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Poésie libre
Cyrill : Le privilège des anges
 Publié le 11/05/18  -  6 commentaires  -  3607 caractères  -  102 lectures    Autres textes du même auteur

Petites réflexions et grand n'importe quoi...


Le privilège des anges



Je ne sais pas pourquoi,
Je suis las parfois de la liberté.

Ramenant sa carcasse à la morte saison,
Elle a l’audace du frisson mais ne pipe les dés que par-dessous la porte.
Véhémente à l’endroit des cloportes,
Elle en a tant déconsterné qu’on s'en va tous dans la tourmente.
On se retrouve empli de cernes
Et défeuillé en moins de vœux qu'il ne faut pour le pire,

Puis on demeure coi
Le sourire en berne et l’âme endettée.




J'avais mes us et mes quartiers sous l’empire de quelques vers,
Puis j'ai lâché l'affaire et j’ai remis mon pardessus.
Je suis parti sans quintessence et bras dessus,
Le rêve entier,
Dans le grand vent de la désolation.




Quand on revient ça fait comme une ondulation des sens,
Petite musique éphémère,
On se souvient.


On ne sait pas si c’est nature ou bien du ressassé.
On ne sait plus si c'est de l'imposture ou de la liqueur de passé,
L'essence du non-être ou du paraître en grande pompe,
De la poudre de vanité ou du résidu de néant.


Ça te laisse béant,
Empli d’aménité même si tu te trompes
Et ça ne change pas grand-chose à la gracieuseté des roses.


Un peu moins de sucre dans le café pour revigorer l'amertume,
Une brise posthume,
Un autodafé pour les flashes de mémoire.
C'est encor mieux qu'un petit noir quand on n’a pas le goût du lucre.

Il semblerait que les fantômes agitent leurs jupons.
Ils soulèvent des nues de poussière
Et de petits cafards grégaires qui se la jouent crampons.

Ça relève de l’hématome aussi bien que du désespoir.
Il suffit d'un baume sur le comptoir
Un sirop de lumière
Une décoction d'âme
Et la vie se déballe à la vue d’une môme,
Les bestioles détalent.

L’alcool délite bien des drames
Et déboutonne encor quelques boutons de blouse.

Le coup de grisou s'est carapaté vers le nord et le blues a viré au rose.
C'est le revers de la psychose,
La maille à l'endroit de la loose
– Merci pour le bidon de lait de la part de mes os en stéréo-morose.

On attend toujours le suivant pour être complet au fil du chaos.
Sans compter les intrus ni les survivants ni les immortels on est presque foutus de composer la clientèle.




Et j'ai du vin d'espoir derrière les fourgons.
Ça te met des wagons de lumière à tous les étages
Et bien d'avantage.
Ça t'emmène en voyage et finit quelquefois en point d'excavation
– Pas mal comme bouquet final en profession de foie,
Surtout quand on a l’ambition qui détale aux cimes du mercure.


La robe est clair-obscur et le chapeau de liège est un piège assassin pour les essaims de bulles aux rimes éclatées.

Étrange thé,

Mais c'est un privilège réservé aux anges.


 
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   Provencao   
2/5/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
"La robe est clair-obscur et le chapeau de liège est un piège assassin pour les essaims de bulles aux rimes éclatées.

Étrange thé,

Mais c'est un privilège réservé aux anges."


Dans les sphères les plus élevées, les anges, quelle qu’en soit la forme, se subtilisent, se dérobent totalement au contrôle de l’esprit ou aux contraintes des vers discursifs, et s’acheminent, avec les effluves d'alcool, vers leur propre disparition ..... Je l'ai perçu ainsi votre poésie libre où le dénouement de" l'étrange thé" montre les paroxysmes, qui, ayant entrevu sous la conduite de l’Ange le Monde Divin, reviennent ....on ne sait ou!!!!

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Lulu   
11/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Cyrill,

J'ai bien aimé la tonalité de ce texte, même si je n'ai pas saisi l'essentiel à la première lecture. Il y a une telle atmosphère, que je me suis malgré tout laissée porter jusqu'au bout, sans vouloir reprendre d'emblée ma lecture. Lire pour le plaisir des mots, de leur choix, de leur agencement et leur musicalité, c'est d'ailleurs un des privilèges de la poésie...

A ce titre, il n'y a guère que ce long vers qui a brisé un peu mon élan "Sans compter les intrus ni les survivants ni les immortels on est presque foutus de composer la clientèle." Sans doute aurait-il été plus pertinent de le couper, car le rythme se brise vraiment, même en lecture silencieuse, par rapport au reste du poème.

Ce que j'ai trouvé dommage, c'est peut-être l'emploi du pronom "tu" : Ça te laisse béant, / Empli d’aménité même si tu te trompes" En fait, j'avais suivi la lecture avec les pronoms "je", bien sûr, mais aussi "on", comme ici par exemple : "On se retrouve empli de cernes" ; du coup, je me suis juste demandée pourquoi le "on" disparaissait pour la 2ème personne... Mais je chipote... et peut-être suis-je passée à côté du sens... ?

Le texte m'a cependant beaucoup plu. Je le trouve très poétique du fait de son vocabulaire d'ensemble, de sa tonalité, comme je l'ai dit plus haut (les vers libres sont maîtrisés), et de son côté mystérieux. Il dit beaucoup de choses et en laisse suffisamment de côté pour que nous, lecteurs, puissions combler avec notre imaginaire, comme dans un chouette roman.

Mes encouragements.

   Annick   
11/5/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Il me semble que j'ai beaucoup plus lu ce qui venait de votre inconscient que de votre conscient. À partir de ce postulat, on regarde votre poème différemment.
Pas mal de jeux de mots basés sur des sonorités approximatives : "Et défeuillé en moins de voeux qu'il ne faut pour le pire.... etc... Intéressant !
L'alcool semble tenir une place essentielle dans votre poème d'où ce monologue étrangement beau mais complètement dément d'un poète ivre mais pas que de poésie.

"Étrange thé" en effet !

   Eclaircie   
12/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Cyrill,

"Un grand n'importe quoi" passionnant, inventif, surréaliste, tout pour me plaire.
Le jeu des sens et des sons est vraiment réussi. Le texte est assez long, et je prends plaisir à le lire et le relire pour en savourer tous les éléments, le fil conducteur étant une certaine amertume traversant la vie.
En fin de poème, je lis "les rimes éclatées", des éclats que l'on note en cours de lecture, qui ajoute un rythme scandé.
Un poème que l'on peut déclamer à (très) haute voix.

J'ai particulièrement aimé :
"déconsterné"
"Je suis parti sans quintessence...Le rêve entier,"
"De la poudre de vanité ou du résidu de néant. "
"Sans compter les intrus ni les survivants ni les immortels on est presque foutus de composer la clientèle."

Un très bon moment de lecture,
Bravo et merci de ce partage.

   Fowltus   
13/5/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai eu parfois l'impression d'avoir sous les yeux quelques morceaux d'une bafouille de Pierre Repp. Et puis l'étendue du poème à noyé ce sentiment, faisant apparaitre un style particulier où le recul face aux
circonstances, aux épreuves, mais où la précision aussi, le substantialisme face aux mêmes choses, offrent au final des couleurs attachantes, drôles et étonnantes.
Merci

   Anonyme   
18/5/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est un texte à lire et à relire avec attention.

Vos propos sont "bavards", pour mon plus grand plaisir, même si parfois je ne tiens pas toujours la distance, je reste captivé par le discours profond qui m'est donné en partage.

Des mots qui viennent vous chercher :

" On ne sait pas si c’est nature ou bien du ressassé.
On ne sait plus si c'est de l'imposture ou de la liqueur de passé,
L'essence du non-être ou du paraître en grande pompe,
De la poudre de vanité ou du résidu de néant. "


Ce n'est qu'un tout petit aperçu de ce qui m'a interpellé, il me faudrait citer le texte en son ensemble, c'est du VRAI, qui vient vous égratigner et qui vous remue à l'intérieur.


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