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Poésie classique
Damy : En voyage !
 Publié le 23/02/21  -  18 commentaires  -  1241 caractères  -  245 lectures    Autres textes du même auteur

À ma muse.


En voyage !



Il faut pour la nourrir de splendides voyages
Et le feu de l’amour.
Sous mes yeux demi-clos je n’ai que les images
Des rives de l’Adour.

Elle boude, elle a froid, cloîtrée en ma demeure
À la berge du lit.
L’étiage du fleuve, un filet d’eau qui pleure,
L’attriste, l’aveulit.

Elle voudrait la mer, un trois-mâts dans une île,
De braves matelots,
Afin qu’elle sourie et que le spleen s’exile
Emportant les sanglots.

Je n’ai pour tout voilier qu’une barque ensablée
Sur le bord du cours d’eau,
Plus quelques vieux démons en guise d’assemblée
Qui pèsent un fardeau.

Elle offre ses seins lourds, ses yeux moirés humides,
Au poète rêvant,
Aveugle devenu. Les rimes insipides
S’envolent sous le vent.

Il faudra bien qu’un jour, pour déguster les fastes
De l’amour qu’elle attend,
Je prenne l’aviron vers des horizons vastes
Je l’aime tant et tant !

Alors de l’estuaire aux sources de Payolle*
Elle verrait l’Adour
Où je lui ferais vivre une croisière folle :
Un aller sans retour.


* Payolle : petit village des Pyrénées où l'Adour prend sa source.


 
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   Anje   
4/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Classique

Juste une précision hydrogéologique, l'Adour de Payolle est un des trois torrents, avec l'Adour de Gripp et l'Adour de Lesponne) se rejoignant à Campan pour former le fleuve Adour. Dans les petites vallées, chacun revendique alors soyons diplomate...

Le format de ces quatrains (12/6/12/6) n'est pas utilisé couramment ici pour être remarqué. Merci à l'auteur(trice) de faire vivre cette forme que de grands poètes choisirent (Anna de Noailles, Le baiser par exemple ou Ronsard dans l'Epitaphe de la Péruse).

Je regrette peut-être un vocabulaire trop simple qui ne m'a pas complètement embarqué pour ce voyage annoncé. Prendre l'aviron par exemple, ne me montre pas l'image du rameur qui pagaie. L'association moirés humides n'est pas très claire et les deux adjectifs qui se suivent me font m'arrêter.

Mais ce ne sont qu'infimes détails qui n'ont pas gâcher ma lecture de ces vers à la prosodie, me semble-t-il, irréprochable.

Anje en EL.

   inconnu1   
8/2/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Beau poème classique où la succession des dodécasyllabes et des hexasyllabes apporte légèreté dans la lecture et le son monotone mais changeant des vagues qui viennent mourir sur la plage tant attendue par l'auteur et sa muse. La prosodie ne semble pas poser de problème. Les mots sont justes sans être surfaits.

Du très beau travail où la technique se conjugue à l'émotion. S'il faut apporter des critiques (positives), j'ai moins aimé les deux dernières strophes, en particulier "je l'aime tant et tant!" On se demande ce que viens faire la répétition de l'adverbe tant et on se pose la question d'un choix de facilité. Sans doute pas vu la qualité du texte.

Bien à vous

   Miguel   
10/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Les rives de l'Adour, ce n'est pas si mal comme paysage poétique; mais enfin on peut toujours rêver d'ailleurs. L'envie d'exotisme nourrit l'inspiration. En attendant, ce voyage en poésie a ses charmes et nous emmène plus loin qu'il n'y paraît. L'alternance de l'alexandrin et de l'hexasyllabe a quelque chose du flux et du reflux ; la mer est déjà là. Le dynamisme de la rime alternée nous met l'esprit en mouvement. Le mode conditionnel de la fin nous emporte plus loin encore dans le rêve. Cette muse est bien inspirante.

   papipoete   
11/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
classique
que ne ferais-je pas pour rendre heureuse ma mie ? Elle rêve d'un voyage sur les mers, à bord d'un trois-mâts, que mènerait un fier équipage... mais je n'ai qu'une barque et un filet d'eau là-bas.
Un jour, juré ! je l'emmènerai sur l'Adour jusqu'à Paylolle...
NB et je suis sûr qu'elle retrouvera son sourire, adorera cette croisière au fil de l'eau !
Le héros ne décroche pas la lune, mais tout autant avec l'énergie de son amour sans borne !
la première et dernière strophe me plaisent particulièrement !
la seconde strophe dont le thème de la rivière pointe, est bien trouvé !
Techniquement, alexandrins et hexasyllabes battent une mesure régulière, font chanter cette mélodie !
papipoète

   Donaldo75   
12/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai trouvé à ce poème une vraie tonalité. Le souffle allégorique de l'univers aquatique n'est pas trop appuyé, bien au contraire il s'installe intelligemment, subtilement dans les vers au point de ne faire qu'un avec le thème, celui succinctement résumé en exergue et que le poème déploie comme un fleuve tranquille. Ma lecture a été plus qu'agréable; j'ai trouvé dans ces vers ce que je ne trouve pas souvent dans le classique, une forme allégée, aérienne, libérée de la contrainte qui pourtant existe, loin des rivages bétonnés de pas mal de textes de cette catégorie. C'est fin, ça se mange sans faim comme disaient une troupe de joyeux turlurons dans un film français du siècle dernier. Bravo !

   hersen   
23/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une muse qui s'est asséchée au fil de l'eau.
Mais tant que le fil de l'eau existe, alors tous les rêves d'évasion sont possibles, et la plume retrempera dans l'eau bleue de son cours.
Un poème dont l'eau se fait claire, limpide sous des vers qui sont un plaisir à lire.
L'alternance des vers courts/longs donnent un rythme de l'eau de l'Adour qui viendrait clapoter à nos pieds.
Cela rend le poème très vivant et, au fond, la muse est bien là. Elle n'attend que le réveil pour être sirène des mers lointaines. Qui, certainement, n'ont rien à envier à l'Adour, me dis-je en lisant ce poème très inspiré !

merci de la lecture !

   Mokhtar   
23/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C’est sans doute l’effet de la dédicace, mais je ne peux lire le texte qu’en ne voyant dans la barque ensablée que la métaphore de l’inspiration du poète. L’une est à quai, l’autre est stérile. La barque et la poésie sont à quai : il leur manque le grand large.
Que le poète hisse les vieux démons ancrés, largue les amarres et prenne le large. Il a en lui la force et le don de tirer sur les avirons et d’aller voguer vers des rimes plus inspirées qu’insipides.


Ce superbe poème en est la preuve.

   Hananke   
23/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour

Beau rêve de voyage pour l'auteur qui prend sa muse en otage
pour une odyssée digne d'Ulysse, en un peu moins fantastique.

Pas trop fan de ce croisement d'alexandrins et d'hexa, je trouve
que l'association des deux casse plus le rythme qu'elle n'apporte
d'aisance à la lecture et révèle également plus facilement les
acrobaties à réaliser pour respecter la prosodie mais c'est personnel.

Reste un ensemble plaisant à lire qui me remémore quelques
envolées lamartiniennes.

   Provencao   
23/2/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Que j'aime ce verbe aimer quand il prend la forme du voyage! C'est délicat, délicieux..

Quand Aimer est désirable lorsque le voyage de l'existence que l'on vit, que l'on partage devient essentiel avec cette intention d'amour ...

De ce fait, vous ne pouvez dire les choses qu'en stimulant la métaphore: " Je n’ai pour tout voilier qu’une barque ensablée
Sur le bord du cours d’eau,
Plus quelques vieux démons en guise d’assemblée
Qui pèsent un fardeau. "

Il ne s'agit pas d'écourter le voyage, car c'est bien le voyage qui est en quelque sorte l'aller sans retour.

Un véritable coup de cœur.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Vincente   
23/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Complainte et confidence, ce poème ne se livrera pas à l'oreille distraite, mais à qui se prêtera au "voyage" dans les limbes inquiets du narrateur.
Ici le voyage est à la fois errance de l'inspiration, ce dérivatif de l'inquiétude, et objet de dépassement, potentiel comme projet mais aussi effectif comme "nourriture" onirique.

J'ai trouvé le texte très embrassant son sujet, très investi, très touchant tant il "avoue" de fragilité et malgré tout de ressources poétiques. Bien que le thème soit assez commun, son traitement très original le rend singulier et émouvant – par le fait essentiellement d'aborder le relatif engourdissement de la muse du poète par le biais d'un transfert de l'esprit du narrateur en "voyageur marin" qui se satisfera grandement, par sagesse, de "naviguer" en "barque" au départ "ensablée / Sur le bord d'un cours d'eau".

La dernière strophe ose imaginer la "croisière folle", sur ce lieu mythique pour le narrateur, l'Adour (à la fois les images "chaudes" de son environnement et l'éphémérité de son écoulement), en un dernier "voyage", en "un aller sans retour". Geste ultime où l'on se glace à entrevoir la volonté de maîtriser son final poétique et donc ici son destin.

   Ligs   
23/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème qui me fait rêver, par sa douceur et sa simplicité (apparente). L'alternance des vers est très bien choisie, les rimes charmantes. De belles images... j'aime particulièrement la métaphore "la berge du lit" qui note l'obsession du voyage, ainsi que les rimes en [o] strophes 3 et 4, sonorité que l'on retrouve dans les yeux demi-cl[o]s du p[o]ète, comme si l'eau était son élément naturel. Également l'allitération en [v] qui met en parallèle le voyage, les braves matelots, le fleuve, le vent, l'aviron, les horizons vastes, les verbes "s'envolent", "verrait", joli travail sur les sonorités.

Quelques petites imperfections déjà soulevées dans d'autres commentaires : les yeux moirés humides, je l'aime tant et tant.

Mais l'ensemble est vraiment touchant et m'emporte !

   Tony37   
23/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bien que la forme me déplaise car elle casse la mélodie, je trouve ce poème très bien écrit. (l'enjambement rêvant, "Aveugle devenu", me gêne un peu)

Au poète rêvant
Que par quelque faveur ses rimes insipides
S’envolent sous le vent.

Mais cela ne m'a pas empêché d'apprécier la beauté du texte et le talent de l'auteur.

   pieralun   
23/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beaucoup de tendresse, d’humilité dans ce texte.
Hormis l’horribilité sonore de « l’aveulit », même si le texte ne comporte pas un rythme ou une mélodie qui vous emporte, j’y ai trouvé la poésie de cette tendresse, cette mise à disposition de l’autre qui m’a touchée.

   Castelmore   
23/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une longue plainte conclue par une « demie » résolution ... 
« il faudra bien qu’un jour... »
( confirmée par le titre)

Tel un amoureux timide, hésitant, le poète ne sait pas parler à la belle qui s’offre à lui.
Se lancera -t-il ?

La belle est sa muse ...
Se sent-il prêt à la mener au grand large ? mais auparavant il lui faudra « prendre les avirons » symboles d’un réel effort, pour lancer son esquif ensablé -

La plainte est touchante car contrairement me semble-t-il au traitement usuel de ce genre de situation, le poète n’accuse pas la muse de dédain, de s’être éloignée de lui.
Non il s’accuse... et crée ainsi par cette confidence au lecteur une confiance qui nous émeut.

L’alternance des alexandrins et des hexasyllabes apporte une singularité bienvenue au développement des métaphores. J’y apporterais un bémol pour les deux derniers quatrains où le basculement de la complainte initiale en une évocation d’un avenir plus radieux pourrait s’accompagner de l’envolée d’une mélodie d’alexandrins complets...

Mais ceci n’est que broutilles !
Castelmore

   sympa   
23/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Damy,

J'aurais bien vu dans cette charmante poésie des hexasyllabes uniquement au dernier vers de chaque quatrain.
Mais l'alternance alexandrins/ hexas ne me déplait pas pour autant.

L'ensemble est avant tout très beau, tendre, et, à défaut de la mer, le trois-mâts et une île, une ballade sur l'Adour, à bord d'une barque , c'est romantique aussi.

   Myo   
23/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pour sûr, cet amour là vous donnera un jour les ailes nécessaire pour ce beau voyage.
Beaucoup d'originalité autant dans la forme que dans les idées pour exprimer le fond.

Très joli " les berges du lit" " quelques vieux démons... qui pèsent un fardeau" entre autres.

Je suis moins sensible à " que le spleen s'exile"

Un beau moment de lecture, merci

   Cristale   
23/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Damy,

Ça fait plaisir de te revoir dans le paysage Onirien, depuis le temps, il en est passé de l'eau sous les ponts de l'Adour.

Tu nous présentes un bien joli poème dont je souligne le balancement des vers hétérométriques 12/6/12/6 en parfaite harmonie avec l'ondulation de l'eau et le mouvement chaloupé d'une barque.
Tout est métaphores mais le plus fort est que l'histoire semble réelle de par la précision des images dignes d'un tableau de maître.

Ici la muse a droit aux plus grands égards et l'on entend les regrets du poète de ne pouvoir l'emmener sur le rivage du pays d'Onirie, regrets exprimés dans ce quatrain, entre-autres, d'une grande poésie :

"Je n’ai pour tout voilier qu’une barque ensablée
Sur le bord du cours d’eau,
Plus quelques vieux démons en guise d’assemblée
Qui pèsent un fardeau."

Quelques petites chiffonnades pour chipoter un peu ?
C'est bien parce que je sais que tu acceptes la critique :

"les yeux moirés humides"
"l'aveulit"
"tant et tant"

Je pense que tu peux trouver mieux, à toi de voir.

Mais l'ensemble est vraiment musical, je dirais de tes vers qu'ils voguent au-delà de ta pensée jusqu'à embarquer la lectrice que je suis dans son voyage poétique.

À te relire ici, bientôt je l'espère.
Cristale

   Damy   
24/2/2021


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