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Poésie contemporaine
Concours : Ma vision de la tolérance [concours]
 Publié le 01/09/26  -  7 commentaires  -  1293 caractères  -  146 lectures    Autres textes du même auteur

La tolérance est un leurre, pas autre chose.


Ma vision de la tolérance [concours]



Ce texte est une participation au concours n° 42 : La tolérance
(informations sur ce concours).





La tolérance est fille de l'hypocrisie,
Elle permet d'aimer ce que nous n'aimons pas
Et d'affirmer haut ce qui est une hérésie.

À tous les bien-pensants qui gobent le repas
De croire que tous les hommes sont des frères
Je leur montre l'inverse mais tout bas

Pour ne point subir les foudres arbitraires
D'un monde fait de rêves et d'illusions.
Mais n'ayons crainte et soyons téméraires,

Des humains différents pratiquent l'exclusion
Où chacun veut imposer souvent par la force
L'arithmétique de la division.

L'arbre est protégé des atteintes par l'écorce
Mais l'âme est nue malgré les os
Devant les plus nombreux qui bombent le torse.

Non, on n'autorise pas la grosseur des roseaux
Qui doivent être fluets dans la mare,
Pas plus que les sanguinaires oiseaux

Qui pour les charognes se bagarrent.
Tolérance, irénique impossibilité
Rêverie, tromperie, cauchemar,

Tu n'es qu'une enfant de l'irréalité.


 
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   Provencao   
12/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour,

"Non, on n'autorise pas la grosseur des roseaux
Qui doivent être fluet dans la mare,
Pas plus que les sanguinaires oiseaux

Qui pour les charognes se bagarrent.
Tolérance, irénique impossibilité
Rêverie, tromperie, cauchemar,

Tu n'es qu'une enfant de l'irréalité."

La présence des phénomènes naturels, tel: la grosseur des roseaux ressentie insiste et émeut mais est presque inaboutie dans le ressenti de cette particularité qui nous attire tant.

Cet enfant de l'irrealité sait qu’elle, qu'il cherche à renommer un monde déjà irreel...l'étant lui-même.

J'ai bien aimé cette atmosphère à la fois claire et ambiguë.

Bonne chance pour le concours!

   Pussicat   
1/9/2026
« La tolérance est fille de l'hypocrisie,
Elle permet d'aimer ce que nous n'aimons pas
Et d'affirmer haut ce qui est une hérésie. »

La tolérance n’invite pas à permettre « d'aimer ce que nous n'aimons pas », mais d’accepter que l’autre aime ce que nous n’aimons pas. Elle n’oblige pas, elle ne ferme pas, elle ouvre, en produisant un effort évidement de reconnaître le multiple. (je m’avance peut-être).

« Des humains différents pratiquent l'exclusion
Où chacun veut imposer souvent par la force
L'arithmétique de la division. »

Énoncer que des sociétés pratiquent l’intolérance ne veut pas dire que la tolérance n’est pas inscrite dans la pratique d’autres sociétés humaines. « Des humains différents », je tique. « L'arithmétique de la division », pas mal !

« Qui pour les charognes se bagarrent. » j’aurais bien lu « des charognes »

« Non, on n'autorise pas la grosseur des roseaux
Qui doivent être fluets dans la mare,
Pas plus que les sanguinaires oiseaux

Qui pour les charognes se bagarrent. » Il est question de normes ici, de lois, non de tolérance, mais je me trompe peut-être.

L’écriture est maîtrisée, belle écriture, la phrase se tient seule et déroule le propos (mais le déroule t-elle vraiment ?) sur une série d’enjambements remarquables et remarqués (ne soyons pas avare). Il y a du style, des fondations fortes qui tiennent l’ensemble (j'évoque l'écriture et non ce qu'elle déploie comme pensée), toutefois il me semble que le texte ne touche pas sa cible.

Le titre pour commencer, je lis plus une impossibilité de tolérance qu’une vision. La tolérance est une chimère qui vous/nous trompe et ceux qui la prônent, des « bien-pensants », choisi comme dépréciatif.

Le texte nous promet une explication du propos liminaire (À tous les bien-pensants qui gobent le repas /
De croire que tous les hommes sont des frères / Je leur montre l'inverse mais tout bas) mais à aucun moment dans le texte je ne lis cette promesse ?

Vision brute, brutale, de la société des hommes qui doit se débarrasser de sa paire de lunettes de la marque Tolérance (Mais n'ayons crainte et soyons téméraires,) afin de vivre sa nature animale et laisser libre cours à ses instincts : les plus forts règnent, les plus faibles les servent.

Tous mes encouragements pour le concours,

Edition : correction de coquilles + l'auteur veut-il provoquer un choc dans son opposition réel / irréel - nature / société - hypocrisie / nature humaine : l'intolérance serait le début de l'hypocrisie, un consentement pour faire naître le vivre-sensemble.

   Donaldo75   
2/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Eh bien, ça commence fort !
"La tolérance est fille de l'hypocrisie,
Elle permet d'aimer ce que nous n'aimons pas
Et d'affirmer haut ce qui est une hérésie."

Et nous en prenons une au passage.
"À tous les bien-pensants qui gobent le repas
De croire que tous les hommes sont des frères
Je leur montre l'inverse mais tout bas"

Les bien-pensants ! Cela me remémore sur ce site le terme "politiquement correct" employé par des nervis de la radicalité qui se prenaient pour des rebelles sur le forum et employaient cette terminologie dès que la contestation dépassait leur capacité de réponse.

Fermons la parenthèse.

De quoi parle ce texte ? Il présente une critique radicale de la tolérance, présentée non comme une vertu, mais comme une illusion hypocrite, un mensonge social qui masque la violence, l’exclusion et la domination entre les humains. La conclusion est que la tolérance n’est pas un idéal moral, mais une fiction commode qui dissimule la brutalité réelle des rapports humains.

Chacun sa vision, comme je suis bien-pensant, je n'émets pas de jugement de valeur sur cette thèse.

La forme ? Les images sont capillotractées - comme on dit chez les littéraires - surtout dans la seconde partie, ce qui lui fait perdre de la force au regard de la radicalité exprimée dans les vers précédents. C'est un peu comme essayer de faire un œuf dur avec de l'eau tiède.

   Passant75   
2/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
En lisant ce texte, je n’ai pu m’empêcher de penser à Claudel et à sa boutade qu’il voulait spirituelle, « La tolérance ? Il y a des maisons pour ça ! ». Mais tolérer ce n’est pas aimer ou feindre d’aimer ce que l’on désapprouve, c’est accepter que d’autres pensent différemment et ne pas les exclure. Par ailleurs, traiter ceux qui pensent différemment de bien-pensants est la réponse classique et facile de ceux qui n'ont pas d'autres arguments.

La tolérance, telle que l'évoquait notamment Voltaire, n’a rien d’hypocrite ; la considérer comme une forme de faiblesse ne pouvant mener qu’à la violence m’apparaît comme un sophisme, elle est plutôt un juste milieu entre le conformisme et le rejet. Condamner l’exclusion en excluant la tolérance relève d’un argument paradoxal, l’auteur oppose les prétendus lucides aux naïfs et aux hypocrites. Mais réduire la tolérance à une tromperie est non seulement excessif, mais encore contradictoire. La tolérance dissimulerait la violence, mais celle-ci n’est-elle pas la fille de l’intolérance ? Mais comme le reconnaît l’auteur dans le titre de son propos, ce n’est là que sa vision !

   Heloise   
3/9/2026
trouve l'écriture
très perfectible
et
aime un peu
C'est drôle et divertissant. Je suis d'accord, quand on présente la tolérance sous cet angle d'amour etc ça donne envie de partir en courant.
Parcontre, à part le fonds qui est plaisant, la formr est pitoyable. Le rythme est très très haché. La poésie est absente. Mais je suppose que l'auteur s'est bien amusé.

   Boutet   
3/9/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime bien
Je trouve ce poème puissant et provocateur car il remet en question une valeur que l’on considère souvent comme positive sans réfléchir à ses limites.
J’apprécie particulièrement l’opposition entre l’idéal de tolérance et la réalité de l’exclusion et des rapports de force.
J'aime moins le traitement du sujet. Certes, il est publié en contemporain, forme plus libre prosodiquement parlant, mais la lecture se trouve être hachée avec des vers dont la métrique syllabique n'est jamais la même et c'est bien dommage. Perfectible pour l'écriture et bien pour l'originalité du fond.
Le thème est respecté. Bonne chance pour le concours.

   VanEger   
5/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
"La tolérance, c'est quand on connaît des cons et qu'on ne dit pas les noms" (Pierre Doris).
Vous voyez, un fantaisiste qui n'avait certes pas la réputation d'être un profond philosophe a eu besoin de moins de mots que vous pour dire la même chose.

Sur la forme, votre maîtrise est indéniable.
Sur le fond je pense de plus en plus que le thème n'est pas adapté à la forme imposée.

C'est comme si on demandait à Marceline Desbordes-Valmore de faire un poème sur l'IVG.

Par contre j'aime bien "À tous les bien-pensants qui gobent le repas
De croire que tous les hommes sont des frères",
ce qui sauve votre texte d'un ressenti négatif.


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