux, se situe à la limite du pathos, du mauvais côté.

   pieralun   
1/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
La douleur, le souvenir peuvent être sources de poésie si ces deux sentiments sont suggérés, effleurés, esquissés.

En revanche, si l’expression d’un sentiment très fort ne trouve pas de filtre au travers des mots, des métaphores, des évocations, le résultat peut être catastrophique malgré que la douleur, la colère, l’abattement...e.t.c, soient extrêmement sincères.

Il me semble qu’ici, la douleur liée à la perte d’un être cher est à l’image de la poésie qu’elle fait naître.

Bien des vers de ce poème m’ont emportés, mais je retiens essentiellement les deux derniers quatrains: superbes

Un très beau poème pour ce concours,

bravo à l’auteur et toute mon admiration.

   Cristale   
1/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Oui, un très joli classique.
Quelques rimes un peu usitées et d'autres manquant de force mais l'ensemble est de bon aloi.
Une histoire prégnante où le manque de l'être cher imprime la douleur dans l'âme et le corps de celle qui lui survit, tant bien que mal.

"Et pourtant, ce matin, la lumière était tendre.
Le vent prenait son temps dans les bleus muscaris.
Un oiseau s’est posé sur la croix vert-de-gris,
Lorsque l’homme a vidé le petit tas de cendre."

J'aime beaucoup ce dernier quatrain mais je me demande pourquoi c'est un homme, qui semble dans l'écrit parfaitement inconnu, qui a vidé l'urne de ses cendres.

Oui, un beau poème que j'ai eu plaisir à lire.

Cristale

   papipoete   
1/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour
Le jour s'est levé alors qu'il fait nuit dans mon coeur ; le ciel est de la partie avec ses foudres de larmes, qu'il déverse au sol comme s'il voulait partager partager avec moi, par toi ce retour à la poussière...
Ce matin, il ne pleut plus ; je ne pleure plus, un oiseau l'a vu, et s'est perché là où tes cendres se répandent...
NB coïncidence au moment où j'écris ces lignes : le ciel pleure à chaudes larmes ; le glas vient de résonner, on accompagne un défunt vers sa destinée de mortel... à la poussière.
L'héroïne au coeur si lourd est seule à présent ; le livre de son compagnon est à jamais fermé. Le chemin sans lui sera bien rocailleux désormais, et pourtant cet oiseau perché tout près du " jardin du souvenir " semble lui dire " je suis là " comme la voix de celui qui s'est éteint...
L'avant-dernière strophe annonce le " programme " qui nous attend, quand s'approche l'heure de la sortie ; la dernière nous tire un dernier sourire...un ultime rayon de soleil.
De beaux alexandrins classiques semblent là pour dire à l'auteure " vous plaît-on Madame ? "

   Lebarde   
1/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Il faut bien continuer à vivre et marcher seul(e), sur ce nouveau chemin maintenant que le livre se ferme sur ton histoire.

"Et pourtant, ce matin, la lumière était tendre.
Le vent prenait son temps dans les bleus muscaris.
Un oiseau s’est posé sur la croix vert-de-gris,
Lorsque l’homme a vidé le petit tas de cendre."

Rien ne pourra adoucir la peine de l'instant:

" À présent le ciel pleut, de tout son soûl, sans fin.
Sans doute la poussière à la terre se mêle,
Dans cette ultime offrande où la mort se révèle,
Semence d’avenir dans l’eau de ce chagrin."

Restera à cueillir dans le "souvenir la force pour demain."

Il faudrait tout citer de ce poème magnifique tant les vers (tous les vers) dégagent une sensibilité, une tristesse infinie et résignée pourtant presque sereine, une élégance et une maitrise dans l'écriture qui vaudront à son auteure à coup sûr, estime et lauriers.

Quoi dire de plus? Alors je me tais pour relire.

Merci

Lebarde admiratif

   Corto   
1/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce poème est une véritable source d'émotion partagée.

Le premier quatrain introduit joliment la scène, avec douceur mais précision vers la douleur qui se précise ensuite.

Parmi de très beaux vers je relève volontiers
"Je le sais, tout est dit quand se ferme le livre
Qui signe ton histoire en un dernier regard".

Le cheminement est tracé sans dissimulation, jusqu'au dernier quatrain superbe, dont le dernier vers poignant.

Bravo à l'auteur.

   Luz   
1/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

J'ai beaucoup aimé ; tout, chaque vers, le rythme particulier comme une blessure ouverte à chaque fin de strophe, la douleur dans une ambiance qui semble malgré tout apaisée.
En particulier, la deuxième strophe est d'une grande profondeur.
Merci.

Luz

   Anje   
1/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
S'agissant de la catégorie classique, la première strophe m'étonne un peu avec "fumant embaume" que j'entends han han mais surtout avec "esprit est". Le t de esprit ne se liant pas, n'a-t-on pas ici un hiatus ? Ce n'est pas pour être grincheux mais on a vu des poèmes changer de catégorie pour cette raison. Un éclaircissement, un autre avis ne serait pas inutile d'où ma question.

Hormis cette remarque de forme, j'ai eu un coup de cœur pour ces vers et notamment les quatre derniers.

Bravo, mais comprenez qu'à cause de mon interrogation, je baisse un peu le curseur.

   plumette   
2/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
la tristesse se pare de beauté pour exprimer la douleur de l'absence.

beaucoup de délicatesse dans ce poème à la fois simple et raffiné.

les deux dernières strophes ont ma préférence. La dernière est très visuelle, et je trouve qu' elle apporte une touche de légèreté. La narratrice ( Seule) a encore la capacité de voir les beautés de ce petit tableau à la lumière tendre...

Bonne chance pour le concours

   Ioledane   
3/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un beau poème classique dont j'ai ressenti l'émotion, tout particulièrement au dernier quatrain que je trouve superbe.

J'ai buté légèrement sur deux passages :
- "la vapeur du thé sur la vitre condense" : je pensais que le verbe condenser s'emploierait plutôt ici à la forme pronominale ?
- "Comme l'est l'orphelin que plus rien ne délivre" : l'image ne me semble pas des plus évidentes pour illustrer le cœur hagard.

"Chaque pas coûte tant sur ce nouveau chemin
Où manquent ton sourire et ta main généreuse" :
Ces deux vers sont poignants de simplicité.

Un très beau poème dans l'ensemble, fluide et plein de sensibilité.

   Lulu   
11/10/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Impression dominante après ma première lecture : quelle douceur ! C'est à la fois tendre et doux, agréable à lire.

Je ne connaissais pas ce qu'étaient les muscaris... Une recherche en parallèle m'aura confortée dans la première impression que m'a laissée ce poème.

J'ai trouvé l'ensemble si beau que j'en ai oublié la forme, dans un premier temps, réalisant que la poésie, ici, comme parfois, dépasse largement la catégorie dans laquelle le poème s'inscrit.

Très beau poème classique cependant. Le choix des quatrains m'a plu, ainsi que le choix pertinent de la ponctuation.

Le premier quatrain laissait supposer tant de perspectives. Je n'imaginais pas où il allait nous mener. La tonalité est au chagrin, finalement, mais la douceur l'emporte, la poésie étant au coeur des mots.

J'ai beaucoup aimé ce vers qui retient toujours mon attention un peu plus que d'autres :
"Sans doute la poussière à la terre se mêle"
L'inversion y est sûrement pour quelque chose.

En relisant ce poème, plus imprégnée par l'ensemble et après y avoir lu l'intention, cette poésie me touche plus encore. Le rythme me semble lent, tranquille mais aussi pas dénué d'espoir. Le présent, "Ce matin" est à la fois l'instant où le souvenir revient et celui qui est aussi ailleurs, au creux d'un regard poétique.

Merci du partage.

   BlaseSaintLuc   
19/10/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
bleus ou plutôt violets les muscaris , c'est celons le regard du poète sur la fleur .
le deuil est plus que présent , chagrin sans amertume , posthume et tendre , pas de raideurs dans le costume .
les vers se tiennent debout , dans le jardins des morts , pour une fois c'est assez rare pour ne pas s'en réjouir .
j'espère que je vous manque un peu , moi si rare sur le marbre ONIRIEN.
mais ..."le liquide fumant embaume le silence"


Oniris Copyright © 2007-2020