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Poésie libre
Cortese : Un autre lit de feuilles
 Publié le 06/06/10  -  14 commentaires  -  862 caractères  -  269 lectures    Autres textes du même auteur

La fin de quelque chose ?


Un autre lit de feuilles



Comment tendre avec toi les cordes du soleil

Quand des brumes nous ligotent et diluent nos délices ?

Ton front ouvert demeure comme une plage déserte,

Et nos peaux fondent et cuisent dans cette marmite obscure.


Mon errance invisible perce tes défaillances,

Tue en moi les odeurs des fleurs apprivoisées

Que tu n'm'as pas offertes. Et délie les menottes

De mes désirs idiots, dans un tango amer.


Il faut changer de rive pour creuser la couleur

Pendre haut et court les loups qui rongent nos tréfonds

Et dire à la lumière ce que nous savons d'elle.


Je suis proie impavide, je suis forte et légère.

J'aime l'alcool et le pain, les rivières et les cols.

Embrasser tout le jour des flammes vertes encore...


 
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   Anonyme   
13/5/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Je ne connais pas les règles de la néo classique, d'ailleurs je m'en fous ; mais ce « Et nos peaux fondent et cuisent dans cette marmite obscure », qu'est-ce que ça sonne mal. Et obscurcie par quoi ? Les feuilles ?


Quelques belles choses à retenir comme :
« Comment tendre avec toi les cordes du soleil »
« Quand des brumes nous ligotent et diluent nos délices ? » sans le « nous »
« Il faut changer de rive pour creuser la couleur »
« Et dire à la lumière ce que nous savons d'elle »

Donc des choses à sauver en attendant je vais m'allonger sur le lit de feuilles.

   Lunastrelle   
6/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Il y a de belles choses, des images qui me parlent... C'est flamboyant comme écrit... Comme s'il avait été écrit avec les rayons du soleil, la force de la nature...

J'ai enfin identifié mon passage préféré de tout l'écrit, c'est celui-là à mon sens:

"Comment tendre avec toi les cordes du soleil

Quand des brumes nous ligotent et diluent nos délices ?

Ton front ouvert demeure comme une plage déserte,

Et nos peaux fondent et cuisent dans cette marmite obscure."

Et j'ajoute aussi le tout dernier vers... Ce sont les vers qui m'ont vraiment le plus marquée je crois...

"Que tu n'm'as pas offertes": un peu prise de court par ce vers, à cause du "n'm'as". C'est la seule chose qui me dérange un peu...

   Chene   
19/5/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour

Quelques mots sur deux aspects :

Tout d'abord, le choix de la forme. Ce sonnet à la métrique perfectible en raison des "e" ou "ent" qui sont élidés de façon aléatoire n'a de sonnet que l'agencement en deux quatrains et deux tercets. L'absence de rimes, si elle n'est pas dérangeante, ainsi que les alexandrins aléatoires, posent quand même la question de la facture "néo-classique"de ce poème.

Ceci étant, il se dégage de ce poème une atmosphère que le phrasé simple mais efficace tend à rendre plutôt agréable à la lecture.

Mon approche sera donc mitigée, d'un côté, l'auteur, me semble-t-il devrait, se poser la question de la pertinence de la forme, et d'un autre poursuivre sa démarche poétique qui m'apparaît riche de possibles.

Bonne continuation.

Chene

   jamesbebeart   
20/5/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai bien aimé le ton de ce poème, le champ lexical utilisé. L'émotion est palpable : ''...tango amer de la vie où les loups rongent nos tréfonds''... Bref un ressenti positif.

   Damy   
24/5/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beau poème. Très agréable en lecture, belle musicalité. Il a quand même fallu que je le relise plusieurs fois, car son sens n'est pas immédiat.

Bien que par endroits impénétrable, il dégage une atmosphère assez étrange d'impuissance et de résistance, de mort et de renaissance. Qu'est donc la "marmite obscure"?
L'interprétation que j'en fais, en me trompant peut-être, est celle d'un désir d'ailleurs, d'un autre amour? Les "flammes vertes encore..." s'opposent à "la marmite obscure".

J'ai particulièrement aimé: "(Mon errance) délie les menottes de mes désirs idiots, dans un tango amer", et toute la 2°strophe.
Par contre, je ne vois pas l'intérêt de: "Que tu n'm'as" (2°str. 3°v.). C'est un peu dommage.

   Anonyme   
6/6/2010
"Et dire à la lumière ce que nous savons d'elle."


Beaucoup de rythme, un message aussi. Quelque chose de lascif, de poussif, une lancinance, un déclin, une errance invisible, elle est écrite, criée sans voix, un cauchemar, Cortese nous entraîne dans une descente aux enfers, peut-on en revenir, peut-on n'y pas sombrer, ça dépend de la lecture qu'on en fait, en ça, la poétesse réussit son pari d'écriture.

   Lhirondelle   
6/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Cortese

De très belles images, beaucoup de poésie, en cela j'apprécie.

Pour la forme, cette poésie me semble s'apparenter à un sonnet mais le sonnet est une des formes qui souffre d'être délestée de ses contraintes drastiques malheureusement.
Je ne citerai pas toutes les imperfections côté forme même si la poésie se veut libre, elles ont été déjà énoncées par certains des précédents commentateurs du point de vue rythmique et certaines tournures un peu bizarres en poésie ("que tu n'm'as" pour en citer une).

Cependant le poème ne me laisse pas indifférente, il ne faudrait pas grand chose pour le rendre plus fluide côté rythme et le concevoir dans une autre forme peut-être.
Moi, je l'ai relu façon "prose poétique" et avec quelques petites choses à arranger, il s'est avéré d'une lecture fort agréable.

C'est juste mon ressenti et peut-être une piste à creuser.

Amicalement

L'hirondelle

   brabant   
7/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Cortese,

Cette femme est double: rêveuse et empirique, fragile et terre-à-mer, princesse ordinaire.
"proie impavide"
"forte et légère"
"J'aime l'alcool et le pain ((l'éther et la terre)), les rivières et les cols ((l'eau et la pierre, le bas et le haut, la vallée et la montagne, le fluide et l'air))"
Que d'antynomies !

Elle dit ce qu'elle est et elle dit ce qu'elle attend. Se débarrasser de sa masse, son poids, sa pesanteur dense, son corps, pour devenir transcendance.
Il y a des mots trops concrets: "tendre... cordes... ligotent... marmite... perce... menottes" même s'ils permettent de composer des images abstraites: "cordes du soleil... perce tes défaillances... les menottes de mes désirs".
Cette femme est dualité.

Le texte est diaphane grâce à ces images et aux sonorités en "l... s... f... ..." majoritaires.

Agréable à dire car il coule (fluide: s... f...) et s'envole (l.. latérale), mais son sens comme cet amour qui s'enfuit est difficile à saisir.
Il se termine sur une attente optimiste: "Je suis proie impavide" après la décision de "changer de rive".


- Le vers que je préfère:
"Pendre haut et court les loups qui rongent nos tréfonds"
- Ce que je n'ai pas compris: "cette marmite obscure".
- Ce que je n'ai pas aimé: "Que tu n'm'as pas offertes." nma, MMA ? (lol) On descend d'un niveau de langue. Bon, ça peut dénoter une espièglerie amoureuse en relation avec: "mes désirs idiots".

Attention, ce texte est un beau texte. Je n'ai peut-être pas suffisamment insisté là-dessus.

Merci

   wancyrs   
7/6/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Salut cortèse.

Je vais commencer par la fin, la dernière strophe, que je trouve en parfaite déphasage avec les autres strophes. Je ne comprend pas ce que l'amour de l'alcool, du pain, des rivière et des cols vient chercher dans ce chant douloureux...

Il y a de très bonnes choses dans ce poème :

Tendre les cordes du soleil
Les brumes qui ligotent (je suis moi aussi pour enlever le "nous", car avec le "nos" délices, ça fait un peu trop).
Délier les menottes du désir
Changer de rives pour creuser la couleur.

Dans les choses qui m'ont un peu emmerdées, il y a cette ponctuation pas régulière, et même les espaces laissées pour permettre de nous rendre compte d'une quelconque ponctuation, ne me convainquent pas.

Je n'ai pas aimé :

Errance invisible, que j'ai trouvé un poil maladroit
Un front ouvert comme une plage déserte ?
Les loups qui rongent les Tréfonds... c'est quoi un tréfonds, ne manque-t-il pas un complément ?

Voilà

   David   
11/6/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cortese,

Le titre me fait penser à un retour de l'automne, et pourtant le poème, sans évoquer directement l'été ou le printemps, est très "solaire" j'ai trouvé dans le vocabulaire, les propos... C'est des rayons les "cordes du soleil" ? Pour ce premier vers :

"Comment tendre avec toi les cordes du soleil"

J'aurais presque envie de la comprendre comme "comment atteindre le/se rejoindre au crépuscule". Le langage imagé est plein de petites perles de ce genre... ce n'est pas plus mystérieux qu'une trace de main dans une grotte, il n'y a pas à douter que cela dit quelque chose.

Il y a aussi le rythme que je qualifierais de "certain", voici comment j'ai lu ce poème :

"Comment tendre avec toi les cordes du soleil
Quand des brum' nous ligot' et diluent nos délices ?
Ton front ouvert demeur' comme une plag' dé/serte,
Et nos peaux fond' et cuis' dans cett' marmit' obscure.

Mon errance invisibl' perce tes défaillances,
Tue en moi les odeurs des fleurs apprivoisées
Que tu n'm'as pas offert'. Et délie les menottes
De mes désirs idiots, dans un tango amer.

Il faut changer de riv' pour creuser la couleur
Pendre haut et court les loups qui rongent nos tréfonds
Et dire à la lumièr' ce que nous savons d'elle.

Je suis proie impavid', je suis forte et légère.
J'aim' l'alcool et le pain, les rivièr' et les cols.
Embrasser tout le jour des flammes vert' encore... "

En jouant sur ces E qui se disent ou pas, suivant d'où on parle le français, suivant si on s'adresse à un gendarme ou à un voleur aussi, c'est bien un rythme classique parfaitement équilibré qui se retrouve à la lecture, une lancinance à retrouver. Je ne l'invente pas, c'est bien écrit comme cela et je ne joue que des sons audibles ou non, mais j'aimerais bien savoir si c'est l'intention de l'auteur.

Ce qui est libre dans ce poème, c'est bien le lecteur à mon avis, l'élision apparente dans ce vers :

"Que tu n'm'as pas offertes"

est très peu commune en vers libre, c'est plutôt du ressort de la chanson, on les utilise aussi en littérature pour signifier un côté populaire, moderne, plus ou moins marqué : cette tendance indigène à "mâcher" les mots de sa propre langue.

Ce poème avait été proposé en neo-classique, plus justement à mon goût, qu'ici. Il y aurait pu être lu avec un peu plus d'acuïtés... peut-être.

   Goldmund   
15/6/2010
Ceci est une « poésie libre ». Bien. Cependant, quand on s’attache à un patron rythmique tel que celui du sonnet, il convient de le respecter fidèlement, sans quoi, l’écriture tremblote. Les écarts sont tolérés à la condition qu’ils fassent sens, ce qui n’est pas le cas ici, je me trompe ?

Ainsi, il faut se montrer plus rigoureux sur la prononciation des « e » muets (pour rappel, le « e » muet se prononce en fin de mot quand le mot suivant débute par une consonne, il ne se prononce pas quand le mot suivant débute par une voyelle). Parfois, tu appliques la règle (c’est le cas du premier vers), mais très souvent tu l’oublies :
« Quand des brumes nous ligotent et diluent nos délices ? », 14 syllabes,
« Ton front ouvert demeure comme une plage déserte », 14 syllabes,
« Et nos peaux frondent et cuisent dans cette marmite obscure », 15 syllabes,
Etc…

Tu as fait le choix de te passer de rimes : je suppose que c’est ce que tu entendais par « poésie libre ». A défaut de rimes, on trouve quelques assonances, notamment des dentales :
« Comment tendre avec toi les cordes du soleil »,
« Quand des brumes nous ligotent et diluent nos délices ? »
Cette dernière assonance est particulièrement lourde je trouve. Lourde et un peu maladroite aussi cette homéotéleute (la « défaillance » vient rappeler l’ « errance », mais ce martèlement nous gêne plus n’est générateur de dynamisme) :
« Mon errance invisible perce tes défaillances ».
L’écriture, et particulièrement l’écriture poétique, c’est un art du flirt et de l’entre-deux : rien n’est plus dangereux que de chercher à en faire trop.

Il y a un véritable travail sur les images, une volonté de faire surgir des motifs inédits en multipliant les associations incongrues. Dans ce domaine, tu n’es pas toujours très égal : associer le front à une plage déserte, c’est une comparaison un peu molle ; j’en dirais autant de la métaphore des loups voraces ou de celle des cordes du soleil. Cela sent son romantisme compassé. Je suis en revanche très sensible à cette image toute rimbaldienne : « creuser la couleur ». Tes « fleurs apprivoisées » ne sont pas sans élégance elles non plus.

Une image récurrente vient hanter ce poème : celle de l’évanescence des corps. Diluer, fondre, cuir, ronger. Ce poème semble prendre à cœur de jongler avec les paradoxes : l’union des corps est une dilution, l’addition du « nous » revient finalement à soustraire le « tu » du binôme amoureux. L’insusbtanciel est par excellence ce qui « ligote », ce qui captive ; la « proie » est « impavide », l’amour n’est jamais très éloigné de la mort. Eros et Thanatos : une vieille histoire…

Dans ce grand miroitement des sens, dans ce jeu des contraires, nous sommes perdus et nous nous raccrochons tant bien que mal aux bribes de sens, aux images qui affleurent. Et l’on a clairement le sentiment de sauter du coq à l’âne. Je n’ai malheureusement pas été emballé par cette « stratégie de l’étrangeté » : cela manque un peu d’inventivité, cela manque un peu de folie, le mouvement de ton poème est un ronron à peine dérangé par deux timides enjambements, qui ne suffisent pas à faire oublier la monotonie de ces aphorismes à répétition qui nous laissent sur notre fin.

Il faudrait peut-être resserrer tes idées, tendre à une plus grande cohérence métaphorique. A trop vouloir dire, on ne dit plus rien du tout.

Je ne mets pas de notes, je n’aime pas les notes.

   Lariviere   
23/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je ne rentrerais pas dans le choix structurel du sonnet, puisque Cortese a écrit en poésie libre. D'ailleurs, à part le nombre de vers par strophe, il n'y a pas d'alexandrins ou il n'y a pas la structure des rimes qui correspondrait à un sonnet. Faire un procès sur la métrique ou sur l'aspect bancal du sonnet, serait donc pour moi, un faux procès...

Je peux dire que j'ai aimé ce poème.

Ses points forts sont pour moi la puissance poétique qui s'en dégage grâce aux images et aux différentes sonorités. A ce propos, je reprendrais bien l'intégralité du poème, mais j'ai particulièrement aimé (allez savoir pourquoi) cette métaphore là :

"Pendre haut et court les loups qui rongent nos tréfonds"... Qui est à la fois révélateur des images poétiques surréalistes que Cortese est capable de fournir ainsi que de la phonétique qui me séduit dans ce poème avec ces allitérations rêches ou parfois plus lissées.

Les points faibles, pour moi, seraient d'abord le thème, assez peu original, et ce traitement du thème par le parallèle gustatif ou culinaire, qui lui, apporte effectivement cette petite touche d'originalité mais qui ne me séduit guère.

De plus, je ne comprends par le choix de la familiarité soudaine sur la première moitié de ce vers :

Que tu n'm'as pas offertes. Et délie les menottes

Pourquoi donc ce "mâchage" ? Pour des raisons métriques ?

Enfin, et venant d'une si jolie écriture, j'aurais aimé voir le fond encore un peu plus énigmatique ou même torturé... Je vois bien que c'est dans les cordes de l'auteur.

Pour finir, je trouve le dernier vers très beau.

Bonne continuation !

   jaimme   
26/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très beau titre, parfaitement adapté au thème.
J'ai buté sur quelques imperfections (à mon goût). Ainsi l'utilisation du "comme" que je déteste dans les poèmes. Inutile de désigner.
Mais l'ensemble est riche. J'aime beaucoup: "Et dire à la lumière ce que nous savons d'elle"!
Pourtant je reste un peu sur ma faim. Mais je n'arrive pas à me décider: est-ce que j'attendais encore plus de richesse dans l'expression ou est-ce que je trouve le poème un peu court?
Bref, j'aime, mais je reste un peu sur ma faim. Comme si cette demande de mise au point, de remise à plat, de désir d'autres rivages avec le même me passionnait et que j'arrivais à la fin en m'insurgeant: déjà fini?
Cela veut surtout dire que j'ai aimé.
Merci Cortese.

Jaimme

   tibullicarmina   
30/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est curieux: habituellement, j'ai du mal à apprécier les alexandrins faussés. Et pourtant, dans ce poème, on ne peut nier qu'il n'y ait un rythme, un vrai rythme qui n'a rien à voir avec celui du bon vers mesuré. J'entends dans ce poème une mélopée scandée avec pudeur, j'y vois des images surréalistes, frôlant parfois l'hermétisme, mais infiniment colorées.
Peut-être y a-t-il trop de pudeur, de retenue: ce thème de l'errance, du changement de "rive" ou de vie aurait pu mériter un traitement plus corsé, plus puissant.
Un poème singulier, en tout cas.


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