|
|
|
| Provencao
12/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
|
Bonjour,
"Non, on n'autorise pas la grosseur des roseaux Qui doivent être fluet dans la mare, Pas plus que les sanguinaires oiseaux Qui pour les charognes se bagarrent. Tolérance, irénique impossibilité Rêverie, tromperie, cauchemar, Tu n'es qu'une enfant de l'irréalité." La présence des phénomènes naturels, tel: la grosseur des roseaux ressentie insiste et émeut mais est presque inaboutie dans le ressenti de cette particularité qui nous attire tant. Cet enfant de l'irrealité sait qu’elle, qu'il cherche à renommer un monde déjà irreel...l'étant lui-même. J'ai bien aimé cette atmosphère à la fois claire et ambiguë. Bonne chance pour le concours! |
| Pussicat
1/9/2026
|
« La tolérance est fille de l'hypocrisie,
Elle permet d'aimer ce que nous n'aimons pas Et d'affirmer haut ce qui est une hérésie. » La tolérance n’invite pas à permettre « d'aimer ce que nous n'aimons pas », mais d’accepter que l’autre aime ce que nous n’aimons pas. Elle n’oblige pas, elle ne ferme pas, elle ouvre, en produisant un effort évidement de reconnaître le multiple. (je m’avance peut-être). « Des humains différents pratiquent l'exclusion Où chacun veut imposer souvent par la force L'arithmétique de la division. » Énoncer que des sociétés pratiquent l’intolérance ne veut pas dire que la tolérance n’est pas inscrite dans la pratique d’autres sociétés humaines. « Des humains différents », je tique. « L'arithmétique de la division », pas mal ! « Qui pour les charognes se bagarrent. » j’aurais bien lu « des charognes » « Non, on n'autorise pas la grosseur des roseaux Qui doivent être fluets dans la mare, Pas plus que les sanguinaires oiseaux Qui pour les charognes se bagarrent. » Il est question de normes ici, de lois, non de tolérance, mais je me trompe peut-être. L’écriture est maîtrisée, belle écriture, la phrase se tient seule et déroule le propos (mais le déroule t-elle vraiment ?) sur une série d’enjambements remarquables et remarqués (ne soyons pas avare). Il y a du style, des fondations fortes qui tiennent l’ensemble (j'évoque l'écriture et non ce qu'elle déploie comme pensée), toutefois il me semble que le texte ne touche pas sa cible. Le titre pour commencer, je lis plus une impossibilité de tolérance qu’une vision. La tolérance est une chimère qui vous/nous trompe et ceux qui la prônent, des « bien-pensants », choisi comme dépréciatif. Le texte nous promet une explication du propos liminaire (À tous les bien-pensants qui gobent le repas / De croire que tous les hommes sont des frères / Je leur montre l'inverse mais tout bas) mais à aucun moment dans le texte je ne lis cette promesse ? Vision brute, brutale, de la société des hommes qui doit se débarrasser de sa paire de lunettes de la marque Tolérance (Mais n'ayons crainte et soyons téméraires,) afin de vivre sa nature animale et laisser libre cours à ses instincts : les plus forts règnent, les plus faibles les servent. Tous mes encouragements pour le concours, Edition : correction de coquilles + l'auteur veut-il provoquer un choc dans son opposition réel / irréel - nature / société - hypocrisie / nature humaine : l'intolérance serait le début de l'hypocrisie, un consentement pour faire naître le vivre-sensemble. |
| Donaldo75
2/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
|
Eh bien, ça commence fort !
"La tolérance est fille de l'hypocrisie, Elle permet d'aimer ce que nous n'aimons pas Et d'affirmer haut ce qui est une hérésie." Et nous en prenons une au passage. "À tous les bien-pensants qui gobent le repas De croire que tous les hommes sont des frères Je leur montre l'inverse mais tout bas" Les bien-pensants ! Cela me remémore sur ce site le terme "politiquement correct" employé par des nervis de la radicalité qui se prenaient pour des rebelles sur le forum et employaient cette terminologie dès que la contestation dépassait leur capacité de réponse. Fermons la parenthèse. De quoi parle ce texte ? Il présente une critique radicale de la tolérance, présentée non comme une vertu, mais comme une illusion hypocrite, un mensonge social qui masque la violence, l’exclusion et la domination entre les humains. La conclusion est que la tolérance n’est pas un idéal moral, mais une fiction commode qui dissimule la brutalité réelle des rapports humains. Chacun sa vision, comme je suis bien-pensant, je n'émets pas de jugement de valeur sur cette thèse. La forme ? Les images sont capillotractées - comme on dit chez les littéraires - surtout dans la seconde partie, ce qui lui fait perdre de la force au regard de la radicalité exprimée dans les vers précédents. C'est un peu comme essayer de faire un œuf dur avec de l'eau tiède. |
| Passant75
2/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
|
En lisant ce texte, je n’ai pu m’empêcher de penser à Claudel et à sa boutade qu’il voulait spirituelle, « La tolérance ? Il y a des maisons pour ça ! ». Mais tolérer ce n’est pas aimer ou feindre d’aimer ce que l’on désapprouve, c’est accepter que d’autres pensent différemment et ne pas les exclure. Par ailleurs, traiter ceux qui pensent différemment de bien-pensants est la réponse classique et facile de ceux qui n'ont pas d'autres arguments.
La tolérance, telle que l'évoquait notamment Voltaire, n’a rien d’hypocrite, la considérer comme une forme de faiblesse ne pouvant mener qu’à la violence m’apparaît comme un sophisme, elle est plutôt un juste milieu entre le conformisme et le rejet. Condamner l’exclusion en excluant la tolérance relève d’un argument paradoxal, l’auteur oppose les prétendus lucides aux naïfs et aux hypocrites. Mais réduire la tolérance à une tromperie est non seulement excessif, mais encore contradictoire. La tolérance dissimulerait la violence, mais celle-ci n’est-elle pas la fille de l’intolérance ? Mais comme le reconnaît l’auteur dans le titre de son propos, ce n’est là que sa vision ! |




