Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie néo-classique
Curwwod : Roz Ven
 Publié le 20/01/20  -  17 commentaires  -  1484 caractères  -  345 lectures    Autres textes du même auteur

La maison de Colette.


Roz Ven



Venez, c'est sur la grève, à deux pas de Cancale,
Une grande maison à l'abri des vieux pins ;
Le boulingrin fleuri d'arums et de lupins
Est un havre de grâce où mon cœur fait escale...

Je vous ai regardé passer sur le chemin
Qui languit au soleil finissant, vers la plage :
Jeune homme insouciant, vous faisiez au passage
À mes espoirs secrets, un signe de la main.

Je le guettais ce geste, il enchantait mon âme :
C'est l'amour vagabond, si jeune et presque nu
En costume de bain, que j'avais reconnu,
Ses cheveux, sur son front, volant comme une flamme.

De grâce, attendez-moi, je n'espérais que vous !
Pour vous seul, j'ai tissé ces brocards de caresses
Dérobés aux amants de ma folle jeunesse,
Afin de les draper autour de votre cou.

Suis-je assez belle encore et saurai-je vous plaire ?
Assez pour que ma bouche, ivre du sel marin
Qui brille à votre hanche et glissant sur vos reins,
S'attarde plus longtemps où la peau est plus claire ?

Je vous enseignerai le geste délicat
Qui affole le sang lorsque le corps se pâme,
Les baisers indiscrets que le désir réclame
Et leur bouquet sucré comme un raisin muscat.

Venez, le soir descend, le couchant est superbe !
Restons le regarder ensanglanter les flots,
Puis nous nous étendrons, savourant, les yeux clos,
Sur nos lèvres, grisant, le goût du blé en herbe...


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Queribus   
11/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
la bonne surprise du matin: un texte bien écrit qui respecte les règles de la poésie néo-classique, un poème pas trop long qu'on comprend tout de suite. Rien que du bonheur en somme. Toutefois(Il fait bien trouver quelque chose), j'aurais plutôt vu le tutoiement à la place du vouvoiement qui donne un petit coté rétro; par ailleurs, vous avez quelques rimes à l'hémistiche, ce qui n'est pas vraiment une faute mais est plutôt à éviter:

Je vous ai regardé
À mes espoirs secrets

C'est l'amour vagabond
Ses cheveux sur son front

Pour vous seul j'ai tissé
Afin de les draper

Je vous enseignerai
Les baisers indiscrets
Et leur bouquet sucré

Quoi qu'il en soit, votre poème est une belle réussite qui mérite un beau coup de chapeau. À quand le prochain?

Bien à vous. Cordialement.

   Hananke   
20/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

On commence par la maison, on finit par le roman.

Entre les deux, une bien jolie et nostalgique promenade.
Le coeur battant d'une femme déjà bien mûre pour l'éphèbe
qui passe, provocant un plein de remous bien exprimés.

Suis-je assez belle encore et saurai-je vous plaire ?

Tout le poème peut se résumer en ce seul vers.

Dommage que l'auteur laisse passer quelques hiatus ( même
permis par la catégorie) qui heurte mon oreille fragile.

Mais bon, un bien joli texte dans son ensemble sur un cheminement
que l'on aimerait partager.

   Annick   
20/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La seule chose qui me gêne dans votre poème, et puisque la narratrice est Colette elle-même, (ou le personnage qui est censé être Colette), c'est que je ne retrouve pas le style de celle-ci, comme dans "le blé en herbe". J'aurais aimé retrouver la propre voix de Colette. Vous allez dire que je vous en demande beaucoup et pourtant, c'est ce qui s'est imposé à moi quand j'ai lu votre poème.

Trop de lyrisme sans doute, (mon âme, de grâce...) mais d'accord pour une certaine sensualité :

"Les baisers indiscrets que le désir réclame
Et leur bouquet sucré comme un raisin muscat..."

Ceci dit, votre poème est très beau et emporte mon adhésion.

   papipoete   
20/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Curwwod
Décidément, une semaine qui commence ( après la coquinerie de Vincente ce matin ) sous de bons auspices ; une invitation de Colette en personne, lancée plutôt susurrée à voix haute, à ce beau monsieur qui croisa le chemin de notre belle dame.
NB qu'en termes fort galants s'exprime l'auteur, dans la peau de la séductrice ( on ne parle plus ainsi, diront les ronchons ) et toute phrase est emplie de grâce ( je pourrais en prendre de la graine, mais en moi elle ne germe pas ! )
Toute strophe est belle, difficile d'en préférer l'une ou l'autre ; mais j'ai un faible pour l'avant dernière.
Je précise que Colette avait une résidence ici, à Lons le Saunier ; plus exactement celle de sa belle-famille, où l'atmosphère quand elle y séjournait, n'était pas très détendue ( sa belle-mère l'appelant Gabrielle, son vrai prénom, qu'elle n'aimait que peu ) et l'on ne rigolait pas avec les bonnes manières dans cette austère famille ! ) Je pense donc que le beau phrasé de l'auteur, ne devait pas précisément être celui de Colette ? ( je ne dis pas qu'elle parlait comme un charretier ! )
Un très bon " néo-classique ", ( oui, quelques hiatus et rimes singulier/pluriel ) mais la qualité est vraiment de très haut rang !

   hersen   
20/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le charme.
C'est le meilleur mot que je trouve pour qualifier ce poème, qui se lit sans fin, sans faim, tellement l'ambiance superbe est reposante.

De l'auteur, naturellement, nous ne sommes pas très étonnés, mais il faut souligner une fluidité tranquille.

Lire ce poème, c'est un peu s'immiscer, c'est un peu profiter du bord de mer, c'est... ah, ce blé en herbe !

merci curwwod pour ce si agréable moment !

   Lebarde   
20/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quoi dire à la lecture de ce poème magnifique, d'une fluidité et d'une poésie extrêmes.
Le sujet est plaisant, les images sont délicates et explicites, le ton et le rythme envoûtants, la prosodie sans faille ( même s'il y en avait je ne veux surtout pas les chercher).
Quoi dire je vous le demande, à part bravo et merci.

Lebarde (pensif)

   Aconcagua   
20/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour
Je me sens bien à lire ce poème, il fait oublier la chute des rimes tant le phrasé coule comme un verre (vers) de bon vin.
Il réussit à allier douceur et légèreté, rythme et mots précieux. Il a aussi un petit côté suranné qui donne envie de vivre cet instant éphémère et plein de désir retenu.
Merci pour ce beau texte

   Anonyme   
20/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir,

Quelques mots pour définir ce magnifique poème:

Charme, élégance, beauté, finesse et délicatesse d'une plume que je ne lis pas assez souvent...( à mon goût )et c'est bien dommage.
Quelle beauté !
Vivement le prochain...

Au plaisir de vous relire avec grand plaisir.

   emilia   
20/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci au narrateur de conter avec grâce un épisode réjouissant vécu par Colette et transposé dans son roman « Le blé en herbe », dont le site enchanteur est celui d’une maison estivale bretonne si appréciée par l’auteure… ; un rôle d’initiatrice invitant un charmant jeune homme « insouciant » à répondre à ses « espoirs secrets », son rêve « d’amour vagabond » … ; l’avant dernier quatrain résume avec délicatesse l’objectif sensuel de son « enseignement » qui fut considéré à l’époque comme une troublante et choquante provocation que ne déparent pas quelques hiatus presque de circonstance…

   BernardG   
21/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Une poésie que ne renieraient pas les Romantiques de l'époque.....
J'ai aimé ce côté un peu suranné dans l'expression mais aussi dans les descriptions (" je n'espérais que vous" "saurais-je vous plaire" "le boulingrin fleuri" et bien sûr "le costume de bain" ☺).

La pointe d'érotisme est aussi fort bien amenée....toute en finesse.
"Je vous enseignerai le geste délicat"
"Qui affole le sang lorsque le corps se pâme,"
"Les baisers indiscrets que le désir réclame"
"Et leur bouquet sucré comme un raisin muscat."

Très agréable lecture

Bernard G.

   Mokhtar   
21/1/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce qui est remarquable dans ce poème, et bien souvent chez cet auteur, c’est l’élégance raffinée d’un texte si fluide qu’une seule lecture pourrait suffire à le commenter.

J’ai beaucoup aimé, dans la construction de l’idylle, le quatrième quatrain qui décrit le pivotement de la femme mûre à la jeunesse chaude, se servant de son passé pour être à son tour Pygmalion.

La poésie des 3 derniers quatrains est à mourir. Si l’on sort de la technique pour évoquer le « classique », en son sens de « beauté intemporelle », on a là l’exemple parfait.

Et s’il faut parler technique, on ne peut que souligner la perfection des rimes, d’une richesse qui ne doit rien au compromis ou à l’approximation. Quant aux hiatus, dont la chasse tient du tic et du TOC, c’est souvent à tort qu’on les considère comme faute d’harmonie. Ceux qui s’entament avec les sons « i »,« é » ou « è » sont inoffensifs. Idem pour ceux situés à la césure, quand celle-ci est marquée.

À mon oreille, seul peut-être le vers 12 glisse-t-il un peu moins bien, l’allitération du S me semblant améliorable. Petite réserve de ma part pour ne pas passer pour un béni-oui-oui.

Mais quel bon moment que cette lecture raffinée et délicate.

   jfmoods   
21/1/2020
Ce poème est composé de 7 quatrains en alexandrins à rimes embrassées, pauvres, suffisantes et riches, féminines / masculines et consonantiques / vocaliques s'encadrant tour à tour.

I) Épisode de la vie d'une romancière

1) Un lieu enchanteur

La prosopopée réinvestit le cadre de vie grandiose (titre : "Roz Ven", entête : "La maison de Colette", "sur la grève, à deux pas de Cancale, / Une grande maison à l'abri des vieux pins", "Le boulingrin fleuri d'arums et de lupins / Est un havre de grâce où mon cœur fait escale...", "vers la plage") d'une femme de lettres française à la vie scandaleuse... qui, contre toute attente, devint finalement une idole vénérée.

2) Une séductrice à l'oeuvre

La femme mûre jette ses vues sur un jouvenceau ("Jeune homme insouciant", "presque nu / En costume de bain, que j'avais reconnu, / Ses cheveux, sur son front, volant comme une flamme") qui fait partie de son entourage immédiat. Il s'agit de Bertrand de Jouvenelle, fils de son second mari, issu d’un précédent mariage. Cette aventure lui inspirera le roman "Le blé en herbe", paru en 1923.

II) Une croqueuse insatiable

1) L'horizon d'attente du plaisir

Par la vue, la femme savoure d'avance la résurrection de ses sens, cette magnifique promesse du fruit qui s'offre dans toute sa plénitude, dans toute sa splendeur ("Je vous ai regardé passer sur le chemin / Qui languit au soleil finissant", "vous faisiez au passage / À mes espoirs secrets, un signe de la main", "Je le guettais ce geste, il enchantait mon âme", "De grâce, attendez-moi, je n'espérais que vous !").

2) L'amour toujours recommencé

Gardienne des voluptés ("Je vous enseignerai le geste délicat / Qui affole le sang lorsque le corps se pâme / Les baisers indiscrets que le désir réclame / Et leur bouquet sucré comme un raisin muscat"), Colette réenchante sans cesse le désir ("J'ai tissé ces brocards de caresses / Dérobés aux amants de ma folle jeunesse, / Afin de les draper autour de votre cou", questions rhétoriques qui jalonnent la cinquième strophe).

--------------------------------------------------------------------------------

"Tout ce qui m’a étonnée dans mon âge tendre m’étonne aujourd’hui bien davantage. L’heure de la fin des découvertes ne sonne jamais. Le monde m’est nouveau à mon réveil chaque matin et je ne cesserai d’éclore que pour cesser de vivre." (Colette)

Merci pour ce partage !

   Donaldo75   
21/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Curwwod,

Rien à dire, c’est de la belle poésie classique comme j’aimerais en lire tous les jours ; pourtant, je ne suis pas un afficionado du classique et ne jure pas par ses maitres et ses poésies ancestrales. Cependant, je prends un plaisir certain à la lecture de poèmes aussi réussis que le tien, parce que j’admire ce travail de précision, cette tonalité subtile qui se dégage de l’ensemble.

Bravo !

Donaldo

   Michel64   
22/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Comme d'habitude dirais-je, votre poème si bien écrit arrive parfaitement à dépeindre cette scène du temps passé.
A nouveau je me suis laisser emporter par vos vers impeccables.

"De grâce, attendez-moi, je n'espérais que vous !
Pour vous seul, j'ai tissé ces brocards de caresses
Dérobés aux amants de ma folle jeunesse,
Afin de les draper autour de votre cou."

Magnifique !

Quelques hiatus pas trop gênants et autorisés en néo...

Merci pour ce beau texte.

   Curwwod   
25/1/2020

   Quidonc   
29/1/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
C'est toujours un plaisir de lire vos textes. A vous lire on croirait qu'il est facile d'écrire. Et vous le faites avec des mots à premier abord si simples que vous n'en avez que plus de mérite.
Pour la forme et autres critiques, n'attendez rien de moi, je n'en ai ni l'envie, ni les compétences.
Cordialement

   inconnu1   
20/12/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce commentaire est tardif, mais vos récents écrits m'ont donné envie d'en lire plus. Bien sûr brétillien de naissance, et, comme tous les bretons, un peu chauvin, je suis d'emblée attiré par le premier vers. Et puis, je me suis laissé emporter. Moi qui suis souvent regardant sur la technique, j'ai voyagé sans m'en soucier à la première lecture. Rien n'accroche, c'est fluide. J'ai lu ce long poème d'une traite, en me laissant porté par les images.

Et je le relis et j'apprécie autant, la richesse des rimes, la prosodie parfaite. .Je comprends mieux les compliments de Cristale

Merci pour c emoment


Oniris Copyright © 2007-2020