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Poésie néo-classique
Concours : International [concours]
 Publié le 02/09/26  -  7 commentaires  -  1507 caractères  -  208 lectures    Autres textes du même auteur

Terza rima du genre humain.


International [concours]



Ce texte est une participation au concours n° 42 : La tolérance
(informations sur ce concours).





Je rêve d’un pays, mais le regret me point,
Mes frères étrangers, pérégrins ou bohèmes,
De n’avoir pas le mot, ni la vigueur du poing

Qui lève une bannière, ou compose un poème
Égal au sentiment que je berce en mon cœur.
Vienne le temps bientôt, conjurant l’anathème,

Qui verra s’écouler de vos yeux la liqueur,
Le son de votre peau, le goût de votre langue
Rugueuse à mon palais ; et le bruit, et l’odeur

De lointains familiers, le sucre de la mangue
Et la pure âcreté de vos arabicas,
Intime vibration d’une note qui tangue

Puis s’enroule à mes sens ; la poudre paprika
Ornant d’un liserai vos ciels au crépuscule,
Quand le soleil unit ses geysers délicats

À la mer indigo, lorsque l’astre éjacule,
D’une ultime flammèche, un cachet séminal
Sur la vaste étendue. Tant me darde et me brûle

L’opiniâtre désir d’un international !
Je rêve d’un pays – pourtant la peur m’afflige
De voir anéanti son âge germinal

Bien avant que je n’en pressente le vertige
– Dont le parler créole, et le culte pluriel,
Et la batarsité exaltent le prestige.

Je crève d’un pays s’il n’est pas arc-en-ciel.


 
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   Provencao   
2/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bonjour,

"Je crève d’un pays s’il n’est pas arc-en-ciel"

Vers soufflé, à la fois poétique et réel, accent, pour le moins, tout à fait comme un dicton infans, définitivement :

Une poésie écourtant toute clarté. Accent encore non usité, cadrant toute vérité, accent encore supportant d’être aphasique...

Cordialement

Bon courage pour le concours.

   Cristale   
2/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Petite remarque : "ornant d'un liseré" et non "ornant d'un liserai", erreur d'orthographe qui me fait juger l'écriture de cette terza rima convenable.

Liqueur, sucre, mangue, un poème gourmand pétri d'une sensualité offrant une sexualité aux grands éléments de la nature.

L'ensemble est joliment coloré dans un langage peu banal.

"À la mer indigo, lorsque l’astre éjacule,
D’une ultime flammèche, un cachet séminal
Sur la vaste étendue. Tant me darde et me brûle

L’opiniâtre désir d’un international !"

Un rejet remarquable.

Est-ce tolérance que s'accepter les uns les autres pour créer ce pays arc-en-ciel ?

J'aurais poussé le curseur sur un effort supplémentaire concernant la versification.

   Donaldo75   
2/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
J'ai trouvé ce poème abouti de par son originalité, dans l'exposition du thème, la tonalité déployée, la forme choisie. Il s'égrène sur le ruban magnétique, enjambant de ses tercets des vers parfois improbables et qui font de cette poésie une forme improbable, plus Braque que Monnet. Le dernier vers est d'autant plus remarquable qu'il a été amené au niveau du sens par la composition entière.

Bravo !

   jf2   
2/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
On voyage avec tous ses sens grâce à ce poème aux accents exotiques.

J'ai beaucoup aimé "le son de votre peau" et "la poudre paprika ornant d'un liseré...".

Quelques mots un peu rares ajoutent un parfum d'étrangeté (pérégrins, batarsité)

En revanche, je regrette les deux vers :

À la mer indigo, lorsque l’astre éjacule,
D’une ultime flammèche, un cachet séminal

L'image est trop crue à mon goût et éclipse un peu le reste d'un poème somme toute plutôt doux.

Le dernier vers est un cri du cœur et que c'est beau un arc-en-ciel...

   Pussicat   
2/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
« Je rêve d’un pays, mais le regret me point,
Mes frères étrangers, pérégrins ou bohèmes,
De n’avoir pas le mot, ni la vigueur du poing

Qui lève une bannière, ou compose un poème
Égal au sentiment que je berce en mon cœur. »

Le texte commence par un aveu de faiblesse de ne pouvoir s’acquitter de la tâche imposée, étrange, n’est-il pas (?). « frères étrangers » je remarque un angle partagé par les participants de ce concours de placer la tolérance sous le patronage de l’étranger, l’immigré, frères et sœurs humains.

Suit une phrase qui se déploie sur 4 strophes « Vienne le temps bientôt, […] Sur la vaste étendue. » ! une prouesse où l’auteur dévoile sa maîtrise de l’enjambement et l’étendue de son vocabulaire poétique épicé d’une audace un peu trop audacieuse « lorsque l’astre éjacule, D’une ultime flammèche, » et d’un clin d’œil à l’histoire (est-ce volontaire ?) avec le mot de J. Chirac sur « le bruit et l’odeur » demeuré célèbre.

J’apprécie la reprise du néologisme créé par Danyèl Waro « batarsité », poète et musicien réunionnais qui a popularisé le maloya (j’ai eu le plaisir d’assurer la communication de ses concerts à plusieurs reprises, fermons la parenthèse).

L'auteur révèle l'impossibilité de la tolérance, elle est désir, rêve, elle est pays imaginé, elle se révèle sous des images.

Tous mes encouragements pour le concours

   NoraHault76   
8/9/2026
trouve l'écriture
très perfectible
et
n'aime pas
Bonjour,

Je salue l'effort sur le thème de l'ouverture et du métissage, parfaitement dans le sujet du concours. Cependant, je n'ai pas été convaincue par l'exécution.

L'accumulation d'images très hétérogènes (des épices à des métaphores anatomiques ou cosmogonielles assez crues comme « l'astre éjacule ») m'a semblé trop chargée et m'a détachée de l'émotion. De plus, le vocabulaire très recherché crée un fort décalage avec une conclusion beaucoup plus triviale (« je crève d'un pays »).

Pour ces raisons de fluidité et d'excès de style, je trouve l'écriture très perfectible.

Bonne continuation pour le concours.

   VanEger   
16/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Décidément les belles plumes poétiques d’Oniris ont été mises en verve par le thème de la tolérance.
Autant vous l’avouer tout de suite, savoir si vous avez correctement réglé l’alésage de la mécanique de votre poème, c’est le cadet de mes soucis. Je ne suis pas puriste.
Là où je commence à renauder un peu, c’est que je lis un texte où la tolérance se trouve une fois de plus roulée dans la farine. A quelles fins ? Servir de véhicule à une idéalisation fortement dépourvue de nuances et de subtilité de l’exotisme aux couleurs criardes et aux fortes senteurs (notez que j’ai dit « senteurs », pas « odeurs »), à l’édification en mythe d’un ailleurs « forcément sublime » et d’un salut ne pouvant être apporté que de l’extérieur. Sous-entendu : nous autres, à l’intérieur, ne pouvons être qu’intolérants, donc moches et cons.
Je commence à trouver lassant qu’on instrumentalise la poésie pour se livrer à des exercices d’autoflagellation qui n’ont même pas le mérite de vendre un peu de rêve.
Vous voulez de la tolérance, de l’acceptation de l’autre sans jouer les chiens couchants ? Lisez Christian Bobin, lisez François Cheng, lisez Charles Juliet ou René Frégni, nom de Dieu ! De grâce oubliez les antiennes de votre catéchisme bobo. Julien Benda (« La trahison des clercs ») nous en avertissait déjà : "Il ne faudrait pas prendre pour de la pensée l'art de jongler avec les sophismes comme Roubert-Houdin avec ses gobelets ou le simple talent littéraire".
Mes vœux de succès néanmoins.


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